‹ Notice sur l'œuvre et la vie d'Auguste ComteChapitre 55 sur 65 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

1" leçon. Théorie fondamentale de la nature humaine; d'où

position générale du problème humain.

2""= leçon. Caractères fondamentaux dp l'évolution humaine, à la fois intellectuelle et sociale; d'où théorie positive de la propriété.

^ëo\ ' f 3"'" k'çon. Conditions nécessaires de cette évolution spontag 1 \ née, ou théorie générale de la famille.

>\ a g ( 4"'° Ifçon. Théorie de l'évolution intellectuelle (loi des trois

états; hiérarchie des conceptions abstraites). 6'"° kcon. Théorie de l'évolution sociale,

PIÈCES JUSTIFICATIVES

6"" leçon. Étal fétichiquc. État tliéologiqun. TliOocratic. 7""- leçon. Transition occidentale entre la Théocratie et la Sociocratie: évolution giecque, évolution romaine. S"'° leçon. Période catholico-féodale (moyen âge). 9'°° leçon. Transition révolutionnaire.

DEUXIÈME PARTIE. ■ Appréciation géiiérak des principaux types de l'évolution linniainc.

A\TI(]OITK.

MOYIiJi ACE.

10"'» leçon. Moïse (Niima, Bouddîin, Cnnfiiciu?, Mahomet), il"" léçon. Hiimèi-c (Eschyle, Phidias, Aristophane, Virgile). 12""' leçon. Aristote (Thalès, Pythagore, Socrate, Platon 1. 13"'° leçon. Archimède (Hippocraie, Apollonius, Hipparque, Pline l'Ancien ).

i'"" leçon. César (Thémistocle, Alexandre, Scipion, Trajan).

15'"'' leçon. Saint-Paul ( saint Augustin, Hildebrand, saint

Bernard, Bossuel).

16"" leçon. Charlemagne (Alfred, Godel'roy, Innocent iil,

saint Louis).

17'"° leçon. Dante (Arioste, Raphaël, Tasse, Millon). IS""" leçon. Guttemberg (Colomb j Vaucanson , Watt, Montgolûer).

llD""" leçon. Shakespeare (Caldéron, Corneille, Molière, Mo- PRKPARATION 1 zart ).

MODERNi;. ^20""' leçon. Descartes ( saint Thomas d'Aquin, Bacon, Leibnitz. Hume).

[21'°'= leçon. Frédéric (Louis XI, Guillaume le Taciturne, Richelieu, Cromwell).

;22""' leçon, Bichat (Galilée, Newton, Lavoisicr, Gall).

TROlSlÈiVlE PARTIE.

COJIClUSlOJiS ( 23'"« leçon. Tableau général de la sociabilité fmale réglée par "^"■^^ la Religion de l'Humanité.

( 24""" leçon. Théorie positive de la transition.

SUR I.AVENIR HDMAIN.

Dernière séance. Discours de clôture.

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Protestation contre le Te Deum chante à Londres, le 1" mai 1859, en action de grâces pour la soumission de l'Inde.

Cette affiche, rédigée par M. Richard Congreve, memhre du Conseil positiviste et directeur du positivisme en Angleterre, a été placardée et distribuée dans la commune de Wandsworth (Surrey), qu'habite M. Congreve, pendant les derniers jours d'avril 18S9.

Le « Te Deum » ordonné pour le 1" mai 1859.

Croyant que la cause des Anglais dans l'Inde est la mauvaise et que celle des Hindous est la bonne, comme étant le légitime effort d'une nation pour secouer un joug étranger et oppressif; croyant conséquemment que le succès des Anglais n'est que le triomphe de la force sur le droit;

Considérant, en outre, que quand même notre cause aurait été la bonne, elle a été souillée en Angleterre par des récits frauduleux et par un esprit féroce de vengeance, comme dans l'Inde par d'atroces cruautés; qu'enfin nous avons été démoralisés nousmêmes et dégradés aux yeux de toutes les autres nations ;

Considérant, en dernier lieu, que la victoire des Anglais n'est que la source de bien des maux pour eux, comme nation ; qu'elle imposera de nouveaux fardeaux aux classes ouvrières de ce pays, déjà surchargées d'impôts et de souffrances, comme elle n'a été achetée que par le sacrifice de la vie des soldats anglais sortis des mêmes classes ;

Je fais par ce présent acte tout ce qui est en mon pouvoir, en tant que citoyen anglais, pour me décharger moi-même, et pour porter mes concitoyens à réfléchir :

Au nom de l'Humanitc, je proteste publiquement contre le « Te Deum « du 1" mai, comme étant en contradiction avec tout ce que nous professons comme nation libre, comme répu-

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gnant a l'esprit du christianisme que reconnaît encore la nation, et faisant outrage aux meilleurs sentiments de la nature humaine.

