‹ Notice sur l'uvre et sur la vie d' Auguste ComteChapitre 47 sur 66 · CIRCULAIRE EXCEPTIONNELLE · texte numérisé non relu

CIRCULAIRE EXCEPTIONNELLE

ORDRE ET PROGRÈS

L'Humanité vient de perdre, en Auguste Comte, celui dont la glorieuse carrière résume celle de saint Paul et celle d'Aristote!

Il s'est transformé définitivement, le samedi, à six heures du soir, 24 Guttemberg 69 (5 septembre 1857), sans aucune douleur, espérant jusqu'au dernier moment que sa force mentale, tout à fait exceptionnelle, vaincrait sa faiblesse physique; confirmant, par son exemple, ce qu'il dit dans son testament de l'imperfection

(1) Suit une appréciation de ia doctrine positiriste que je ne crois pas nécessaire de reproduire ici. (Note du Biographe.)

de l'organisation humaine, qui permettrait au cerveau de vivre beaucoup plus longtemps que le corps, si ce piédestal n'était pas nécessaire a son existence.

Notre profonde douleur, comme notre incompétence, ne nous permettent que de pleurer la perte prématurée de ce grand rénovateur, que la postérité seule pourra juger, glorifier et bénir, ainsi que la sainte compagne a jamais associée a son immortalité.

M. Joseph Lonchampt était le seul de ses exécuteurs testamentaires présent a ses dernières heures, et il a eu l'insigne mais douloureux honneur de lui fermer les yeux (1). Mardi soir, le 27 Guttemberg, a huit heures (trois heures après ses obsèques provisoires), les exécuteurs testamentaires, présents a Paris, se sont réunis a son domicile pour délibérer sur ce qu'il y avait de plus pressant à faire afin d'exécuter, autant que possible, les derniers vœux consignés dans un testament olographe dont M. Laffitte avait reçu la copie de son auguste auteur, dès le lundi 22 Bichat 67 (26 décembre 1855), ainsi que sur les derniers souhaits exprimés verbalement, dans la matinée du jour de son décès, à M. Joseph Lonchampt.

Neuf des treize exécuteurs testamentaires, désignés par Auguste Comte, étaient présents, savoir :

M. Ch. Capellen ;

M. W. baron de Constant Rebecque ;

M. Deullen ;

Don José Segundo Florez ;

M. le docteur E. Foley ;

M. Hadery ;

M. J. Lonchampt;

M. F. Magnin ;

M. le docteur Robinet.

M. D. comte Van Limburg Stirum avait désigné pour son suppléant M. de Constant, qui accepta le même office pour M. Ch. Capellen, obligé de quitter Paris après la clôture de la séance.

M. P. Laffitte; i

M. Audiffrent ; | étaient absents.

M. Papot ; )

Auguste Comte a nommé M. Laffitte président des opérations

(i) J'ai déjà fait remarquer précédemment, que j'assistais aussi aux derniers roomesHs d'Auguste Comte.- (Note du Biographe.)

collectives de ses exécuteurs testamentaires. Mais il n'a pas désigné de successeur.

M. J. Lonchampt, en l'absence de M. Laffitte, a présidé nos délibérations. Il a donné lecture a haute voix du testament, et comme il est urgent que les souscripteurs au subside pour l'entretien matériel du fondateur de la religion de l'Humanité, en aient connaissance, au moins en partie, nous nous empressons de remplir ce pénible devoir en vous communiquant les vœux d'Augute Comte, que sans votre secours il nous serait impossible de réaliser.

Auguste Comte, par sa position exceptionnelle, laisse des dettes privées et des dettes publiques ; les premières concernent ses relations domestiques et des avances personnelles qui lui ont été faites successivement; les secondes ont rapport à sa mission sociale et a la publication de ses ouvrages.

Nous portons à votre connaissance l'état des premières : 1° 2,000 fr. pour les obsèques; 2° un legs de 2,000 fr.; 3° une pension viagère de 2,000 fr. à sa veuve ; 4° une pension viagère de 1,500 fr. a sa fille adoptive, qui, de concert avec son mari, lui a prodigué les soins les plus touchants pendant sa dernière maladie.

Ce que nous pourrons réaliser des vœux d'Auguste Comte, notre illustre et bien-aimé maître, dépendra nécessairement de la part que vous continuerez a prendre au subside. Tous les envois ou lettres devront être adressés a M. Joseph Lonchampt, rue de Rivoli, 90.

Quoi qu'il arrive, ce sera toujours un saint devoir pour nous de satisfaire , autant que les circonstances et nos propres moyens nous le permettront, aux derniers désirs de l'auguste rénovateur, notre père spirituel, si amèrement regretté, et dont la perte précoce doit être considérée comme une vraie calamité publique.

Les souscripteurs au subside seront régulièrement informés de l'emploi qu'on aura fait du produit de leur souscription.

Paris, le mercredi 28 Gullemberg 69 (9 septembre 1857).

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