‹ Notice sur la colline de Sansan, suivie d'une récapitulation des diverses espèces d'animaux vertébrés fossiles, trouvés soit à Sansan, soit dans d'autres gisements du terrain tertiaire du miocène dans le bassin sous-pyrénéenChapitre 2 sur 56 · COLLINE DE BAN8ÊLN · texte numérisé non relu

COLLINE DE BAN8ÊLN

(Extrait de l’Ahxuairb du Départbmbst du Gers, Année 1851.

C’est vers la fin de l’année 4854 que fut constatée l’existence d’un amas d’ossements fossiles sur une colline à l'est du petit village de Sansan. Les premières indications qui me mirent sur la voie de cette découverte furent fournies par le sieur Joseph Débats, berger, habitant du lieu (1). Des fouilles commencées immédiatement, se continuèrent jusques à la fin de l’hiver de 1855, et les résultats obtenus furent annoncés par une note publiée dans le Bulletin de la Société Géologique de la même année.

M. Guizot, alors Ministre de l’Instruction publique , pressentit tout l’intérêt de cette découverte ; il voulut que l’on fît de nouvelles recherches et alloua des fonds à cet effet. Son successeur, M. de Salvandy, continua ces encouragements auxquels l’Académie des Sciences elle-même vint joindre les siens, pendant les années 4837 et 1838, sur la proposition de MM. Àrago etFlourens, ses secrétaires perpétuels.

Grâce à cette impulsion, de nouvelles fouilles furent entreprises, sur une plus grande échelle, à Sansan et sur d'autres points du département. Elles procurèrent la découverte d’une grande quantité d’ossements fossiles dont l’envoi fut fait au Muséum d’histoire naturelle. L’intérêt scientifique de ces

(1) Les fragments osseux ramenés à la surface du sol par les travaux agricoles avaient dû être anciennement remarqués par les habitants du pays, puisque l’une des parcelles de terre qui fait partie de ce gisement de fossiles a, de tout temps , été désignée par le nom de camp dé las Hossos (champ des Fosses). On retrouve encore dans nos campagnes la croyance traditionnelle que ces ossements inconnus et ces coquilles pétrifiées enfouies dans nos terrains anciens, sont l’œuvre du démon. Le diable, jaloux des créations du bon Dieu, aurait voulu à son tour façonner des formes animales, mais il ne serait point parvenu à leur communiquer la vie et le mouvement ; les débris de ces ébauches imparfaites seraient restés ensevelis dans les profondeurs du sol.

découvertes sc trouve rappelé dans plusieurs rapports et communications successifs adressés par moi au Ministre de l’Instruction publique et à l’Académie des Sciences.

Un changement de résidence ayant nécessité de ma part, en 1859, la suspension de ces travaux, les fouilles ne purent être reprises qu’en 1841. Restreintes depuis lors à la mesure de mes ressources personnelles , elles n’en furent pas moins poursuivies avec activité et persévérance , soit à Sansan, soit dans d’autres gisements des départements du Gers , de la Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées, jusqu’en 1847, époque à laquelle l’acquisition du terrain de Sansan par l'État fut décidée.

M. Constant-Prévost ayant visité Sansan en 1845, dans le cours d’une tournée géologique qu’il fit alors dans le midi de la France, conçut le premier l’idée d’assurer au Muséum d’histoire naturelle la possession d’une mine si féconde et si précieuse pour l’avancement des études paléontolcgiques.

Après s’être muni d’une promesse de vente au prix de 5,500 fr. pour 4 hectares environ de superficie, plus la maison bâtie au point culminant de la colline, M. G. Prévost, à la suite d’un rapport détaillé, proposa l’acquisition au Ministre de l’Instruction publique. M. de Salvandv , que ses goûts et son illustration littéraire n’empêchèrent pas de se montrer, pendant le cours de sa carrière ministérielle , très-encourageant pour les sciences, accueillit la proposition avec faveur, il présenta, en conséquence, une demande de crédit aux Chambres, dans le cours de la session de 1840. Ce projet fut converti eu loi, en août 1847 (1).

