FLORE — AGRICULTURE ET SILVIGULTURE
].a üore de la Cùle d'Ivoii'c, c'est la llore tropicale, et ce qualificatif dispense d'essayer de donner une meilleure idée de sa luxuriance et de sa variété. Nous avons dit les principales essences qui composent la forêt. Nombreux sont les végétaux utilisés ou cultivés par les indigènes. Dans la région côtière, les villages sont enveloppés de champs de maïs et de rizières. On consomme aussi beaucoup d'ignames et de patates. Dans le Baoulé, on cultive surtout l’igname, le maïs et le riz rouge ; itlus au nord, on trouve le mil.
Partout les cocotiers foisonnent. Chaque agglomération humaine est environnée d'un bois de bananiers, de haricots arborescents, d'orangers, de papayers, de citronniers, de manguiers. L'ananas est aussi très commun. N'oublions pas (]ue la forêt abonde en arbres à kola, et aussi en karité et en guitou, deux essences dont les indigènes extraient un excellent beurre végétal. Enfin le cotofmier est très répandu au Baoulé.
Ce que l’on tire surtout de la forêt, c’est l’huile et les amandes de palme, le caoutchouc et l'acajou. L'exploitation de celui-ci est toute récente, et, faute de voies de communication, ne se pratique encore qu’au bord des cours d'eau. Nous verrons cependant que sa part est déjà considérable dans les exploitations.
Les indigènes ne se doutaient point que ce bois pût avoir une valeur quelconque. Ilsnel’employaientjusqu'àce jourque pour la construction des ponts, qui se trouvaient ainsi pour longtemps préservés des termites. Pour ce qui est du caoutchouc, on peut soit l'exlraire de la forêt, soit créer des i)lantations avec des graines importées du Brésil. Ces plantations, et les autres dont nous allons parler, ne sont pas seulement un gage de prospérité pour la colonie, on leur doit aussi
l'accélération du dél'richement. L'hygiène do la zone cùtière gagnera beaucoup à un sensible recul de 1 iininense futaie. Le jardin botanique de Dabou délivre gratuitement, sur demande, des graines ou des plants de caoutchouc du Para. Il fait de même pour le café, le cacao, la canne à sucre, la vanille, le tabac. Tous ces végétaux prospèrent d'une façon surprenante, à la Côte d'ivoire, et surtout les deux premiers, dont il existe déjà des plantations importantes, par exemple colle de la Compagnie de Kong, àÉlima, qui produit GO. 000 kilogrammes de café par an. A Rock-Béréby, la plantation Woodin comprend 16.000 caféiers. Beaucoup de concessions cultivent en même temps le café et le cacao, .\insi celles de M. Domergue, à Bonoua; de la mission catholique, à Dabou; et une quantité d'autres sur les bords du Cavally. M. Daudy avec sa remarquable activité habituelle a obtenu les meilleurs résultats.
La culture exclusive du cacao est pratiquée par M. Domergue à TImpérié, et par MM. Saffray et Baillau à Potou.