‹ Notice sur la monnaieChapitre 3 sur 16 · E. U* DELON · texte numérisé non relu

E. U* DELON

locales ; le nom de l'alelier placé au milieu do champ est un arrangemeul qae la moonaie de Colite rendit populaire ; ou voit aussi l'effigie de sabts patrons, des bustes d'èvjqaes, uue main ouverte, des cavaliers, des fleurs, des lioos, dra OLSeani. emblèmes locaux précurseurs des armoiries; quelques types, enfio, surtout en Westphalie et daos les Pays-Bas, sont imités de ceux des deniers anglais ; dans le Sud et l'^t, on trouve des imitations de la mon- Daie byzantine. Les légendes sont souvent incorrectes, Bemé«s d'abréviaiioas et fort difficiles à déchiffrer (V. Brac-

En Italie, les monnaies féodales forment deui groupes. Dans le Nord, c'est le denier carolingieu avec ses dégénérescences, comme en France, en Allemagne, dans la Lotharingie et la Bourgogne; au XII* siècle seulement paraissent quelques tjpes nouveaux, tels que la porte Ijanita) à Gènes, et L fleur de lis It Florence. Le denier romain porte & la fois le nom du pape et celui de l'empereur; taules les petites républiques italiennesont leur monnayage autonome avec leur nom et leur emblème ou l'image de leur saint patron. A Veaise, i) partir de 1192, on frappe le grosso ou tnatapan d'argent, qui représente d'un cûté le Christ, et de l'autre le doge recevant une bannière des mains de saint Marc. Dans le S. de l'Italie, la monnaie se ressent de la double influence arabe et byzantine, et l'on frappe dans les trois métaux, or, argent et bronze. Les tan d'or du duché de Fouille sont servilement imités des monnaies musulmanes et portent même des inscriptions coufiqnes; les /oUari en bronze sont an contraire imités des mouDÛes de Byianceavec le buste du Christ au nimbe crucigère. En Sicile, l'empereur Frédéric II (il^S-lSSO) fait franoer l'ausustale et la demi-augustale d'or, les plus ij^, an type du buste impérial " ' Hs de l'ancien em-

oyaumes cbréliens, les deniers dégénérescences carolingiennes, i deCastille(H58-12f4),palarabotin ou maravédi aljonman, avec des légendes chré-.

lu xiii' siècle, les principales istantinople sont b

D,<,n.=dnvG00«^lc

à'or ou beiant (du nom de Bjiante) et le denier d'ai^ent appelé aspre dans les texies contemporains ; il ï a aussi des monnaies de bronze. Toutes ces pièces ont un style très caractéristique; le Qan, de plus en plus élargi et aminci, est devenu concave d'un cAté, convexe de l'autre ; le mélAl s'est altéré. Quant aux types, ce sont d'un cAté l'empereur en buste ou en pied ; de l'autre, le Christ ou . la Vierge en buste on assis de face.

Oafrappedes monnaiesà l'imitation de celles de Byzance dans les despotals de Chypre, de Lydie, d'Epire, dans les royaumes de Nicée, de Thessalonique, de Trébizonde. Après la prise de Jérusalem en 1099, les Croisés introduisirent en Orient, dans toutes leurs principautés, duchés, comtés et seianeuries, la frappe du denier occidental en aident et en biilon ; ils imitèrent aussi, par endroits, c«mme dans les comtés d'Edesse etd'Antioche, le

jrent et de cuivre byzantines et musulmanes, parfois même Us employèrent la langue arabe pour leurs légendes mo-

Le monnayage de la Hongrie, de la Bobème, de la Russie, fait son apparition au ii' siècle et nous présente le prolongement au denier et de l'obole des pays germaniques, avec une influence byzantine et an^Io-scandinave. Les premières monnaies de la Bosnie, de la Bulgarie, de la Serbie sont des imitations du matapan vénitien.

Dans la rapide esquisse qui précède, on a remarqué que, jnsqn'au milieu du xiil° siècle, la monnaie des pays occi' dentaux est mono métallique : c'est le denier d'argent dérivé du denier carolingien ; on l'imite partout : on l'altère aussi partout et le public comme les gouveruements ont à lutter contre les abus de toute nature auxquels donne lieu

Pour répondre aux nécessités du commerce avec l'Orient, développé par les croisades, tous les pays d'Europe durent, k partu- du milieu du xiii" siècle, créer des monnaies plus fortes ^ue le denier. C'est alors que fut inauguré le gros

d'argent ou multiple du denier, et qn'oi frapper des pièces d'or. La date de cette ianovation t llalieet eu France est le milieu du Kiii* siècle; elle se produisit en Allemagoe, sous Louis IV de Bavière (1314-47); en Aaglet«rrâ, sous Edouard I°''(1372-1307); eu Bohème, sous Weaceslas 11(1378-4305); en Hongrie, sous Cliarles d'Anjou (1310-49); en Pologce, sous Casimir le Grand (1337-70).

Le florin d'or fut créé i Florence en 1252 (V. Fiobih). On sait quelle l'ut la vogue immense de cette pièce qui,

Kr la suite, fut imitée non seulement en Italie, mais en tate, en Espagne, en Allemagne, dans les Pays-Bas et jusque dans la principauté d'Achaie ; la pièce d'er de Gènes, le gettouino, m, peu après, sou apparîlioD. Le ducat ou sequind'oT de Venise, qui fut répandu et imité surtout dans l'Orient chrétien, est monnayé pour la première Cois en 1281 (V. Ducit).

A rimilatioo du dinar arabe, saint Louis créa la belle pièce appelée éea d'or dont le type est un écu semé de fleurs de lis ; elle pèse de 4^''',15 à 4x%05. Eu même temps, pour l'argent, saint Louis iit du sou. quijusaue-U D'éûit qu'une monnaie d; compte, une monuaie réelle : on l'appela le gros tournois; il valait il deniers tournois et pesait 4«'',10. Les ateliers royaux continuèrent ï frapper aussi des deoiers et des oboles tournois, des deniers et des oboles parisis. Eu Angleterre, sous Henri III en 1248 et sous Edouard 1°', le permy se transforme et s'achemine vers le type définitif du denier esterUn qui devait rester si populaire. Dans les autres pays de l'Europe, des progrès analogues se produisent.

La grande préoccupation des rois de France, à partir de saint Louis, fntd'assurer i la monnaie royale un cours

'lilégiè dans toute l'étendue du royaume, au détriment

la monnaie locale : i tout propos, ou voit la royauté iatervenir tantôt par l'habileté diplomatique, tantôt par la violence ou la ruse pour restreindre les droits monétaires des seigneurs. Dès 1262, saint Louis interdit aui barons d'imiter les types des espèces royales, et cela M comprend aisément : h monnaie royale, parisis ou tournois, étant de meilleur aloi que les monnaies féodales, était partout préférée à ces dernières. En donnant i leurs «pèces les types el l'aspect de la monnaie royale, Isa

NOTICE SUR I.A MONNAIE iOl

barons essayaient de faire paaiier leurs luauvaisos espèces dans la circulatioD générale eD béaèfîciaDt de rignoranee dnpiibtiu. Aussi le roi spécifie qu'entre les monaaies royales et celle des barons il doit j avoir < dissemblance apeite et devws crois et devers pilles ».

