‹ Notice sur la ChineChapitre 26 sur 26 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Philosophie.

La phUosophie chinoise, dans sa partie essentielle, est renfermée dans les ouvrages relatifs aux trois religions d*Etat et plus particulièrement dans les King. Nous avons eu Foccasion d en parler à propos des religions et nous y reviendrons encore aux articles Confucius, Mencius, Lao^ TSEU. L*idée philosophique des Chinois doit moins cependant à Confucius qu*au célèbre Tchou-^i qui développa le système de VY-king. Le livre des changements Y^kin^, commence au lair-kU 1^ grand absolu, le grand extrême. Les philosophes de la dynastie des Soun^ ajoutèrent au Tai-ki le Wou-ki c.-à-d. l'absolu rien, rinfini. Le chef de cette école fut le célèbre Tchou-hi (i130-iâ00 ap. J.-C.) qui naouit dans le Fou-kien d*un père originaire du Nganhouei. Dans son système, Fabsolu rien ^ou-kî) produit le grand absolu (Tai-ki^) qui, animé par son souffle, crée le grand principe m&le {Yang) : ce dernier, dans son repos, donne naissance au principe femelle (Yiji), Lorsque ces deux principes mis en mouvement finissent par se reposer, ce qui se trouve en haut est le Ciel correspondant au Yangy ce . qui reste en bas est la Terre correspondant au Vin. Puis, dans la suite de leur mouvement on voit se former le soleil et la lune, les étoiles et les planètes, Teau et le feu, les plantes, les minéraux, les hommes, les animaux, etc. Les lois qui régissent les mouvements sont au nombre de ouatre : i° KU lo souffle de U nature, qui représente 1 énergie ; 2*^ It, les lois de la nature, antérieures au Ki; 3® 5o, qui donne les pro|M>rtions numériques; enfin pour rendre tangibles ces lois, les rendre matérielles, ¥ Ying, la forme* de la nature. On a représenté ce système philosophique par des dia^mmes.

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Quelquefois on s*est contenté des trois pouvoirs de la nature San-tsaî : ciel, terre, homme, indiqués par un A . Les deux principes primitifs sont marqués, 1 un par une ligne droite «i....«i.». qui correspond au Yang, par conséquent au principe m&le, à la lumière et au ciel; Tautre par une ligne coupée ^.^ »■» qui correspond au Yin, par conséquent au principe femelle, aux ténèbres et à la terre. On en a déduit les quatre figures suivastes :

i , lai-yang^ qui correspond au soleil , à la chaleur, à rintelligence, aux yeux, etc. ; % Tai-yin, qui correspond à la lune, au froid, aux passions, aux oreilles, etc. ; 3, Chaoyang, qui correspond aux étoiles, à Taurore, à la forme, au nez, etc. ; 4, Chao-yin^ qui correspond aux planètes, à la nuit, à la forme humaine, à la bouche, etc. Ces quatre figures secondaires forment les huit trigrammes ou Koudj dont rinvention est attribuée à Fou-hi, le premier des cinq souverains (2852-2738 av. J.-C). La légende raconte que ces signes étaient marqués sur un rouleau qui fut porté à l'empereur par un dragon sorti du Fleuve Jaane. Ces trigrammes représentent :

1 , le Ciel ; les lignes étant pleines , ce trigramme marque le principe t7uûe pur; 2, la Vapeur, les exhalaisons aqueuses, les lacs; o, le Feu, la chaleur, la lumière; 4, le Tonnerre; 5, le Vent; 6, l'Eau; 7, les Montagnes; 8, la Terre ; les lignes étant brisées, ce trigramme marque le principe femelle pur. Généralement, on arrange ces huit figures sous forme octogone, à laquelle on donne le nom de sien-tien : Chin-nong, le second des cinq souverains, passe pour avoir multiplié par 8 les Koua de Fou-hi pour en faire 64.

