‹ Notice sur la famille Guy [microforme]Chapitre 19 sur 78 · L AE · texte numérisé non relu

L AE

DES PÉRTUS

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Cette famille a rendu de trop grands services à la cause de l'éducation et plus particulièrement encore à la milice canadienne, pour que nous la passions sous silence. Ce qu'elle a fait aussi pour la Religion, lui assure une place à part dans l'estime publique. Alliée aux de la Corne, aux de Bonne, aux Cugnet, aux Dupré, elle compte encore aujourd’hui de nombreux rejetons. Propriétaire des vastes terrains, appelés /a Bourgogne et le Berry, du nom de deux anciennes provinces de France, et où s'élèvent présentement de magnifiques constructions qui font l’orgueil de Montréal, elle a, comme les Papineau, les de Salaberry, etc., laissé son nom à une des rues de cette cité.

10 PIERRE Guy.

Le premier de cette famille qui laissa la France, pour venir se fixer en Canada, fut Monsieur Pierre Guy. Il était fils de noble homme Nicolas Guy, Chambellan du Roi, et de Dame Elisabeth Le Duc. (Cest assez dire qu’il appartenait à une ancienne famille que l’on croit être une branche des Guy de Montfort. C’est du moins ce que semblaient insinuer les papiers qui ont été longtemps en la possession de l’un des membres de cette famille, de celui-là même qui devint Garde an Corps et qui n’eût pu faire partie de cette Compagnie d'élite s’il n'avait été de noble extraction.

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On ne sait pas précisément en quelle année Mr Guy passa dans la Nouvelle-France, mais tout porte à croire que ce fut au commencement du dix-septième siècle. Ce qui est certain, c’est qu'il y vint en compagnie de son frère aîné, Mr François Guy, Sieur de Ghâteaufort, Sergent dans la Compagnie de M' de Repentigny, et que, comme lui, il était originaire de Paris. Voici, en effet, ce que porte son extrait de Baptème : ‘* Le mercredi, à Mai 1701, ‘‘ fut baptisé Pierre, né aujourd’hui, fils de Nicolas Guy, grand Chambellan du Roi, et de Dame Elisabeth Le Duc, “son épouse, demeurant rue des Petits Champs. Le * parrain a été Pierre Charmate, Bourgeois de Paris, et “la marraine Demoiselle Madeleing Le Duc. (Signé, ‘ CanauLT, Vre de St Eustache.” Chaque province de France avait fourni au Canada son contingent d'hommes remarquables ; Paris, le centre des grandes entreprises, ne pouvait rester étranger à ce mouvement qui poussait les esprits chevaleresques à ouvrir à leur patrie de nouveaux horizons. De Ia Normandie étaient venus les Nicolet, !’ les

1 M' Jean Nicolet qui a laissé son nom à une des principales Paroisses du District des Trois-Rivières, fut avec Mr N. Perrot un des hommes les plus utiles de son temps. Il était natif de Cherbourg, Département de la Manche,'et était fils de Thomas Nicolet et de Marie LaMer. Etant passé tout jeune dans la Nouvelle-France en 1618, il s'appliqua à l'étude des :angues sauvages et devint en peu de temps un des plus habiles Interprètes de la Colonie. C’est alors qu'il épousa Melle Couillard, tille de G. Couillard et de G. Hébert. Le mariage eut lieu à Québec en 1637. Trois ans après, en 1640, il fut envoyé sur les bords du Michigan, pour traiter avec les Winepigons. La nouvelle de son arrivée ne fut pas plutôt connue de ces barbares, qu'on les vit accourir au nombre de près de quatre mille alin de le voir et de l'entendre. Mr Nicolet parut au milieu d'eux, couvert d'un riche habit tout parsemé de fleurs et de plumes d'oiseau. Sa mission er.t un plein succés. La paix fut conclue et suivie d’un grand festin auquel prirent part tous les chefs indiens. Ayant appris sur ces entrefaites qu'en naviguant encore trois jours, il pouvait se rendre à la mer, Mr Nicolet continua sa route et atteignit le Wisconsin, tributaire du Mississipi. Ce digne Interprète trouva la mort en 1642, près de Sillery, en vouiant sauver la vie à un Sokokiois, poursuivi par les Algonquins. Sa perte fut vivement regrettée des Francais et des Sauvages dont il avait gagné toute la confiance par son caractère doux et insinuant. ‘‘ Il nous a laissé, écrit le Père Vimont, ‘“ des exemples qui tiennent de la vie apostuiique et donnent envie au ‘* plus fervent Religieux de limiter.” Une de ses filles épousa, comme on Pa vu, Mr J. Bte LeGardeur de Repentigny.