Comme conséquence, les rois de France professent en même temps la doctrine que les barons ne peuvent frapper qoe les espèces qu'ils ont jusque-lâ été autorisésà émettre, c.-à-d. te denier et ses divisions ; ils ne doivent ni créer des espèces nouvelles, ni frapper les multiples du denier. EnGn, tes légistes de la cour enseignent qae la monnaie royaleacours privilégié dans toute l'étendue du royaume, tandis que les monnaies des princes feudataires, prélats et barons, ne peuvent circuler que dans l'étendue de la ssignenrie. C'est cequi frappe en particulier dans lesarrangemenis monétaires de Philippe le Bel avec Gui de Dampierre, comte de Flandre. Le roi exige que nul, dans le comté de Flandre, ne puisse refuser la monnaie pariais ou lemonnaielouraoîs; il spéeiâe nettement queles monnaies des barons n'anront cours que dans le ressort de chaque baronnie, et que les monnaies étrangères, surtout les esterlins d'Angleterre, seront prohibées même en Flandre. Ces mesures restrictives réitérées sous Louis le Hulin, Jean le Bon et leurs successeurs devaient nécessairement amener rapidement la décadence et la ruine du monnayage féodal eo France.

Mais la disparition des ateliers féodaui. consommée an x[v< siècle, n'apporta pas une solution à la question monétaire. Ni les mesures coercitives de Philippe le Bel, ni les judicieux conseils de Nicolas Oresme, sous Charles V, non plus que les altérations, les décris, les conrs forcés, les perpétuelles refontesetîa création de nouvelles espèces n'empêchaient la mauvaise monnaie de faire émigrer la bonne. A partir de l'époque de Philippe le Hardi et surtout de Philippe le Bel, les variétés de monnaies d'or et d'ai^ent, de poidset de titre dilTérents, se multiplient k cause des refontes jugées nécessaires ; pour l'argent, en distingue les monnaies blanches, c.-M. celles dont le litre est élevé, des monnaies noires, e.-i-i. les pièces de bijion dont le cuivre forme l'élément essentiel. Mais entre les monnaies blanches et les monnaies noires, il y a des pièces inlArmèdiaires, en un métal plus ou moins saucé,

frappées plan oa moins fraudDleoaeniflat par les pouvoirs publics eui-mtmea, et constitusot la priocipala cause de discDssians ou parfob de troubles graves. Les systèmes difièrent dans chaque atelier et changent à chaque émissioD ; les monnaies royales, baronales, étrangères circulent partout, apportées par les marchands et soment ea dépit des ordonnances royales qui OQ prohibent le cours. Ou ne peut plus réjilsr un compte sans l'intervention des changeurs qui pullulent ^rtout et ont beau jeu au milieu de cette eompiication universelle. Eui-mémes ne parvenaient s se rendre compte de la valeur relative des espèces variées qui, malgré les décris, circulent entre toutes les mains, qu'i l'aide de harèmes spéciaux, de ces livres de changeurs dont il nous est (Uirvenu d'assez nombreux spédmens ; ils ont recours aussi eufio à la pierre de louche et à de petits trèhnchets qui leur servent à peser et à essayer les pièces (V. Ceamgeub).

Le titre des pièces d'or en France s'évaluait en carats, comme on le Uiit de nos jours en millièmes. L'or fin, absolument pur, est à ^i carats ; quand on dit ffue l'or est i 22 carats, cela signifie qu'il contient M parties d'or pur et 2 parties en une autre matière. L'argent s'estimait en deniers de chacun 24 grains; l'argent pur était k ISdeniersou SS8 grains; l'argent i 10 deniers contenait par conséquent '2 parties de matières étrangères ; on appelait argent le roti ou du roy l'argent i i\ deniers 13 erains, c.-i-d. l'argent qui avait perdu un demi-denier ou ligraiosde son litre. Quand un texte ancien dit qu'une pièce est frappée, par exemple, à 3 deniers émargent le roy, cela signiiie que la monnaie en question centient le

Îiiart de sou poids d'agent à 10 deniers 42 grains de Gd. haque fois qu'une ordonnance royale décidait la créatian

j> — flg pj^ j.^j py d'argent, ou indiquait son

n ou d'argent lin en carats ou en deniers, et ice de ce degré de fin était nécessaire pour ir intrinsèque des espèces et établir des comptes it au poids, il était établi eu France par rapc ; on spécifiait à chaque émission d'espèces 'il serait laiUé un nombre déterminé de pièces irc d'or à tant de carats ou dans un marc ant de deniers de fiu. Mais il eiisiait, saivant nombreuses espèces de marcs. Au xiv° siècle.

NOTICE SUH LA MONMAIE 103

en Franee, il y avait : le marc de Tours (3^3K^39), le marc de Limoges (926(',2S), le marc de Montpellier {^9^,U), le marc de La RwàieUe ou marc d'Angleterre (22Sja',8i)) et enfin le marcde Troyes qui fut celui d'après lequel fut taillée la monnaie royale. Ce marc pesait 245 gr. et était divisé en 8 onces, 64 gros, 192 deniers et 4.60S grains.

Eu Angleterre, la taille des monnaies se référait au pound on poids, équivalent à 350 gr. environ ; le poand était divisé eniiouncesou 240 penayweie^touesterliDs, ou T. 680 grains; ce système dura jusguen lfi36. sous Henri Vlli. En Hollande, oii le change international et le commerce des métaux précieux était si développé, surtout sur la place d'Anvers.lemarc équivalait à 346 gr. environ et ses divisions formaient lo labteiu suivant :

i marc =c 8 onces.

— ^= 160 esterlins.

— = 320 mailles

— ^ 640 vierling ou félins,

— = i. 280 troiskens.

— =2.560 deuskens.

— = 5.120 grains.

n yavaitaussi dans certainspays, par exemple en Flandre eten Hollande, un petit marc{parmnuirca)pesaut environ 180 gr., qui sert sonveut d'étalon i la taille des espèces. En Allemagne on taillait la monnaie d'arpent suivant le marc de Colite évalué à 233»^, 853 ; il se subdivisait en i vierding, ou 16 loth, ou 82 setin, ou 64 quentchen, ou 256 nchtpfeaoing, ou 512 heller. A Constanlinople, l'ancien système romain avait persisté et la monnaie était taillée suivant l'étalon du soUdm d'or(4«',55), divisé en 12 Ttiiilaresûioa 24 keratia ou siliques, ou 288 nummi ou folles.

