‹ Notice-sur la CoÌ‚te d’IvoireChapitre 8 sur 15 · L’OR · texte numérisé non relu

L’OR

La géologie du pays peut se résumer en très peu de mots. On est en présence d'un terrain latéritique, avec sous-sol primaire. La latérite est une sorte de poudingue ferrugineux résultant de la décomposition du granit sous-jacent. Elle domine dans tout le bassin du Aiger et les pays avoisinants. Sa teneur en minerai varie, selon les régions. Le fer ne constitue pas la seule richesse métallique de la Cr'de d'ivoire. On a aussi découvert un peu d'étain , de cuivre, de plomb argentifère. Mais c'est sur la question de l'or qu'il convient d'insister.

La présence du précieux métal est connue depuis longtemps, par ce fait que les naturels ont toujours employ*' comme monnaie courante de petits sacs pleins de poudre

d'or. Mais la sitiialioii exacle des p;isements n'a pu être déterminée que récemmenl. Les indigènes, scnls propriétaires et exploitants, ne font pas x'olontiers de contidences en pareille matière. Il a fallu attendre les résnllats des explorations.

11 y a plnsieiii's gisements sur la rive gauche du Comoé, notamment dans l'Indénié, près do Zaranou et d’Assikasso, dans le Boudoukou, près de la ville du même nom. Il s'en rencontre aussi au nord de la lagune du Grand-Bassam. Les hautes vallées du Cavally et de la Sassandra, les hoi'ds du Bandama rouge, passent pour réserver aux prospecteurs des sur|)riscs agréahles. De ce côté une mine est exploitée i>ar les indigènes, celle de Kokomho, dans le Baonlé.

Cette dernière est même, jusqu'à ce jour, lapins importantede la colonie. L’or se trouve danslescollines de 150 mètres qui entourent le vidage. Les indigènes creusent des puits profonds de 125 à 50 mètres, larges d'un mètre et les réunissent par groupes de sept ou huit, pour former une espèce de cave où ils travaillent ensuite nuit et Jour, par équipes allernées. Ils remontent les Blocs de quartz à l’aide de lianes, puis les portent au village, oii ils les pulvérisent avant de les faire laver par les femmes.

L’or en poudre, ou en petites pépites, est évalué à la Cède ])ar les noirs, au point de vue monétaire, à environ 05 francs l'once de grammes. Ils divisent 1 once en Ki dhéa de 0 francs, et Yaké en 12 takons de 50 centimes.

L’or qui peut èire exi)orté, c’est-à-dire qui est reçu dans les comptoirs européens en échange de marchandises, puis expédié en France , est loin de représenter la production totale do la colonie. Beaucoup d’akés et de takons s’en vont par le pays des Achantis, ou Libéria, ou le Soudan, l)eanconp aussi continuent à circuler dans l’intérieur.

Voici toutefois ce qui a pu être exporté du D'' Janvier 1800 an 51 décembre 1897, 1.286 kilogr. 599, valant 5.856.815 francs. Moyenne annuelle : 155 kilogr. 799, valant

i79.()05 francs. Les années les meilleures onl été 1890 avec 918.305 francs : puis 1895, avec 050.890 francs; les moins fortes 1890, avec !208.887 francs et 1893, avec 217.989 francs.

Peut-être les prospecteurs feront-ils queLiues trouvailles clans le nord-ouest, peut-être la colonie tirera-t-elle un profil considérable de l'exploitation des gisements d'or. Mais nous estimons que les Français désireux de tenter la fortune à la Côte cFIvoire, soit en payant de leur personne, soit en y envoyant des capitaux, ne doivent pas s'attendre à trouver là un nouveau Witvvatersrand, ou un nouveau Klondyke.

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