On vient de dire que la contenance du terrain acheté est d’environ 4 hectares. La partie des assises fossilifères qui se prolonge au sud de la colline principale ayant été fouillée à fond, n’entre point dans l’acquisition réalisée par l’État. Dans les 4 hectares achetés, les couches à fossiles n’ont été explorées qu’en suivant le pourtour de leurs affleurements sur les pentes de la colline, et l’on peut évaluer à quinze ou vingt mille mètres cubes tout ce qui en a été fouillé. En réduisant l’épaisseur moyenne de la masse ossifère à la hauteur qu’elle présente dans les tranchées ouvertes sur les allleurements du

(1) La promesse de vente consentie à M. C. Prévost n'étant valable que pour un an, et le projet de loi autorisant l'acquisition n’ayant pas été volé dans le délai stipulé, le sieur Dallas, propriétaire du terrain rentrait dans tous ses droits. Des oll'res supérieures et au comptant lui furent faites alors d’autre part; mais il les déclina et ne chercha même pas à s’en prévaloir vis-àvis de l’État. Cet acte de désintéressement était d’autant plus louable de la part du sieur Dallas, qu’il devait s’attendre à de longs retards pour le paiement du prix de son terrain.

nord et du midi , il en resterait encore au moins quatre cent mille mètres cubes, c’est-à-dire vingt fois autant qu’il en a été exploré dans le cours des douze premières années des travaux de fouille.

La maison bâtie au sommet de la colline est assise sur un banc degrés ou molasse d'eau douce qui ne renferme point de fossiles. Sous cette molasse dont l’épaisseur varie de cinq à six mètres, on retrouve un lit de marne jaunâtre schistoïde qui recouvre immédiatement les assises supérieures du terrain à fossiles.

Ce terrain est sensiblement étagé en couches distinctes qui ne se montrent cependant pas partout en rapport constant d’épaisseur ; quelques-unes même changent d’aspect dans leur continuité horizontale. Ainsi, telle couche qui, au midi, présente un affleurement de calcaire marneux compacte, se retrouve au nord, dans sa position relative, en nature de marne argileuse. Il y a cependant une petite formation particulière qui se montre partout avec une physionomie à peu près uniforme : c’est une assise très mince de calcaire d’un rose terne, sonore, à cassure choncoïde et à structure cristalline, constituant une sorte de marbre d’eau douce susceptible d’un beau poli : il empâte souvent des coquilles dont les contours s’y dessinent en lignes spathiques.

Sous cette assise de calcaire rose, on aperçoit dans les tranchées ouvertes au nord et à l’est, en couche d’épaisseur trèsvariable, un détritus composé en majeure partie de débris de coquilles terrestres et lacustres écrasées sous le poids de la masse superposée, et à travers lesquelles se trouvent disséminées une multitude d’ossements plus ou moins fragmentés de petits mammifères, d’oiseaux, de reptiles et de poissons. C’est le seul gisement connu de notre bassin de la Garonne où se soient conservés les restes osseux de cette petite population animale des temps anciens, qui véritablement est plus nombreuse et plus variée en espèces que celle qui la représente de nos jours.

Les petits ossements ne se distinguent guère au premier abord dans ce détritus agglutiné par une espèce de marne argileuse. Pour se les procurer, il faut, en premier lieu, faire sécher la masse détritique et la soumettre ensuite à plusieurs lavages et criblages successifs. On obtient ainsi un résidu de fragments coquilliers dans lequel il est alors facile de trier les débris osseux, pour si petits et si fragmentés qu’ils soient. On y rencontre aussi quelquefois de toutes petites coquilles terrestres ou aquatiques dont le têt n’a pas été écrasé comme celui des moyennes et des grandes espèces.

C’est par ces soins minutieux et continués pendant plusieurs années que je suis parvenu à retrouver quelques milliers de morceaux qui ont servi à déterminer et à reconstruire près de soixante petites espèces distinctes dans les seules classes des mammifères et des reptiles. L’étude des oiseaux et des poissons est encore à faire.

Les ossements de moyenne et de grande dimension sont indistinctement distribués dans toutes les assises du dépôt de Sansan. On y rencontre de temps à autre les pièces osseuses d’un même squelette dans leurs relations originelles et sans autre altération que la dépression subie par les parties peu résistantes sous le poids des couches superposées avant leur complète solidification. En général, les os des grands herbivores abondent davantage dans les couches inférieures.