< A Venise, on eut une échelle de 1.152 carati; ou n'mdiquait pas le nombre des parties d'or, mais celui des parties d'alliage, par exemple : peggio 388. pire 288, c.-M. de 288 carati pire que 1.1S2 ou 18 carats. En Frauce, li^s changeurs et les maîtres des monnaies appliquèrent un système analogue anx monnaies anciennes ou étrangères, sous le nom d'empirance. * (Engel et Serrure, Traité, Inlrod., t. I, p. ixiiii ; H. Grole, Die nu-

lOi r.. BABELON

mismatische Métrologie, dans les Munzsludien, iSô'i.) Les comptes s'élab lissaient par livres; mak la livre de compte TSnait saivanl les pays et il èlail indispensable de spécifier, ii diaqae fois, de quelle livre on entendait se servir. En France, on comptait surtout en livres tounuis on en livres parisis; en Angleterre, il y avait la \{\n sterling (V. Parisis, Stehung, Touhaois); en Allemagne, le florin de compte. Le système de la livre de compte fui le suivant, en France, jusqu'à la Révolution : 1 livre... =; 20 sols. 1 d obole. —ï piles.

i sol — 12 deniers. i pile.. ^2 iemi-piles.

-1 denier. . ^ 2 oboles, I

Si les systèmes tournois et parisis étaient les plus répandus au moyen Age, il importe de ne pas oublier que chncune de nos provinces avait son système pondéral à part et que les comptes et paiements s'établissaient suivant ces usages locaux ; citons, par exemple, les systèmes de Provins, d'Angers, du Mans, de Bretagne, raimondin ou de Toulouse, agennais, melgorien, estevenant à Besancon, delpbinal, flamand, etc., sans sortir de France.

La livre (ournois, pour nous en tenir à elle seule, a subi des variaiions incessantes. En 1200, sons Philippe- Auguste, elle représentait Ibéoriquement une qnandtâ d'argent égale à 98 gr., et le marc d'argent (24S gr.) valait 2 livres 10 sols. La livre parisis était d'un quart plus forte que la livre tournois. Pour connaître et évaluer en francs actuels lavaleur intrinsèque de la livre tournois, i une époque déterminée, il faut savoir quel était i cette date le prix du marc d'a^nt fin (245 gr.). En effet, si, par exemple, un texte nous dit que le marc d'argent fin vaut 3 livres S sens tournois, cela revient à dire que la

et qu'elle vaut, conséquemment, 16 fr-, puisque le franc pesant 4s',50 est il la livre comme 4,S0 sont â 72 (G. d'Avenel, llisl. économ. de la propriété, 1. 1. pp. 47- 4t<). Des tables dressées par divers savants, notamment par Natalis de Wailly et Shaw, nous donnent, année par année, le prix du marc d'or, celui du marc d'argent et, par conséquent, la suite des variations incessantes de la livre tournois, monnaie de compte.

D,<,n.=dnvGl.Xl«^lc

NOTICE SUR U HONNAiE 105

Voulant doDoer une idée du rAle des changeurs dans les siècles passas et des inextricables difficultés au milieu desquelles se débattaient les gens d'affaires, H. d'Avenel cite les exemples suivants : < A Bordeaux, en 1471, pour payer il livres tournois, on donne trois écus d'or, deux menr' tiques {henrieù neuves, quatre florins du Rbin, cinq d'Aragon, trois florins au chat ; an y joint des gros d' Espagne rognés valant de S i lU ardîls, sorte de deniers locaux. A Brive, en 1S13, un petit bonrgeois fait l'inventaire de ses ricbesses n>élalltqu«s qui comprennent des nobles Renry (d'Angleterre), des nobles à l'écu, à la nef, à la rtrne, au petit E, des aigles d'Atlema^ne, des philippes, des francs à cheval et à pied, des cntdières (ou chaises), des morisques (des Arabes ou Haares), des folks, des angelots, desguilhennus. des florins d'Utrecbt, des riens de Bretagne, de Dauphiné, aux vaches, des ducats et des gros de toute provenance, etc. Et ces mêmes espèces se rencontrent un peu partout, mélangées â d'antres, aux carolus, aux toisons d'or, aux réaux d'Autriche, aux patars dans l'Artois ; dans la Bourgogne, aux Wiihelm, aux couronnes d'Italie, aux florins de Gueidre, aux blancs de iHelï, testons de Milan, impériales, quints, râpe de Strasbourg et reichsthalers; chacun de ces t^pes ayant une valeur variable, selon l'année de sa fabrication, son litre et son degré de conservation. » (G. d'Avenel, Hist. économ. de la propriété, t.I", p. 58.) L'article Àon^ du Glossarium de Du Cange contient une longue énumération des principales espèces monétaires du moyen âge et de leurs cours à diverses époques, d'après les documents contemporains.

Toutes les questions relatives ï la monnaie,! sa fabrication, son titre, son us3ge,son cours, ainsi qu'au faux monnayage, etc., étaient réglées par la (lourdes monnaies qui, au nnlieu du xcv' siècle, succéda aux maîtres des monnaies, investis auparavant des mêmes fonctions de surveillance générale dans tout le royaume de France.

La Cour des monnaies, dit Àbot de fiazinghen, en i 764, € est la Cour souveraine qui connaît en dernier ressort et souverainement du fait et de la fabrication des monnaies, comme aussi de l'emploi des matières d'or et d'ai^ent, et de tout ce qui y a rapport tant au civil qu'an criminel, ainsi que de lous les délits qui se commettent par ceux

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qui emploient tes matières, soit en première instance, soit par appel des premiers juges de leur ressort >. Les g«néraux-mattres des monnaies furent érigés en Chambre en 13.H8, pendant la captivité du roi Jean, parle dauphin Charlfts, rident, qui porta leur nombre i S, leur donna un régissent et fixa les atlributiona de la nouvelle Chambre. Des huit membres ou généraux -maîtres, six étaient destinés à juger les affaires de la langue d'oil, et deux, les affaires de la langue d'oe- Par ordoQDance de 1455, le roi Qiarles Vil réduisit le nombre des généraux des monnaies i quatre ; il fut porté i six sous Charles Vlll 60 1483, puis i huit en 1494 et i onze en 1522. Par un édic de janv. 1S51, Henri II érigea la Chambre des monnaies en ■ cour et juridiction souveraine et supérieure, comme sont les cours de Parlement et autres cours, pour y être jugées, décidées et déterminées par arrêt et en dernier ressort, toutes matières tant civiles que crimioelles, desquelles les généraux des monnaies avaient connu auparavant ». Louis XUl et Louis XIV, par des édits successifs, contîrmèrent les privilèges des membres de la Chambre des monnaies, augmentèrent leur nombre, complétèrent son organisation et fixèrent ses attributions. Le titre de généra ui-ma lires des monnaies fut remplacé par ceux de présidents et conseillers en la Cour des monnaies. Dans la seconde moitié du xvlj° siècle, le nombre de ces conseillers était de 36, se partageant le service semestriellement, â Paris el dans les provinces. Parmi leurs privilèges, ils avaient le droit de pied fort, c'esl-à-dire (ju'à chaque changement delà monnaie ils recevaient une pièce en or et en aident frappée aux inèmes coins que celle qu'on voulait émettre, mais plus épaisse et équivalent au

