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Cugnet, de Bonne, Sangunet, de Rouville, etc., auxquels les Hervieux étaient alliés. Une fois marié, Mr Guy continua son commerce avec une nouvelle ardeur. Mais, non plus que son père, il ne devait pas jouir longtemps du repos. En effet, quelques années après, survint l’invasion américaine.
S'étant franchement rallié au nouveau pouvoir, Mr Guy, en sujet fidèle, pensa qu’il était de son devoir d’épouser la cause de la Métropole et de repousser les enva hisseurs. Il prit donc les armes. L’ennemi ne put lui pardonner cette noble conduite. Lorsque le Général Montgomery eut fait son entrée à Montréal et pris possession de cette ville, les Bostonnais, pour se venger de l'opposition qu’il leur avait faite, saccagèrent son magasin. Mais telle était la considération dont il jouissait déjà parmi ses compatriotes, qu’il n’y eut qu’une voix pour le charger d’être l’un des signataires de la Capitulation. Quelque prévenus qu’ils fûssent contre lui, les Bostonnais fürent forcés de l’agréer, et, avec quelques autres citoyens marquants, il apposa son nom au pied de ce document.
Le dévouement que lui et la plus notable partie des Seigneurs avaient montré en cette circonstance, lui avait fait espérer que ses compatriotes seraient traités avec plus de justice qu'ils ne l'avaient été dans le passé. Mais le moment n’était pas encore arrivé où les Canadiens devaient entrer dans la possession pleine et entière de leurs droits. Devant les prétentions exagérées d'une minorité qui ne voyait dans le Canada qu’une proie à dévorer, M' Guy ne fut pas le dernier à élever la voix. Tout en demeurant fidèle à la cause de la Grande-Bretagne, il se rangea résolument du côté de l'opposition. Cette conduite patriotique fut appréciée comme elle le méritait. En 1784, lorsque fut organisé à Montréal le Comité chargé de récapituler les griefs dont les Canadiens avaient à se plaindre, il en fut nommé Président. Déjà, l’année précédente, deux Députés, MM. Adhémar et Guillaume De-
lisle, ! étaient passés en Angleterre pour demander que tous les habitants du Canada, sans distinction de race ou de Religion, fûssent traités sur le même pied. Ces démarches étant demeurées à peu près sans résultat, les Canadiens ne se rebutèrent pas. Ils s’assemblèrent de nouveau, tant à Montréal qu’à Québec, et, cette fois, pour en finir avec un Conseil, dont la majorité leur était hostile, ils dressèrent tout un plan de réforme, en tête duquel figurait la demande d’une Chambre élective et d’un Conseil non rétribué. Ce projet, dont Mr Guy fut un des principaux auteurs, ne se réalisa que plus tard, mais la base en était jetée Sachant, à n’en pouvoir douter, que son ajournement n’était du, en grande partie, qu'aux petites intrigues de quelques particuliers intéressés qui, pour mieux parvenir aux places, flattaient le pouvoir, tout en affichant un grand zèle pour le bien public, il ne put s'empêcher de s’en plaindre ainsi dans une lettre à son ami, l’Honorable J. Baby : ‘“ Quant aux ‘“ politiqueurs de Montréal, je crois qu’ils tiennent plus ‘‘ à se ménager la protection des personnes en place, ‘““ qu'à promouvoir les intérêts du peuple et à donner
1 Suivant les journaux de l’époque, Mr G. Delisle, dont on a fait connaitre brièvement la famille, était “ un homme respectable qui ‘ joignait à toutes les vertus sociales des connaissances profondes et ‘“ étendues, tenait un rang distingué parmi les hommes de lettres et ‘ faisait ses délices de l'étude de la philosophie qu’il cultiva toujours ‘“ avec succès.” Lors de la mort de Madame d’Youville, arrivée le 23 Décembre 1771, sur les huit heures et demies du soir, il avait été l’un des heureux témoins du prodige qui signala le décès de cette illustre fondatrice. ‘ Il se promenait le long des murs de la ville, du côté du «“ St Laurent, et se dirigeait vers la pointe à Caillière, rapporte l’auteur “ de la Vie de Madame d’Youville, lorsque portant fortuitement les ‘“ veux du côté de l'Hôpital, il apercut au dessus de cette maison, à ‘“ une certaine hauteur, une croix lumineuse régulièrement formée, “ Surpris d’un phénomène si singulier et en croyant à peineses yeux, il “ appelle un de ses amis pour s'assurer davantage de la vérité du pro- “ dige, dont, en effet, ils demeurèrent j’un et l’autre pleinement con-
. “vaincus. Ils ignoraient encore la mort de Madame d’Youville, qui “ ne fut divulguée que le lendemain, et dans la surprise que leur cau- “ gait la vue d’un tel phénomène, M: Delisle s’écria : Ah ! quelle croix “ vont donc encore avoir ces pauvres Sœurs Grises ? Que va-t-il leur “ arriver ? Sera-ce quelque chose de sinistre ou de prospère ? ”
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‘“ connaissance au Gouvernement de ce qui pourrait pro- “ curer son bonheur et faire avancer le commerce...” Nonobstant ces défections regrettables, Mr Guy resta fidèle à la ligne de conduite qu’il s'était tracée et ne cessa de faire des représentations que lorsque la Constitution de 1791 fut accordée.