Ces diverses assises fossilifères se relèvent sensiblement à l’est et à l’ouest où elles viennent au jour sur la croupe de la colline qui s’allonge dans ce sens; ce qui semblerait indiquer que le terrain à fossiles ne devait pas originairement s’étendre très-loin dans ces deux directions.

Vers le nord où la colline domine un grand vallon d’érosion, les affleurements présentent une plus grande épaisseur. Cependant on ne trouve nulle trace de la formation ossifère au niveau correspondant dans la colline qui fait face de l’autre côté du vallon.

Au sud, dans la partie du versant qui se reporte vers l’ouest, il y a un escarpement qui surplombe un petit vallon. C’est là que les couches à fossiles ont le plus de puissance. Dans l’autre partie qui se continue au sud-est, la colline s’abaisse en pente moins abrupte ; les assises ossifères inférieures se prolongent en un petit plateau non compris dans l’acquisition, et qui a été entièrement exploré ; on les voit ensuite se relever en ados sur le flanc de la colline qui fait fâce'^e ce côté, mais elles ne remontent point jusques au sommet de cette colline, et les fouilles exécutées à fond sur ce point ont donné la certitude que la formation fossilifère s’appuye simplement sur cette colline, sans pénétrer dans sa masse.

Au reste , l’ensemble de ces couches à fossiles constitue , soit par sa structure, soit même par sa composition minéralogique, un fait exceptionnel dans la contrée. Nulle autre part, en effet , dans un rayon de plusieurs lieues , on n’a encore rencontré un assemblage de caractères paléontologiques empruntés à un aussi grand nombre d’espèces animales de toutes classes qui, sans nul doute, ont dû vivre dans des conditions très-diverses, mais dont l’habitation respective a néanmoins pu être trcs-rapprochéc.

On trouve bien, il est vrai, dans les collines qui avoisinent celle de Sansan et à un niveau à peu près concordant avec celui des couches ossifères, une assise plus ou moins épaisse de terrain marneux qui renferme une prodigieuse quantité de moules pétrifiés de coquilles. Mais ces coquilles fossiles appartiennent à des genres essentiellement terrestres . Les variétés du genre hélix y sont très-multipliées ; on y voit des cyclostomes et plus rarement des fragments d’une grande clausilie, sans aucune trace de Planorhes et de Limitées , espèces aquatiques qui abondent au contraire à Sansan. La formation marneuse à coquilles terrestres se montre également dans la partie méridionale du département, en affleurements d’épaisseur variable, sur la pente des collines qui bordent les deux Ilaïses. le Souçon , le Cédon , YArrats, la Lauze, &c. (1). On y rencontre, par intervalles, des fragments presque toujours isolés d’ossements de grands mammifères terrestres. J’y ai même recueilli quelques fruits qui sont les seuls vestiges de végétaux fossiles qui se soient conservés dans nos terrains tertiaires.

Il est à remarquer que cette même zone de marne à coquilles terrestres se retrouve sur la croupe de la colline de Sansan , à l’est et à l’ouest, où elle affleure immédiatement au-dessous des couches ossifères. Elle y a , en apparence , bien moins d’épaisseur que dans les collines d’alentour, et l’on peut supposer qu’elle y forme l’assiette inférieure de ce dépôt singulier qui alors se serait effectué dans une dépression superficielle de cette grande assise de marne coquillière.

Les dépôts sablonneux des environs de Simorre, de Lombez, &c. , que nous considérons comme étant de la même période géologique que celui de Sansan , quoique vraisemblablement postérieurs en date, renferment, outre des ossements de Rhinocéros , de Mastodontes , et d’autres grands mammifères, des débris de Castor , de Trfjoiïix, et quelquefois aussi des moules pétrifiés de Mélanies et d ’Unio, coquilles plus particulièrement fluviatiles , tout comme les trxfbihx parmi les tortues.

A Sansan, on n’a pas encore rencontré de trrfomx, ni de mélanies , ni d ’unio; mais, par contre, on y trouve un grand nombre de batraciens amphibies , des tortues paludines , et surtout des planorhes et des hjmnées, espèces essentiellement staynalcs .

Tontes ces circonstances m’avaient porté à penser que l’accumulation successive des fossiles organiques qui constitue le dépôt de Sansan se serait effectuée au fond d’un marais, ou.

