‹ Notice sur l'exactitude et l'usage du frein dynamométrique pour la mesure de la puissance des usinesChapitre 22 sur 31 · SUR LB · texte numérisé non relu

SUR LB

FREIN DYNAMOMÉTRIQUE.

La publication de la note de M, de Prony sur considération* son frein dynamométrique remonte k Tannée préliminaire». 1 826, et, depuis cette époque, toutes les personnes, ayant quelques connai^ssances en mécanique, regardent comme incontestables les résultats qu'on peut obtenir à l'aide de cet instrument, quand il est bien manœuvré et bien disposé. Des expériences multipliées, exécutées par des ingénieurs, dont le nom seul suffit pour ne pas permettre de doute sur leur exactitude, ont été faites depuis lors avec le frein, notamment par M. Poncelet, chef de bataillon du génie, par RI. Arthur Morin, capitaine d'artillerie, et parM.Egen, ingénieur prussien.

Le frein est donc aujourd'hui , aux yeux de tous les mécaniciens éclairés, un appareil qui a définitivement pris place parmi les machines que l'industrie pourrait appeler à son aide avec confiance. 11 s'en faut cependant que tous les industriels l'admettent également. L ajustage et la manœuvre de cet appareil offrent dans la pratique

4 NOTICE BVK LE FREllf

quelques dif^pultés que tous les expérimenta* teurs n ont point réussi à surmonter; en sorte que son usage est loin d'avoir pénétré en France dans tontes les localités où l'extension de l'industrie iait sentir le besoin de mesurer exactement la foïce des moteurs, pour régler ou éviter les contestations fréquentes qui s'élèvent entre les constructeurs et les acquéreurs de machines motrices.

Les industriels ne possèdent pas, en général, les connaissances qui leur permettraient d'apprécier la valeur des résultats donnés par le frein y et les constructeurs de machines repoussent, presque tous, ces résultats, soit que les lumières leur mianquent également, soit que leur intérêt les porte à écarter toute vérification sur l'exécution des promesses qu'ils font , à l'envi les uns des autres, aux acquéreurs de leurs machines.

Je ne sais ce qui a lieu à cet égard sur les autres points delà France; mais voici ce qui se passe dans le département de la Seine-Inférieure. Quelques constructeurs sont parvenus à accréditer parmi les industriels l'opinion que leurs machines, bien qu'ayant la même force nominale que celles de leurs concurrents, avaient cependant une force réelle beaucoup plus grande; ils arrivent ainsi à tromper les acheteurs sur le rapport entre la quantité de charbon brûlée et la force produite.

La plupart de ces constructeurs n'hésitent pas à déclarer que leurs machines ne consomment ordinairement que 2 ~ ou 3 kilog. au plus de charbon par cheval et par heure. Presque aucun ne reconnaît dépasser la limite de 4 kilogramnaes, et cependant, vérification faite, on trouve que beaucoup de ces machines brûlent 4> 5, 6, et

BYIlAMOMËTftlQtE. D

même jusqu'à 8 kilogrammes de charbon par cheval et par heure. 11 est facile d'estimer, d'après ces faits, combien il est important de faire con- ' naître quelles sont les machines à vapeur qui tiennent le mieux les promesses de leurs auteurs, dans un pays comme le département de la Seine- Inférieure, où le charbon vaut ordinairement plus de 4 francs le quintal métrique* Il est essentiel surtout que, lorsqu'une contestation s'élève , elle

f>uisse être jugée de manière que personne n'ait e droit d'énoncer des doutes sérieux sur les moyens de vériiîcation employés, et l'on conçoit comment il se fait que tous les constructeurs du département de la Seine-Inférieure repoussent l'usage du frein dynamométrique comme ne pouvant pas donner de bonnes indications.

Ma position d'ingénieur des mines, chargé du service du sous-arrondissement de Rouen, m^ayant fait souvent appeler pour régler de semblables contestations, soit comme arbitre, soit comme expert, je^ crois devoir faire connaître dans tous ses détails l'appareil que j'ai employé , et que j'ai fait faire de façon qu'il pût être ajusté sur toutes les machines à vapeur montées actuellement dans le département que j'habite.

