‹ Notice sur la monnaieChapitre 2 sur 16 · XIII. CaHACTÉRE GtNËRAL DES HONNAIES DC L'AMnODITt · texte numérisé non relu

XIII. CaHACTÉRE GtNËRAL DES HONNAIES DC L'AMnODITt

— De l'exposé que dous avons fait des origines de la monn»e d'Etal, il résulte que le droit de nioiiDaya([e dans lei civilisations avancées est nécessairunent un attribut exclusif de la souveraineté. Dans les Etals où le pouvoir éisit eiercé par un souverain, n» ou empereur, le caractère de la monnaie eiiReait que son titre, son poids et son aloi fussent garantis par l'emblème, voire même i»ar le nom «t l'effigie du prince. Dans les pays à constitution républicaine, ce qui était le cas pour la plupart des villes du monde hellénique, la monnaie était frappée au nom du peuple, revêtue des emblèmes ou armoiries de l'Etat, et signée du nom des magistrats chargés de surveiller la fabrication. L'application de ces principes tténèraui dans le monde grec nous montre, parfois, les deux espèces de 000naies, celle des rois et celle des villes, coexistant dans le même pays, c.-à-d. que les droits de monnayage se trouvaient décentralisés et partagés entre le prince et les cités de son royaume. Dans l'empire des Perses Achéménides, par exemple, le grand Roi émet des monuaies d'or et d'argent, sans que. pour cela, il interdit le droit de battra monnaie aux villes hellénique; soumises k son joug. Lui seul frappe la monnaie d'or; mais toutes les villes grecques qui lui payent tribut émelleat des pièces d'argent en concurrence avec les siennes; ses satrapes, ainsi que les dynastes tributaires, usent du même droit de monnayer l'argent et le bronze ; ils placent même parfois, sur leur;

espèces, leur propre effigie, sang exciter l'oinbrage du grand Roi.

Aleiandre le Grand, devenu maître de la plus grande partie du monde grec, flt comme le roi de Perse avant lui : il créa sa monnaie d'or et d'argent, sans supprimM' les droits monétaires des villes qui continuèrent k émettre des pièces autonomes d'argent et de bronze. Les rois successeurs d'Alexandre émirent aussi des monnaies d'argent et d'or a leur nom, leurs types, leur effigie, dans divers ateliers de leurs possessions, es même temps que les nllee continuaient k eiercer la frappe de leur monnaie municipale.

A l'origine, les types monétaires, qui sont à la fois la garantie et l'ornement des espèces circulantes, varient peu dans an même atelier et ils ont presque toujours un caractère religieux; quelquefois, ils sont un emblème parlant du nom des villes ou de l'objet principal de leur contmerce. C'est Is tortue i ^ine; le thon è Cyzique; le phoque à Phocée; le gland de chêne à Urcbomène; le bouclier béotien à Tbèbes : la tète de lion à Milet et à Samos ; le Pégase k Corintbe ; la vache i Corcyre ; l'épi de blé i Hétaponte ; le griffon à Téos et à Abdère, le silphium en Cyrènaïque ; la pomme (|ii])'Ov) â Mélos; la grenade (i){Bti) à Sidé; la feuille de persil (aAivov) à Sélinonte; la rose ipiSov) à Rhodes; les dauphins (SiX^fy^f) il Delphes; lejeune Taras, fils de Poséidon, i Tarente. etc. Dès le v° siècle, avec le développement de l'art, les tvpes monétaires se multiplient et, dans la plupart des villes grec(|ueg, ils varient i chaque nouvelle émission. 'emes sont fixées pour une longue période i types de convention qui ne cliangenl ts emblèmes et les mêmes légendes se ingtemps que dure un régime politique :

eut le millésime et les dijférmU monéis étaient les usages de l'antiquité qui, . fait de sa monnaie, non seulement un >es écbanges, mais en même temps une irative destinée à iixer dans la mémoire :raditions anciennes, leurs œuvres d'art I événements heureux de leurs annales, lents incessants, une prodi|^euse variété rolt encore par la multiplicité des ate-

liera et car riDiperfecttan matérielle de l'outillage qui ae permettait pas de frapper un très grand noDibre de pièces avec les mènes matnces.