Ce service ne fut pas le seul qu'il rendit à son pays. Comprenant que la cause des Canadiens ne pourrait être bien défendue qu'autant qu'elle aurait des hommes instruits et capables de la faire valoir, il s’appliqua de toutes ses forces à propager les hautes études. Dans ce but, il avait applaudi à l'heureuse initiative qu'avait prise M: Curateau, ! prêtre de St Sulpice et Curé de la Longue-Pointe, en ouvrant un Collége dans son presbytère. Il ne s’en tint pas là. Persuadé que cet Etablissement ferait plus de bien et se développerait beaucoup mieux s'il était à Montréal, il n'eut pas de repos qu’il n’y fût transporté. A une époque où on ne souffrait qu'avec peine tout ce qui, de près ou de loin, tenait au catholicisme, la chose n’était pas sans difficulté. Mais, aidé de quelques amis, Mr Guy fit tant de démarches, usa de tant de ménagements, qu'en peu de temps tous les obstacles furent applanis. C’est alors que, sous le nom de Collége St Raphaël, fut installée, dans l’ancien Château de Mr de Vaudreuil, cette Institution qui devait être
1 M:' Curateau décéda à Montréal le 11 Février 1790, à l’âge de soixante ans. Il fut remplacé dans la direction du Collége par Messire J. Bte Marchand qui eut pour successeur Mr J. Bte Chicoineau. Les Directeurs qui sont venus depuis, sont: MM. Roque, Quiblier, Baile, Villeneuve, Nercam, Denis et Lenoir. Passé en Canada à la suite de la Révolution française, le Révérend Mr Roque est mort le 5 Mai 1840, laissant une mémoire qui est encore en bénédiction. Cinq ans auparavant avait eu lieu l'anniversaire de sa cinquantième année de prêtrise. Alors on vit combien ce noble vieillard était aimé et chéri. Ses anciens élèves, au nombre de plus de cinq cents, se réunirent à l'Eglise de Notre-Dame, pour remercier Dieu de leur avoir donné un si habile Directeur, et, à la suite de l’offlce où l’on ne comptait pas moins de huit mille personnes, se rendirent au Séminaire pour lui.présenter une adresse. Ces faits honorent trop ceux qui y prirent part, pour que nous ne les rappelions pas ici.
pour la patrie une pépinière toujours féconde de citoyens distingués et de prêtres éminents. Depuis, cette maison n’a cessé de prospérer. Après avoir été transporté, en 1804, dans un vaste édifice élevé par la munificence des Messieurs du Séminaire, le Collége de Montréal a été définitivement transféré, en 1861, dans un plus vaste édifice encore, situé au pied de la montagne, d’où il domine toute la ville et a vue sur le cours majestueux j du S' Laurent, \
Ce même zèle pour l'instruction de la jeunesse porta . encore Mr Guy à tenter toutes sortes d'efforts pour empèê- À cher l’aliénation des biens des Jésuites. Comme tout le monde sait, ces biens étaient le fruit de donations et de | gratifications successives. Mais quelque fût leur origine, f le but pour lequel ils avaient été donnés était un motif I puissant d'empêcher qu'ils ne fussent appliqués à un autre objet. Connaissant les dispositions de M: Guy à cet égard, Mr de Rocheblave, alors à Québec, n'eut r à1s plus tôt appris que le gouvernement avait dessein dé se les approprier,
qu'il en écrivit ainsi à son ami : ‘“ Mon cher Monsieur, Ù ‘“ vous avez su sans doute, par la rumeur publique, que ; v ‘“ des Commissaires ont été nommés, tant à Québec qu’à É le ‘“ Montréal, pour constater l’état des biens des Jésuites, 1 pi ‘“ dont Mr Amherst a hâte d’être mis en possession. De ÿ d nouveaux ordres sont venus à cet effet. Si cette mesure : n ‘ est adoptée, la Province se trovera frustrée de l’unique : el ‘“ moyen de procurer de l'éducation à la jeunesse. Il Ë nl ‘ importe donc que les citoyens établissent la légitimité q “ de leurs prétentions sur des propriétés appropriées à | pl ‘ une fin aussi louable qu'utile. Une très-humble adresse ue di ‘ sera présentée dans ce but au noble Lord de la part des 1 l j citoyens de cette ville... Je n’ai pas besoin de vous T ‘“ dire que nous espérons bien ici que vous vous joindrez m . à nous pour l’appuyer..” Cette lettre était du 14 de Octobre 1787. Le mois suivant, Mr A. Panet, également le préoccupé de cette affaire, en écrivit à son tour à Mr Guy m
dans les termes suivants : ‘“ Les citoyens de Québec m'ont ax
