CINQUIÈME LETTRE
Paris, le dimanche *21 GutlCTnberg 67 (18u:>).
Mon cher disciple,
Pour rendre plus précises vos méditations sur
l'enveloppe muco-dermique, siège essentiel de la réaction continue entre le corps et le milieu, je vous invite à considérer particulièrement les ganglions sensitifs, et surtout celui du tact, d'après lequel la vie organique affecte directement la vie cérébrale, et par suite l'unRé vitale. Quoique son influence soit souvent confondue avec celle des ganglions de la calorilion
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et de réiectrition, l'exploration des maladies permet de la distinguer, et conduit à la regarder comme la principale source des perlurbalioes cérébrales ^ dues à l'état du muco-derme sous l'impulsion extérieure. Le corps modifie le cerveau par ces trois ganglions^ comme le cerveau modifie le corps par les nerf» èmaïiéa de soû organe nutritif. Mais pour «concevoir ces relations généralet>, il faut s' écarter de la routine actuelle, dont la conservation conatilui' la principale source de €onfusion dans la thèse noblement eic^ lionnelle de M. F,, qui trop tard averti par moi persiste à réunir Tuppareil cérébral à Tensemble des nerfs, tandis qu^il ne leur appartient pas plu> qu'aux muscles* Il irexiste réellement que trois classes de nerfs, nulrltifSt sensitifs, et iHoteurs, qui constiluerit, si Ton veut, autant de systèmes, re^ pectivement subordonnés aux trois régions du cerveau, lequel ne forme ni Taboutissant^ ni rorigine^ des nerf:^ quelconques, mais un appareil diskiDct et supérieur, dont les nerfs intérieurs se réduisent, sans enveloppe fibreuse, aux faisseaux passifs à Toide desquels ses différentes parties communiquent entre elles.
Vous avex pleinement raison de ne pas séparer la pathologie de la thérapeutique, à laquelle toutes ses conceptions doivent directement viser. Au fond, la médecine est toujours restée, comme la morale, rebelle à toute vaine séparation entre la théorie et la pratique, dont les domaines se confondent envers tout ce qui concerne immédiatement Thon^me proprement dit, vu la coïncidence entre Tobjet et le sujet, dVjù résulte que l'abstraction se troave réduite autant que possible. Elle s'y borne à ce qu*exige la généralité <ïe& préceptes, toujours destinés à Thommo en général, sans tenir compte des diversités individuelles, lesquelles doivent finalement prévaloir dans Tapplication, qui ne saurait ainsi comporter jamais une rationnalité complète. Quand la médecine sera rentrée dans la morale, dont elle est normalement inséparable* leur commun caractère synthétique deviendra pleinement irrésistible, et fera sentir comment Tllumanité constitue rîntermédiaire nécessaire entre l'homme et le monde, ou le milieu. Si Ton décompose le Grand- Ltre, comme va llndiquer mon opuscule, dans sa trinilé chronologique, en trois ôtres collectifs [priorité, public, ef postérité), on voit que les deux extrêmes se lient directement à Thomme par le placenta cérébral, tandis que le moyen appartient réellement au milieu, qu'il faut ordinairement considérer comme social aussi bien que comme vital et matériel, puisque ces trois inlluences sont souvent analogues ou connexes, tant en médecine qu'en morale. »