Soulh Fields, Wandsworlh , 19 avril 4 8S9.

Richard Congreve.

Lettre sur la grève des ouvriers du bâtiment, A Londres, par M. Rlcliard Congreve.

Soutli l'ields, Wandswortli , 16 oclobro 1859.

A Mmsieur le secrétaire de la Conférence des États du bâtiment

associés.

Cher Monsieur,

Je vous envoie ci-inclus un mandat de poste pour 2 livres sterling. J'aurais voulu l'envoyer plus tôt ; mais la semaine passée je n'ai pas eu le temps de motiver ma souscription. C'est ce que je désirerais faire ici, si vous me le permettez, aussi sommairement qu'il me sera possible.

Les coalitions d'ouvriers me paraissent être de la nécessité la plus évidente; car, d'un côté, l'influence du capital, en vertu même de sa concentration, est si puissante, qu'il n'y a que l'union la plus intime des grandes masses qui puisse y opposer une résistance efficace. D'un autre côté, l'emploi du capital est jusqu'ici si peu réglé par des considérations sociales ou morales, que l'association devient pour l'ouvrier la mesure la plus indispensable d'une légitime défense.

Mais, si l'on admet la nécessité des coalitions d'ouvriers, on ne saurait nier que la grève ne soit leur mode normal d'action. En effet, si les ouvriers ne trouvent pas convenables les condi-

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lions qu'on leur offre, quoi de plus naturel que de dire : « Nous ne voulons pas travailler a de pareilles conditions. »

On a tort, selon moi, de parler de ces associations d'ouvriers comme d'un retour au sijstème protecteur, au principe des lois des céréales. Ce qui distingue essentiellement les deux cas, c'est que le système protecteur reposait sur l'action du pouvoir central et était incorporé à la législation, tandis que les associations d'ouvriers ne demandent rien au gouvernement.

Je ne regarde pas comme plus décisive l'objection que l'on fait à de pareilles associations et aux objets qu'elles se proposent , d'èlrc en contradiction avec les conclusions de l'économie politique. Ces conclusions ne sont que négatives; en fait de solution positive, elles n'ont rien a offrir. C'est avec raison, monsieur, que ceux dont vous êtes le représentant mettent de côté de pareilles considérations. Les prétendues lois de l'économie politique ont été utiles, a mon avis, en détruisant de faux systèmes; dès qu'il s'agit d'en construire un vrai, elles n'ont plus de valeur. Si on les admet, elles ne sauraient, généralement parlant, conduire qu'à l'inaction du désespoir de la part des ouvriers, qu'à la consécration de l'indifférence de la part des capitalistes.

Acceptant donc la légitimité des grèves, en principe général, on a deux questions à déterminer à l'égard de toute grève particulière : la grève est-elle opportune? les objets qu'elle se propose sont-ils, quand on les considère avec calme, raisonnables ?

Or la grève actuelle, si je vous ai bien compris, vise à deux résultats :

1° A réduire la durée de la journée de travail, de dix heures à neuf;

2° A garantir à l'ouvrier, pour la journée de neuf heures, le salaire qu'il reçoit à présent pour la journée de dix.

Pour appuyer ces deux demandes, vous alléguez, si encore une fois je vous ai bien compris, que la durée actuelle de la journée de travail interdit toute culture morale ou mentale; qu'il est temps que l'introduction des machines commence au moins à produire son légitime effet en diminuant l'intensité du travail humain; que le travail est insuffisamment rétribué, ou, en d'autres termes, que les bénéfices qui résultent de l'action combinée du travail et du capital ne sont pas équitablement répartis.

Ces demandes et les raisons sur lesquelles elles reposent sont, à mes yeux, légitimes. Je croirais donc manquer à un devoir si je

PIÈCES JUSTII'ICATIVKS.

me tenais il l'écart, en m'abstenant d'exprimer ma sympathie pour votre tentative.