* chargé de vous envoyer copie de leur requête et du mémoire qui la motive, afin que vous assembliez, s’il vous plaît, ceux de Montréal pour en faire autant. Il n'y a pas de temps à perdre, car la question est à présent devant le Conseil. Vous pouvez être assuré, d’un autre côté, que le Lord ne trouvera pas mauvaises les représentations qui lui seront faites dans l’intérèt de la Province ” Cet appel ne fut pas sans écho auprès de
Mr Guy. Ne s'inspirant que de son amour pour la jeu-
nesse, Mr Guy se hâta d'assembler les principaux citoyens
de Montréal et leur fit signer une adresse. Mais, devant un parti pris, toute démarche devenait inutile. “ L'ordre
‘ des Jésuites ayant été aboli en 1762, dit Mr Garneau, le
‘ gouvernement saisit l’occasion pour s'emparer de leurs
“ biens. Après plusieurs recherches sur la validité des
‘ titres, il accorda une indemnité à la famille Amherst et
‘ déclara que ces biens seraient affectés à Péducation
“ publique.” ;
Toutes ces démarches, de la part de Mr Guy, semblaient devoir refroidir l’administration à son égard; mais, convaincue que le bien public, et non l'esprit de parti, était le principal mobile de sa conduite, elle ne lui en continua pas moins sa Confiance. Elle ne tarda pas à lui en donner des preuves. Le 3 Mai 1786, Mr Guy fut nommé Lieutenant-Colonel des milices, et, quelques années plus tard, en 1802, il fut promu au grade de Colonel. Ces honneurs ne furent pas les seuls que lui attirèrent ses éminentes qualités. Mr Guy fut encore fait Juge, faveur d'autant plus signalée que la Couronne était loin d’en être prodigue alors. Cette charge lui fut conférée au mois d’Aoùût 1776. L'administration n’eut pas à se repentir de ce choix. Tout le temps de sa longue judicature, Mr Guy fut le modèle du magistrat intègre autant qu'appliqué à ses devoirs. Une conduite aussi honorable ne fit qu’accroître l'estime dont il jouissait déjà dans le public. C’est ce que montre la démarche de Mr Delisle, ce savant dont nous avons déjà parlé. Ayant composé un livre sur les
Fabriques, ! il ne crut rien pouvoir faire de mieux que de le lui dédier. Voici l’épitre qu’il lui adressa à cette occasion. ‘ Monsieur, lorsque je commençai cet ouvrage, je ‘“ ne songeais d’abord qu'à me procurer quelques connais ‘“ sances dans les affaires de la Fabrique de cette ville, dont ‘“ je venais d’être nommé Greffier. Mais, ayant jugé qu'il
1 L'Honorable Langevin de Québec et Messire Désautels, Curé de Varennes, ont aussi écrit sur cet intéressant sujet. Le compte rendu qui a été fait, dans le temps, de ces publications, nous dispense d’en parler. Après la Fabrique de l'Eglise paroissiale de Québec, la plus ancienne dans le pays est la Fabrique de Notre-Dame à Montréai. Elle date du ?8 Août 1657 et compte parmi ses membres les noms les plus honorables. Construite en 1672, la première Eglise paroissiale de Villemarie a été remplacée en 1829 par celle qui se voit aujourd’hui. Elle fut bénite le 7 Juin, Fête de la Pentecôte, par Messire Roux, Supérieur du Séminaire. La première Grand'Messe y fut chantée, le 15 Juillet, par Mgr. Lartigue, et le premier Sermon y fut fait par le Révérend M: Quiblier, en présence de Son Excellence l’Administrateur de la Province, Sir James Kempt, de son Etat Major, des Juges, des Conseillers et d’une foule immense, ‘“ telle, dit Mr Bibaud, père, qu'on ‘“ n'en avait jamais vu de semblable à aucune cérémonie religieuse.” C'est dans cette Eglise que reposent les corps de MM. le Saulnier, Roux, Malard, Humbert, de Bellefeuille, Roque, Sauvage, Morgan, Gottofrey, P. Richard, Caroff, P. Richard, Fay, Roupe, Chanial, St. Pierre, Larré, Dufresne, Comte, Prévost, Granet, Perrault, morts de 1830 à 1866, sans parler de ceux qui furent extraits de l’ancienne Eglise, ni des personnes marquantes qui y ont trouvé la sépulture. Mr LeSaulnier décéda le 5 Février 1830. Voici l’article que lui consacra dans le temps la Gazelle de Montréal: ‘ Michel Candide Le ‘“ Saulnier naquit en 1738 dans le Diocèse de Coutances, en Normandie. ‘“ Ilétudia à l’Université de Caen en 1775, et, deux ans après, il se ‘“ rendit à Paris, où il étudia la Théologie et devint Licencié en Sor- ‘“ bonne. En 1782, il fut agrégé au Séminaire de S' Sulpice, et fut en- “ voyé à Toulouse, l’année suivante. Au commencement de la Révo- ‘ Jution française, il se retira dans l'Ile de Jersey, d'où il passa en “ Angleterre, et