Pour le monde grec seulement, noas coonaissona cini] ou six cenis rois ou dynastes, et près de quatorze cents villes qui ont frappé monnaie dans ces conditions d'inépuisable fécondité et de renouvellement continu, et les produits d'un grand nombre de ces ateliers s'échelonnent chronologiquement depuis le ïii' siècle avant notre ère jusqu'au lu' après i.-C. Une ville comme Ephése, pour citer un exemple, frappe monnaie durant l'espace de buit siècles et produit plusieurs centaines de types monétaires différents qui noua permettent de suivre pas i pas l'histoire de l'art dans cette ville, de voir, comme «d une galerie de tableaux, l'imposante théorie des dieux et des héros honorés dans la capitale de rionie, l'interprétation des légendes locales, les différentes phases de l'histoire politique et économiqQe de cette r^ion de l'Asie Mineure; nous y relevons enfin, cemme signataires de la monnaie, les noms des prytanes éponymes de la ville, avec la date de lenrs fonctions. Dans d'antres villes, au lieu des prytanes, les monnaies nous fournissent les noms de magistrats d'ordres divers : ici, ce sont des fonctionnaires administratifs, l'archonte, la stratège, le prytane, le boularque, le nomothète, l'éphore, les duumvirs ; U, ce sont des contrûleurs financiers, le taoïias, l'épiméléle, l'élésaméne ; ailleurs, c'est l'agonothèle au pré»dent des jeux publics, le eymnasiarque, le théologos ou interprète des oracles, le neocore préposé à l'entretien des temples, l'bièromnèmon ; les propoloi et les amphictions à Delphes; l'archiatre ou chef des médecins à Héractée d'Ionie.ily amème des villes, comme Byzance, Pergame, Laodicèe, oii les monnaies nous apprennent que les femmes pouvaient être investies des plus hautes fonctions publiques. Qu'on juge, par lï, des ressourcesqu'oBrent les monnaies anciennes pour l'histoire poUtiaue ou administrative, l'économie politique, la philologie, iagèt^raphie comparée, l'èpigraphie, l'iconographie, la chronologie, l'histoire de l'an!

La mythologie n'a pas de plus nombreux et plus utiles interprètes que les types monétaires de chaque contrée. Quant aux événements historiques confirmés ou éclairés par les types et les légendes monétaires, chaque ville pourrait

aussi eo fournir dea exemples. N'est-il pas curieux de voir Thémistode frapper monnaie dans l'une des villes que le roi de Perse lui avait données en toute souveraineté pour le récompenser d'avoir déserté ta cause de la Grèce? N'estil pas luiéressaDt de posséder des pièces d'or frappées à Ephèse, il Athènes et chez les insurgés ilalioles de la

rerre sociale en X7 avant J.-C. avec le métal que Hithrile avait envoyé chez ces peuples divers pour les inciter à se soulever avec lui contre Home? Agathocle fait graver sur ses espèces le trophée cnramèuinratil de ses saccès sur les Carthaginois. Anligone Ganaïaa place au revers de ses létradracbmes un type qui représente le dieu Pan élevant un trophée d'annes gauloises pour célébrer son triomphe sur les Gaulois sous les murs de Delphes et rappeler la terreur panique qu'il leur inspira. Ùémèlrius Poliorcète avant vaincu la flotte d'Antigone en 'iOS lit ériger, i Samothrace, un monument de son triomphe, représentant une Victoire sur une proue de navire. Ce monument célèbre, aujourd'hui au musée du Louvre, se trouve ligure au revers de magnifiques tétradra chines que Démétrius Ht frappera la même époque. La ville de Locres symbolise sa soumission volontaire aux Romains en faisant frapper des monnaies qui représentent la tidèliié couronnant la statue de la déesse Home. Sur les deniers d'argent des insurgés de la guerre sociale, on voit le.s déléguésdes différents peuples révoltés contre la tyrannie romaine prêter serment sur le cadavre d'un porc immolé dans celte drconstance solen-

Les œuvres d'art les plus célèbres d'un Cylamis, d'un Hyron. d'un Phidias, d'un Polycléle ou d'un Praxitèle se retrouvent reproduites sur les monnaies avec tous les détails de leurs attributs. Les temples, les édifices publics de l'antiquité nous sont entin connus souvent par les images monétaires mieux que par leurs ruines ou le récit des historiens. 1^ signatures d'artistes relevées sur un certain nombre de monnaies du iv* siècle nous permettent de soulever un coin du voile de la vie si obscure de ces {(raveurs de génie, en nous montrant les plus renommés d'entre eux concourant i l'envî pour les mêmes sujets, comme si un thème officiel leur eût été imposé d'avance ; on bien appelés parfois loin de leur patrie par des villes divereet qui se disputent itur talent et sollicitent leur

