‹ Notice sur la lithographieChapitre 21 sur 40 · ARTICLE XVII · texte numérisé non relu

ARTICLE XVII

Endosser.

On appelle endosser , former le dos du livre : pour ce , on prend ordinairement six volumes ( plus ou moins il faut avoir deux membrures et cinq ais entre deux; on ouvre suffisamment la presse à endosser pour contenir les ais et les volumes ; on pose une membrure sur la première jumelle de la presse, le coté mince de cette membrure étant contre Fouverture delà presse et le côté épais contre Fendosseur; on pose un livre, le carton en mors, bord à bord de la membrure; on prend un ais entre deux, on le pose sur Fautre carton du livre ^ de manière à ce que Fais tombe per-

pendlculalrement avec la membrure et que Tangle se trouve juste au mors du carton, ainsi de suite jusqu'à la seconde membrure , ayant soin que les cartons soient bien à fleur des ais et bien alignés : ainsi se compose ce qu’on appelle un paquet. On pousse le paquet avec la main droite , en le prenant par la membrure qui appuie sur la presse, la main gauche appuyant sur la membrure du dessus afin de tenir le paquet et d’éviter qu’il ne se dérange ou tombe dans le portepresse 5 on pousse ce paquet jusqu’à ce qu’il se trouve partagé par l’angle de la jumelle , de manière à pouvoir le renverser dans la presse pour y être serré et tenu suffisamment pour ne pas tomber, mais cepen-

dant pas assez pour empêcher les inouvemens que l’on donnera aux cartons et aux cahiers. On examine alors avec soin tous les cartons afin de les bien dresser avec les ais. On commence par le volume qui se trouve contre l’endosseur , on prend de la main droite la pointe à endosser , on la glisse entre le carton et le livre ; si l’on veut descendre le carton , on appuie dessus en tournant légèrement la pointe, si au contraire on veut descendre le volume, on tourne la pointe en appuyant sur le volume 5 c’est par ce moyen que l’on parvient à faire les mors bien égaux.

Lorsqu’on s’est assuré que les mors de tête et de queue sont bien à la même hauteur et suffisamment

relevés pour couvrir les cartons, on arrondit un peu le dos en faisant baisser les cahiers des côtés toujours avec la pointe à endosser, qui doit appuyer sur ceux que Ton veut baisser. Il faut avoir soin de ne pas trop forcer la pointe qui pourrait déchirer les feuillets du livre.

Les dos assez arrondis , les mors bien égaux et tous les cartons à la même hauteur, bien alignés avec les ais, on relève ou l’on baisse le paquet de manière que les membrures sortent d’un pouce au-dessus des jumelles, on regarde si rien ne s’est dérangé, on serre avec la plus grande force et également la presse des deux bouts: dans cet état, les livres bien maintenus dans la presse, on frappe sur les dos avec un petit

marteau, pour faire recouvrir par les caliiers les mors des cartons, abattre les bosses et élargir les têtes et les queues qui se trouvent toujours plus serrées que le milieu.

Cette opération faite, on attache avec une corde le paquet par le haut, on le sort aux trois quarts de la presse en la desserrant également; le paquet remonté, on resserre la presse avec précaution et peu de force , ensuite on lie le paquet dans le bas et on Tôte de la presse pour en recommencer un autre.

Page 1