‹ Notice sur la famille Guy [microforme]Chapitre 10 sur 78 · LUTTE HÉROÏQUE DE LA NOUVELLE-FRANCE · texte numérisé non relu

LUTTE HÉROÏQUE DE LA NOUVELLE-FRANCE

Un siècle entier, le peuple canadien avait tenu tête aux tribus iroquoises et aux Colonies anglaises, sans jamais en recevoir la loi. Pour en triompher, il faut que la puissante Angleterre arme ses flottes, mette sur pied ses armées et entre elle même en lice. Sans se laisser déconcerter, la Nouvelle-France accepte la lutte : lutte grandiose, lutte glorieuse, s’il en fut jamais. A la vérité les années qui courent de 1755 à 1760 sont peu nombreuses, mais elles scut marquées par de si éclatantes victoires qu'elles comptent comme des siècles et qu'elles suffisent à immortaliser les héros qui y prennent part. Le duel commence par deux actes qui ne sont pas à la louange de ceux qui se les permettent. Le 8 Juin 1754, sans aucune déclaration de guerre, la flotte anglaise attaque et prend deux vaisseaux français, s'empare de la même manière de la marine marchande. Au mois de Septembre de l’année suivante, joignant la cruauté à la perfidie, Winslow, à la tête des milices de Ja Nouvelle-Angleterre, fait main basse sur la population acadienne, et, après avoir incendié ses habitations, l’entasse sur des navires et la jette aux quatre vents. Pendant que les milices éxécutent ce noir forfait, Braddock s’avance à marches forcées sur le fort Duquesne, plein de confiance dans le nombre de ses Bataillons. De Beaujeu, chargé de remplacer de Contrecœæër, n’a qu'une poignée d'hommes à lui opposer ; mais, décidé à vaincre ou à mourir, il va à sa rencontre et lui inflige la défaite la plus complète, le 9 Juillet. Sur ces entrefaites, arrive Mr de Vaudreuil-Cavagnal, nommé Gouverneur à la place de M' Duquesne.

Quelques mois après, Johnson, en vue d'effacer la honte de la défaite de Braddock et de s'emparer du fort Saint Fredéric, se met en marche avec des forces considérables. Le Baron Dieskau, récemment arrivé de France avec de nouvelles troupes, va chercher l'ennemi sur les bords du lac St Sacrement; mais, abandonné par une partie des Sauvages et mal servi par sa bouillante ardeur, il estobligé de rétrograder, après avoir éte gravement blessé. Cet échec ne fait pas oublier la victoire de la Monongahèla, mais en diminue de beaucoup la joie.—L'année suivante, afin d’ôter aux Anglais toute envie de se porter sur Montréal, le nouveau Gouverneur charge le jeune de Lery d'enlever le fort Bull. En même temps, il renforce les garnisons ht Frontenac, Duquesne, Niagara, Saint-Fredéric et fortifie Carillon, Sur ces entrefuites, arrive l'illustre Général qui, à lui seul, vaut une armée, Il est accompagné d'ofliciers et de troupes, dont le nom doit rester lié à jamais à l'histoire du pays. Pendant que ce rnfortest échelonné . ur la frontière, survient la nouvelle que ennemi s'apprête à envahir le Canada avec des troupes nombreuses, Sans perdre de temps, et, apres s'être concerté avec le Gouverneur, Montcalm prévient les Anglais, en se portant sur Chouegen (0Oswégo). Après quelques jours de résistance, effrayée par l'élan irrésistible des troupes françaises et canadiennes, la garnison, au nombre de dix sept-cents hommes, se détermine à vapituler, Ce brillant succès suffit pour arrêter la marche des armées exvahissantes, Malheureusement, après avoir t'iomphé des ennemis du déhors,la Colonie ne peut triompher aussi facilement de ceux du dedans. La récolte ayant manqué deux années de suite, la population se trouve réduite à une affreuse détresse. La situation est encore aggravée par le mauvais génie qui préside depuis huit uns aux affaires de l'Intendaure. Malgré leur état de gène, les Canadiens accueillent avec bonheur les pauvres exilés qui leur arrivent d'Acadie et partagent avec eux les faibles ressources que Bigot n'a pu leur dérober, C'est dans ces circonstances que se lève l'année 1757. Dans le but de recommencer leur attaque contre le Canada, les Anglais s'étaient fortifiés sur le lac St Sacrement, et, à quelque distance du fort Lydius, avaient élevé le fort George, ou William Henry. H fallait à tout prix les en déloger, Après s'être assuré du concours des Sauvages alliés, Mr de Vaudreuil confie l’entreprise au vainqueur d'Oswégo. Pendant que les troupes se rendent sur les lieux, des Méloises, Hertel de Chambly, s'emparent de vingt berges ennemies ; Marin, fils, tué deux cents hommes au fort Lydius, Quant tout est prèt, Montcalm, après avoir fait sommer le Commandant du fort de se rendre, donne le signal de l'attaque. Sept jours durant, Monroe se défend avec vigueur ; mais, voyant l4 plupart de ses batteries démontées et n'ayant aucun espoir d’être secouru, il amêne son pavillon, Une nouvelle victoire est ainsi ajoutée à celle de l’année précédente, Malheureusement, ayant appris de leurs ennemis à ne pas respecter les prisonniers, et poussés en outre par l’'appât du gain, les Sauvages, malgré les efforts des Français pour les en empêcher, immolent sans pitié bon nombre d’ Anglais. Sur ces entrefaites, arrive de France un nouveau régiment, Malgré la mal\die qu'il apporte avec lui, le peuple se montre plein de courage. La chèreté des vivres qui va toujours en augmentant, ne peut davartage ébranler sa constance.—Pendart que la Colofie lutte ainsi contre des

fléaux plus meurtriers que la guerre 8lle méme, d'immenses prépar::tifs se font pour envahir le Canada et prendre Louisbourg. Le 2 Juin 1758, Boscawen, avec vingt vaisseaux de ligne, dix-huit frégates et

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