Cette notice n'étant pas destinée à être lue seulement par des personnes qui s'adonnent exclusivement aux sciences, il ne sera peut-être pas inutile de rappeler ici la description et la théorie du frein de M* de Prony, ainsi que les causes qui ont pu rendre son emploi difficile ou même inexact pour quelques expérimentateurs.

Supposons que a ( PL II , fig. i ï) soit l'arbre frein d* de couche sur lequel est appliquée la force que Ton **' **®'*''**°y' veut mesur^îr; on cale sur cet arbre une roue ou

6 NOTICE SUK lE FREIN

poulie en fonte bb, de manière qu'elle tourne forcément avec l'arbre; puis on ajuste sur la poulie deux morceaux de bois c, rf, appelés mâchoires du frein, entaillés circulairement, de manière à embrasser une partie de sa circonférence. Deux autres pièces de bois e^ fy exactement pareilles ', et tlont l'une prend le nom de bras de levier du frein , sont posées sur les précédentes : le" tout est relié ensemble par deux forts boulons g, ffj que Yon peut serrer à volonté avec les écrous hjk.

L'appareil se trouve ainsi composé de deux parties bien distinctes : l'une est formée de la poulie en fonte qui fait corps avec l'arbre de couche, et doit toujours tourner aveclui; l'autre, à laquelle appartient proprehient le nom de frein , comprend les quatre pièces de bois et les deux boulons en fer. EJUe n'est point fixée sur la première : elle peut tourner indépendamment de la poulie, et en frottant sur sa circonférence , comme une' roue ordinaire tourne sur son essieu. Le frottement peut, à volonté , être rendu plus ou moins fort, selon qu'on serre plus ou moins les écrous A, A.

Supposons que l'arbre ane tourne pas encore, et que les écrous hy h ne soient pas serrés , on conçoit ^ que si les pièces de bois du frein ne sont jias plus lourdes d'un côté que de l'autre, si le centre de

gravité du système se trouve dans Taxe de Farre , les pièces e ,yi demeureront horizontales, si on les place dans cette position. L'équilibre ayant été préalablement établi', faisons tourner Tarbre a ; la poulie bb tournera avec lui , et tendra à entraîner le frein dans son mouvement de rotation; mais les écrous hyh n'étant pas serrés, le plus léger obstacle, tel qu'un poids P très-faible^

DTNAMOMÉTRIQIJE. y

suspendu au point m, k reztrémitë de la pièce de bois By sufiira pour arrêter son mouvement) et même pour le faire tourner en sens contraire, sans quUl en résulte un effet très-sensible sur la force qui fait tourner Tarbre a. Si Ton commence h serrer lesécrous, il nen sera plus ainsi. Le frottement sur la circonférence d^ la poulie deviendra plus considérable, et le poids P ne sufiira plus pour empêcher la poulie de faire tourner le frein avec elle; supposons alors qu'on augmente le poids d'une quantité suffisante pour arrêter le bras de levier du frein. L'arbre a continuant à tourner, le frottement développé présentera une certaine résistance qui sera vaincue par la force motrice de Tarbre , mais qui en absorliera une par« tie. On conçoit qu'en contmuant à serrer les écrou6 pour augmenter le frottement, et en augmentant aussi le poids P, on parviendra à produire une résistance qui, tout en permettant à la machine motrice de marcher avec sa vitesse habituelle, et de conserver, par conséquent, exactement les mêmes conditions que dans le travail pour lequel elle a été faite, aosorbera cependant toute la force disponible communiquée à Tarbre a. Cette condition sera évidemment produite quand une augmentation, si petite qu'elle fat, dans le poids P et dans la pression des écrous, ralentirait le mouvement de Tarbre» de manière à lui £)ire perdre quelqye chose de sa vitesse normale. L'équilibre étant établi de telle sorte que le bras de levier du frein demeure horizontal, bien que sollicité à la fois par deux forces opposées, savoir, le Jrottementde la poulie, et le poids P supposé ai> rivé au maximum, il est bien clair que la force absorbée par le frottement est précisément égale

8 NOTICE SUR £V FBEIN

k la force disponible communiquée à l'arbre : il suffira donc de calculer le frottement produit autour de la poulie y pour avoir la puissance exacte du moteur, et la condition obtenue de Téquilibre entre l'action des forces qui agissent sur le bras de levier, en donne le moyen.

