CALENDRIER POSITIVISTE
DK8TINÉ A LA TRANSITION,
La première édition fut publiée par la Société positiviste de Paris, iui mois d'avril 1849.
Auguste Comte avait fait précéder son œuvre d'une explication sur lu nouvelle division de l'amiée et d^un préambule sur le culte des grands serviteurs sociaux.
Nous en détachons les passaj^es suivants :
« Cette commémoration sysiématif|uc de tout notre passé est surtout destinée à développer profondément, chez la jz<'^nération actuelle. Tes prit historique elle sentiment de continuité, afm d'imprimer à la seconde partie de la grande Révolution son vrai caractère propre. L'énergie de nos pères ne pouvait entrevoir une pleine rénovation (en 1789 et surtout en 1793— -R.), sans leur haine iiistinclive du régime qui enchaînait leurs conceiilions. Au contraire^ notre essor dèi-isif vers ravenir ne peut désormais reposer que sur une digne glorification du passé dont ils nous ont afl'ranchis. Depuis leur victoire, cette solennelle justice constitue la seule condition qui manque encore à notre irrèvoeabhî émancipation. L*ordre et le progr^^s l'exigent également, car les utopies subversives et les tendances ré Iro;,'^ rades ne trouvent plus d*appui vraiment dangereux, que d'après rentière ignorance des lois fondamentales de l'évolution humaine.
« Sans doute, ces lois naturelles, comme toutes les autres» ne peuvent être assez appréciées que par une élude abstraite, qui constituera le terme Viitionnel de la nouvelle éducation occidentale. Mais, pour en préparer ruvènement noraial, il faut aujourd'hui appeler les cinq populations avancces à la célébration systématique de leurs principaux ancêtres, depuis les plus lointaines impulsions historiques jusqu'aux plus récentes préparations,
V Mais les avantages moraux d'une telle commémoration surpassent encore ses propriétés intellectuelles. En un tempy où la prépondérance du sentiinent social peut seule nous préserver d'une anarchie toujours imminente^ î! importe beaucoup de cultiver le plus possible rinstinct familier de la continuité historique, sans se borner à la solidarité actuelle, qui ne constitue qu'une insoffisante ébauche de notre vraie sociabilité. Rien ne peut mieux développer l'amour universel, principe unique de la régénération finaïe^ que ces habitudes à ki fois privées et publiques d'une intime et respectueuse reconnaissance pour les divers services de tous nos prédécesseurs. Cette affection deviendra d'autant plus profonde que nous sentirons davantage les immenses difficultés propres à rélaboration originale, uniquement émanée d'un instinct spontané privé dos lumières de la théorie positive, qui désormais
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régularisera Tessor meDtai et social... Par cette salutaire construction, qu'elle seule peut accomplir, la nouvelle philosophie constatera dignement son aptitude caractéristique à glorifier toutes les phases humaines, d*après sa nature toujours relative, qui lui permet de tout rattacher, sans effort, à sa vaste unité, également objective et subjective. La vénération publique rappellera enfin de leur long et indigne exil les immortelles mémoires (1), que repoussait la brutalité chrétienne. En même temps, leur retour solennel deviendra pleinement compatible avec une meilleure célébration de tous les grands noms propres au moyen âge. Car, la commémoration catholique ne comportait aucune hiérarchie : elle confondait toutes ses gloires dans une anarchique égalité, aussi pénible au cœur qu*à l'esprit. Nos principaux précurseurs catholiques ou féodaux seront donc mieux honorés, d'après la coordination propre au nouveau culte, quUls n'avaient jamais pu Tétre parleur célébration exclusive. L'époque même, où surgit cette immense apothéose, tend à mieux marquer sa supériorité nécessaire, à la fois morale et mentale
(( Quand le sacerdoce de l'Humanité aura ainsi fait librement adopter sa théorie du passé, il aura par cela même pris possession de Tavenir. »
Voir le tableau ci-contre (G-H) ou le Calendrier proprement dit.