(xodefroy, les Hertel, les Le Neuf, les Le Gardeur, les Le Moyne, les Le Ber, etc. La Champagne avait donné les Berchereau, les d’Ailleboust, les de Maisonneuve, etc. ; la Touraine, les Denis, les Rouer de Villeray, etc.; le Dauphiné, les de St Ours, les de Contrecœæur, les de Rocheblave, etc. ; le Perche, les Giffard, les Boucher, etc. ; la Picardie, les Aubert de la Chesnaye, etc.; la Beauce, les Juchereau, etc. et ais.i des autres contrées: la Bre- ,tagne, l'Aunis, la Saintonge, le Poitou, le Maine, la Guienne, la Brie, l'Angoumois, la Lorraine, la Provence, etc: L'Ile de France et Paris en particulier donnèrent les Douaire de Bondy, les Guy, etc.

Lorsque Mr Guy arriva dans la Nouvelle-France, le commerce des pelleteries y fixait plus que jamais toute l'attention. Ce commerce occupe une trop large place dans l’histoire de ce pays, pour que nous n’en disions pas un mot ici. Couvert d'immenses forêts, le Canada regorgeait d'animaux dont les magnifiques fourrures faisaient l'admiration des Européens. Cette nouvelle branche de trafic ne fût pas plus tôt connue qu'elle attira dans la Nouvelle-France une foule de spéculateurs. Cest alors que furent formées ces Compagnies dont on a parlé et qui, ayant moins en vue la conversion des Sauvages que l'intérêt mercantile, furent si contraires à l'avance ment de la Colonie. Au lieu d'encourager le défrichement des terres et la formation de nouveaux établissements, comme elles s’y étaient engagées, elles employèrent toute leur énergie à se faire des revenus. Tadoussac, Trois- Rivières et Montréal devinrent comme autant de comptoirs, où, en échange du produit de leur chasse, les Sauvages recevaient des objets de peu de valeur, tels que couteaux, poivre, poudre, armes à feu, mais surtout des tissus plus brillants que solides, des mousselines, des indiennes etc. Monopolisé d’abord par ces Compagnies, le commerce des pelleteries, à part peut-être ceiui du Castor, fut étendu par la suite aux particuliers qui, en obt:nant des postes de traite, purent jisqu’à un certain point tenir tête aux con-

currents anglais. Ce commerce s'est maintenu presque à l'exclusion de tout autre, pendant plus d’un siècle, et n’a point discontinué encore. Les hommes les plus marquants de la Colonie, les de la Chesnaye, les d’'Eschambault, les de Lotbinière, les Baby, etc., y prirent part et firent des fortunes considérables. Réglé par de sages lois, restreint dans de certaines limites, ce commerce pouvait être d’un immense avantage pour le pays, surtout dans un temps où les terres, n'étant pas encore sufiisamment cultivées, ne pouvaient rapporter beaucoup. Il offrait aux habitants un moyen aussi facile que sûr de se créer des ressources; il fournissait, de plus, à PEtat une occasion naturelle d'établir d’utiles relations avec les Sauvages et d'exercer sur eux un salutaire empire. Mais, l'amour du gain ayant prévalu, on vit de quoi est capable la soif de l'or. Alors, comme on l’a remarqué ailleurs, les terres, cette source principale de richesses. furent négligées. Trouvant qu'il était plus commode de courir les bois et de mener une vie d'aventures, que de tenir la charrue, nombre d'hommes vigoureux désertérent le pays et allèrent se fixer parmi les Sauvages auxquels le plus souventils communiquèrent leurs vices, !