En effet , soient :

F la force développée par le frottement autour de la poulie ;

M la quantité d'action de cette force par seconde;

T Le rayon de la poulie autour de laquelle agit la force F;

P le poids suspendu au bout du bras du levier, quand le frottement absorbe toute la puissance de la machine motrice;

R le bras du levier au bout duquel le poids P est suspendu (sa longueur est la distance mesurée horizontalement entre le centre de la poulie et le point de suspension du poids).

Si if est la vitesse d un des points de la circonférence dont T est le rayon ;

n le nombre de tours de Tarbre en une seconde; et TT le rapport de la circonférence au diamètre, on aura

M = F^=Fx:iîrTx/2.

Or, le poids P agissant au bout du levier R , fait équilibre à la force F, qui agit au bout du levier T : on a donc

PR=Fr, d'où F=— .

Remplaçant F par sa valeur dai^ la première équation, il vient

M=--- X 2TrTX/i=:Px/i X 27rR.

DYNAMOMÉTRIQUE. 9

Cette valeur de M, ou la quantité d'action absorbée par le frottement à calculer, ne contient plus^ comme on le voit , que des quantités données directement par Texpérience.

Jie rayon T ayant disparu, on en conclut qu'il est indifférent, quant à la théorie, de choisir une poulie dont le rayon est grand ou petit; mais on reconnaît dans la pratique que plus ce rayon est grand jusqu'à une certaine limite, et plus l'opération est facile à exécuter, parce que la pression à exercer avec les écrous diminue à mesure que la surface de frottement devient plus crande.

La condition de l'horizontalité du bras de levier du frein a pour but de permettre au poids P d'agir toujours au bout du levier constant R comme une force constante égale à son propre poids.

L'accomplissement de cette condition est impossible à obtenir dans la pratique, parce qu'on n'atteint jamais le degré juste auquel il faut serrer les écrous, pour que Feffet du frottement soit égal à celui du poids; ou que, si l'on y arrive, l'équilibre est détruit presque aussitôt après, par sufte de l'usure et du défaut d'homogénéité des surfaces frottantes. Apr es aVoir approché graduellement du point convenable , on le dépasse , alors le frottement l'emporte sur le poids, qui est immédiatement entraîné, et le bras du levier, qui était horizontal , incline en montant. On desserre aussitôt un peu l'un des écrous, jusqu'à ce que le^ frottement, devenant trop faible pour le poids', celui-ci l'emporte et fasse redescendre le bras du frein. On resserre alors promptement, et ainsi de suite.

Telle est la manière d'opérer qui avait été in-

10 nOTICE SVR LE FREIN

diquée par le célèbre M. de Prony, dès Fan-

née 1826. inconvénicnu . En répétant ces expériences, on trouva que la que présente chalcur cléveloppée par le frottement du collier du frei^^dlnau frein avait l'inconvénient, soit d enflammer les pratiq^ufi mâchoircsde ce collier quand elles étaient en bois, soit de faire gripper les surfaces frottantes Tune sur Tautre, lorsqu'elles n'étaient composées que de parties métalliques. On fit alors passer un filet d'eau entre ces surfaces pour les refroidir, et l'appareil put , dit-on , fonctionner avec toute la précision désirable.

Dans certaines circonstances il arriva cependant

3ue le frottement entre les surfaces mouillées onnait lieu à un frérhissement violent dans l'arbre de couche , et Ton parvint à le faire disparaître en joignant l'emploi de la graisse à celui de l'eau. La première fois que l'occasion se présenta pour moi d'avoir recours à l'emploi du frein , les localités permettant que Ton se servît de l'appareil de ' M. de Prony sans modifications, j'employai pro-

visoirement celui qui est représenté fîg. 1 1, oans lequel le bout du levier est terminé par un arc de cercle ow, dont le centre est dans l'axe de l'arbre de couche, et qui est destiné à faire agir toujours le poids P au bout d'un bras de levier constant , malgré ses oscillations ( i ).

