IMPRESSION
Description de la Presse et de ses rouleaux»
La presse dont nous nous occupons ( figure 1 ) est formée par une table rectangulaire , supportée par les traverses 2 ; les deux traverses les plus longues sont entaillées de la moitié de leur épaisseur, afin de former une coulisse dans laquelle on fait glisser un chariot destiné à faire avancer ou reculer à volonté la pierre gravée. Ce chariot qui supporte la pierre est formé par une^ caisse peu profonde 4 j dans laquelle on met du sable, afin que.
remplissant les inégalités de la pierre que Ton doit y poser, celleci appuie sur tous les points. Ou fixe à cette caisse un cadre qui lui sert de couvercle et qui tourne autour des charnières 19, et sur ce même cadre on tend un cuir assez fort pour ne pas être déchiré par un frottement assez considérable. Comme à la caisse 4 ^
attaché deux boucles dans lesquelles on passe des courroies fixées sur un cylindre i5 , autour duquel on les roule en mouvant le tourniquet 14 > on peut mouvoir à volonté le chariot dans la coulisse.
Au milieu de la longueur de la table rectangulaire , on fixe une traverse 7 qui tourne autour de la charnière 20 , et sur cette traverse
on assujettit avec des vis de bois une barre de fer 21 , dont Tune des extrémités fait partie de la charnière 20 , et l’autre se trouve formée comme le pêne coulant d’une serrure 5 ce pêne entre dans une entaille faite à une lame de fer 9 , et sur la barre 21 sont taraudés deux écrous dans lesquels on fait passer deux vis 18, destinées à pousser une règle 16; cette règle se trouve placée dans une entaille, faite à la traverse 7 5 celle-ci est fixée dans la position convenable, par deux vis de pression 17, l’extrémité de la lame de fer 9 , entre dans une entaille faite à un levier de bois 1 1 j elle s’y trouve fixée par le boulon 223 en outre, cette lame pénètre dans un anneau de fer 10,
qui se trouve fixé sous la traverse ra, placée en avant.
La figure 2 représente un autre frottoir qui remplace avec avantage celui de la figure 7, que nous venons de décrire : ces avantages dépendent de ce que la règle frottante se trouvant mobile autour d un axe 1 , prend naturellement la direction de la pierre sur laquelle on la fait passer.
Le levier 1 1 qui exerce une pression sur la règle frottante, a son point fixe au boulon 23, son action au boulon 22, et la force qui le sollicite , appliquée au boulon 24.
Ce boulon 24, ou l’extrémité du levier 11, éprouve l’action du levier 12, qui a son point fixe sur le boulon 25 , et la force qui le sollicite
a son point d’application sur la planche i3. Enfin la lame de fer 2.8 est destinée à diriger un bras du levier 12, et ses vis 27, à maintenir la pierre dans le cadre.
Le cylindre, figure 3, ou rouleau à imprimer, est en bois; il offre une longueur de quinze pouces sur cinq de diamètre. Le cylindre présente à ses extrémités deux manches garnis de cuir, et le cylindre lui-méme est revêtu de flanelle bien tendue, qu’on recouvre avec un cuir doux et sans couture ; car s’il en existait, elle pourrait enlever le dessin.
Lorsqu’on le roule dessus, c’est le rouleau chargé de noir qui sert à colorier le dessin qu’on a tracé sur la pierre.
Préparation des Vernis ou Huiles à broyer les couleurs.
Il faut avoir deux sortes de vernis que nous désignerons par vernis faible et vernis fort.
Tous deux se font de la manière suivante :
On doit avoir une marmite dont le couvercle joint bien ; on ne remplit qu’à moitié d’huile de lin ou de noix, que l’on fait bouillir à grand feu. Lorsqu’elle bout , on l’enflamme en la remuant pendant tout le temps. Pour le premier vernis , on la laisse brûler un quart d’heure j pour le second, que nous appelons vernis fort, elle doit brûler trois quarts d’heure. Le cou-
vercle de la marmite ne doit servir que pour éteindre le feu 3 pour plus de sûreté , il faut avoir un linge mouillé qu’on jette dessus le couvercle, ce qui empêche l’air de pénétrer dans la marmite.
Quatre à cinq minutes après, vous débouchez cette marmite pour y laisser reposer le liquide pendant vingt-quatre heures. On peut mettre ensuite ce vernis dans des bouteilles , et s’en servir pour broyer les couleurs à imprimer.