(1 ) Voir, pour pour plus do détails géognostiques, ma Notice (jéoloyique insérée dans Y Annuaire du Gers de 1830.

si l’on veut, d’un petit lac où auraient vécu les espèces aquatiques dont on y retrouve les débris; tandis que les eaux torrentielles auraient pu entraîner dans ce bas-fond , soit les ossements dispersés , soit les cadavres entiers des animaux terrestres établis à demeure , ou du moins se montrant passagèrement sur les terres environnantes émergées pour un temps plus ou moins long.

Cette hypothèse , adoptée jusqu’à un certain point par quelques-uns de mes amis , n’a pas été admise par d’autres géologues qui ont exploré nos contrées. Parmi ces derniers, des hommes dont l’opinion est d’une grande autorité dans la science, n’ont envisagé le fait de Sansan que comme un accident d’hydrographie ancienne, comme un effet de remous produit par quelque courant, dans le grand bassin où se serait déposée, sans émersion intermédiate, la totalité de nos terrains tertiaires. La conséquence de cette conclusion serait de reporter l’habitafiÿ des espèces terrestres ensevelies à Sansan et dans nos autres gisements, en haut des vallées et des pentes pyrénéennes.

Mais, n’insistons pas là-dessus. Attendons plutôt que de nouvelles observations plus généralisées, plus nombreuses et plus précises amènent l’explication d’un fait qui , bien que restreint et isolé, n’en est pas moins digne de fixer l’attention des savants.

Parmi les animaux fossiles enfouis a Sansan , il y a des espèces dont les analogues vivantes ne se retrouvent que dans les régions les plus chaudes de nos continents. D’autres, au contraire, appartiennent à des genres que nous considérons aujourd’hui comme essentiellement septentrionaux. Enfin , le plus grand nombre se rapproche réellement des espèces qui vivent encore à l’état sauvage dans nos climats tempérés.

La réunion sur un espace continental aussi resserré, d’un nombre considérable d’espèces animales dont les représentants actuels sont aujourd’hui si diversement localisés à la surface du globe, s'expliquerait difficilement, si l’on n’admettait pas que ces animaux ont pu ne pas s’y rencontrer tous simultanément, et même que beaucoup d’entr’eux ne s’y montraient que temporairement, amenés sans doute par des habitudes de migration que la présence de l’homme et sa prépondérance sociale ont depuis lors rendues à peu près impraticables pour la plupart des mammifères (1). Il est remarquable

(l)On sait combien est constant et invariable ce besoin de migration pour un grand nombre d’oiseaux. Il parait même qu’il se retrouve encore chez quelques mammifères, entr’autres dans Y Isatis et le Lemming.

Si les ossements de rhinocéros nouvellement découverts par M. Dubarry, dans une grotte de la vallée de Campan (Hautes -Pyrénées) et dont il sera

d’ailleurs que ceux des animaux fossiles de Sansan qui, à raison de leurs mœurs et des conditions de leur organisation, ont dû constituer la partie nécessairement sédentaire de cette population animale, appartenaient pour la plupart à des genres encore existants sous ces mêmes latitudes.

L’analogie partielle de caractères organiques dans ces deux faunes, n’autoriserait cependant pas û en induire des rapports conformes de température entre les périodes si distantes où elles ont dû vivre. Pour arriver à une estimation un peu moins conjecturale de la température moyenne qui régnait sur notre versant pyrénéen à l’époque où il était visité , sinon habité par des singes , des rhinocéros et autres espèces méridionales , il faudrait pouvoir s’appuyer sur les données plus positives qu’aurait fournies la végétation contemporaine, si nos terrains tertiaires en eussent conservé des vestiges plus appréciables.

Les rapports d’organisation que l’on vient de signaler entre une partie des animaux fossiles de Sansan et ùifccertain nombre de leurs analogues des temps actuels, ne sont pas tellement intimes que l’on ne puisse leur assigner des limites au moyen de distinctions auxquelles les naturalistes attachent une valeur de classification. Dans la classe des mammifères, par exemple, et dans celle des reptiles, l’examen rigoureusement comparatif des congénères de l’une et de l’autre faune, a constamment fait ressortir des caractères différentiels nettement accusés et persistants à un degré toujours sensible dans chaque pièce de la charpente osseuse ; en sorte que l’on ne saurait confondre ces espèces respectives, si rapprochées qu’elles se montrent entr’ elles par leur dimension et par leur physionomie générale. Ainsi, nous ne pourrions guère supposer que nos Chauve- Souris, nos Taupes, nos Musaraignes, nos Desmans, nos Hérissons, nos Gcncttes , nos Putois, nos Ecureuils , nos Loirs, nos Chamois-Isard , nos Tortues, nos Lézards, nos Orvets, nos Couleuvres , nos Vipères , nos Grenouilles , nos Salamandres , fussent réellement les descendants directs des espèces du même genre dont les restes se sont conservés dans l’ossuaire de Sansan.