Quadruple de la monnaie réelle ; sur la tranche des pieds )r(s.on gravait les mots ; Exemplar probatœ monetœ. La juridiction de la Cour des monnaies devait connaître de l'enregistrement des édiis. déclaraiioos et règlements sur le fail des monnaies et de leur exécution ; de la fabrication, du poids et du litre des monnaies dans tous les ateliers du rovauine ; des adjudications des baux des monnaies, quand les monnaies étaient aS'ermées ; des abus et malversaiioDS commises dans les aieliers monétaires, ou par les changeurs, chimistes, manieurs de métaux précieux et par tous les coatrevenaDts aux ordonnances et règle-

mente snr le fait des monnaies ; dea marques et pointons appliqués sur les ouvrages eL matières d or et d aident ;

j- f... j. f ;. — : î..:. , ^jjj^ l'anti—

ËD i645, Louis X.

lar de celle de Paris, celle de Lyon et celle de Libourne, dont le ressort s'étendit sur les proviaces et généralités du Midi de la Frimce.

XVII. P£riooe hodernr. -- La période moderne dans l'histoire de la monnaie commence i la fin du iv' siècle : elle est caractérisée par rapparition des grosses pièces, souvent à effigie royale, appelées Ikalersel testons. L'Italie devança les autres pays pour la frappe des pièces d'argent à flan épais et à effigie. Dès 1463, François Sforza, à Hîlan, faisait graver sa tète sur ses ducats d'or ; son successeur, Galéas-Marie (1466-76), ordonne d'abondantes émissions de testons en argent. A Venise, le dt^e Niccolo Trono fabrique, eu 1471, des testons épais valant una i;>a de SO sotdi. Dana la suite des monnaies pontificales, le feston parait seulement sous Jules II (1503-13). Comme roi de Naples, Louis XII fr^pa les fameux ducats d'or (3b', SI}) avee la légende Perdam Babillonis nomen, qui n'est pas, quoi qu'on en ait dit, une menace contre la cour de Rome, mais bien contre les Turcs. Ce prince rapporta de ses expéditions en Italie la mode des testons : le premier teston français est de 1-'il3 ; ceux de François I" sont nombreux; les testons deviennent la ré^le à partir de Henri II jusqu'à nos jours.

La fabrication des grandes pièces k Dan épais était rendue difflrile par les procédés imparfaits des ateliers, et l'on fut amené i chercher des perfeclionnemenls mécaniques. De là, l'invenlion du balancier sous Henri II, qui fonctionna à partir de loal (V. ci-après). Ce fut également Henri II qui créa la charge de tailtewr général des monnaies de France. « Jusque-là, les fers avaient été taillés dans chaque atelier, par des graveurs qui se transmettaient leur artde père en Sis. Toutes les fois qu'on introduisait

D,<,n.=dnvG00^lL'

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un type nouveaa, les géDéraax- mal très leur en k quaiest une empraole sur parchemin ou sur carte. Hais ces tailleurs héi^ilaires, babiliiés i dessiner des croix et des ècussons, étaient incapables de reproduire l'effigie du prince, et ils l'avaient prouvé par les testons de François 1'^. Une ordonnance royale du mois d'avr. 1547 institua l'office de tailleur général qui devait fournir les matrices aux graveurs de province. 1^ premier titulaire de cette cbai^lut Marc Bèchot (1S20-ST) dont les monnaies ont une véritable valeur artistique. » (Hoffmann, Monnaies royales de France, pp. ii4-H5.) On trouvera à l'art. Fbahce l'énumèration des types principaux de la monnaie française ; nous n'avons pas ï v insister ici ; disons seulement que deux pièces célèbres, le /ouïs d'or et le louis d'argent, furent créées par Lotus Xlllen 1640 et 1641 et gravées par Jean Warin ; ils circulèrent concurremmont avec les écos d'or et d'argent.

En Angleterre, la période moderne dans le monnayage débute avec les dernières années dn règne d'Edouard VI : en 1550, il créa des pièces d'or fin (souverain, double sonverain, angelot etdemi-angelol); enlSSI.il émit deux pièces d'argent il Ûan épais, la couronne et la demi-couronne. Harie-Stnart (1543-67) émit les premiers testons écossais. Charies-(}uint pour l'Espagne et les Pays-Bas, Emmanuel II pour le Portugal, inaugurèrent de nouvelles espèces, d'après les procédés nouveaux, etpinsieurs d'entre elles comme les réaux et les cruzades eurent une grande vogue. En Allemagne, eu Autriche et en Hongrie la réforme commence dès la Un du sv° siècle par les grandes pièces d'ai^eot â Qan épais que l'archiduc Sigismond fait frapper dans le Tirol et sur lesquelles il ajoute, i h légende, le millésime, comme en Italie. Bientôt, dès les premières années du XV]' siècle, l'exploitation plus développée des mines d'argent du llarz amena la fabrication des tkalers ; les plus anciens ont encore des légendes en caractères gothiques. Le ihaler se subdivisait enl 5 batzen et 60 kreuliera; il a vécu dans toute la Confédération germanique jusqu'en 187a (V. Th*leb).

« Les types monétaires de l'Allemagne moderne se composent de portraits de souverains, d'images de saints, de vuesde villes, de représentations d'éditices, de sujets ^légoriques, d'armoiries ou d'emblèmes héraldiques, d'ini-

liales et de monagrammes, ie croix plus ou moios ornées, de chiffres indiquant la valeur ou la taille des pièces, d'inscriptioDS transversalement disposées dans le champ. A cdlé des pièces i tjpes monétaires habituels, on frappa rréquemment des monnaies ayant la portée de médailleg commémoralives, c'est ce que les numismates allemands appellent Schaum&nzen ou Denkmûnzen, liitèralement : monnaies destinées à être regardées ou i consacrer un souvenir... Les monogrammes et leeinitialesdevinrentsurloQt de mode au xvii" siècle; souvent, sur les monnaies divisionnaires, ils ne sont accompagnés d'aucune légende explicative, de sorte qu'il est parfois ditficile de les comprendre. » (Engei et berrure, JVum. mod., o. iZZ.)