Choiæ des Couleurs à imprimer ^ et manière de les brok er*
Toutes les couleurs broyées à l’huile préparée sont bonnes pour l'impression , pourvu qu’elles ne
contiennent pas cVoxlde de plomb.
Comme l’on imprime plus souvent au noir qu’à toute autre couleur, on doit le choisir d’mi beau noir de velours, et, qu’en le pressant entre les doigts, on en sente ia douceur. Ce noir nous vient ordinairement de Francfort, ( * ). On
( * ) Il faut pour se servir de ce noir, le calciner de la manière suivante : On fait fondre dans un vase vernissé deux parties de cire que l’on mélange avec deux de térébenthine de Venise; ce mélange doit se faire avec précaution. Si on laissait trop chauffer la cire , la térébenthine s’enflammerait. Il est à propos que la chaleur soit très-douce pour pouvoir réunir ces deux corps. Aussitôt qu’ils sont dans un étatliquide , on ajoute de ce noir autant que possible de manière que le tout forme une masse très-dure ; ensuite on bouche le vase avec son couvercle que l’on a soin de ])ieu luter avec de la terre glaise pour que l’air ne puisse pas pénétrer.
Il faut un bon feu pour cette opération; on
îlotis en vend que l’on fait avec de la lie de vin : il est dur et grisj ce noir doit être rejette par les imprimeurs. On broie le noir et toutes couleurs à imprimer à la lithographie , avec le vernis faible, en y ajoutant une ou deux gouttes d’essence de térébenthine et du vernis fort en petite quantité. Ces couleurs doivent être broyées très-épaisses.
C’est de cette précaution que dépend le brillant de l’impression.
Il n’en faut broyer que la quantité dont on veut se servir, attendu
reconnaît que le noir est suffisamment calciné lorsque le vase est rouge, et qu’il s’est maintenu dans cet état pendant cinq minutes environ. On retire le vase du feu pour le laisser réfroidir lentement jusqu’au lendemain sans le déboucher , et pour s’en, «ervir, on le broie de la manière indiquée.
qu’elles se graissent en vieillissant.
Lorsque l’on veut imprimer , on en enduit le rouleau , pour en rechar~ ger la pierre k chaque épreuve que l’on veut tirer. Il est à propos que ces couleurs soient plus fortes l’été que l’hiver , ainsi donc , l’été on mettra plus de vernis fort. Je me suis souvent servi d’une encre que je préparais de la manière suivante :
3 parties de suif et 2 de noir de fumée ,
2 parties de vernis faible ,
2 parties de térébenthine de Venise.
On mettra toutes ces matières dans un pot vernissé et garni de son couvercle pour le mettre sur le feu ; et lorsque ces matières com-
menceront à fumer , on mettra le feu avec un papier allumé 3 alors on retirera le vase du feu pour le tenir toujours enflammé, ayant soin de remuer constamment avec une spatule de fer pour le laisser brûler pendant environ un quart d’heure.
On recouvrira le vase pour éteindre le feu , et cinq minutes après on le découvrira pour laisser réfroldir. On ne peut se servir de ce iicir qu’après l’avoir bien broyé sous la molette. Il arrive quelquefois que ce noir est trop fort, surtout en hiver; mais rien n’est plus facile que de l’adoucir en y mêlant un peu de vernis faible. Quand on le broie , on peut aussi se servir d’un peu d’essence de térébenthine, afin qu’il s’étende bien au rou-
leau , et se décharge mieux à répreuve ; il présente également Favantage de se fixer facilement sur la pierre et de ne pas se mêler à l’eau qui sert à humecter cettepierre.
De V Impression en général.
Pour obtenir une impression par les procédés lithographiques , il faut y apporter la plus grande précaution 5 pour réussir voici celle ou’il est essentiel de suivre. On doit
avoir soin de laver la pierre avec de Feau après chaque tirage , et même de temps en temps il est bon de F humecter avec de la gomme Si malgré toutes ces précau-
( * ) En lithographie on ne doit employer que de la gomme arabique, préalablement dissoute dans de l’eau fraîche.
tions le noir s’attachait dans les parties qui ne doivent pas être coloriées , il faudrait bien vite éponger la piprre à grandes eaux.