Il s'agissait de mesurer une force de dix à douze chevaux sur un arbre de couche faisant environ trente tours par minute. La poulie en fonte bh qui fut calée sur l'arbre de couche et sur la surface-

(1) Cette addition a déjà été indiquée par M. Fourlieyron , ancien élève de l'école des mineurs de Saint- Etienne.

DT N AM O M ETP.IQI} E. Il

cylindrique de laquelle s'opérait le frottement , avait o",66 de diamètre et o"*,4o de largeur. Les bras c, f, étaient des' pièces de bois de chêne de 7 à 8 pouces d'équarrissage. On arrosait extérieurement la poulie bb pendant la marche de la ^ machine, avec le jet d'une petite pompe h incendie , et Ton put manœuvrer facilement les écrous hjhy de manière à maintenir le bras de levier dans un état d'oscillations convenable. Je n'obtins ce-

{ rendant pas de résultats satisfaisants, parce que e frottement donnait lieu au frémissement dans l'arbre de couche , dont j'ai parlé ci-dessus , et il me fut impossible d'éviter cet inconvénient, soit qu'on introduisît de l'eau seule eutre les surfaces frottantes, soit qu'on jr ajoutât du suif ou de l'huile et de la plombagine. Je pensai que cette cause d'erreur, qui ne s'était pas toujours rencontrée dans les expériences faites antérieurement à l'aide du frein , était due à la nature des surfaces frottantes, ainsi qu'au rapport existant entre la vitesse du mouvement de rotation et la pression des écrous du collier; mais, plutôt que de rien changer aux dimensions et à la nature des pièces de l'appareil , j'eus Tidée de faire diriger le jet de la pompe à incendie, non plus sur la surface exté-

, rieure de la poulie bb, mais contre la partie interne de cette surface., et l'on continua en même temps à graisser l'extérieur. Aussitôt le frottement devint tellement doux et égal , quMl fut très-facile de manœuvrer l'appareil sans aucun risque d'accidents, et pendant un temps indéfini. On opéra ainsi durant environ six heures con-

. sécutives , et l'on détermina en même temps la force de la machine motrice et sa consommatioa en charbon.

la NOTICE SUR LE FREIN

ATinu^t Je croîs que cette longue durée accordée à To- ^^îongteinpr* pération est une des principales garanties de son proioogécs. exactitude lorsqu'on agit sur une machine à vapeur, et que Ion na pas à sa disposition des moyens plus parfaits que ceux qui accompagnent ordinairement ces machines, pour indiquer la

{)ression de la vapeur et la hauteur de Teau dans a chaudière. Si , en effet, Ton faisait dans ces circonstances des expériences de quelques minutes seulement , ou même d'un quart d neure , Fim-

f)0ssibi]ité où Ton serait de reconnaître si toutes es conditions de vitesse, de pression et de hauteur d'eau dans la chaudière , sont exactement les mêmes à la fin qu'au commencement de chaque expérience , pourrait donner lieu à des erreurs considérables sur la force de la machine, et sur la question de savoir si la chaudière peut fournir une suffisante quantité de vapeur. Cette impossibilité, qui n'a lieu qu'entre des limites assez peu écartées, devient sans aucune importance dans une opération qui a duré pendant plusieurs heures. Si l'on avait des moyens parfaits d'apprécier à chaque instant les circonstances où se trouve tout l'appareil , les expériences de peu de durée seraient encore extrêmement difficiles à bien faire,. {>arce qu'on ne pourrait que rarement gouverner e système de manière que tout demeurât constant pendant la marche de l'appareil , ou seulement se retrouvât dans le même état à la fin qu'au commencement. Ces expériences ne donneraient rien d'ailleurs sur le combustible consommé , et c'est ordinairement là ce qu'il est le plus important de déterminer, de manière à se mettre à /'abrl de toutes les tentatives de fraude. Quand , au contraire , on fait marcher une machine pen-

DYNAMOMÉTRlQtE. l3

danttout un jour, ou au moins plusiieurs heures,en la réglant le mieux possible avec les moyens fournis par le constructeur qui l'a vendue, rien de plus facile que de mesurer rigoureusement le charbon employé, de reconnaître si la chaudière fournit assez de vapeur, et d'obtenir ainsi la solution complète du problème.