En Itussie, même après le couronnement d Yvan iV Vasilievitch (1547), le numéraîro < continua i consister en dengui (au singulier : denga) et en A'op«Aj d'argent, piécettes de flan oblong et irrégulier, portant à l'avers le cavalier moscovite brandissant un sabre ou tenant une lance, et au revers, une légende en caractères russes écrite en plusieurs lignes. Le kopek valait deax dengui, et cent kope^ formaient un rouble, monnaie de compte. Aux espèces nationales venaient se joindre, pour les transactions d'une certaine importance, de nombreuses monnaies d'importation étrangère, telles que les nobles anglais et les aMcaU d'or, et les thalers dardent ; en6n, dans les régions éloignées des frontières occidentales, le trac des marchandises avec les fourrures, comme mesure commune, continuait à être le moyen d'échange habituel. Le poids qui servait en Russie pour peser les métaux prècieui aussi bien que les autres marchandises était la livre qui se divisait eu 96 sololniks i 96 doU, soit 9.21(j doU. La livre russe équivaut à 409p',51I6. Quarante livres formaient un pound ». (Engel etSerrure,iV!imùm. moderne, p. 555.) La grande réforme qui met la monnaie russe au niveau des progrès accomplis auparavant chez les autres nations de l'Europe ne remonte qu'à Pierr* le Grand (1689-1725).

pïys et quelque temps qu'elles appartiennent, les monnaies ne peuvent être fabriquées que par deux procédés, la fusionoo 11 frappe. Gaeihs anciens, les deui proches ont eiistè: les énormes pièces lenticulairos en bronze d'Olbia,

de l'Italie cenlrale primilive et de l'Etnirie sont produites par la fusion, de même yie les pièces de potin fruppées par cerlaines tribus gauloises vers le temps dn la conquête de Jules César; ealin les monnaies de bas bil Ion, émises officiellement sous l'empire romain à partir de Septiine Sévère, ont été souvent coulées dans des moules en terre cuite dont il nous est parvenu quelques spécimens. Néanmoins, le procédé de la frappe au marteau fui d'un usage Eresque général dans rantiouilé. Les deniers de la répulique romaine, au nom de T. Carisius, ont pour type de revers les iustrumentadu monnayage, l'enclume et le coin' matrice, qui portent en creni les Ijpes destinés à être reproduits en relief sur les deux faces de la pièce, les tenailles qui servent à manipuler le mêlai chauffé i la foi^e, enfin le marteau avec lequel on frappe parfois i plusieu

lePaastum.Audroit, vers.deUÏOUsur une balance; au vners fflone- ■s frappant sur l'en- taires au travail (Rg. 40); enfin une peinture murale récemment découTerte à Pompéi représente des Amours se livrant aux opérations successives de la préparation des coins et iJe la frappe des monnaies, lis représentent leraledesouvriersappelésarçiia(orM(ajusteurs),/ra(«am (foirerons), «jwatorM (graveurs des coins), imlleatoTes (ceui qui frappaient avec le marteau), suppostores (ceux qui maintenaient le fian métallique pendant la frappe). A la tête de chaque atelier, il y avait les officinatores (chefs d'atelier), lesÉXocioreî (essayeurs), lesnUTnmatarii (caissiers). Tous ensemble formaient la corporation des monnayers, la familia monetalU. Avant la frappa, le Qaii métaliii|ue était généralement mis au poids ié^l, n;oulé et arrondi en globtile ; rarement il était découpéà l'emporlepiète dans une lame métallique amenée par le laminoir A

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l'épaisseiir de la pièce à fabriquer. La frappe au marteau produisit parfois — si grand était le talent des artistes gnieurs des coins — les Ijpes nonétairea les plus merveilieux qui soient au monde; mais les bords de la pièce sont presque toujours irrèguliers, fendillés ; parfois même, nous pouvans nous rendre compte des difficultés ou de nègli-

FiK. 11. - Coin monétaire g*""** <*" f"''""',-

éa haut empire romain. tlOU : OD volt que le

coin a glissé et que l'ouvrier a frappé plus ou moins maladroitement et à plua produit dans les t;^pes une super-

DiéuBgeiît en saillie, au centre du coiu-matrice. une pointe qui pénétrant dans !e flan assurait sa fixité, mais celle pointe a eu l'iDcouvénient de produire sur tes pièces une petite caiité centrale, tùn dehors des grands médaillons de ta Gn de l'empire romain, les plus grosses pièces qui aient été frappées au marteau, dans l'antiquité, aonl les penteconialUra ou dècadrachmes de Syracuse (43 gr.), les décadrachmes d'Athènes et d'Alexandre le Grand (43 gr.), les dodécadrachmesd'argent(5lKr,g()) et les grands bronzes tleCarthageetdesLagides (dépassant 100 etmèmeiSOgr.), enfin le plus grand des médaillons d'ordu fameux trésor de Tarse (140^^,30) et la grande pièce d'or du roi de Bac- Iria ne Encra tidès (179 gr.), tous conservée au Cabinetdes médailles.

Les musées possédesl un certain nombre de coins monélaires antiques. L'un, d'une grande monnaie de Etérènice II, reine d'Egypte, n'est qu'un cylindre de bronze, sur la base duquel se trouve le type monétaire gravé en creuï {Monum. delV Instit. arckeol. de Rome, 1. V, pi, LI, tig. 9). A l'époque romaine, les coins sont aussi généralement eu bronze; il en est pourtant qui se composent d'une matrice en acier, encaslrée dans une sorte de baril-

iiî E. BABELON

let en broDze ou ea fer. Par de tels procédés manueU on ne poavsit père frapper que ifuelquc9 ceataines de pièces avec les mêmes coins ; il fallait incessamment renouveler l'oaiillage, ce qui n'a pas peu contribué à nous doter de l'infinie multiplicité des types monétaires que nous a légués l'antiquité.

Les graveurs des coins monétaires, chez les Grecs et même aans le premier «è«le de l'empire romain, étaient

e romain). Les matriceH s

des artbles de grand talent, jouissant de la plus haute

considération et signant parlois leurs œuvres. On lit NETANTOS EHOEI sur de belles monnaies de Cydonia, en Crète, et 6EOi:kOT0£ EnOEl surdesplandides létradracbmesdeClazoméne. Mais c'est principalement dans la Grande-Grèceet en Sicile qu'on trouve des monnaies signées. I.es plus célèbres sont les monnaies de Syracuse

signées des artistes Cimao, Evéoèle, Eucicidas, Eumène, PariDeoidès, Sosioa, Phrygillos.qui vivaient vers l'an 400; leurs chefs-d'œuvre monétaires déRent auiourd'hui encore l'babilelà de nos plus graads maîtres modernes.