L’imprimeur doit avoir plusieurs éponges, dont chacune est consacrée à un usage particulier. La plus grande sert pour les lavages légers et pour humecter la pierre, jamais pour l’encre et encore moins pour l’acide } cette éponge doit être tenue bien propre, autrement elle pourrait gâter l’impression :
les autres destinées pour l’encre et pour humecter la pierre avec l’acide doivent être plus petites.
Si , en suivant dans ce tirage la méthode que nous indiquons, on craignait encore de salir les pierres par un tirage trop répété, ou
par la manyaise qualité de Tencre, on pourrait se servir avec avantage du procédé suivant pour enlever toutes les souillures. Il faut mêler deux parties environ d'huile d’olive, deux parties d’essence de térébenthine et trois parties d’eau :
on agite fortement le mélange dans un vase jusqu’à ce qu’il écume.
C’est avec cette écume qu’on lave la pierre en la passant rapidement dessus avec une éponge. Avant de faire cette opération , il convient de l’imbiber d’eau , afin que les huiles ne puissent se combiner qu’avec les substances grasses.
Il arrive, dans ce lavage avec l’écume , que les traits disparaissent entièrement et que la pierre devient toute blanche 5 cet effet ré-
suite de ce que la térébenthine se combinant avec les pailics grasses, les enlève , et qu’en mèjne temps riniiie imbibant les traits couverts cVcncre, s’empare du noir. L’eau qui se trouve dans le mélange humecte toutes les parties de la ])ierre qui avaient été d’abord mouillées et empêche que i’huilene les pénètre.
La pierre étant bien essuyée et lavée à grandes eaux , paraît sans aucune trace de dessin ; on croirait qu’on a tout elTacé et qu’on serait obligé de refaire le dessin de nouveau; mais comme il est toujours resté de i’encre résineuse dans les traits, le noir seul en est disparu.
On reproduit le dessin en le coloriant de nouveau avec le rouleau chargé de noir; pour cela on coin-
mence à passer sur la pierre un enduit d'une légère dissolution de gomme , destiné à empêclier que le noir qu'on doit passer pour colorier les traits ne puisse s'étendre ailleurs que sur ces mêmes traits résineux qui ont repoussé la gomme. Ainsi en passant le rouleau chargé de noir, on voit les traits reparaître plus nets et plus coloriés qu'auparavant.
J^réparaiioTi à faire aux pierres dessinées que Von veut imprimer.
Le dessin étant fait sur la ])ierre de la manière que nous avons indiquée précédemment, soit au pinceau, soit au crayon ('*'), on met
( * ) La pierre dessinée à la pointe ne demande d’autre préparation que d’ctre lavée à l’eau au moment de l’imprimer. y
la pierre dans nii baquet de bols assez grand pour la contenir, et Ton verse dessus toute sa surface de l’acide nitrique étendu dans 6o parties d’eau environ. Aussitôt qu’on voit une légère ébullition, on verse de l’eau fraîche dessus, on l’égoutte , puis on recommence trois ou quatre fois en terminant toujours par l’eau fraîche , et l’on donne de suite une couche de gomme ( * ). La pierre étant dans cet état , on lève la barre 7 de la pres-
(^*) Cette opération ne se fait qu’une fois. Lors* qu’on cesse d’imprimer, on donne une couclie de gomme à la pierre, ayant soin de l)ien l’étendre avec une éponge sans y laisser d’inégalité. La gomme étant sèche, la pierre peut, par ce moyen, se conserver long-temps. Pour la réimprimer, il suffit de passer sur toute la pierre de l’huile de liu
se ; et le chariot pousse à Pautre extrémité du tourniquet, on lève le cadre qui le couvre pour y placer la pierre.
La pierre étant ainsi assujettie dans le chariot, on verse dessus un peu d’huile dans laquelle on a mis précédemment un dixième d’essence de térébenthine et qu’on passe avec une petite éponge sur tous les traits du dessin pour les disposer à mieux recevoir l’encre du rouleau. On enlève de suite cette huile avec un mauvais linge , et on lave la pierre à grandes eaux qu’on enlève avec une éponge bien pro-
coupée d’essence de térébenthine , pour disposer les traits à reprendre le noir du rouleau c|ue l’on passe dessus après avoir lavé la pierre à grandes
eaux.
pre , puis on la ressuie avec un linge légci'einent humécté et mis en ])hisienrs doubles, afin de pouvoir la ciiarger de noir ou toute autré couleur avec le rouleau , ce qu’on appelle encrer la pierre.
