ARTICLE XXXV
Dorure du veau fauve.
On glaire deux fois les bords et le dedans des cartons, on laisse sécher un moment, puis on pose For ( * ) en dedans d’un carton seulement et bien bord à bord , afin d’y pousser la roulette de manière à ce que l’or essuie et le carton fermé , cette bordure se voye tout autour
( * ) Pour coucher l’or on se sert d’une petite éponge hien propre et légèrement imbibée d’huile d’olive : c’est surtout pour les veaux fauves et les vélins, qu’on doit le plus ménager l’huiie : aussi pour ces sortes de reliures , on doit après avoir imbibé l’éponge, la tordre fortement dans un linge.
de la cliasse; on en fait autant à l'autre carton, puis on pose Tor sur les bords et on y pousse une roulette à perles ou un simple filet en partageant bien le carton par le milieu.
On blancliit le dos en passant sur toute sa surface, y compris les mors, uneëpongefine imbibée d'eau-forte étendue dans dix fois son volume d'eau ; on laisse sécher et on encolle à la colle d'amidon ( V* la note page ly^^.Onlaissesécher, puis on donne une couche de colle de poisson ( lanotepage On laisse sécher,
puis on glaire deux fois, on passe l'éponge huilée sur tout le dos, les mors et les coiffes, et de suite on le couvre d’or assez large pour recouvrir les mors , et assez long pour
coiffer la tête et la queue ^ on fait chauffer les fers et palettes, et quand le degré de chaleur est reconnu ( ) pour la palette à coiffer , on
rimprime sur les coiffes de tête et de queue , puis on pousse sur le bord des mors , tout le long du dos , une roulette à filet simple, et aussitôt qu’elle est poussée , on enlève l’or qui se trouve entre le carton et la roulette, afin qu’en poussant les palettes elles ne marquent pas audelà du filet. On pousse les palettes
( * ) Quand on doreilfautavoir près desoi un© brosse roide, sur laquelle on passe les fers pour les nettoyer en les sortant du feu. Pour connaître le degré de chaleur on trempe le bout du fer dans l’eau, ce qui lui donne toujours une certaine humidité qui nuirait à la dorure 5 pour le ressuyer on l’appuie sur une pelotte ou balle de flanelle.
en commençant par celle de queue, puis les coins et fleurons, et Ton finit par le titre. On essuie bien le dos avec un linge blanc pour enlever Toc que les fers n’ont pas fixé, puis on frotte avec un morceau de drap blanc pour nettoyer les tailles des ornemens.
Les plats se fontrunaprèsTautre, en suivant pour les blanchir, encoller, glairer et dorer les précautions indiquées pour le dos.
Je me suis occupé plus particulièrement de la dorure du veau fauve, comme étant la plus difflcile, et surtout à cause des différentes préparations que le veau doit subir à mesure qu’on le dore. Pour réussir à bien faire le veau fauve, il faut une extrême propreté 5 aussi
a-t-on soin de couvrir d’un linge blanc la table sur laquelle on dore, d’en avoir plusieurs pour s’essuyer les mains , ainsi que de l’eau pour les laver de temps en temps , et malgré toutes les précautions possibles, il est bien rare que cette reliure se termine sans accidens.
ARTICLE XXXVL
Quand le livre est doré, on le prend en gouttière par les feuilles, on laisse tomber les cartons en dos, jmison place un ais de l’épaisseur du dos entre les deux cartons afin deles soutenir et de les mettre de niveau au dos^ dans cet état on pose le livre à plat sur la table et de manière à ce que le dedans d’un des
cartons et la garde du livre touchent la table.. Alors avec un pinceau on encolle la garde qui se trouve en dessus , on ferme le carton, puis on l’ouvre de suite, ce qui enlève la garde ; on pose dessus une feuille de papier assez grande et forte pour la garantir , on appuie tout doucement en mors pour faire entrer la garde, puis avec le pouce et l’index , on frotte plus fortement afin de rendre le mors bien carré 5 ensuite on passe la main sur toute la surface de la garde pour la coller sur le carton, et on en fait autant à l’autre garde , puis on laisse sécher les cartons ouverts.
Les gardes de moire et les mors en maroquin se collent de même.
(ai6)
Pour qu’uue garde de moire fasse un bon effet, on doit la dorer tout à Tentour.
ARTICLE XXXVIL
Les gardes étan t sèches, on cambre légèrement les cartons, on les referme, puis on polit le livre. Pour polir le veau fauve et les fonds clairs, le fer doit être à peine chaud ; pour les racines et couleurs foncées , le fer n’est point trop chaud s’il ne blanchit pas : avant de polir il est bon d’essayer le fer sur un endroit invisible. On doit avant tout serger le volume avec un morceau de drap propre.
En polissant on doit tirer le fer d’un bout à l’autre, sans cela on
taclieralt. On doit toujours commencer par polir le dos , ensuite les plats, et terminer par le dedans des cartons.