Alors les oscillations inévitables dans la tension de la vapeur, dans la hauteur de Feau que renferme la chaudière, et dans la vitesse de la machine, ne peuvent plus induire en erreur : ce sont des circonstances inhérentes à l'état habituel de toute machine à vapeur, et, au lieu d'influer d'une manière qu'il est impossible d'évaluer aivec

f>récision, sur une expérience de lo à i5 minutes, eur eiSFetse répartit sur tout un jour absolument comme dails la marche ordinaire de la machine, elles cessent donc complètement de constituer des causes d'inexactitude dans les résultats*

L'expérience est venue justifier pleinement ces prévisions, en faisant voir que les résultats obtenus par de longues opérations étaient parfaitement comparables entre eux , tant sous le rapport de la force produite que sous celui de la quantité de charbon brûlé dans un temps donné.

La construction d'un frein devant entraîner une dépense assez considérable, j'ai cherché à faire construire le mien de façon qu'il fût transportable et pût être employé dans le plus grand nombre de cas possible. J'examinai donc les dispositions principales des nombreuses machines qui se trouvent dans le sous-arrondissement où je réside, et 1*e remarquai que le premier arbre de couche, ceui auquel est confiée toute la puissance du moteur, et que l'on doit toujours choisir pour y ap-

l4 NOTICE SUR LE FREIN

pliquer le frein , est tantôt horizontal , tantôt vertical ; qu'il est rond ou carré , que sa grosseur est généralement comprise entre 5 et 20 centimètres, pour les machines de 6 à 4o chevaux; qu'il est souvent à une petite distance sur toute sa longueur, soitd'un sommier, soit d'un mur, et quelquefois même de deux murs formant entre eux un angle droit. C'est d'après ces données que j ai dressé le plan du frein à faire construire, le cfestinant à mesurer toutes les forces comprises entre 6 et 40 chevaux.

Voici la description détaillée de cet appareil. Description H sccomposc cfc dcux parties principales : dun appareil jo j^^ lautemc , cspècc de cylindre creux en ci>aiement"*à foutc quc 1 OU calc sur l'arbre de couche, et qui mesurer la est représenté PI il 9 fii!> 1,2,3,4, 6, 7 et 8.

force des o V i|. ^^ \ ' *^ ' ' \ 1 'u A

machines à ? ^^ COI lier, syatcme comprenant le bras de vapeur de 6 levicr du frciu , et deux larges coussinets en bois rea 40 c evaux. j-^^ entre eux par une forte bande de fer, à l'aide de laquelle on peut faire varier la pression et le frottement des coussinetssur la lanterne , ces coussinets, et la bande de fer qui les relie , sont représentés /?^. I, 2, 4? 5 et 6.

consiruciion L^ lanterne est en fonte , et formée de deux ' pièces entièrement semblables, qui se réunissent suivant un plan passant par l'axe. Cette disposition était nécessaire pour que l'on pût ajuster le frein sur un arbre de couche sans démonter celui-ci, ni rien déranger aux roues qui se trouvent presque toujours à ses extrémités.

Les plans de jonction des deux moitiés de la lanterne ont été parfaitement dressés avec une machine à raboter la fonte, en sorte que le joint formé après la réunion de ces plans ne laisse pas échapper l'eau.

DYNAMOMÉTRÎQCE. l5

Les deux joues de la lanterne ne sont pas semblables : celle que , pour plus de darté , j'ai désignée dans l'explication des planches sousle nom de joue postérieure, est terminée à sa circonférence par un bourrelet creux, qui règne tout autour sans interruption lorsque la lanterne est as- -semblée , et qui n'a pas d'ouvertures en dehors : il ne communique qu'avec l'intérieur, à l'aide d'un grand nombre de trous percés à cet efiet ( voyez w, Wy 'Wjfig. 4)« Son usage sera expliqué lors de la description de la manœuvre de 1 appareil dans le cas d'un arbre de couche vertical .