A Athènes, l'atelier monétaire appelé argyrokopeion était anneié aa sanctuaire de Tbésée stèpbanéphore ; i Rome, il était primitivement une dépendance du temple de Junon,3uCapitoIe.Sou3 l'empire, on installa, pour frapper la monnaie impériale, des ateliers à Rome, Lyon, Tarragone, Cartilage, Alexandrie, Aultoche (fig. i3),Thessaloniqne, Siscia; en même temps, les villes grecques eonsei>vèrent le droit de coDiiouer il frapper leur monnaie de bronze locale, qui sériait de monnaie d'appoint, concurremment avec les pièces de bronze de coin romain.

A Rome, l'atelier du Capitole, devenu trop e)iigu, fut transféré dans un hôtel spécial, près des Thermes de Titas, et le droit d'émettre la monnaie fut partagé entre l'empereur et le Sénat. L'empereur eut le droit de faire frapper la monnaie d'or et d'argeuC; le Sénat fit frapper la monnaie de bronze, d'où la mention S. C. {sénatu^-consulle) qn'oD lit sur les bronzes de l'empire romain. Les trois officiers chargés de surveiller la fabrication des espèces conservèrent, comme sous la république, le titre officiel " de tresoiri auro, argento. œrefiandofeTiundo; souvent, on voit paraître comme tjpe, au revers des pièces, les trois monnaies symbolisées par trois femmes qui tiennent la balance et la corne d'abondance (âg. 9), Les ouvriers étaient répartis en des classes diverses correspondant aux phases de la fabrication. Ils étaient si nombreux, à Rome, que, lorsqu'ils se soulevèrent, ï l'insligalion du raliimalis Felicissimus, la répression de leur révolte par l'empereur Aurélien coûta la vie ï 1.000 soldais.

On donne le nom de monnaies fourrées à des pièces romaines, de la république et de 1 empire, qui se composent d'un flan de métal en cuivre ou en étain formant Ame et recouvert d'une mince pellicule d'argent. L'âme et l'enveloppe étaient frappées en même temps : c'était de la fausse monnaie. Les moimaiei scypkates ou monnaies en coupe {scjfphos) sont des pièces d'or frappées par les tribus gauloises de l'Helvétie et de la vallée du Danube,

301 sont bombées d'un c4té et creuses sur l'autre face; es scypbales à flan très nlmce ont été aussi frappées

m E. MUELON

en aboDdanM à*partir du i° siècle dans i'eoipire b^zanlia. La fabrication des monaaies par la frappe au marleau est aussi la seule que connut le moyen âge jusqu'il Fraoçob 1"'. Quelques monuments noua ont gardé l'image d'ateliers monétairesenaclivité : un bas-relief du xi' siicle, conservé i l'église Saint- Georges-de-Bochervi Ile (Seine- Intérieure), représente un monnajeur, le marleau et le trousseau aux mams, à cûté du. cepeau muai de la pile ; an vitrail de la cathédrale du Maus, plusieurs œiaiatures de manuscrits, un sceau de la Monnaie d'Orviéto, figurent aussi des ouvriers monétaires dans l'exercice de leur métier(6g. lit); les outils du mounava^e se voient enfiu sur des deniers carolingiens frappés â MelTe. Le mode de fabrication a été décrit de la fai^u suivante dans VErtct/clopédU du ivin' siècle : « Ou alliait les malières d'or ou d'ai^ent, on les fondail, on les jeuit en lames, et on en faisait des essais comme il se pratique aujonrd'bai. On recuisait, après cela, les lames et on les étendait sur l'enclume, ce qui s'appelait, battre ta ctiaude. Quand les lames étaient étendues ï peu prèsde l'épaisseur des espèces à fabriquer, le prévûl ou le lieutenant deà ouvriers s'en chargeait et les distribuait aux ouvriers pour les couper ixn k peu près de la grandeur des espèces, ce lelait couper carreaux. On faisait après cela >s carreaux ; on les étendait avec un marteau appelé flattoir; puis, on en coupait les pointes avec des cisoires, ce r|ui sapj>elail adjuster carreaux, et on les rendait ainsi du poids juste qu'ils devaient éire, en les pesant avec les déneraux, i mesure qu'on ru coupait, ce qu'on appelai! approcher carreaux. On rabattait ensuite les pointes des carreaux pour les arrondir, ce qu'on appelait réchauffer carreaux; on les plufail pour cela avec des tenailles nommées estanques, que l'on cuucbait sur l'enclume, de manière qu'en donnant quelques coups d'un marleau surnommé réchauffoir, sur la tranche des carreaux, on eu rabattait les pointes et on les adoucissait, de sorte qu'ils se trouvaient du volume des espèces, ce qu'on appelait (lattir. Quand les carreaux avaient été flattis, alors on les nommait Dans ; te prèvAc (^ui s'était chaîné des lames rendait les flans et les cisailles, poids pour poids, eomn.e s'il s'en était chargé, ce qui s'appelait rendre ta brève, et le maître payait ï ce prèTût les droits

appel a il

ordinaires pour être distribués i ceux qui avaient ajuslé la brève. Après cela, on portait les Qans au blanchiment, pour donner la couleur aux flans d'or et blanchir ceux d'aj^ent.

< Od se servait, pour la frappe, de deux pointons

Ftg. 13. — La A'appe des monnaiea au marteau, d'après

appelés coins, qui étaient de grosseur proportionnée aux espèces, dont l'un clait appelé pile, et l'autre trousseau. n y avait stir ces deux coins les empreintes des espèces gravées en creux. La pile était longue de sept à huit pouces ayant un rebord appelé lalon, vers le milieu, et

116 E. UAUELDN

une qaeae en foroie de gros clou carré, pour la Scher «t enfoncer jusqu'au talon dans un billot appelé eepeau qui était vers le bout du Ijanc du mounayeur.

< Lorsque la pile èlait enfoncée dans le eepeau, on y posait le Qan; on mettait le trousseau sur le flao et on le

rressait ainsi d'une main entre la pile et le trousseau k endroit des empreintes ; on donnait de l'autre main trois ou quatre coups de marteau sur le trousseau, et le flan était monnayé. Si, dans la frappe, le Ûan avait sauté, par suite de l'élasticité du métal, la pièce était tréflée ; dans ce cas, on la rengrenait, c.-à-d. qu'où la posait de nouveau entre les coins et qu'on recommençait la frappe. Quand une ou plusieurs brèves avaient passé sous le marteau des monnayeura, on mettait en boite une des pièces frappées et prise au hasard sur un certain nombre, fixé à l'avance, de pièces semblables, soit d'or, de blanc ou de noir. Ces boites étaient une sorte de tirelire, parfaitement close et scellée du sceau du maître et des sardes, laquelle, une fois arrêtée, devait être envoyée à la Cbambre des monnaies de Paria, pour être jugée par les généraux maîtres. Si, par ce jugement, le titre était reconnu faible, la balle était dite escharce, et le maître et les ^rdes de l'atelier pris en faute étaient mis i l'amende ; de même, si elle était faible de poids. Il y avait toutefois une certaine tolérance, nommée remède, dont on tenait compte au Dtattre particulier. Lorsqu'une brève èlait terminée, elle était remise aux gardes de l'atelier qui y prenaient encore, au basard, un certain nombre de pièces qu'ils soumettaient à l'essayeur. Celui'ci les analysait, et, dans une petite cédule de parchemin, constatait le titre réel et le poids des pièces fabriquées. ^ les remèdes n'étaient pas dépassés, les gardes faisaient la délivrance des espèces au maître particulier qui les émettait déSnitlvement. > (Engel et Semire, Traité de numism., t. I, p. li.)