Ces 64 figures, multipliées par 6, en donnent 384, chifire maximum généralement cherché, quoique Ton pré-

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tende i^pi'on ait poussé les <:Mi]biiiaisons jusqu'au nombre tanlasli^ue de 16,777,316! Le principe maie ^^^^^ et le pnncipe femelle ^^ ^^ réunis forment k Taï-ki qui est ordioairement représenté de la maaière suivante : Nir le demi-diamètre J'un cercle donné, on décrit un demi-cercle et sur le demi-diamètre restant on décrit un

autre demi-cercle en sens coniraire. Les deux figures délimitées par la courbe ainsi obtenue peuvent être semblables ou bien teintées, l'une en couleur claire, l'autre en couleur foncée.

Ce sont lit les lai-ki primilils, mais plus tard, pour marquer la pénétration des deux principes, on a placé un petit disque clair dans la partie loncée, et un petit Hisi^e foncé dans la partie claire de la ligure. On arrive à faire une figure complète en plaçant le Taï-ki au centre du Sien-tien. On peut d'ailleurs représenter autrement la combinaison des deux principes : le ciel est rond et la terre est carrée (ï Peking, par exemple, le temple du Ciel est rond, celui de la Terre est carré) ; la monnaie, appelée sapèque, qui est ronde et percée au centre d'un trou carré, représente donc le mariage du Ciel et de la Terre : elle est également le symbole de l'homme parfait.

Ces conceptions abstraites de philosophie ne sont plus guère accessibles au commun des lettrés, et depuis longtemps, même, ces systèmes quintessencics n'ont trouvé pour leur donner quelques développements aucun homme de valeur; en réalité, le vrai lellré chinois, le seul oui soit capable de comprendre les théories compliquées oes anciens maîtres s'occupe plutat de la forme que du fond et laisse de cûté tout bagage philosophique qui, somme toute, loin d'èlre pur lui un moyen de se livrer à de profondes rttlexions, est seulement prétexte de se livrer i de simples exercices littéraires. La conception philosophique d'un Chinois ordinaire, $j conception philosophique il y a, ne va pas au delà des superstitions de la vie courante dont la plus grande partie se rattache au foungchoui dont noua avons déjà parlé.

D'ailleurs, les Chinois ont connu tous les systèmes dejMf-

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Sophie depuis le confucianisme jusqu'au communisme. Il r*y a pas d'histoire de la philosophie chinoise; M. Eitel a essayé d'en donner une esquisse : répo(][ue légendaire comprendrait les empereurs mythiques Fou-hi (2852-2738 av. J.-C.) et Houang-ti (2697 av. J.-C), puis viendraient Yu-Tseu (1250 av. J.-C), Houi-Kong (720 av. J.-C), le fondateur du communisme, le précurseur de Mih-ti, et Kouan-tseu (485 av. J.-C.) et enfin la grande époque des philosophes Lao-tseu et Confucius. Lao-tseu a pour disciples Kang Sang-tseu (570-543 av. J.-C), Li-tseu (500 av. J.-C.) et Wen-tseu (500 av. J.-C). Les disciples de Confucius sont Tseu-i (506 av. J.-C) l'auteur du Ta-hio, et Tseu-sse (500 av. J.-C) l'auteur du Ichoung^young. Une nouvelle grande époque comprend les philosophes hétérodoxes , Mih-ti , (450 av. J.-C.) continuateur de Houi-Kong, apôtre de l'amour universel et Yang-tchou (450 av. J.-C.) l'Epicure de la Chine, les taoïstes dont le plus illustre est Tchouangtseu (330 av. J.-C) qui avec Kang Sang-Tseu, Li-tseu et Wen-tseu est le vrai fondateur du taoïsme, et enfin les philosophes orthodoxes représentés par le plus illustre disciple de Confucius, Mencius (372-289 av. J.-C). Sous les Tsin et les Han, quoique nombreux, les philosophes diminuent d'importance : une renaissance a lieu sous les Tang avec Han-yu ou Han VVen-koung (768-824 ap. J.-C), adversaire du bouddhisme et disciple de Mencius, mais éclectique. C'est sous les Soung que la philosophie chinoise a sa dernière grande période avec le novateurWangNganchi (1021-1086 ap. J.-C.) et surtout avec l'illustre Tchou-hi ou Tchou Fou-tseu (1130-1200 ap. J.-C.) dont nous avons exposé le système. Les philosophes des dynasties modernes ne valent guère la peine qu'on en pai'le.