1 « L'avidité de ces hommes, écrivait en 1688 le Marquis de Denon- « ville à M' de Seignelay, Ministre, leur a fait faire de grandes basesses ‘“ qui nous ont rendus méprisables et ont mis la division parmi les ‘# Français et même parmi les Sauvages alliés. Leur libertinage a été ‘ poussé si loin, que c’est merveille que les Sauvages ne les aient pas “tous assomimés pour se garantir des violences qu’ils en ont reçu. « Toile est la licence de ces coureurs de bois, écrivait quelques années ‘“ plus tard le Père Charlevoix, que les Missionnaires de Michilimaki- ‘“ nac, ayant perdu tout espoir de faire aucun bien en cet endroit, où ‘ils n'avaient pas un seul chrétien, ont été obligés d'abandonner leur ‘ maison et de revenir à Québec. Et chose singulière, dit-il ailleurs, ‘“ on serait embarassé aujourd’nui pour trouver une seule fanille que “ ce trafic ait enrichie. Les plus grandes fortunes se sont dissipées ‘“ avec la même rapidité qu'elles se sont élevées, et il n’est pas rare de “ voir dans la misère et l’opprobre d’une languissante virillesse des “gens qui auraient pu faire d’honorables établissements.” Mr N. Perrot qui vivait bien des années auparavant, n’en parle pas autrement : “ Les Canadiens, dit-il, se rendent semblables aux Sauvages, «“ dont ils copient si bien le libertinage, qu'ils oublient ce qu'ils doivent “à la subordination et à la discipline française, el, si j'ose le dire, au

sans leur procurer le bienfait de la civilisation. La contagion du mauvais exemple ayant gagné les classes élevées, bientôt la démoralisation, ainsi qu’il a été dit, se mit parmi ceux qui avaient mission de la réprimer. Pour suppléer à l'insuffisance de leurs salaires, ou faire plus vite fortune, les fonctionnaires publics ne rougirent pas de se livrer, au sein même de la Colonie, aux trafics les plus illicites et les plus criants. Aïnsi, après avoir enlevé à la patrie quantité de bras utiles, le commerce des pelleteries devint encore l’occasion de la plus déplorable perversion.

Le mal toutefois n'avait pas encore atteint ce degré d'immoralité qu'on lui vit plus tard, quand, se sentant quelque aptitude pour le négoce, Mr Guy se décida à entreprendre, lui aussi, le commerce des pelleteries. Tout d'abord il n'eut que peu de succès, ses principes ne lui permettant pas de transiger avec les exigences de sa conscience ; mais, $a réputation de probité s'étant bientôt établie, il ne tarda pas à voir ses affaires prospérer. C'est alors qu'il songea à se donner une épouse. Un de ses amis, M' de la Lande, négociant à Montréal, venait de mourir. Il demanda la main de sa veuve. Le mariage eut lieu au mois de Novembre 1723. Il y avait trois ans qu'il était marié, lorsque M" de Beauharnoïis qui avait succédé à Mr de Vaudreuil dans le gouvernement de la Nouvelle-France, le fit entrer dans les troupes en qualité d'Enseigne. Depuis cette époque, M" Guy ne cessa de servir et d'avancer rapidement en grade. Nommé Lieutenant en 1731,il fut fait Capitaine en pied en 1748. C'était le moment où, victorieuses à Louisbourg, les troupes anglaises se disposaient à envahir le Canada,

“ christianisme. Le jeu, l'ivrognerie, etc, consument leurs capitaux et “ jusqu'aux profits de leurs voyages.” Il y a là matière à plus d’une réflexion pour ceux qui, de nos jours encore, désertent si facilement le pays, et qui, sous prétexte de s'enrichir, s'exposent à perdre, avec leur loi, le peu de ressources qu'ils possèdent. Déjà plus d'un a vérifié ce proverbe : “ Pierre qui roule, n'amasse pas mousse.”

lorsqu'elles fürent attaquées elles-mêmes. A la défaite du Colonel Noble aux Mines succéda la prise et la destruction des forts Massachusetts et Bridgeman, puis de Saratoga. Avant perdu son épouse sur ces entrefaites, Mr Guy contracta un nouveau mariage avec Melle Jeanne Trullier LaCombe, sœur du Révérend Mr Joseph Dominique EaCombe. Cette seconde union ne fut pas de beaucoup plus longue durée que la première.