il arriva en 1793 à Montréal, où il a rempli les devoirs ‘“ de son état pendant trente-cinq ans, jusqu’à sa mort qui a eu lieu “ vendredi dernier. Affable, prudent, éloquent, il a fait honneur à la “ place qu'il occupait par sa conduite et l'intégrité de ses principes. Il ‘ a fait ériger plusieurs écoles pour les pauvres dans les limites de la ‘“ Paroisse, et il a puissamment contribué de parole et d'action à l'é- “ rection de ce superbe édifice : ‘ la nouvelle Eglise Paroissiale”” Sa “ bienfaisance s’'étendait à tous sans distinction de langue, de patrie ou “ de Religion. Ses rares talents lui avaient acquis le respect de tous “ les habitants de cette Province, théâtre de ses fonctions pastrrales, et ‘“ sa correspondance étendue avec les membres éminents de l'Eglise “ catholique prouve combien il était estimé au dehors. Ses funérailles ‘“ ont eu lieu le 8, en présece d’un concours aussi norabreux qu'il a “ coutume de l’être aux grandes Solennités.”?
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‘ pourrait être utile à d’autres par la suite, je me suis ‘ déterminé à faire des recherches plus étendues. Son ‘titre vous fera voir que je me suis plus attaché à traiter ‘les matières selon qu'elles se présentaient, qu'à lui “ donner une forme régulière. Comme je sais que vous ‘‘ aimez à prendre connaissance de tous les ouvrages qui ‘“ peuvent contribuer à éclairer davantage vos concitoyens ‘et tous les Canadiens en général, je prends la liberté ‘ de vous dédier celui-ci, d'un genre nouveau et singulier. ‘* Si, dans vos moments de loisir, vous prenez la peine d'y ‘* jeter les yeux, j'ose espérer que vous me saurez quelque ‘“ gré de mon application. Mais quelque utile que puisse ‘“ être :e Recueil, quelque prévenu que je sois en sa ‘‘ faveur, je l’estimerais peu s’il n'avait l'avantage de vous ‘ plaire, tant je sens le prix d’une approbation telle que ‘‘ la vôtre. Pour l'obtenir, j'évite de rappeler dans la pré- ‘“ sente tout ce qui pourrait alarmer votre modestie. “ L'habileté avec laquelle vous avez conduit les affaires ‘ de la Fabrique de cette ville; le haut rang auquel vous ‘ êtes parvenu par votre mérite dans la magistrature et “les milices, sont d’ailleurs choses trop connues pour “ rien apprendre à personne... (Signé) JEAN GuiL. DELISLE.”
Mr Guy vit arriver la fin de son utile et laborieuse carrière l’année même où le Canada fut envahi pour la seconde fois par les Américains, en 1812. Il mourut au mois de Janvier, à Montréal, où on lui fit de magnifiques obsèques. En se pressant autour de son catafalque, ses concitoyens voulurent lui donner par là une dernière marque de leur estime et de leur affection. Se faisant l'interprète de tous, une feuille du temps s'exprime ainsi sur le regretté défunt : “ Mardi, 7 du courant, est décédé “ dans la soixante-et-treizième année de son âge, Pierre “ Guy, Ecuyer, Colonel du second Bataillon de la milice “ de Montréal. Ses funérailles ont été célébrées, le jeudi “ suivant, dans l'Eglise paroissiale de cette ville, avec ‘ toute la pompe et les cérémonies dues à son mérite et ‘ à son rang. Les honneurs militaires lui ont été rendus,
‘tant par le quarante-neuvième régiment, en garnison ‘° en cette ville, que par la milice. Son corps a été porté ‘ au lieude la sépulture par les Grenadiers de la Division ‘ qu’il commandait, av milieu d’un grand concours d’of- ‘ ficiers et de citoyens qui s'étaient empressés de rendre “leurs derniers devoirs à ce respectable et vertueux ‘* Canadien, dont la perte sera longtemps sentie, tant par ‘sa famille que par ses nombreux amis, et surtout par “ les indigents dont il était le conseil et le protecteur. Il ‘emporte, plus particulièrement encore, les regrets ‘“ sincères des officiers du Bataillon qui avaient l'honneur ‘ de l'avoir à leur tête et qui conserveront toujours le ‘“ souvenir d’un chef aussi prudent que juste et intègre.” Dans sa lettre de condoléance à son fils, le Commandant des forces, enchérissant encore sur l'éloge qu’on vient de lire, s’exprimait ainsi: ‘ Monsieur, permettez-moi de ‘ vous le faire observer, dans les honneurs qui ont été ‘ rendus à votre respectable père, on n’a rien fait qui ne ‘ fut dû à ses mérites comme ciloyen et comme officier. ‘ I] était de ceux dont on ne peut trop honorer les vertus.”