buriD. De SyracuM, par exemple, h graveur EvèniU paaie 11 Caiane.àCamariiia, i RnégitiTn; Prodès Iravuilla pour (lataae ei Nixos ; Aristomvne grave des coing pour Hélapanu et llpraolée; parfois même, deui artistes collaborent à la gravure de la même pièce. Bitf. en rapprocbant dans noe iDèdaillwrs ces joiiaux sans prix, qoi parlent l«s sipiatures An CiDian, des Evénèle, des Eucleidas, des Kumène, dra Phrygitios, du Exakesiidas et de (rente autres, il nous est loisible de comparer et discuter leur manière, leur stvle, leur mérite récipro<)ue, en un mot, comme nous jugeans les ceuvreaque dos artistes contemporains expo>enl dans Dos Salona annuels.

Les deniers d'argent de le Képublique romaine portent. outre le nom de Koine. celui des triumvirs monétaires qui étaient chargés de la haute surveillance des ateliers et de la garantie des espèces émises. Ces magiïiirats étaient libres de choisir des types à leur contenance pour les taire graver sur les pièces dont ils avaient à contrAler la frappe. TanlM ils rappellent des traits honorables de la vie da letiii ancitret, tantôt des légendes chères anx Romains, lanlAl ils se bornent à de simples types parlants, comme les Mtues sur les deniers signés par L. Pompouins Muta, no venu sur ceux de Voconius Vituliis, un masque de fan sur ceux de Vihius Pansa. La diversité des types est non moins grande à Home {|U>n Grèce, et les symboles ou di^érents monétaires qui caractérisent ohaque émission varient ii l'infini. Pour en citer un exemple, plus de lU.UOÛ svmbotes diflëreuts ont été relevés sur les denier* que le iriumvir monétaire Luciu s Caipumius Piso lit frapper dans uoe wule année, en 89 avant notre éra, et ses deux collègues dans les mêmes fonclioas, c«tt« année-lï, n'ont pas lait graver un moins grand nombre de coins.

A partir de Sylla et surtout de Jules César, ia monnaie d'Etat de la république se transforme graduellement en monnaie impériale par l'introduction des types iconographiques qui représenient les chefs militaires de l'époque. Apres l'an "11 av.J.^C. toutes les monnaies romaines furent frappées au nom d'Auguste et la plupart d'entre elles portent son etfigie. Le droit d'eSgie est si bien inhérent i la ilignité impériale que. dès qu'un général insui^é usurpé la pourpre, sa première préoccupation est de faire frapper iii monnaies avecaon nom et son portrait- Les empereun

ètendireot mèine le privilèee d'efB^e i leurs femmes et aux autres membres de leurs familles. Sins ces portraits monétaires, commeat aurait-on pu donner des noms aux statues de nos musées ? Et quant aux revers, ils constituent, par leur variété et leur précision chronologique, les archives officielles de l'histoire. Un règne comme celui d'Hadrien, par exemple, ne compte pas moins de 3.000 revers monétairesdifiérentsqui serépartisseot en i .600 pièces latines et 900 pièces grecques. Pour Auguste, on a environ 5,S0 revers; pour Néron, il en existe A peu près 300 ; pour Vespasieu, 520 ; pour Marc-Aurèle, 850, etc. C'est donc une

Salerie de plusieurs milliers de tableaux en miniature <)ui èronlent à nos regards les évéDemenlB du règne, nous initient i la vie publique de chaque empereur, nous le font suivre, étape par étape, dans ses expéditions et ses voyages, complètent le récit des historiens, le rectifient au besoin ou nons aident i. le mieux comprendre.

En l'an 16 ou 15 de notre ère eut lieu un partage des droits monétaires entre l'empereur et le Sénat. L'empereur se réserva le droit excln^f du monnayage de l'or et de l'argent, et il laissa au Sénat le droit de frapper la monnaie de bronie; de là vient que toutes les monnaies de broDze romaines portent les lettres S. C. [senattu consulta) qui leur donnaient coui's légal dans tout l'empire, en concurrence avec les monnaies locales.

