‹ Notice sur l'œuvre et la vie d'Auguste ComteChapitre 9 sur 65 · COSMOLOGIE · texte numérisé non relu

COSMOLOGIE

Élude de rHommo on

SOCIOLO&IE

[abstraite ou étude fondameutalo de l'existence universelle t" MalhCnialique

(d'abord numérique, puis géomélrique , et enfin mccaniciue).

2" Pbysiqnc ^

concrète, ou étude directe de l'ordre matériel. . .

(d'abord astronomique, puis physique proprement dite et enfin cUi-

\ mique).

f Préliminaire, ou étude gé-

i nérale de l'ordre vital. . 5° Biologie.

céleste ou Astronomie.

terrestre

générale ou Physique (pro- I premenl dite).

spéciale ou , Chimie.

] finale , ou ; Etude directe de l'ordre liu- , main.

collectif. . . 4° Sociologie (proprement dite).

individuel . 3° Morale.

Nota. Suivant que l'on contracte l'étude de l'pxi.stence physique en un seul terme, on qu'on la décompose en ses trois éléments naturels, l'astronomie, la physique proprement (lile et la chimie, on retrouve notre échelle encyclopédi(iueà cinq on sept degrés que l'on peut i volonté descendre subjectivement, ou monter objectivement. De méuie, en n'y cousidérant que les deux divisions générales du domaine théorique, on a les deux termes l'ondamenlaux du dualisme philosophique, la cosmologie et la sociologie, )e monde elThomme-

OEOVRK d'auguste COMTK.

normal et ne conviendrait nullement à une initiation systématique. Je ne l'ai suivi qu'en vue des esprits entièrement étrangers au positivisme, auxquels est destinée cette introduction, et qu'il était indispensable d'éclairer tout d'abord sur sa nature fondamentale. Dansl'état normal, c'est le culte qui doit ouvrir l'enseignement religieux, pour le positivisme surtout, dont le principe essentiel, d'après sa réalité caractéristique, peut être spontanément senti et directement vénéré, avant l'explication dogmatique indispensable aux divers cultes préliminaires, qui s'adressaient à des êtres fictifs. Outre que le jeune positiviste aura appris à connaître et à aimer l'Humanité, pendant la période empirique de l'éducation accomplie sous la direction maternelle, sou initiation religieuse, pendant la période systématique conduite par le sacerdoce, commencera par l'exposition dogmatique d'un culte qui lui est depuis longtemps familier. Ainsi, possédant sur la Grand-Étre les notions concrètes préliminaires indispensables à toute investigation abstraite, il pourra aborder avec les connaissances synthétiques et les dispositions sympathiques convenables à un tel sujet,l'étude analytique de ce domaine sacré. L'appréciation du culte, nécessairement basée sur la théorie positive de l'existence collective ou du nouvel Être-suprême, prépare, en effet, admirablement, celle du dogme et du régime, en lui fournissant les vues d'ensemble et les inspirations affectives qui doivent sans cesse la diriger, et en posant d'avance le terme où chacun d'eux doit aboutir.

Ce simple aperçu caractérise donc pleinement l'homogénéité de la religion finale, où l'amour conduit à la foi, et où la foi vient à son tour régler l'amour, pour mieux inspirer et diriger la conduite. C'est ainsi que le dogme devient le lien systématique entre le culte et le régime, comme le sacerdoce entre le sexe aimant et la force pratique, d'après l'aptitude des lois intellectuelles, ou logiques, à lier les lois morales avec les lois physiques, de manière à instituer

LA RELIGION UK LHUMANITÉ. o9

une pleine unité entre le domaine religieux et l'existence sociale. Toutefois, malgré cet office essentiel du dogme, le culte n'en reste pas moins, par sa destination morale, le principal élément de la religion, et qui suffirait seul à la représenter réellement, comme pouvant instituer directement l'unité humaine par la culture de l'altruisme, si les conditions matérielles de notre existence n'exigeaient toujours l'intervention systématique du dogme, soit pour régler l'amour lui-même, soit afin de conduire notre activité. C'est pourquoi, malgré son importance morale, la prépondérance du culte sur le reste du domaine religieux ne peut être instituée définitivement envers ses autres parties, qu'en vue d'améliorer la conception du dogme et la pratique du régime, qui ont dès lors pour office principal d'éclairer le sentiment et d'assurer son action. Le culte de l'Humanité n'est donc qu'une préparation sympathique à la vie sociale révélée par la foi démontrable, et instituée par le régime positif. 11 a pour but essentiel de nous faire mieux comprendre les conceptions philosophiques de la première, et de nous aider à mieux accomplir les obligations pratiques résultées du second. C'est à ce point de vue que l'on voit aisément comment il est à la fois l'idéalisation du dogme et du régime, puisqu'il consiste, dans son degré le plus élevé, à condenser sous une forme esthétique et concrète, facilement accessible, les abstractions philosophiques qui constituent la foi démontrée; et à réaliser, par la culture affective, une existence subjective qui développe et perfectionne les meilleures tendances et les plus hautes obligations de la vie réelle.

Le culte positif, d'après la nature même des deux principaux éléments de la population humaine auxquels s'adressent ses hommages et ses vœux, la Priorité, et la Postérité, comme d'après l'éloignement ou l'absence habituels de l'ensemble du Public, doit être essentiellement subjectif. C'està-dire que, par la nature des choses, nous sommes obhgés,

OEUVRE d'auguste COMTE.

dans une telle adoration, de nous représenter intérieurement des ancêtres, des descendants, et même des contemporains, que nous ne pouvons contempler extérieurement, ou bien des attributs abstraits que nous associons entre eux par la pensée, pour concevoir la suprême existence dans toute son unité. Le culte positif repose donc sur l'essor journalier, privé et public, de la vie subjective, dont la pratique universelle est indispensable à la religion finale. Cette nécessité intellectuelle est loin de se trouver opposée, du reste, à nos dispositions originelles, ce qui la rendrait très-diffil cile cà satisfaire; elle est, au contraire, si naturelle à notre espèce, que tous les cultes antérieurs, surtout les plus éloignés de nous, et par conséquent les plus spontanés, en l'appliquant à des êtres fictifs, l'ont bien autrement développée que le positivisme, qui ne fait que la restreindre et la systématiser. La différence essentielle entre l'ancienne et la nouvelle subjectivité, c'est que la dernière est toujours sentie, reconnue, réglée, et qu'elle doit renoncer entièrement à toute réalité objective : on voit volontairement en soi les objets de l'adoration subjective, au lieu de s'efforcer inutilement de voir au dehors, des êtres qui n'y existent point. C'est donc parla contemplation intérieure, par l'imagination aidée du souvenir et stimulée par le sentiment, que nous reproduisons en nous, dans notre cerveau, l'image des êtres absents, passés, présents ou futurs, et que nous obtenons la représentation subjective des types, privés ou publics, restés, ou devenus cbers à notre cœur, malgré l'éloignement ou la mort. Mais jamaisnousne croyonsvoir au dehors, objectivement, corporellement, les êtres absents ou ravis, ni, à plus forte raison, ceux (nécessairement fictifs), dont personne n'a jamais directement constaté l'existence.

Dans le nouveau culte, le vie subjective est donc toujours subordonnée à la vie objective, la contemplation intérieure, à la réalité extérieure; c'est-à-dire que le souvenir doit toujours rester suffisamment conforme à la vérité.

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