Sincèrement attaché à la Religion de ses pères, Mr Guy n'avait cessé d’en observer les pratiques. Nor content de donner cet exemple à ses compatriotes, il avait encore profité des biens considérables qu’il possédait pour faire des largesses à l’Eglise. Parmi ces biens se trouvaient les immenses terrains de la Bourgogne et du Berry, dont on * parlé en commençant. Le premier était affecté à une reni: annuelle de cent viagt livres pour un Salut du Très-Saint Sacrement en l’honneur du Saint Cœur de Marie, le premier samedi de chaque mois. Cette fondation ? avait été iaite par M Biron, pieuse Dame de Mont.
1 Outre cette fondation dor’ stici purié, Mre Biron en avait encore fait trois autres. Par L première, une Messe basse devait être aite tous les jeudis de l’année, également en l’honneur du Très-Saint Sacrement ; par la seconde, une Messe devait être chantée le 20 de Mars de chac”e année, en l’nonneur de St Joachim, avec salut, ie soir ; enfin, par la woisieme, une Messe solennelle avec Exposition du Très- Saint Sacrement devait être chantée le 19 O’tobre de chaque année,
SAN PRE DU me Es
réal. Afin d'en assurer la continuation, Mr Guy en remboursa à la Fabrique le capital qui s'élevait à deux mille quatre cents livres, de sorte que ce Salut se chante encore de nos jours.
Du mariage de M: P. Guy avec Melle J. Hervieux sont nés plusieurs enfants : Pierre, Louis-Jacques, Jean-Baptiste, Louis, Etienne, Josephte, Joseph-Ignace, Louise et Marie-Anne—Etienne devint Arpenteur Provincial. Après avoir représenté le Comté de Montréal, il est mort laissant trois enfants, une fille et deux fils Ce sont aujourd’hui les seuls représentants de la famille dans la ligne masculine.—Joseph entra dans le négoce ; mais, non plus que ses deux sœurs Josephte et Louise, il ne contracta pas mariage. Il est décédé au Etats-Unis.
ITlo Louis Guy.
Louis Guy reçut le jour à Montréal, le 28 Juin 1768. Devenu l’ainé de la famille par la mort de ses frères, il
en fut aussi le plus bel ornement. Après s'être appliqué pendant quelque temps à l’étude du droit pour lequel il avait beaucoupde goût, il sollicita et obtint de Sir Robert Shore Milnes une commission de Notaire. C'était en 1801. Alors, libre de suivre son inclination, il prit au sérieux sa profession et s’acquit en peu de temps une réputation des plus enviées.! En vue de reconnaitre son mérite, Lord
avec Salut le soir. C’est encore ce qui a lieu présentement. Ces fondations ne sont pas les seules qui aient été faites à Villemarie dans ces âges de foi. A part celles qu'on vient d'indiquer, il y a encore les suivantes : premier jeudi de Janvier, Mars, Mai, Juillet, Septembre, Novembre, Messe basse, par M' Aubuchon; premier samedi de chaque mois, Messe basse en l'honneur de S! Joseph, par Mr LeMoyne; le 15 et le 20 de chaque mois, Messe basse, par M: Migeon de Bransac; le 30 Mai, Service, par Mre J. Blais; le 2 Octobre, Salut du Très-Saint Sacrement, en l'honneur des Saints Anges, par Mr de Belmont, etc.
1 Montréal comptait alors parmi ses principaux Notaires : MM. J. Delisle, J. Papineau, J. M. Mondelet, L. Chaboillez, J. G Delisle, J. B. Desève, P. Lukin, T. Barron, C. Prevost, L. Guy, etc. Ceux de Québec étaient : MM. F. Têtu, B. Faribault, M. Berthelot, C. Voyer, R. le Lièvre, J. Planté, M. Sauvageau, P. Laforce, J. Bélanger, A. de la Chevrotière, M. Martineau, etc. Aux Trois-Rivières, c'étaient : MM.J. Badeaux, E. Ranvoisé, C. Pratte. ù
Aylmer le nomma en 1830 Notaire de Sa Majesté, charge qui a été depuis abolie.