SouB l'empire romain, le monnayage provincial en argeni devint de plus en plus rare, parce qu'il faisait concorrence aux deniers impériaux. Seuls, les rois tributaires de Rome, comme ceux d'Ëdesse et de Maurétanie, obtiennent le privilège de frapper des pièces d'argent que réusdssent aussi k conserver quelques villes comme Tyr, Laodicée, Cbios. Au contraire, les villes de l'empire romain qui continuent k frapper le bronze sont extrêmement nombreuses. Sur ces pièces, on voit d'un cfilé l'effigie de l'empereur régnant, et, de l'autre, des types varia blés choisis par les magistrats locaux quil souvent, comme au temps de l'autonomie, inscrivent leur nom au revers. L'appellation A'impérialet grecques désigne les monnaies de cette espèce qui portent des légendes grecques ; les colonies de droit latin frappent des bronzes du même genre mais à l^endes latines, qu'on classe sous le nom de monnaies coloniales. Souvent sur ces pièces des colonies de droit latin, une for-

mule spéûale indique que le droit de monnayage est une OHicession faiteà la colonie par l'empereur ou le prttconsul. Sous Aurèlieo, la Tabrication des impériales grecques et des cohnUiles cessa dans loute l'étendue de l'empire roDtaio. Il n'y eut plus dès lors que la monnaie du pnnce frappée dans un petit nombre d'ateliers impériaux et sans nom de ville ou de ntagîslrals locaux : cet état de choses, conséquence forcée de l'avilissement du titre des espèces d'argent, dura jusqu'à la chute de l'empire.

XIV. Epoque kërovingienke et garolincfekne. — Le sou d'or, le semis, le triens, frappés i partir de Constantin, ne tardèrent pas i être universellement répandus et populaires, non seulement dans toute l'étendue de l'empira romain, mais chez les barbares de la Germanie, en Orient, en Afrique, et. en eéDèral, chez tous les peuples qui commerçaient avec les Romains. De la vint que les premières monnaies d'or frappées par les barbares devenus leamaltrea de l'empire furent des sous, des semis et des triens imités des monnaies romaines et conservant le type impérial et le poids qui les accréditaient dans les relations commerciales.

Dans le désordre monétaire de la période mérovingienne dont nousavons, plushaut, caractérisé les causes, od l'rsppe presque exclusivement des triens ou tiers de sou, en or plus ou moins altéré, et dont les types ou l'aspect général rappellent toujours les anciens triens impériaux. Tout le monnayage mérovingien n'est que la dégénérescence grossière de ta monnaie impériale, avec des noms nouveaux de rois barbares, de monétaires et d'ateliers substitués au nom de l'empereur. A l'époque contemporaine, le num^ raire des Anglo-SaxoDS, des Iturgondes, des Wisigolhs, des Vandales, des Lombards et des empereurs byzantins, accuse avec non moins d'évidence la persistance des types créés durant la période constant in ienne-

Aux \° et VI' siècles, la frappe de l'argent est excesàvement rare. A la vérité, dans les lois satique et ripnaire, les comptes s'expriment en sous d'or et eu deniers d'argent : le sou vaut quarante deniers. Hais tandis que ee sou est la monnaie d'or qu'on condnuait toujours à frapper, le denier dont il s'agit dans ces lois D'est autre que l'ancien denier romain d'ai^ent resté eu circulation en extrême abondance dans la région rhénane et auquel les barbares

H ):■ BABELoM

étaient iraditionnellRtneni hubitaés. Cependaiii, il arriva t\m la grande raréraclion de l'or en Gaule, dans le dernier siècle de la période mèroïingieone, — rarêlaction riont Aoua avonK expliqué les causes konotniques, — remît en honneur dans ce pavs appauvri par son imprudence la fivppe de l'argent. On vit dès lors se multiplier dans la cirfulHtLOQ commerciale de petites pièces d'ai^ent i Qan épais, que nous appelons saigas, sans qu'il soit bien certain que celte expression qu'on rencontre dans les lois des Alamaos et des Bavarois doive leur être appliquée. Ces deniers pèsent environ i^'.ih ; on en fabriquait Wi a la livre et douie d'entre eux valaient un sou d'or. Leurs types sont pareils a ceux des Irîens, et leurs légendes nous fournissent de même les noms de nombreux monétaires et ateliers (V. F«ance),