Iw même que sous l'empire romain, les ouvriers employés dans chaque atelier monétaire étaient nombreux et leur métier exigeait des connaissances techniques. Aussi étaient-ils organisés en diverses associations appelées serments; il y avait un ou plusieurs de ces serments dans ehaijue pavs; les plus connus sont le serment de France, celui de l'Empire ou des pays rbénans, celui de Bourgogne, celai de Toulouse ou d'Aquitaine, celui d'Espagne, celui

d'Angleterre. Comme on ne pouvait se passer de,ce$ spé~ eiatUles, ils se firent concéder de nombreui privilèges par les rois ou les barons au service desquels ils étaient entrés; par des privilèges encore on obtenait d'eux par- Tois certains abus dans la Trappe de la monnaie. Les monnayeurs de France avaient une sorte de constitution dite charte de Bourges, encore en vigueur au milieu dn xiV siècle (J.-A. Blancliet, Nouv. manuel de numisiKatique dv, moyen âge, t- 1, |^. 7 et suiv.).

Au moven Age, la monnaie royale était frapjKe dans divers ateliers disséminés dans tmitea les provinces du royanme; leur nombre varia suivant les circonstances politiques ou les nécessités de la circolation monétaire. Leurs produits se dislingnaient les uds des autres par des marques spéciales gravées sur les pièces ei qu'an appelait

gendes et qu'on nomme -points secrets; c'étaient aussi souvent des lettres ou des symboles placés dans le champ ou en tète mîme des légendes. Une ordonnance royale du 11 sept. 1389 détermine la place des points secrets pour chacun des vingt-deux ateliers royaux qui existaient aloi-s. D'autres règlements vinrent ultérieurement modifier ces arrangements. Sous François l^'. l'ordonnance royale du 14janv. 1540 lixa l'emploi des lettres monétaires et des signes spéciaux d'une manière assez durable pour que cet état de choses subsistât en grande jiartie jusqu'à la Révolution. Voici quelles furent dorénavant les lettres qui diKrencièrent les produits des vingt-qnatre ateliers monétaires français : A, Paris; B, Bouen; C, Saipt-I4; D, Lïon; E, Tours; F, Angers; G, Poitiers; H, La Rochelle; J.Limoges: K, Bordeaux; L, Rayonne; M, Toulouse; N.Montpellier; 0, Saint-Poursb; P.'Dijon; Q,Chilons; R, Saint-André; S.Troyes; T, Sainte- Menebouid; li, Turin; V, Villefrandie-en-Rouergue ; Y, Bonites; Z.Grenoble; W, Rennes.

Ce lut aussi sous François 1'^ qu'apparurent les premières machines appliquées à la fabrrcaiioD des monnaies : le covpoir, sorte de petite presse à main munie d'un balancier il contrepoids ; le laminoir ou moulin destiné k donner aux lames métalliques une épaisseur uniforme et pareille i celle des pièces à frapper; enfin le banc à tirer

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il8 E. luWEUIS

OQ engin tireur. Français P' appela i Paris l'artiste italim Maileo dal Nassaro auquel il fit conslniire le moulin dit de la Gourdaytie; il était installé sur on bateau amarré au pied du quai de l'Horloge. Mais de plus rapides progrès dans l'outillage nionélaire s'étaient, dans le même temps, produits en Allemagne, notamment a Nuremberg et k Angsbourg. Henri II, dans le but de profiter des inventions nouvelles, envoya en Allemagne Guillaume de Marillac et le mécanicien Aubin Olivier qui rapportèrent des modèles. Des lettres patentes du 27 mars 1^50 et des ëdits de 1554 ordonnèrent, en unséqnence, la construction sur l'emplacement actuel de la place Dauphine, au lieu dit le Jardin des Etuves, d'un atelier qui fut appelé la Monnaie au moulin du Louvre. Aubin Olivier «n fut le directeur, et Marc Béchot fut nommé tailleur général et^raueur des figures desmonnaies de France. Aubin Olivier perfectionna encore cet outillage mécanique par l'invention de la viroU brisée qui permit de canneler la tranche des pièces ou d'y graver des lettres. Cependant, en 1985, sous Henri III, on dédda de retourner au procédé primitif du monnayage au marteau, â cause des frais de fabrication qu'entraînait l'outillage d' A utûn Olivier. Seules les pièces de luxe, telles que jetons, médailles et pièces de plaisir, continuèrent k être frappées à la Monnaie au moulin. Ce fut en vain que, sous Henri IV, Nicolas firiot essaya de remettre en honneur la Monnaie aumoutinpoat lafrappedes monnaies: il en avait transporté les ateliers au palais du Louvre même, dans la grande galerie dn reî-de-chaussée. Découragé, Nicolas Briol alla offrir ses services à l'Angleterre et il installa un atelier aumoulin dans la tour de Londres, en 1626.

Jean Warin nommé, sous Louis Xlll, conducteur du balancier du Louvre, perfectionna l'outillage abandonné par Nicolas Briot, et procéda aux grandes refontes de numéraire qui eurent lieu de 1636 à 1648. Mais, par suite d'agissements de la Cour des monnaies, vers celte époque, on linit par avoir deux ateliers à Paris: l'un, le balancier du Louvre, devint manulacture royale et fut chargé seulement de la frappe des jetons, médailles et pièces de plaisir : ce fut la Monnaie des médailles. L'autre ale]ier prit le nom de Monnaie des espèces et fut chargé de la frappe des monnaies ; installé d abord rue de la Monnaie,

il Tut transféré, en IT74, au quai Canli, dans l« bel h6lel coDstmil par Jacques-Denis Antoine : il y est encore à présenl. La mnnaie des médailles resta au Louvre jusqu'à la Kévolulion ; elle fut alors supprimée; Napoléon la rétablit en 1804, aiais en la transférant k \'hble\ du quai Conli et en en faisant uneanneie de la Monnaie. Elu 1807, le balancier fut perfeciionué par Gingembre et Saunier ; tout rècemmept, ud nouveau et immense balaoder vient d'être construit et installé à la Monnaie de Paris, par la

Fig. 14. — L» frappe des médailles au balancier.

maison Pintbart-Deny. Le balaocier n'est plus employé maintenant que pour frapper les médailles. Il consiste en une caffi de ter solidement assise et ponant un écrou avec une vis armée d'un des coins, qui descend sur l'autre coin formant enclume. Le coin mobile est mis en mouvement par de longs bras armés de boules pesantes, qui, garnies de cordes et tirées par huit ou douze hommes, cemprioient avec une grande puissance le (lan que l'on veut frapper et dont la régularilé est maintenue par une virole circulaire (fig. 14).