Mr Guy n'avait pas encore reçu cette distinction, que déjà il était marié depuis plusieurs années. Grand, bienfait de sa personne, mais surtout instruit, spirituel et d’une aménité remarquable, il n'eut pas plus tôt fait son entrée dans le monde, que tous les salons de Montréal lui fûrent ouverts. Mais jugeant qu'avar' de se mettre à la tête d’une famille, un jeune homme doit avoir une position faite, il attendit l’âge de trente ans pour s'établir. Son choix tomba sur Melle Josephte Curot,appartenantàä une excellente famille. Par ce mariage, Mr Guy devint neveu de Mr de Rouville, et beau-frère des Dames Adhémar et St Georges Dupré. La cérémonie eut lieu le 19 Octobre 1795. En voici l'acte : ‘ Le 19 Octobre 1795, après la pu- ‘“ blication d'un ban de mariage et la dispense des deux ‘‘ autres, ainsi que celle de consanguinité au troisième ‘ degré, ne s'étant trouvé aucun empêchement ni oppo- ‘ sition, je prêtre, délégué à cet effet, après avoir pris le ‘“ mutuel.consentement par paroles de présent Louis Guy, ‘âgé de trente ans, fils de Pierre Guy, Ecuyer,et de ‘“ Dame Marie-Josephte Hervieux, ses père et mère, de ‘ cette Paroisse, et aussi de présente Demoiselle Josephte ‘“ Curot, âgée de dix-neuf ans, fille de Michel Curot, * Ecuyer, et de Charlotte Hervieux, ses père et mère, ‘“ aussi de cette Paroisse, les ai mariés suivant les lois et ‘“ coutumes observées en la Sainte Eglise, en présence de ‘* Mr Jean-Baptiste Hervieux, servant de père à l'époux, ‘* de MM. Blondeau., ami, de M. J. Perineault, servant de ‘“ père à l'épouse, de M" P. J. Perineault, parent et ami, ‘et de plusieurs autres qui ont signé avec nous, ainsi “ que les époux. (Signé) L. Guy, J. Curot, J. LeMoyne de ‘“ Longueuil, St Georges Dupré,J. Papineau, etc., J. Bor- “ NEUF, Pt,
Si dévoué que fût M' Guy à sa famille, si appliqué qu’il fût aux devoirs de sa profession, il ne l'était pas tellement qu’il négligeât ce que demandait de lui l'intérêt
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public. Lorsque survint la seconde invasion américaine, n'écoutant que son patriotisme, il prit les armes, comme l'avait fait son estimable père en 1775, et mit tout en œuvre pour repousser l'ennemi. C’est alors, qu'après avoir passé par tous les grades inférieurs, il fut fait Major du cinquième Bataillon de la milice d'élite. Avec la guerre ne s'éteignit pas son ardeur belliqueuse. Comprenant que le danger qni venait de menacer son pays, pouvait reparaître encore, il fut des plus ardents à discipliner la milice. Dans ce but, il n'épargna ni sa peine, ni sa bourse. La confiance qu'avaient en lui ses compatriotes, jointe à la grande aptitude qu'il avait pour ces sortes d'exercices, lui rendit la tâche facile. Voulant récompenser ses services. Sir James Kempt le nomma Colonel des milices du Comté de Montréal.
Cette distinction ne fut pas la seule marque d'estime que lui donna ce Gouverneur, Ayant à cœur luimême de mettre la milice sur un bon pied et ne jugeant personne plus capable que Mr Guy de l'aider dans ce travail d'organisation, il lui adressa plusieurs lettres à ce sujet. Ces lettres font trop d'honneur à lui et à sa famille, pour que nous u’en reproduisions pas ici quelques-unes. Peut-être ceux qui s'occupent aujourd'hui de la milice aimeront-ils à les lire : *“ Monsieur, lui disait-il dans celle ‘ du 24 Mai 1830, comme vous êtes le premier officier de ‘“ la milice de Montréal et que j'ai la plus entière con- ‘ fiance en vos lumières ‘et en votre discrétion, je vous ‘* prie de vouloir bien me donner votre opinion sur le ‘ meilleur mode à adopter pour réorganiser la milice de ‘ Montréal, tant de la ville que des faubourgs. Je désire ‘ surtout avoir votre pensée relativement au nombre des ‘“ Bataillons à former et aux limites dans lesquelles ils ‘“ doivent être pris. Mon intention, autant que cela dé- “ pendra de moi, est, tout en me conformant à l'acte passé ‘“ sur cette matière, de donner satifaction aux particuliers, ‘aussi bien qu’au public en général ; mais je crains bien ‘ que l'exigence de la loi, en ce qui concerne la résidence,
‘ ne nous cause beaucoup de difficultés, surtout dans les “ cités de Québec et de Montréal. Afin d'éviter le plus ‘* possible les changements parmi les officiers dans chaque ‘ Bataillon, le premier de Mai de chaque année, je serai ‘ forcé, je crois, de m'écarter un peu de la lettre de la “loi. Le meilleur moyen, ce me semble, de la mettre à ‘exécution, c’est de prévenir, et non de créer les em- ‘barras. Ecrivez-moi donc à ce sujet et croyez-moi bien ‘ sincèrement votre, etc. (Signé) JAMES KEMPT.”
