TRANCHE MARBRÉE
Préparation,
Lorsqu’on est disposé à marbrer pour 400 volumes, on fait dissoudre d’avance dans un vase propre, trois onces de gomme adragante dans un demi-seau d’eau , et on a soin de remuer deux à trois fois par jour pendant l’espace de cinq jours.
Préparation du fiel de bœuf.
On bat Tin fiel de bœuf dans partie égale d’eau, on ajoute à ce mélange du camphre gros comme une noisette , qu’on a fait dissoudre préalablement dans A^ingt-cinq grammes d’esprit de vin , on bat le tout ensemble, et on le passe au filtre de papier.
Préparation de la cire à broyer les couleurs à marbrer.
On fait fondre de la cire jaune dans un vase vernissé ; la cire étant fondue , on la retire du feu , et on y incorpore en remuant une suffisante quantité d’essence de térébenthine pour tenir la cire en consistance de miel : pour s’assurer de son épaisseur, on en fait réfroidir
une goutte sur Tongle, si elle est trop épaisse on ajoute de Tessence.
Le fiel et la cire ne se préparent que le jour où Ton veut marbrer, ou tout au plus la veille , car Tun et Tautre se gâtent.
Choicc des couleurs.
Le jaune de Naples doit être choisi d’un grain très -fin et trèsdoux en l’écrasant entre les doigts; le jaune doré se fait avec la terre d’Italie naturelle ; les divers bleus se font avec l’indigo flore; pour le rouge , on se sert de laque carminée en grains ; pour le brun , on prend la terre d’ombre ; pour le noir, on se sert de noir d’ivoire ; le blanc ne se fait qu’avec le fiel. La plus belle’ tranche et qui peut se varier à l’in-
lînl , se fait avec l’indigo flore , la terre d’Italie et la laque carminée.
Pour marbrer sur tranche , on doit prendre les ocres et les couleurs tirées des végétaux , il ne faut jamais employer à cet usage les couleurs tirées des minéraux.
Tré^aration des couleurs à marbrer.
Toutes les couleurs se broyent le plus fln possible sur un marbre, avec de la cire, de l’eau et une goutte d’esprit de vin; les couleurs doivent être broyées à l’épaisseur d’une forte bouillie , de manière à ce qu’elles tiennent sur le couteau à broyer^ toutes les couleurs broyées se mettent séparément dans des pots.
Marbrure .
Quand on est prêt à marbrer, on dispose la gomme en y ajoutant gros comme une noisette d’alun de roclie pulvérisé , on l’éclaircit avec de l’eau, on la bat bien, ensuite on la passe au tamis, puis on la met au bacpiet.
Pour s’assurer de la force de la gomme, on prend un peu de couleur, on l’éclaircit avec du fiel de bœuf préparé, et on en jette une goutte sur la gomme, si elle s’étend bien et qu’en la tournant avec le doigt elle forme bien la volute sans se brouiller, la gomme est assez forte^ si la couleur ne tourne pas, la gomme est trop forte 5 il faut alors l’éclaircir avec de l’eau, la battre de
nouveau et la passer au tamis. Dans le cas où la couleur s'étendrait trop et qu’elle se brouillerait, il faut renforcer la gomme avec celle qu’on aura conservée à cet effet.
La gomme étant bien préparée, on colle toutes les couleurs au fiel de bœuf préparé, de manière à ce qu’elles ne soient pas trop liquides, plus il y a de fiel, plus elles s’étendent sur l’eau : par exemple le rouge qu’on jette presque toujours le premier sera moins collé que les autres, et la couleur qui se jette dessus un peu plus, et ainsi de suite - Toutes les fois qu’on jaspe une couleur sur une autre , la première est repoussée par la dernière, et celleci tiendra toujours le plus d’espace^ plus le nombre des couleurs sera
grand, plus la première jetée sera resserrée et brillante 5 quand on a jaspé sur la gomme qui est dans le baquet toutes les couleurs dont on veut faire un marbre, on prend de six à huit volumes, on les serre entre les deux mains, puis on les plonge dans le baquet, d/abbrd la gouttière , puis un côté , ensuite Pautre. •
Pour faire le marbre œil de perdrix, on jaspe 1®. la lacque , tP. la' terre d'Italie, 3®. l'indigo flore, 4®.
l'indigo flore 5 cet indigo est le même que le précédent, seulement on a eu soin d'en mettre dans un pot séparé , afin de le coller au fiel plus que l'autre 5 avant de le jasper on y ajoute deux gouttes d’essence de térébenthine qu'on remue *bien.
pins on jaspe. C’est ce bleu qui resserre toutes les autres couleurs et fait ce bleu clair pointillé ; l’essence de térébenthine a séule la propriété de produire cet effet, on peut en incorporer également dans toutes les autres couleurs qu’on voudrait jeter les dernières, autrement l’essence serait sans effet ( * ).
On peut varier à l’infini les marbres sur tranches, cela dépend du rang qu’on donne aux couleurs en
( * ) La réussite en marbrant dépend du soin que Ton meta broyer les couleurs , et des pinceaux dont on se sert. On les fait avec environ une centaine de brins de soie de porc, on doit la choisir la plus longue possible : pour faire les manches des pinceaux, on prend des osiers de onze pouces de long , et environ deux lignes de diamètre : on lie les soies à l’extrémité la plus mince du manche, et on a soin que les soies ne se touchent pas , afin que cela ressemble plutôt à un balai qu’à un pinceau.
les jaspant et de la plus ou moins grande quantité de nuances.
Toutes les tranches étant bien sèches, on doit les brunir à Tagate .