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14,000 hommes, sous les ordres d'Armdherst, parait devant la forteresse francaise, Après s'être défend, avec on rare courage du 8 Juin au 28 Juillet, ayant perdu 1,500 hommes de sa garnison et voyant les murs de la place entamés de toutes parts, l'héroïque Drucourt prend le parti de capituler, La perte de Louisbourg entraine celle du Cap Breton et de l'Ile St Jean, La victoire n'est pas loin de la défaite: Le même mois qui voit tomber les murs de Louisbourg, voit aussi le plus beau triomphe que la Nouvelle-France ait jamais remporté, A la tête de plus de 16,000 hommes de troupes et de milices, Abercromby était parti du fort Edouard (Lydius) pour se porter sur Montréal, Montcalm, avec 3,088 hommes, dont 450 Canadiens, vient lui barrer 1e passage à Carillon {Ticondéroga). Aprés s'être fortifié au moyen d'abatis d'arbres, il attend l'ennemi de pied ferme, Le 8 Juillet, sur le midi, Abercromby fait son apparition, Son armée marche sur quatre colonnes, Six fois elle s'acharne à entamer les lignes francaises, et six fois elle ost repoussée avec des pertes énormes, Après une lutte de plus de sept heures, pendant laquelle 2,000 hommes de ses meilleures troupes avaient ét6 tuillés en pièce, Abercromby désespéré, vaincu, prend précitamment la fuite. La victoire de Carillon sauve encore une fois le Canada, Malheureusement, Frontenac et Duquesne avaient été dégarnis de troupes. Bradstreet et Forbes profitent de ces circonstances, l'un pour détruire le premier de ces forts, l'autre pour se retrancher dans le second auquel il donne le nom de Pittsburgh. Cette perte attribuée à l'imprévoyance de M' de Vaudreuil, jointe à d’autres griefs, augmente la division qui régne entre le Gouverneur étle Général Montcalm et ne présage que des malheurs.—Ces malheurs ne tardent pas à se réaliser, Pendant que la Nouvelle-France lutte péniblement contre l& besoin de toute chose, ses ennemis se rassemblent et conspirent sa perte. Après s'être emparés des postes avancés, ils se proposent de pénétrer dans le cœur du pays par plusieurs endroits à la fois; et, de peur que leur proie ne leur échappe, ils mettent sur pied trois armées, dont l'effectif est porté à près de soixante mille hommes, presque l'équivalent de Ja population entière du Canada, Pour tenir tête à l'orage, il eût fallu de nouveaux renforts, et le peuple canadien est abandonné à lui-m3me, Sans se décourager, il court aux armes, et, plutôt que de se rendre, jure de se défendre jusqu'à la dernière extrémité, Après avoir fait évacuer Carillon et St Fredéric, M: de Vaudreuil renforce les postes de Niagara, de l'Hée-aux-Noix et de Chouegen, Ces mesures étaient à peine prises, lorsque Prideaux, à la tôle de forces considérables, parait devant Niagara. Le brave Pouchot s'y maintient quelque temps; mais, privé du secours qu'il espérait recevoir du Détroit et de la Presqu'He, il est forcé de capituler, Ce malheur rest que le prélude du désastre bien autrement douloureux qui attend les armes francaises sous les murs de Québec. La flotte anglaise venait d'y arriver, Après avoir fait débarquer son armée à l'He d'Orléans, Wolfe, avec onze Compagnies de Grenadiers et quatre cents Volontaires, vient attaquer les retranchements français à Montmorency. Une lutte terrible s'engage ; mais, repoussés de toutes parts, criblés par les hommes de Repentigny, les Anglais se retirent en désordre, La bataille était gagnée, Après avoir passé une partie du mois d'Août à saccager sans pitié la plupart des Paroisses situées sur les deux rives du fleuve, désespérant d'emporter Québec de vive force, les troupes anglaises ont recours à la ruse, Dans la nuit du 1? au 13 Septembre, se donnant pour les Français chargés d'approvisionner la