M' Guy n’eût pas plus tôt reçu cette lettre, qu’il se mit en devoir d'entrer dans les vues du Gouverneur. Les travaux qu'il s’imposa à cette occasion, ne furent pas étrangers à la grave maladie dans laquelle il tomba alors. Dès que Sir James Kempt en fut instruit, il lui envoya son Aide-de-Camp, avec la lettre suivante : ‘ Châ- ‘ teau St Louis, 1er Juillet 1830. Cher Monsieur, j'ai été ‘ très-peiné d'apprendre que vous aviez été sérieusement ‘ indisposé. J'espère que vous êtes maintenant beaucoup ‘ mieux. Afin de vous épargner le trouble d'écrire de ‘ nouveau au sujet de la milice, je vous envoie mon Aide ‘“ de-Camp, le Lieutenant-Colonel Heriot. Il conférera ‘avec voussur toutes les mesures à prendre. Vous pouvez ‘lui communiquer en toute confiance les projets que ‘ vous avez formés à la suite de l’entrevue que j'ai eue ‘avec vous, lors de mon séjour à Montréal. Il vous ‘ remettra la présente, et, comme il connaît parfaitement ‘ ma manière de voir relativement à la réorganisation de ‘‘ la milice en cette Province, avec la nouvelle loi, il ac. ‘ cueillera toutes vos idées sur la meilleure manière de ‘ mettre cette Loi en vigueur. Ainsi que je vous l’ai déjà ‘ marqué, mon grand désir est de rendre justice à tous, “ autant qu'il est possible, et de me régler en tout sur ce ‘“ qu’exige de moi l'intérêt public de la Province. Aus- ‘“ sitôt après mon retour à Québec, j'ai ecrit au Colonel ‘ Creagh et je ne doute pas qu’il n’accorde à votre fils le ‘ congé qu'il sollicite. Croyez-moi bien sincèrement, etc. “ (Signé) James KEMPT.”
Apres s'ètre abouché avec le Colonel Heriot et avoir discuté avec lui les différents points sur lesquels il était consulté, M' Guy, dès qu'il fut en état de le faire, mit par écrit son projet et l’envoya, avec une lettre, au Gouverneur. Le 2 Août, il en reçut cette réponse : “ Cher Mon- ‘sieur, j'aurais du vous remercier avant ce jour pour ‘“ votre lettre obligeante du 10 Juillet, mais j'en ai été ‘empêché par mes nombreuses occupations. Inutile de ‘“ vous dire que je vous suis infiniment reconnaissant pour ‘* tout le trouble que vous vous êtes donné au sujet de la ‘“ milice. d’ai pris en considération les arrangements que ‘ vous me suggérez, et vous n’apprendrez pas sans quelque ‘ satisfaction que je me propose de les adopter. J'y suis ‘ d'autant plus porté, que j'apprécie mieux la connais- ‘ sance que vous avez des lieux et la disposition où vous ‘“ êtes de m'’assister dans mes efforts pour rendre, autant ‘* que faire se peut, justice à tout le monde. Sous peu de ‘ jours, vous aurez le plaisir de revoir votre fils. Croyez- ‘“ moi, etc. (Signé) JAMES KEwPT.”
Ce qui parait facile en théorie, ne l’est pas toujours dans l'application, surtout lorsque tout en sauvegardant l'intérêt public, on veut ménager les susceptibilités particulières. C'est ce que sentit Sir James Kempt, lorsqu'il fut question de la nominatton des officiers. Ne voulant pas prendre sur lui de supprimer ceux qui avaient fait partie de l'ancienne organisation, il en écrivit en ces termes à M° Guy : ‘“ Château St Louis, 18 Août 1830. Cher ‘ Monsieur, je vous ai écrit, il y a peu de jours, que j’a- ‘ vais l’intention d'adopter, relativement à la milice, les ‘ plans que vous aviez eu la bonté de soumettre à ma ‘“ considération. Comme le Colonel Heriot se rend à ‘“ Montréal, je l’ai prié d’aller vous voir afin d’éclaircir ‘avec vous certains points du document que vous m'avez ‘transmis. Il me paraît bien difficile, à moins d’avoir ‘ des raisons majeures, de mettre de côté les anciens offi- ‘ ciers. Si j'en agissais ainsi, je ne serais pas consistant ‘ dans mon désir de ne froisser personne. Veuillez donc
‘ me dire toute votre pensée à ce sujet. Croyez-moi, etc. ‘ (Signé) James KEwPrT.”