M' P. Guy mourut à l’âge peu avancé de 48 ans au mois d'Avril 1748. La loyauté de ses transactions, ses manières affables et prévenantes lui avaient fait beaucoup d'amis ; sa perte n'en fut que plus regrettée. Son‘épouse lui survécut dix-huit ans, n'étant décédée qu'au mois d'Octobre 1770. De son premier mariage avec Melle Elizabeth Gareau, M' Guy, avait eu plusieurs enfants, entr'autres : Marie-Anne et Marie-Josephte, laquelle eut pour parrain Mr Charles Nolan, citoyen des plus marquants, et pour marraine M®% M. J. LeGardeur de Courtemanche. Quatre enfants fürentle fruit du second : Pierre, Charles, Pierre et Elizabeth.

Il PIERRE GUY.

Mr Pierre Guy, issu du second lit et fils ainé du précédent par la mort de ses deux frères, vit le Jour à Ville- Marie le 11 Décembre 1738. et fut appelé Pierre du nom de son père. Ilavait à peine atteint sa onzième année, lorsque celui-ci mourut. Comprenant que le meilleur héritage que des parents puissent laisser à leurs enfants, est le bienfait d’une bonne éducation, M® Guy, femme Jun grand sens et d'un esprit supérieur, se décida à mettre son fils au Collége, pour lui faire suivre son cours d’études. Alors les maisons d'Education : étaient rares en

1 Ces maisons se sont beaucoup multipliées depuis. Ainsi, au Séminaire de Nicolet, fondé en 1804 par Mr Brassard et dont Mr Roupe fut le premier Directeur, comme on peut le voir par l'excellente brochure : te Séminaire de Nicolet, sont venus s'ajouter, en ces derniers temps, les Colléges de St Hyacinthe, de Ste Thérèse, de Ste Anne de la Poca-

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Canada: il n’y avait encore que le Collége des Jésuites et le Petit Séminaire de Québec. Après l'avoir placé pendant quelque temps dans l’un de ces Etablissements, reconnaissant qu’il avait autant de goût que d'aptitude pour les sciences, M®% Guy le fit passer en France. C'était un double sacrifice qu'elle s’imposait, mais elle en fut bien dédommagée. Au bout de quelques années deséjour en France, son fils lui revint g ‘and et très-bien instruit. |