Vous aurez remarqué, monsieur, que je n'ai rien dit des questions accessoires qui ont été soulevées dans le développement de la lutte. Je n'en ai pas parlé, jusqu'ici , parce qu'elles n'affectent en rien la question fondamentale. Il faut cependant que je dise ici quelques mots sur les deux principales.

La tentative des patrons d'imposer à leurs ouvriers la signature de ce que l'on a nommé « le document » est une démarche aussi mal inspirée qu'elle a été généralement condamnée par le public et regrettée par bien des entrepreneurs même. Je souhaite de tout mon cœur que la résistance que vous y opposez soit couronnée de succès.

La seconde de ces questions est celle de votre organisation intérieure, question sur laquelle vos adversaires trouvent commode de concentrer l'attention du public. Je n'ai pas le dessein de l'approfondir ici ; mais je dois dire qu'elle ne saurait être convenablement jugée, sans que l'on prenne en considération la conduite des entrepreneurs , envers laquelle une pareille organisation a été adoptée. Du reste, je n'hésite pas à proclamer ma conviction que si l'on examinait avec impartialité les mérites respectifs des deux partis, on serait conduit à cette conclusion, que la balance des fautes doit être portée sur le compte des capitalistes.

C'est une vieille maxime : que l'on doit se laisser instruire par ses ennemis ; et les ouvriers feraient bien de considérer de nouveau les règles de leurs associations d'après le jour qu'y jettent les objections qu'on y a faites. Ce qui manque surtout, c'est une corporation qui soit compétente pour conseiller et arbitrer, absence que fait ressortir dans toute sa gravité le silence de tous les chefs reconnus du pays, soit clergé, soit hommes d'État. J'ose vous offrir une seule suggestion : c'est que vos règles, quelles qu'elles puissent être, soient accessibles à la connaissance de tout le monde. Le secret, dans les affaires industrielles, est un grand mal et a une tendance immorale.

La religion de l'Humanité traite directement les questions sociales, et c'est là un caractère qui la distingue essentiellement du christianisme. Elle s'applique également il tous les problèmes sociaux, mais le problème qu'ello regarde comme le plus urgent de tous, c'est de faire que les membres des classes ouvrières deviennent des citoyens dans toute la signification du mot, que ces classes soient incorporées ii l'ordre social, de manière il recevoir la portion des bienfaits généraux qui leur est due.

PIÈCES JUSTIFICATIVES

Pour atteindre ce but, la religion de rilumanité prescrit des méthodes pacifiques, a l'exclusion de tout procédé violent • elle donne, dans tous les cas, la préférence aux moyens moraux d'action, sur les moyens matériels. Elle parle librement aux deux partis, aux capitalistes comme aux ouvriers. Pour ce qui est de la lutte actuelle, elle prescrirait aux ouvriers de bien employer le loisir plus grand qu'ils réclament, c'est-à-dire de s'en servir pour mieux remplir leurs fonctions sociales ; elle avertirait, d'un autre côté, les entrepreneurs, qu'ils ne sont que les dépositaires de la richesse sociale, richesse qui doit surtout servir a garantir la plus haute efficacité de l'agent principal qui la produit, c'està-dire de l'ouvrier lui-même, sans le concours duquel tout autre agent serait impuissant.

C'est, monsieur, en ministre de cette religion que je vous adresse ces paroles.

La lutte où vous êtes engagés vous a déjà coûté cher, peut-être vous coîîtera-t-elle plus cher encore, et l'issue en reste douteuse. Il pourra arriver que vous soyez vaincus cette fois. Mais vos efforts n'auront pas été pour cela entièrement perdus. Au contraire, des grèves, quand même elles ne réussissent pas complètement, ne manquent jamais d'attirer plus fortement l'attention des patrons sur les questions qui ont été débattues.

Il ne me reste qu'à vous souhaiter le succès et qu'à exprimer mes regrets de n'avoir pas plus de pouvoir pour vous aider.

Je suis, cher monsieur, sincèrement à vous,

Richard Congreve.

A Monsieur George Potier.

PIÈCES JUSTIFICATIVES

COo

Propagation de la Religion de i'HnmanilC.

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