Alors l’imprimeur pose la feuille ( ) sur le cuir du cadre qu’il
) Le papier doit être légèrement humecté pour être imprimé. Il faut pour cela tremper leâ feuilles dans un baquet d’eau, on ne trempe dans ce baquet que la moitié du papier que l’on veut imprimer, et l’âutre moitié sert à intercaller les feuilles sèches entre celles qui sont mouillées.-On met le Tout à plat entre deux planches que l’on charge sufusamment deux heures après environ , pour affaisser le papier. L’imprimeur fait ordinairement cetle opération le soir pour imprimer le lendemain matin. Pendant ce temps les feuilles mouillées humectent les sèches et celles-ci dimi-? iiiient la trop grande humidité des autres.
vient (le lever et qu’il rabat avec la feuiile de papier , fait retomber la barre 7 et engage le pêne 8 dans l’entaille de la barre 9. Il monte sur la planche i3, qui exerce une pression, à l’aide des deux leviers 11 et 12, sur la règle frottante, et celle-ci sur la pierre, en faisant mouvoir le tourniquet 14? il amène le chariot jusqu’auprès de ce tourniquet et exerce ainsi une pression sur toutes les parties de la pierre que la tringle parcourt.
L'imprimeur descend de dessus la planche i3 , pour relever la barre 7 , et repousse le chariot à l’autre bout de la presse^ il relève le cadre de dessus le chariot pour en retirer l’épreuve qui se trouve sur la pierre, et de suite on mouille la
pierre ( * ) que Ton ressu*e de nouveau avec le linge humecté : alors, on recharge la pierre pour obtenir d’autres épreuves. Enfin le procédé est le même pour toutes les épreuves.
Si, dans le cours du tirage, on remarquait que quelque chose manqué au dessin, on pourrait retoucher de cette manière: aussitôt l’épreuve enlevée de dessus la pierre qui se trouve séchée par le foulage occasionné par l’impression , on peut retoucher au crayon , à la plume ou au pinceau , selon le genre du dessin 5 la retouche faite, on recouvre toute la surface de la
( * ) Il faut avoir soin de la tenir toujours liumectée , quand il arrive que la pierre sèche , là préparation se perd.
pierre d’nne couche de gomme qu^on lave un instant après pour continuer l’impression ^ et si quelque chose manquait , on recommencerait la même opération.
On peut par le moyen de plusieurs encres de différentes couleurs, et plusieurs pierres répairées, où l’on aura décalqué le même sujet, obtenir un résultat semblable à celui que l’on produit avec la gravure sur cuivre, dite en couleurs à quatre planches.
Impression par transposition.
L’encre graisseuse que l’on emploie dans la lithographie , étant assez longue à sécher , quoique susceptible de s’épaissir, il était intéressantde profiter de cetincon-
vénlent pour obtenir une impression, en transportant sur la])ierre un dessin ou une épreuve faite sur un papier gommé. Les méthodes <[ue l’on emploie pour y parvenir peuvent se diviser en deux espèces.
La première consiste à transporter sur la pierre les épreuves d’un dessin déjà lithographié, et la deuxième à y fixer un dessin ou écriture tracé sur le papier gommé.
Trajisposition par épreuves.
Une épreuve lithographiée par J es moyens ordinaires peut fournir une contre-épreuve en l’appliquant toute fraîche sur la pierre, en sorte que , par ce moyen, on peut obtenir sur-le-champ une nouvelle planche qui rend le même dessin
que la première. La pierre doit être complètement sèche; car, si élle était mouillée, ilest évident que Teau repousserait le noir du papier, et celui-ci ne se fixant pas sur la pierre, ne pourrait pas produire une impression ; mais , la planche étant bien sèche , en appliquant répreuve sur sa surface et pressant, on obtient un dessin ou des lettres tout -à- fait fixées sur cette pierre ( ).
On peut, par le même procédé , transporter sur la pierre une épreuve fraîche d’une gravure sur cuivre que Ton vient d’obtenir.