Cette partie de l'appareil peut présenter quelques difficultés dans la construction. On a tenté de couler d'une seule pièce chaque moitié de la lanterne; peut-être aurait-on réussi en moulant la pièce en sable recuit , mais il aurait fallu faire laire exprès un châssis de fonte , ce qui aurait entraîné trop de dépenses, en sorte que la pièce a été moulée en sable vert dans un châssis de bois. Il ^s'est formé plusieurs soufflures sur la partie de la surface du bourrelet où se trouve la bande de fer désignée au dessin par la lettre c', dans les fig. 6 , 7 et 8. On a enlevé sur le tour toute cette •partie, que l'on a remplacée par une bande de fer ajustée sur la fonte avec des vis. Le bourrelet se trouvant après cette opération aUssi propre au service que s'il était d'une seule pièce avec la lanterne, il serait plus facile^ en cas de construction d'un nouvel appareil > de laisser le bourrelet ouvert à sa circonférence , et de le fermer ensuite • comme on a dû le faire ici.

La surface cylindrique, ou surface de frottement de la lanterne, a été tournée avec soin , ainsi que

t6 NOTICE 8VK LB FRfilir

' riutérieur des rebords formés sur cette partie par les deux joues.

Quand on assemble les deux moitiés de la lan« terne , elles sont toujours amenées exactement dans la même position relative par les goujons coniques indiqués en /y,/', fig. 3 et 8- En sorte que les trous, qui donnent passage aux boulons à travers les oreilles, se correspondent bien exactement; ces trous sont percés cylindriquement , et les boulons qui les traversent sont tournés, afin qu'il uj ait que le moins de jeu possible.

Constraction J'ai reconuu dans mes visites de machines que du collier, l'appareil ne pourrait presque jamais être employé avec la forme représentée yfg". 1 1 . Il est trèsrare , en effet, que l'arDre de couche, sur lequel on doit ajuster le trein, se trouve au milieu d un espace libre assez grand pour permettre les oscillations d'un système composé de deux pièces telles que Cf f; j'ai dû, pour pouvoir rendre mon appareil applicable dans la plupart des cas, supprimer la pièce /( I ) , et arrondir le coussinet d, de manière à donner à l'ensemble la forme représentée fig. 9. Cette disposition permet , en plaçant en dessus ou en dessous, selon les cas, le coussinet arrondi , d'éprouver toute machine dont le principal arbre de couche ne se trouve pas distant de moins de o",554 d'un sommier ou d'un mur. A la vérité , le centre de gravité du système ne se trouve plus dans l'axe de l'arbre de couche ; mais on verra comment il est possible de remédier à cet inconvénient.

U est essentiel que les coussinets en bois portent"

(1) MM. Poncelet et Morin avaient déjà indiqué la suppression de cette pièce comme nécessaire en générai.

DTNAMOHfiTRÏQUe. I7

bien sar la gorge de la lanterne , en sorte que le meilleur mode d'exécution , pour former la partie courbe intérieure , serait de les faire aléser : mais cela n est nullement indispensable, ceux de mon appareil ayant été faits à la main par un me* nuisier. Le frottement ne les use presque p^, et je pense qu'ils i^ésisteront plus longtemps que la lanterne en fonte. Ils sont construits en bois de bétre*

La bande qqq {fig. i), destinée à relier tout le système et à remplacer les deux boulons de la fig. 1 1, est exécutée en bon fer corroyé. Ses deux extrémités sont taraudées sur 25 centimètres de longueur. Le filet de lavis est triangulaire; la hauteur du pas est de 3"'*"''°',94 j et son plus grand diamètre de 4' millimètres.