Nous ignorons qu’elle fut la réponse de Mr Guy ; mais.
si nous en jugeons par le résultat, elle fut favorable aux anciens officiers. En effet, tous ceux qui avaient été com- À promis pour leurs opinions politiques fûrent reintégrés 6 dans leurs grades. Après avoir ainsi réorganisé la milice à et contribué par sa modération à faire voter les fonds qui 6 ont donné à Montréal ses magnifiques quais en pierre de ‘ taille, et à Québec son splendide Hôpital de marine, le U Gouverneur voulut encore s'occuper d'introduire des ré- : formes dans le Conseil, afin de répondre au vœu de la ma- 2 jorité des Représentants du peuple. La dépêche qu'il 2 adressa à cette occasion au Ministre des Colonies ayant ke été altérée, il ne put s'empêcher de s’en plaindre ainsi à 7 Mr Guy : “ Château St Louis, 7 Octobre 1830, Cher Mon- « ‘sieur, je dois vous remercier pour votre lettre du 3 &e ‘ courant, qui ne m'est parvenue que ce matin. Comme we ‘* toutes Les élections sont maintenant terminées, les nou- ‘ veaux arrangements de la milice seront publiés dans /a ‘ ‘* Gazette de ce jour. Je suis bien surpris d'apprendre que ta ‘ ma dépêche au Secrétaire d'Etat de Sa Majesté. au sujet a ‘ du Conseil, ait peiné quelques-uns de mes amis. Je suis d ‘* porté à croire qu'ils n’ont pas reçu une copie exacte de le ‘ cette dépêche. Mais si on se plaît à débiter des men- in ‘‘ songes et que ces mensonges trouvent créance, quel est A ‘ l’homme dans la société dont la réputation pourra re ‘tenir? Je crains, beaucoup qu’il ne soit pas. possible ja ‘ de renvoyer jusqu'au temps que vous marquez la pro- n: ‘“ mulgation de la nouvelle Commission de paix. Je suis pé ‘bien sincèrement, cher Monsieur, votre etc. (Signé) oc ‘* JAMES KEmPT.” &
Les désagréments que causèrent au Gouverneur les difficultés au sujet du Conseil, l’engagerent à demander son rappel. Avant de laisser le pays, il adressa à M° Guy Mi cette dernière lettre qui montre toute l'estime qu'il faisait . de sa personne : “Château St Louis, 20 Octobre 1830.
‘* Cher Monsieur, bien que je doive m'embarquer dans “une heure, je ne veux pas quitter la Province sans ‘accuser réception de votre dernière lettre et vous re- ‘ nouveler l'assurance de mon sincère attachement, J'ai cru devoir vous recommander à Lord Aylmer comme “ l'un des gentilshommes canadiens que j'estime le plus “et je suis persuadé qu'il sera heureux, lorsqu'il le ‘ pourra, de suivre vos vues. Pour cette raison, j'ai un “extrême désir de vous voir entrer dans le Conseil. Vous ‘ne trouverez donc pas mauvais que je mette votre ‘nom sous les yeux de Sa Majesté, ne connaissant per- “ sonne dans la Province qui ait plus que vous la con- ‘‘ fiance du public. Cette nomination, je n’en doute ‘* nullement, rencontrera l'approbation générale. Vous ‘ pourrez adresser les lettres que vous voudrez bien ‘m'écrire au Colonel Glegg qui se charge de me les faire ‘parvenir. Croyez que je prendrai toujours le plus ‘ vif intérêt à tout ce qui vous touche. Je n'ai plus que ‘le temps de me dire votre etc. (Signé) James Kempr.” Ces promesses ne tardèrent pas à être suivies de leur effet. Le 23 Février 1831, ayant égard aux représentations de Sir James Kempt, Guillaume IV somma Mr Guy au Conseil. Ce fut Lord Aylmer lui-même qui lui fit part de cette nouvelle. Depuis cette époque, il s'établit entre le Gouverneur et ce nouveau Conseiller une grande intimité, et quand, dans la belle saison, Lord'et Lady Aylmer venaient à Montréal, ils ne Mmanquaient pas de rendre visite à Mr Guy et d’alle: respirer l’air frais de ses jardins, alors les plus beaux de Montréal. Cette nomination, ainsi que l'avait prévu Sir James Kembpt, ne fut pas moins bien accueillie de la population. A cette occasion, M' Guy reçut plusieurs lettres de félicitation : ‘* Monsieur, lui écrivait le 24 Février 1831 Mgr. Lartigue, !
l Mgr. Lartigue, fils de Mr Jacques Lartigue, Médecin, et de Dame Marguerite Cherrier, avait reçu le jour à Montréal, le 20 Janvier 1771. Après avoir fait ses études au Collége de Montréal, s'étant décidé à embrasser l'état ecclésiastique, il fut ordonné prêtre le 21 Septembre
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