Pour la rabricstion des monnaieg, wi a adopté, d^ittis 1846, la presse à vapeur tuTentée par D. Lhibom (de Cologne) et perfectiaunee par Thonneiier qui y a adapté la v'aoU brisée afin d'imprimer des légendes eo relief sur la tranche des pièces.

Aujourd'hui, t l'HOtel des monnaies de Paris, fonctionnent 33 presses mues par deux machines i vapeur du système Farcol, savoir : 10 grandes presses Tbwinelier,

Fig. \b. -~ La frappe des monnaies a la presse k vapeur.

pouvant fournir 5S piècesparminute;13presses moyennes du même système pouvant fournir 6i pièces par minute; 6 petites presses du même système pouvant donner 77 pièces

Ï)r minute; enfin, S autres presses de divers systèmes, ttules c«s presses fonctionnant ensemble iiourraîent fournir, en dix lieures de travail, au moins 100.000 pièces de toute grandeur (fig. 4o).

Dans la fabrication actuelle des monnaies, il Taut distioftuer trois opérations successives : la préparation des flans métalliques, la gravure des coins et la frappe des

pièces, l^ préparation des flans comporte d'abord l'alliage des métaux. Od sait que, pour rendre dos nionnaies plus dores, c.-à-d. moins sujettes à l'usure, et aussi pour leur donner une sonorité qui aide à les distinguer des pièces fausses, on ajoute au métal fin une certaine proportion de cuivre. On appelle aloi ou tilTe la proportion entre le métal fÎQ et 1 alliage. Nos monnaies d'or et notre pièce de 5 (t. en aident sont au titre de 900 parties de métal fin contre 400 parties de cuivre ; nos pièces divisionnaires en argent sont au titre de 8:^5 millièmes ; enSa, dans nos pièces de bronze, il entre 9S parties de cuivre, i parties d'élain et i partie de zinc. Cette opération de l'alliage étant très délicate, on tolère dans la fabrication nn écait del milliemepourror.de 2 ou 3 millièmes pourl'areent; c'est le remède d'abi; un écart ou remède de quelques millièmes est toléré aussi pour le poids. Le métal est ensuite étiré en lames de la largeur et de l'épaisseur des pièces qu'on vent frapper. Dans cette lame, un emportepièces découpe les rondelles qui doivent recevoir l'empreinte des coins ; on les ajuste ensuite, si cela est nécessaire, i l'aide de la lime ou du rabot, et on leur donne le poids légal. < On soumet ensuite les flans aux deux opérations dn cordonnage et du blanchiment. Le cordonnage a pour objet de corriger les imperfections de la tranche et de relever légèrement les bords du flan, afin d'obtenir plus aisément l'empreinte des listels et grénetis, ooi, lors de la frappe, ne reçoivent la pression qu'en dernier lieu, puisque, les coins étant toujours un peu bombés au centre, la rencontre a lieu d'abord au milieu de la pièce... Le blanchiment donne aux flans d'or et d'argent cebriUanl mat qui S 'été tant d'éclat aux espèces monnayées (F. Lenormant, onnaiei et médailles, p. 325), ' La gravure des coins monétaires s'opère comme il suit : l'artiste graveur commence par exécuter en cire, en relief et en grandissemenl. le type qui doit figurer en creux sur le coin-matrice ; ce modèle en cire est reproduit, par le moyen de la fusion, en èlain on en cuivre ; puis, au moyen du toiirà réduire, on en obtient une nouvelle reproduction en acier, de la dimension de la pièce â frapper ; cette réduction, en relief comme un camée, après les retouches nécessaires, est soumise é la trempe et, ainsi durcie, devient le puinçon qui sert à ta fabricatioD du c}-eux ou coia

199 E. lABELON

monétaire. < Celui-ci s'obtient ï l'iide du balancier, en enfonçant l'empreinte, oui est en relief sur le poinçon, dans un nouveau bloc d acier, oli elle se trouve reproduite en creux. Ce travail es) des p1u3 délicats, nécessite beaucoup de soins et ne peut être obtenu que petit ï petit, en opérant i plusieurs reprises. Lorsque le coin est complètement enfoncé, on lui donne la trempe, et il ne reste plus qu'A le monter sur le balancier de la presse à vapeur pour s'en servir dans la frappe, qui constitue la dernière des opérations du monnayage. > (F. Lenormanl.)

La loi du 6 pluviflse an 11 (25 janv. M2i) supprima tons les ateliers monétaires français, celui de Parisexceptè. Mais une autre loi, du 22 vendémiaîreanlV (14ocl. 1795) en rétablit huit pour la frappe des monnaies de bronze; puis l'arrélè du 10 prairial au XI (30 mai 1803) en Sut le nombre i 16. l^s conquêtes du premier Empire augmentèrent tempor^rement le nombre de nos ateliers monétaires; plus tard, le perfecllonnement de l'outillage et l'emploi de la vapeur permirent de supprimer successivement la plupart d'entre eux, ainsi qu'on s'en rendra compte dans le tableau qui suit. En 187], il n'y avait plus, en France, que trois ateliers monétaires, Paris, Bordeaux et Strasbourg ; la perte de l'Alsace- Lorraine nous enleva ce dernier ; quantïcelui de Bordeaux, il fut fermèle 31 janv. 1 878, et Pans est resté depuis lors le seul atdier français. Tout individu est libre d'apporter A l'HAtel des monnaies isselle, bijoux et autres objets d'or et d'arpe faire convertir en monnaie. Il deit d'abord et poinçonner ses métaux, c.-Â-d. faire ur titre, soit par le bureau de la garantie, sayeur connu et patenté. 11 se présente enmélal poinçonné au bureau du change, et, nétal qu'il dépose, il reçoit un bon de rem- I espèces, i quelques jours de vue. On ne I les frais de fabrication ou de brossage qui. ont minimes et fixés par un tarif. Dans les on latine, pour 1 kilt^r. d'or, la Monnaie fO et rend 2.160 fr.. et pour 1 tilogr. d'arve 1 fp. 50 et rend 200 fr. Nous avons vu Ige, outre les frais de brassage, on payait ge, sorte d'impAt, arbitrairement fixé et plus !, qui pouvait devenir une importante source

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