Les Giinois ont considéré la peîolure coiniiie une des six formes de la calligraphie. D'après la tradition, elle remonterait i la plus haute anli(|uité, mais elle ne date ^ère que de l'iulroductloD définitive du bouddhisme en Chine au i" sièele de notre ère, et le premier grand peintre thinois qui nous est signalé est Tsao Fou—hing (ai* sièele), qui 3 exécuté des peintures pour les temples bouddhistes construits alors en grand luimbre. 11 eicdltil dans la pein-

Tombeaux des Ming, N. de Peking.

ture des dragons. Notons au vi* siècle Ickang Sang-yeou, qui peignit pour l'empereur Wou-ti des scènes bouddËstes; au vu' siècle, indiquons Yen Li~te et son frère Yen Lipeun, peintres de portraits, et Tduing-utie, mort en 730; an ma" siècle, la plus grand artiste, Wou lao-hivan ou Wou Tao-tseu, au service de l'empereur, remarquable par ses peintures de la déesse Kouan-yin. L'èpequc des

SouDS donoe une série d'artistes distingués; mais déjii, sous les Youeu, commence la décadeac«, qui augmente vers la fin du xv' siècle sous les Hing , crdice â l'inlluence des artistes méridionaux, décadence qui d est pas suivie de renaissance- A partir de ce moment, l'art japonais, qui a pour origine l'art chinois, ne trouve plus de rivaux et règne en

ma Ire depu s le commencen ent du \ secle (V Aht) L architet. ure h no se a pour caracter stjque 1 un lo m a du style et des nateraux employés les ma sons sont généralement de constru t on basse à un ou deux étages en bois, en bnques ou en torchis. Les grandes charpentes

PonI a Peking.

' sont faites de poutres arrondies qui soutiennent des toits en pente, dent les coins sont relevés en cornes. La nature même des matériaux indique qu'il y a en Chine peu ou point de monuments anciens; ceux-ci sont des inscriptions

', que nous avons déjà signalées. Parmi les monuments podemes, il n'y a guère À remarquer que les grands tem-

108 LA CIDIE

Ci, particuliïremenl celui du Ciel, i Peking, et quelques u\ nonls de marbre, à Pekmg, au palais d'été, près de Sou-tuieou, elc. Ces pouls ont quelijuetois une grande hardiesse et les arches afleclent souvent la forme d'un cercle parlait. Les pagodes (fa) i cinq, sept, neuf étages, Mnt nomhreuses dans le pa;s ; l'une, la plus célèbre, était la fameuse lour de porcelaine de Nanking, construite sous les Ming, et déiruitc dans les dernières luttes

3«ÇMii j?;^

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Monument de Wou Ichanp pour la repnse par les Impériaux de cette capitale qui était an pouvoir des rebelles Tai-pmg (1864) Les monuments de marbre sont rares ; la lonbe du Lama, mort â Peking, sous Kien-loung, est un bel exemple, ainsi que la tour de Wou-tehang, mais ceci n'est pas de l'arGhitecIure cbinoise. Les temples sont souvenl remarquables par leur ornementation, mais ils n'ont jamais le caractère grandiose des édifices religieux de l'Orient et de l'Occident. On emploie assez soiivenl le granit, pour la construction des ponts, pour daller les routes, pour ces sortes de portes ou d'arcs

On peut considérer la grande sculpture comme A l'état rudimcnlaire ; quand ils font grand, les Chinois nons donnent d'immenses Etouddha en bronze ou en bois doré, des Kouan-li, dieux de la guerre, à la figure convulsée, etc. ;