Ce n’est que parmi les invertébrés de la classe des mollusques que mes deux savants amis, M. l’abbé Dupuy et M. Noulet,

question plus loin, proviennent réellement d'un individu de l’espèce africaine actuelle (7e llh. bicorne du Cap), on trouverait d’abord, dans ce fait, un indice de l’ancienne réunion continentale de l’Espagne avec l’Afrique, et de plus, un nouveau témoignage de la persistance des habitudes nomades de nos grands herbivores, à une époque comparativement récente, mais vraisemblablement encore antérieure a l’apparition ou à l’établissement social de l’homme sur le continent européen*

sont parvenus à constater quatre cas d’identité spécifique d’une faune à l’autre, d’après l’exacte similitude des dépouilles testacées, recueillies en grand nombre dans la profondeur des couches ossifères de Sansan , avec les coquilles de quatre espèces encore vivantes (4).

Les bornes de cette Notice ne me permettent point de revenir sur ce que j'ai pu dire ailleurs des causes probables qui auraient déterminé l’anéantissement final de cette faune de notre terrain miocène. 11 semblerait résulter de certaines indications géognostiques que sa disparition aurait été suivie d’une sorte d’interrègne zoologique après lequel se serait établi, de ce côté-ci des Pyrénées, un nouvel ensemble d’espèces animales, parmi lesquelles figurent des éléphants et d’autres grands mammifères dont les restes se retrouvent ailleurs dans les terrains supérieurs ou meubles d’une partie de l’Europe. Cette faune de terrains meubles n’ayant presque pas laissé de traces de son existence dans nos contrées, il n’en sera point question dans le catalogue qui suit, lequel est uniquement consacré aux espèces propres à notre terrain tertiaire miocène (2).

(1) Voir ci-après la liste des coquilles du terrain miocène.

(2) Je ne pourrais citer en fait de vertébrés fossiles des terrains meubles du bassin de la Garonne que :

1° Les dents d’éléphant trouvées par M. Noulet, aux environs de Toulouse, et celles recueillies par M. l’abbé Dupuy dans la basse vallée du Gers;

2° Des restes d’un grand cerf, par M. l’abbé Goussard, aui environs de Condom;

3° Une dent de felis de très-grande taille avec quelques os des pieds, par M. Goussard, dans l’arrondissement de Condom;

4° Quelques os de cheval dans un atterrissement ancien, parM. Doat, de Céran ;

Des dents de bœuf et de cheval, par M. Noulet, aux environs de Vcnerque (Haute-Garonne). M. Noulet a trouvé dans le même gisement un os du carpe qui m’a paru revenir à l’éléphant;

6° Les ossements d’un grand bœuf, d’un cerf de moyenne taille, d’un campagnol et de quelques espèces d’oiseaux trouvés par M. Davezac, naturaliste à Bagnères-de-Bigorre, dans une brèche par lui découverte presqu’au sommet de la montagne de YEstalient ; en supposant toutefois que ces derniers fossiles puissent être rapportés au même ensemble zoologique et à la même époque géologique que les précédents;

7° Enfin les ossements de rhinocéros ( bicorne du cap ) que M. Dubnrry a recueillis, avec d’autres restes d’un cerf de moyenne taille, dans la caverne de Baudéan (vallée de Campan), où j’ai moi-même trouvé, cette année, une mâchoire de campagnol.

DES DIVERSES ESPÈCES D’ANIMAUX VERTÉBRÉS FOSSILES TROUVÉS, SOIT A SANSAN, SOIT DANS D’AUTRES GISEMENTS DU TERRAIN TERTIAIRE (MIOCÈNE) DANS LE BASSIN SOUS-PYRÉNÉEN (*).

MAMMIFERES.

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