Le bras de levier doit avoir environ 3 à 4 niètres de longueur, en 'sorte qu'il n'est pas facile à transporter; mais j'ai adopté pour cette pièce un mode de construction quipermet de l'exécuter partout très-promptement et presque sans frais, il suffit d'assembler avec des vis à bois ou simplement des clous, quelques planches d'un pouce ou dix'buit lignes d'épaisseur au plus , disposées comme on le voity?^. i3, i'4 ^t i5. On peut ensuite démonter ces planches* après l'opération, qui ne les a nullement détériorées, et les employer à tout autre usage. Les bras de leviers, construits ainsi, ont toute la solidité désirable, et sont en même temps d'une grande légèreté. Cette construction est surtout avantageuse dans le cas où le frein, étant ajusté sur un arbre vertical, le bras de levier doit osciller dans un plan horizontal. Elle ne permet pas que le poids de son extréitiité le fasse plier d'une manière sensible, condUion

l6 NOTIGB ft|i« LK rBEIZI

qui f autrement» ne pourrait pas être remplie sans i]u on donnât beaucoup plus de pesanteur à lap* pareil, ce qui entraînerait quelques inconvé- •ients.

Pose de On doit toujours placer le fœin aussi près que possible de la machine motrice dont on yeut nie^ surer la force, parce que Tappareil n indiquant que la quantité d'action disponible communiquée à la partie de Tarbre sur laquelle il est ajusté , ne donne rien sur la force perdue par les trans* missions de mouvement entre la machine et lui.

On doit encore tâcher d'établir le frein près de l'un des coussinets de Tarbre de coUche, afin que son poids ne puisse pas faire fléchir cet arbre. Calage de La première opération à exécuter, après avoir la lanierne. ass.emblé Ics dcux moitiés de ta lanterne sur l'arbre de couche , consiste à la caler de manière . qu'elle tourne rond* On fait cette opération en employant huit cales en bois, quatre pour chaque joue de la lanterne. Ensuite on remplace sur chaque joue deux seulement des quatre cales de bois par deux autres de même grosseur en fer forgé, que Ton met en opposition l'une avec l'autre, et de manière que les quatre cales en ier se trOuveut dans le plan de jonction des deuK moitiés de la lanterne. Dans cette position , elles ne tendent pas à faireouvrir le joint, et les quatre autres cales de bois qui doivent rester en place n'ont pas assez de dureté pour produire cet inconvénient. Dans mes premiers essais^ je faisais mettre toutes les cales en fer, mais il arrivait souvent que quelques-unes tombaient pendant les . expériences.

Quand l'arbre de couche est carré , l'ajustement des cales est tout simple; lorsqu'il est rond, deux

DTNAUOMéfRIQUE, , I9

moyens représentent. Jusqu^aùjourcThui j'ai fait dresser à 1 avance sur Tarbre, parallèlement à êSù axe et à Tendroit où devait porter chaque cale en fer, une petite surface plane de 25 niillimètres de large et de 18 centimètres de long, rétablissement de ces facettes exige Venlèvement d'une si petite quantité de métal que Tarbre de couche n^en est pas sensiblement affaibli. Le calage s'opère absolument comme sur un arbre carré ^et il suffit que les cales en fer, quand elles portent bien, soient chassées avec un marteau pesant moins d'un kilogramme. J'ai eu l'occasion de faire poser ainsi la poulie dans cinq opérations différentes, l'une desquelles pour mesurer une force de 35 clievaUx, et dans aucune^ d'elles il n'est survenu de dérangement. S'il fallait absolument éviter de faire les facettes sur l'arbre de couche , je suis persuadé , sans cependant eu avoir fait l'expérience , qu'on obtiendrait un calage suffisant en opérant comme il suit.

Après avoir enlevé avec soin les corps gras dont l'arbre pourrait être enduit, on le frotterait avec de la craie 9 puis on y appliquerait une sorte de manchon de longueur sumsante, formé de deux

ÏHèces en tôle de six lignes d*épaisseur^ s'ajustànt e plus exactement possible sur l'arbre^ et reliées par deux colliers en fer : des facettes auraient été préparées snr le manchon et serviraient à caler, comme dans le cas précédent; toutefois, ^u lieu de deux cales en fer et de deux en bois pour chaque joue de la lanterne, on pourrait mettre toutes les cales en fer. Ici Télasticité de la tôle posée entre l'arbre-et les cales suffirait probablement pour empêcher le dérangement dont j'ai parlé ci-des' sus, quand on ne conserve pas de cales en bois

Page 1