Urûle parfi

mais je ne vois guère i signaler d intéressant que les groupes gigantesques de figures d hommes et d animaux qui marquent les approches des tombeaux des Ming i Nan king et a Pcking. Parluis, dans leurs bas-reliets ou mieux danslapierreaculplée, ils donnent des figures tort curieuses, par exemple dans la série trouvée dans le Chan-toung et qui date du n" sièele avant notre ère. C'est surtout dans les petits objets que le sculpteur chinois excelle ; il nous donne avec le bambou des figures charmantes et il arrive, soit dans les bois noirs et durs à Canton, soit dans les bois clairs à Nine-po, à fabriquer de petits cheis-d'œuvre. L'ivoire, particulièrement travaillé fi Canton, ainsi que les métaux précieux, or et argent, est destiné aux travaux très délicats. Enfin, puisque de la sculpture, nous descendons aux bibelots, mentionnons les laques ronges et les

ilO Ul caiHE

émaux doisonaés de Peking, et le$ laques jaunes et roo^brun de Fou-tcheou, fabriqués par une Kule famille al comparables, pour leur fini, aux meilleure produits du Japon {V. C&aAHioue, Laque el Pobcelauie).

' Les Chinois attachent la plus grande importance i la musique et cet ail était l'objet d'un siiième grand classique, le Yo-king, dont il ne reste plus qat des fragments daos le Icheou^li, le Li-ki et dans quelques passages du Chtm-kiiig. Us ont d'ailleurs une littérature assez rîcbe, non seulement but U musique, nuis encore sur les instruments de mugique ; par exemple, l'art de battre le tambour, Ki ktni ûu (ix" siéde), un traité de la lyre, EtU hiang kin pou (1833), etc. Aujourd'hui encore, le Li-pou ou ministère des rites a une subdivision musicale ou Yo-pou , constituée en 17Ji sous l'empereur Kien-loung, qui .-C^

comprend un directeur, Ho cheng chou chou Icheng, un sous-directeur, 5 chefs de musique, Hie Lukmg, 25 sous-chefe, Se-yo-lartg, 180 musiciens, ffio chsTig, et 300 choristes ou figurants , Wou-chcng.

La musique du palais se compose de six orchestres ; le premier, Tchongho-chao-yvo avec i^ instruments différents ; le deuxième, lan-pita-yuo, 9 instruments; le troisième, repas de l'empereur, T instruments ; le quatrième, Tsien-

ments, pour la danse; le sixième,

divisé en Nao-ko et en K'ai-ko,

sert pour les actions de uilces. Les

principaux instruments de musique

employés par les Chinois sont : la clo- Pi-^'a

cbe de bronze (Potchong) , le psalté-

rion heplacordes {Kin), la flaie de Pan (P'ot-ttoo), la flûte

droite (Siao), le tambour {Kien-kou, Yaorkou-ta-kou,

TcAanj-fcou), le ïiolon(i/(»u-fcWn), le tambourin (ïcftemt-

kou) , le claque-bois (Po-pan), la mandoline (Pi-pa) , le gong

fLo, Yuti-Ui), les trompes, les hautbois, les cymbales, etc. >npeutd'aillcurs divîserUmusique chinoise en musique des rites et en musique populaire ; ^oique U mesure soil k quatre temps, les autres sont permises, celle à trois temps en

Eirticulier. On appelle lu une série de tubes en bambou, de ngueur variable, qui rendent les douze demi-tons de i'octave chromatique. Les instruments n'étant pas construits aVec la rigueur de c«ux des Eurooéens , leur intonation n'est pas toujours juste ; les intervalles daiis l'échelle musicale

MAQI-ABTS 111

^étaol pas adouds, les notes sont souvent husses; en6n, la mélodie n'est jamais bien définie, ni en majeur, ni en mineur, et il s'ensuit ipi'elle mangue à la fois de force et de tendresse. Somme toute, la musique chinoise est bruyante.

les Mémoires du P. Araiol iMén. conc. les Chinois, VI), M-^ Charlotte Devéria {»ag. piU., 188S) et J.-A. vaa Aaist (Spécial séries, d" 6, Imp. tnarit. Cuitoms : China, 1884)

(Extrait de la Gra

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