‹ Notice sur la ChineChapitre 13 sur 26 · INSTRUCTION · texte numérisé non relu

INSTRUCTION

Les fonctions publiques étant mises au concours, il en résulte que l'instruction est tenue en Chine en grand honneur ; un livre Siao hio. Ecole des enfants, composé de petits paragraphes tirés des anciens classiques, sert à l'èlucation ; il y a un Niii-hio, traité de l'éducation des femmes. Généralement, on met entre les mains des enfants le San Ueu-King^ livre de trois caractères, com-

GÉOGRAPHIE POUTIQUE 4^

{»osé au xin® siècle par Wang Pe-heou ; le Pe Kia-sin^ e livre des cent familles, qui en contient en réalité 454 ; et le Isien tseur-wen, livre des mille mots, de Icheou Hin-g-sse; plus tard on y ajoute les 5^ c/iow, quatre livres classiques. Les jeunes gens, après un examen préliminaire devant un magistrat de leur district, s'ils obtiennent un certificat de mérite, deviennent candidats, et sont étudiants (toung-cheng). Le premier examen littéraire (siur-tsai), qui correspond au baccalauréat, se passe tous les deux ans dans les villes préfectorales ; le second degré (Ku-jen) s'obtient seulement dans la capitale de la province, enfin le troisième degré, docteur (tsin-che) s'obtient par un concours triennal à Peking. Les premiers de ces candidats portent les titres de tcnouang-youen^ pangyen, tan-noa, tchouen-lou; les trois premiers appartiennent à la première classe des tsin-che, le dernier est le premier de la seconde classe de ces mêmes tsin-che, dont il y a trois classes. Les plus heureux des concurrents sont admis à l'académie Han-lin (Han-lin youen).

Avec une légère connaissance théorique de l'art militaire et de la musique, le bagage scientifique d'un lettré, à quelque degré qu'il appartienne, se compose donc essentiellement des livres classiques (King), mais ces King, il les a étudiés, retournés, commentés de telle sorte que son esprit, plié à cette gymnastique intellectuelle spéciale, acquiert, sinon beaucoup d'ampleur, du moins beaucoup de finesse et de subtilité. C'est grâce à cette subtilité qu'il apporte dans l'exercice de ses fonctions publiques, que le mandarin chinois retors fait surgir tout à coup des difficultés inattendues. Comme on le voit, c'est la mémoire, moins que l'intelligence et le raisonnement, qui est mise en jeu dans l'éducation chinoise. Dans la classe moyenne, les enfants ne passent guère que deux ou trois années à l'école, et c'est dans la pratique même des affaires, dans la maison paternelle ou amie qu'ils complètent leurs connaissances, qui se bornent, en général, à savoir lire, écrire et compter ; les opérations d'arithmétique sont d'ailleurs singulièrement facilitées par l'usage du souan-pan ou abacus. L'ignorance des sciences exactes, des langues étrangères, de l'histoire et de la géogi-aphie non seulement des pays lointains, mais encore des nations voisines, contribue, malgré l'opinion généralement accréditée, à faire du Chinois des classes supérieures et moyennes, un homme singulièrement ignorant, auprès duquel le dernier de nos bacheliers est une véritable encyclopédie. Depuis quelques années, le contact avec les Européens oblige les Chinois à donner plus d'attention à l'étude des sciences et des langues, de là la création du collège de Peking, Tùngwen-Kouan, de l'école de Fou-Tcheou et l'envoi de missions d'instruction en Europe.

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