Pour réussir, il faut seulement l’a-
( * ) Ainsi , pour obtenir des épreuves d’un dessin transporté , il suffit de préparer la pierre comme nous l’avons indiq^ué page 53.
voir Imprimée sur un papier trèsgommé , ce qui enipêclie Tencre de tenir au papier , à cause de la «omme dont il est revêtu. Il s’en.
suit que l’épreuve se reporte plus facilement sur la pierre : les seules précautions à prendre , dans l’une ou l’autre méthode, sont de détacher avec soin le papier de la pierre. Pour cela , il suffit de le mouiller légèrement 5 si on négligeait cette attention, plusieurs traits pourraient s’enlever, ou du moins ne seraien t pas bien nets.
Il n’est pas impossible de trans- .porter sur la pierre , par des procédés à peu près semblables, d’anciennes gravures devenues rares, et que l’on désirerait multiplier.
Quoique les traces sèches des an-
ciennes gravures ne semblent guères propres à donner une nouvelle impression, on peut cependant les en rendre susceptibles en les humectant de nouveau. Quelques essais nous ont prouvé qu’il n’était pas impossible d’en reproduire ainsi, en les colorant de nouveau avec une encre typographique ordinaire.
Il faut d’abord humecter le papier avec des acides étendus d’eau qui en attaquent la colle et les rendent plus perméables à ce dernier liquide : on empêche en même temps le papier de recevoir l’encre du rouleau; mais, pour que l’encre de ce rouleau ne se mêle point a vec les acides, on passe sur la planche une lésère couche de "omme ara-
O ij
bique , que l’on a soin d’étendre
avant de tirer les épreuves : le noir de la gravure devient aussi plus susceptible de recevoir la couleur du rouleau, et par conséquent, de pouvoir donner plus facilement une contre - épreuve. L’estampe étant suffisamment noircie , on transporte la gravure sur la pierre; il ne s’agit plus ensuite que d’opérer la pression. Si toutes les opérations ont été bien conduites, on obtient une contre - épreuve assez exacte.
On peut encore obtenir des contre épreuves par un procédé peu différent , et cela , en recouvrant la gravure avec de rarnidon cuit dans l’eau seulement. Avant de faire usage de l’amidon, il faut, lorsqu’il est coagulé , le, mêler avec
de l’acide STilpliurique en y ajoutant un peu de soude, puis avec l’encre typographique ordinaire.
Alors le blanc du papier , défendu par l’amidon qu’on y a rnis précédemment, ne reçoit point le noir de l’encre, tandis que les traits de la gravure s’en colorent. On enlève ensuite , avec soin et avec une éponge , l’amidon qui avait collé la gravure, cette opération terminée, on porte la gravure sur la pierre, et l’on opère la pression.
Les deux opérations que nous venons de décrire réussissent le plus ordinairement j mais elles sont très-difficiles à exécuter. Il est fa-, elle de juger avec quelle précaution il est nécessaire d’agir pour parvenir au résultat qu’on se pro-
pose : M. Darcet a, du reste, assez Lien réussi, sur-tout pour obtenir une contre-épreuve d’une gravure ancienne , en employant le lait pur ou Teau de savon. Une cause célèbre a prouvé depuis peu combien ces moyens étaient sûrs et faciles.
Cependant le point le plus difficile dans l’art de transporter sur la pierre une gravure ancienne, est d’en rendre l’encre assez colorée pour donner une impression. Au reste, quand les gravures sont peu anciennes, on peut bien les contre-éprouver sur la pierre , soit par le moyen du lait pur, soit simplement avec l’eau de savon, ainsi que l’ont pratiqué MM. Darcet et Choron pour la contre-épreuve de la musique.
Transposition du Dessin.'
Il est assez ingénieux de pouvoir profiter d’un dessin ou d’une lettre qu’on vient de tracer , et dont on peut obtenir un ‘nombre d’épreuves indéfini : les procédés en sont aussi simples que prompts.
Il s’agit d’abord d’écrire ou de dessiner avec l’encre résineuse dont on se sert pour écrire sur la pierre , qu’on a soin de rendre un peu épaisse.
L’écriture ou le dessin doit se faire sur un papier enduit d’une dissolution de gomme. Comme l’encre et la gomme sont très- solubles dans l’eau, il en résulte qu’en mouillant le papier de l’autre côté du dessin seulement, l’écriture ou
le dessin s’en détacliènt plus facilement pour se reporter sur la pierre :
à peine en reste- t-il quelques traces sur le papier. Quand aux procédés pour en obtenir des é])reu- Ycs , ils sont toujours les me mes que ceux à suivre pour le dessin fait sur la pierre.
riN.
SUR
LA RELÎÜRE