Nous avons caractérisé plus haut Ie3 causes de la réforme commencée par Pépin le Bref et achevée par Cbartemague. L'autorité royale intervint pour faire cesser le désordre du monnayage privé, et restaurer à son profil le privilège régalien de monnayage tombé en dèsuélude. Unifonniser autant que possible le poids, les Ivpes et l'aloi du denier, rétablir le nom royal dans la légende, supprimer les ateliers privés : telle fut l'otuvre entreprise par Pépin le Bref et ttiédfiée en particulier par le canon 'il du capilulaire de Vemon-Sur-Seine, en TS.t ; le denier nouveau de ce prince. taillé k raison de 940 à la livre, pesait théoriquement l«',8fi; mais l'irrégularilê de la frappe fait qu'en réalilé son pnids osdlle entre 1B',f4 et if',il ; outre le denier on frappe le demi-denier ou obole ; enfla le droit de monnayage 6 prélever au bènéflce de l'offlcine monétaire est filé a un sou par livre. Les premières émissions de tharlema^ne donnent le même poids pour le denier, mais dès 781 intervient un capltulaire nouveau et plus elQcaee nui porte i la fois sur les mmnaies et les poids et mesures. La livre de Charlemagne parait alors avoir été élevée à 4911' ,179, ce qui loumit pour le denier, à raison de 3411 a 11 livre, te poids de îe^o* (H. Prou, Calai, des numnaies carolingiennes de la Bibliothèque nationale, tnirod.). A partir de la réforme carolingienne, le denier d'argent prend l'aspect mince et plat qu'il conservera durant toat tè moyen âge ; son type est tantM l'efflgie royale ou impériale, Untdt le temple, iitt grand monogramme, la

soncx sim ia honnaie 9S

«, etc. Les légendes portent les noms des de9 ateliers. Le célèbre édit de Pitres, protnul^Dé par Ctiarles le Chauve en 864, et dont les ti- 1res Vlll H XXIV ont trait â la léfislatioD Dionélaire. essaie d'uniformiser davantage encore les types de la inonniie et d'en centraliser plus itroilemeut la frappe dans les ateliers royaux ou impériaux. Noos constaterons bientûl que cet édit fut peu etficace. Tandis que dans l'empire caroltagiea et les royaumes issus de sou démenibrement le denier et l'ebole d argent seuls sont monnayés, il n'en est pas de même chez les Lombards d'Italie qui continuent a fnipp«r le sou d'or, ni ches les Arabes qui n'ont jamais cessé d'émettre partout conçu tremment le dinar (nr|, le dirhem (aident) etie l'eb (cuivre), ni entin dans l'empire byiantin on se poursuit lentement la déformation de la monnaie romaine d'or et d'argent.

XV. PEhiode féouale jusqu'au xiit° siËCLF.. — l^e droit de monnayage, c.-àvd. l'exploitation d'un atelier monétaire, procurait des revenus assez importants pour qu'ils flissent comptés au nombre des principaux avantages accordés parie roi ou l'empereur au^ ducs, comtes, marquis et autres officiers placés à la tête du );ouvernement des provinces. Dès le temps de Charles le Chauve, et A la faveur des trouilles qui marquèrent les iK" et x' siècles, le droit dn battre monnaie, très apprécié k cause de son fblè lucratif et honoritique, fut recherché par tous les personnages, prélats ou barons, auxquels les rois déléguaient une partie de leur autorité. Ce droit se trouva, dés lors, ou bien concédé gracieusement par les rois ou les empereurs i des èvèques, des monastères, des barons laiqute, on bien il fut directement usurpé par ces mêmes détenteurs du pouvoir local. Telle est la double origine de la monnaie féodale : lantAt concédée, tantat usurpée, elle passa dans l'usage et devint l'un des droits souverains les plus importants considérés comme inhérents i l'autorité de tout seigneur laïque ou ecclésiastique.

Les premières monnaies féodales, celles qui remontent au IX' siècle, n'ont rien qui les dislingue des monnaies royales on impériales contemporaines, dont elles reproduisent les types, les légendes, le poids et l'aloi ; bientôt, au nom dn prince, se substitue celui dn seigneur : tes pre-