tière, de l’Assomption, de Joliet, de St Laurent, de Terrebonne, de Rigaud, de Ste Marie de Monnoir, de St Marie de Montréal, des Trois- Rivières, etc.—Au Révérend M'A. Girouard revient l'honneur d'avoir doté St Hyacinthe du Collége que possède cette ville. Ouvert en 1811 à l'endroit même qu’occupe aujourd'hui la Cathédrale temporaire, ce vaste Etablissement qui, comme celui de Nicolet, compte plus de deux cents élèves, a été transféré dans ces dernières années sur le magnilique emplacement donné par Mr F. Cadoret. — Celui de St Thérèse, d'autant plus utile que, comme ceux de Ste Anne, de l'Assomption, etc, il joint aux études classiques un cours pratique d'agriculture, est l'œuvre du Révérend MrC. Ducharme qui commença en 1824 à enseigner le latin aux jeunes gens qu'il avait réunis autour de lui, et dont un des plus brillants fut M: l'Abbé Duquet, son successeur immédiat. —S'autorisant de l'éloignement de Québec et de la difficulté des communications, Messire C. F. Painchaud donna naissance à celui de Ste Anne en 1827, conjointement avec ses paroissiens et quelques généreux bienfaiteurs, parmi lesquels on compte l'Honorable A. Dionne.— Le Collége de l'Assomption, ainsi qu’il a été dit ailleurs, doit le jour aux Révérends MM. Labelle et au D' Meilleur qui a encore donné au pays le Mémorial de l'Education, ouvrage qu'on ne peut consulter sans prolit. Fondé en 183? au moyen d'épargnes et de dons volontaires, cet Etablissement, ainsi que ses devanciers, a déjà produit une foule de citoyens et de prêtres remarquables.—Comme celui de Terrebonne qui date de 1857, le Collége de l'Industrie, établi l'année précédente, fait honneur de son existence à un insigne bienfaiteur. Cet Etablissement est sous la direction des Clercs de St Viateur qui sont aussi chargés de celui de Rigaud, ouvert en 1850, par Messire Desautels, présentement Curé de Varennes.—Le Collége de St Laurent, établi la même année que celui de Terrebonne, est confié aux Pères de St Joseph que le Révérend Messire St Germain avait appelés de France.—Cinq ans avant que M' le Grand-Vicaire Crévier ouvrit le Collége de Ste Marie de Monnoir, les Révérends Pères Jésuites, de retour en Canada depuis 1842, ouvraient à Montréal celui de Ste Marie et se vouaient en même temps aux travaux du saint ministère.—Le Collége des Trois-Rivières est de création toute récente et compte déjà de nombreux élèves. Le but de ces diflérents Etablissements étant de donner à la société des hommes utiles dans tous les genres, nous faisons des vœux pour qu'aux cours de latinité on continue à joindre le plus possible des cours d'agriculture, de commerce, et même des exercices militaires. C’est le temps, ou jamais, d'encourager toutes les carrières.

Lorsque Mr Guy revint ainsi en Canada, sa patrie était aux prises avec l'Angleterre. Après avoir conduit pendant quelque temps le commerce que son père avait entrepris et que sa mère avait beaucoup augmenté pendant son absence, ne pouvant rester insensible au danger que courait son pays, il prit du service. C'était au moment où le Général Montcalm venait d'inaugurer par la prise d’Oswégo et : William Henri cette série de brillantes victoires qui devaient rendre son nom à jamais cher aux Canadiens. Nommé officier, il prit part à la bataille de Carillon, où il se fit remarquer par sa belle tenue, non moins que par son ardeur martiale. L'année suivante, il fut encore un des braves qui se signalèrent à Montmorency. La Providence ayant permis que la bataille des Plaines d'Abraham fût fatale aux Francais, le jeune officier passa en France après la Capitulation de Montréal, et y demeura jusqu’en 1764 Reconnaissant, comme les autres officiers, qu’il n'avait rien à attendre d’un gouvernement qui avait abandonné son pays au moment le plus décisif et qui ne supportait qu'avec peine la présence de de ses héroïques défenseurs, il prit le parti de repasser en Canada.

Il était de retour depuis quelque temps, lorsqu'il crut que le moment était venu pour lui de s’etablir. Il y avait alors à Montréal une famille des mieux quaifiées et qui avait donné à la Colonie nombre d'hommes honorables. C'était la famille Hervieux dont la mort vient d'enlever l’un des derniers descendants. C’est dans cette famille qu'il se choisit une épouse. Par ce mariage avec Melle Josephte Hervieux, fille de Mr François Hervieux et de Dame Louise Quesnel Fonblanche, le jeune négociant entrait dans les familles de S' Luc, Grasset St Sauveur, !

1 Mr Jacques Grasset St Sauveur qui s’est fait un nom dans les lettres, était fils de Mr André Grasset St Sauveur et de Dame Marie- Josephte Quesnel Fonblanche, Il avait reçu le jour à Montréal au mois d'Avril 1757. Etant passé en France après la conquête, il publia divers ouvrages qui fixèrent quelque temps l'attention et lui valürent la réputation d'écrivain distingué.

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