place, elles parviennent à gagner les hauteurs de la ville par l'Anse au Foulon. Le Général Montcalm accourt aussitôt. Trouvant l'ennemi déjà rangé en bataille, pour ne pas lui laisser le temps de se fortifier, il engage le combat. Malheureusement, au plus fort de la lutte, il tombe mortellement blessé. Après s'être battue avec un courage héroïque, voyant la partie perdue, l’armée regagne précipitamment ses campements. Cinq jours après, manquant de tout et craignant d’être prise d’assaut, la ville ouvre ses portes aux Anglais. De Jacques- Cartier, où elle s'était retranchée, l’armée, grandement diminuée, se replie sur Montréal, où elle prend ses quartiers d’hiver.—Privée de sa Capitale, en proie à une détresse qui se fait «e plus en plus sentir, la Nouvelle-France ne désespère pas encore. Elle rassemble ses forces et se prépare pour un effort suprême. Le 24 Avril 1760, après avoir pris le commandement de l’armée, le Chevalier de Lévis se rend avec ses troupes à la Pointe-aux lrembles et delà se met en marche pour Québec. Murray, à la tête : deux mille cinq cents hommes, accourt pour l'arrêter; mais il est refoulé jusqu’au moulin de Dumont. Profitant de ce premier succès, le Général français étend ses lignes et se rapproche de Québec. Murray étant revenu le 28 Avril avec la plus grande partie de ses forces, Lévis, sans attendre que toutes ses troupes soient en ordre de bataille, donne le signal du combat. Aussitôt commence une lutte acharnée, indescriptible. Vingt fois le moulin est pris et repris. Plutôt que d'abandonner la position, les Grenadiers se font hacher. Bien que supérieure en nombre, l'aile droite de l’armée ennemie est partout débordée. L’aile gauche n’est pas plus heureuse, Pendant que de Repentigny, à la tête des milices, et St Luc, avec les Sauvages, enfoncent le centre, Poularier, Commandant du Royal- Rousillon, l'attaque et la fait rétrograder. Après trois heures du plus violent combat, pendant lequel ils perdent quinze cents hommes, se voyant repoussés de toutes parts, les Anglais prennent la fuite. La victoire est gagnée ; l'honneur des armes françaises et vengé. Le soir même de cette mémorable journée, Lévis fait commencer les travaux qui doivent le rendre maitre de Québec. Treize jours durant, l’armée est occupée à ouvrir des tranchées et à élever des batteries. Efforts stériles ! Au moment où tous les regards sont tournés vers la France d’où est attendu le secours, 1 ae flotte fait son apparition dans la rade de Québec, et c'est une flotte anglaise. Pour ne pas être pris entre deux feux, Lévis lève le siége et revient à Montréal avec une partie de son armée. L’ennemi ne tarde pas à l’y suivre. En effet, le 7 Septembre, malgré les obstacles qu’on a accumulés pour leur barrer le passage, les trois armées d’'Amherst, de Murray et d'Haviland, après avoir saccagé le long de la route une partie des Paroisses, arrivent devant Montréal. Lévis n’a que trois mille hommes à leur opposer, Un instant il songe à les attaquer; mais, sur l’avis de son Conseil, M: de Vaudreuil se détermine à capituler. Cette Capitulation a lieu le lendemain, 8 Septembre, et assure aux Canadiens, avec le libre usage de leur langue et de leurs lois, la conservation de leur Religion et de leurs propriétés. Le drapeau de la France, après avoir flotté près de deux siècles au-dessus de Montréal, se replie et fait place à celui de }: Grande-Bretagne. L'entrée des troupes dans la ville annonce à la Colonie que la Nouvelle-France est devenue possession anglaise. Ainsi est consommé le grand drame qui depuis tant d'années tenait tous les esprits en suspens.
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