mièreainonDties que nous puissions citer avec desl^eodes netletnent féodales soDt les deniers qui porteni les noms d'AdalbéroD, archevêque de Keiais ; d'Arnoul II, uiiiite de Flandre (964-986) ; d'Héribert, comte de Vermandoia, ou le nom des monastères de Saint-Médard de SorssoDS et de Corbie. Les x" et il° siècles voient se multiplier les ateliers féodau);, et, ï ce point de vue comme à beaucoup d'autres, Hugues Capel frappant monnaie n'est que le premier des barons ; évèques, abliès, seigneurs font comme lui, tout aussi légitimemenl, et signent leurs espèces. Là même ou l'aulorilé du roi est reconnue, les feudataires se font concéder légalement, par des actes publics, le jus monetœ, c.-ii-d. le droit de battre monnaie à leurs noms. La monnaie féodale commence en France avec les derniers Carolingiens; on peut la faire débuter en Allemat;De avec le règne d'Henri l'Oiseleur (919). en Italie avecOthon le Grand (962), en Angleterre avec la conquête de Canut le Grand (1016), en Espagne avec la formation des divers royaumes chrétiens. Partout, que la monnaie soit princiere ou seigDeDriale, ou ne frappe que le denier et l'obole d'argent ; ïes types sont ceux de l'époque carolingienne de plus en plus dégèDérés ; les légendes sont, la plupart du temps, d'un déchiffrement pénible, et le titre du métal est souvent altéré. Les barons prenoeot i tâche d'imiter les tvpes et de conireiatre les lé^ndes des monnaies qui ont la plus grande v<^e et jouissent du meilleur crédit à cause de leur bon aloi, comme par exemple les mounaies des rois de France populaires sous le nom de monnaie tournois et monnaie paris[s (V. Fhahce. Pahisis, Tournois). Outre les deniers royaux, certaines espèce» féodales renommées pour leur bon tiire eurent une grande vogue et furent souvent imitées. Telles sont, entre autres, les monnaies des comtes de Blois et de Chartres dont le type connu sous le nom de type cluiTtrain ou type ckinonais présenta les dégénérescences les plus bizarres; telles sont aussi les monnaies de Provins, dont les plus anciennes portent le monogramme du nom do roi Eudes : leur type immobilisé s'altère graduellement, el le mot rex se transformant devient méconnaissable au point de ressembler à un peigne ; un jeu d'esprit vil dans ce type une allosion au nom de la Ckampagne, et c'est sous le nom de sagne de Oiampagne que ces pièces, prototypes de nombreuses imitations, rea-

tarent populaires durant des siècles. Au jii[' siècle seulement paraissent Us srtDoiries sur les monnaies. C'est l'époque en outre oii, comme le disratHH. Engel et Serrure, < a mesure que l'autorité des rojs de France s'aETermîl, nous voyons se manifester chez ces souverains le désir de concentrer eolre leurs miûns le monnayage français. De très bonne heure, la suppression des ateliers féodaux marche de front, dans les préoccupations de la couronne, avec l 'agrandissement du territoire ». (Ëngel et Serrure, Traité de numism. du moyen âge, t. Il, p. 373.)

En Angleterre, le denier aafienny est, comme en France, une imitation du denier carolingien ; on le frappe dans une énorme quantité d'ateliers av*c la formule dont voici le type : un tel (monétaire) d/ins telie localité. Les pennies qui portent lenom et le buste royal d'Aethelred (078- 1016) et de Canut le Grand (1UI6-35), avec une croix au revers, ont été très répandus et imités en Irlande, en Ecosse, dans les pays Scandinaves et dans le N. de l'Alle-

£a numismatique féodale de l'Allemagne est aussi dans son ensemble la continuation el la dégénérescence du denier carolingien ; tes noms d'ateliers et de souverains seuls varient. Bientôt, après l'avènement de la maison de Souabe avec Conrad lU (4l38-o2), s'établit dans le monnayage allemand une cumpleiité presque inextricable; Us numismates dislingueut cependant, d'une manière générale, deux grandes régions : < La région occidentale, c.-à-d. la Haute el la Basse-Lorraine, les Pays rhénans, la Frise, une partiede la Franconie et de la Souabe, enfin la Bavière, continuent à émettre des deniers d'argent, empreints sur les deux faces; la région orientale, c.-à-d. la Saxe, uoe partie de la Franconie et de la Souabe, frappe des bractéates et n'a d'anire numéraire que ces minces et fragiles feuilles d'areent empreintes d'un seul cAté. ■» (ËngeTet Serrure, II. 515.) LesOttons tirent de nombreuses concessions m onélairesauxévêquesetaux monastères, ainsi qu'aux villes, aux marquis, landgraves et autres feudataires laïques ; cette multiplicité d'ateliers seigneuriaux a son reflet dans les types, le titre et l'aspect eiiérieur des espèces, bien Qu'on continuât toujours i ne frapper que des deniers et (les oboies. Comme types, le denier féodal allemand porte principalemenib croix*' le temple, avec des modificatioDS

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