Macrotherium Sansan igns g
Édenté de grande taille , donrfif découverte à Sansan remonte à l’année 1833. C’est probablement le même animal que Cuvier (Oss. Foss.) avait annoncé comme pouvant être un Pangolin gigantesque, et que ce grand Naturaliste avait deviné sur une seule phalange nngueale fort mutilée, que l’on avait trouvée à Eppelsheim (ancien palatinat). Quelques Paléontologistes allemands ont proposé plus tard de rapporter les phalanges de celle sorte au Dinothérium , dont les restes osseux sont très-abondants dans le gîte d’ Eppelsheim.
Les découvertes successives faites à Sansan ont démontré que l’osléologie du Macrotherium , tout en conservant des rapports marqués avec celle du Pangolin , accuserait d'autre part une tendance visible vers les Paresseux.
Je n’ai trouvé en tout que deux dents hors place, que l’analogie dans la forme et dans la structure , aussi bien que leurs dimensions relatives, m’ont porté à attribuer à cet édenté, le seul animal de cette classe qui ait laissé quelques vestiges à Sansan. On sait que les Pangolins n’ont pas de dents, maison en trouve chez les Paresseux. Ces dents, de structure en apparence fibreuse, sont simples, sans racine et sans étui émailleux.
Nous sommes sans renseignements sur la forme de la tête qui ne s’est pas encore trouvée à Sansan, bien que j’y aie déjà découvert à-peu-près toutes les autres parties du squelette de plusieurs individus.
Les vertèbres cervicales ont des apophyses très-développées sur leurs corps minces à proportion , lesquels s’articulent par imbrication plus engagée encore que dans le cheval et dans les ruminants à col allongé.
Les vertèbres dorsales ont leurs corps aplatis dans les faces articulaires. Les lombaires sont plus fortes, les apophyses épineuses des vertèbres sacrées sont soudées entr’elles et réunies en crête continue. Je n’ai pas su retrouver de vertèbres caudales, ce qui serait bien singulier si l’animal eût eu une queue longue comme celle des Pangolins.
Membres antérieurs extraordinairement longs. — Humérus à tète arrondie, relevé de crêtes et d'attaches musculaires puissantes; très-élargi dans son extrémité inférieure; condyle interne percé d’un trou pour le passage de l’artère radiale.
Radius dont la tête s’applique d’une manière à-peu-près fixe au cubitus. Ces deux os de l’avant-bras sont longs, très-grêles et se soudent par leur extrémité inférieure chez les adultes ; particularité exceptionnelle par rapport aux autres édentés, et qui exclut le mouvement de supination dont la plupart des animaux de cet ordre sont plus ou moins favorisés.
Trois métacarpiens seulement observés pour chaque main ; ils sont inégalement longs et chacun d’eux est suivi de trois phalanges dont la première s’articule de façon à pouvoir se redresser en arrière et en dessus du métacarpe, rétractilité qui semble calculée pour favoriser la marche de l’animal. Cette phalange présente une demi-poulie à la seconde, et celle-ci s’articule par une poulie profonde serrée et semi-circulaire avec l’onguéale qui est haute, très-comprimée, arquée et bibde en avant comme celle des Pangolins.
Les membres postérieurs sont de moitié plus courts que les antérieurs, ce qui, dans la station quadrupédale , devait faire ressembler cet animal à ceux de nos singes qui ont les bras démesurément longs.
Le fémur robuste à proportion et aplati comme chez plusieurs de nos édentés; le tibia très-court; l’astragale fort large dans son plan raccourci; le calcanéum dLson apophyse postérieur€4rès-développé*^-de façon à fournir une assiette solide au corps de l’animal.
Les métatarsiens retrouvés aussi seulement au nombre de trois sont gros et très-courts. Les phalanges de chaque doigt sont dans le plan des antérieures et elles s’articulent également de façon à permettre leur redressement presque complet sur le métatarse.
La rétractilité de l’ensemble des phalanges ferait du Macrotherium un animal tout à la fois palmigrade et plantigrade. L’articulation tarsienne au lieu d’ôtre lâche et anomale comme dans les Paresseux , se montre au contraire serrée et combinée de façon à faciliter la progression sur un plan horizontal; ce qui, joint à la fixité des os de l’avant-bras, n’aurait guère permis à notre édenté fossile de grimper sur les arbres, alors môme que cette supposition ne serait pas écartée par la considération de ses dimensions gigantesques.
Cuvier, en comparant la phalange d 'Eppelsheim avec celle d’un Pangolin vivant, avait calculé que l’animal fossile aurait dû avoir huit fois la taille d’un Pangolin adulte, c’est-à-dire au moins vingt-quatre pieds de long. L’ostéologie aujourd’hui en grande partie connue du Macrotherium ne permet pas de lui attribuer un aussi grand développement en longueur. En revanche, d’après les proportions de scs extrémités antérieures , sa taille au garrot devait approcher de celle de nos plus grands quadrupèdes.
Sansan. C. C.