‹ Notice sur la régence de TunisChapitre 10 sur 10 · ÉGYPTIENS · texte numérisé non relu

ÉGYPTIENS

n(h«li(|Bri-r»Baiiii.

Tunis

Les RoiAiMS n'ont eu ni naissance, ni décès, ni mariage. — Dans une famille caibolique-romaine de JÉtosALsa, établie à Tunis, il y a eu une naissance. Il y a eu donc dans la Régence en 1856 parmi les catholiqueS'roinaîns 3lt naissances, 893 décès, 75 mariages.

Les Grecs orlho(ioxei> po^bèdent une chapelle dans Tunis, avec deux popes. Leur nombre peut se monter à deux cent cinquante.

Les chrétiens des Eglises réiormées sont Irès-peu nombreux, car leur nombre ne s'élève pas à cent personnes. 11b n oiU pas de culte acliicIlciMriU; ce|»eiKlaul un voyageur prussien, le prince Puckler Muskau, dit dans ses Mémoires qu*en 1855 il assista chez le consul de Suède è un sermon très-édifiant, pivtlié par un uiib^iotiiiaire de la Société biblique brilannique établi à Tunis depuis 1852. Avant 1855 un culte protestant (épiscopal) était célébré, en anglais, chez le consul des £tats-Lnis, mais le pasteur étant mort du choléra, personne ne Ta remplacé.

L'Eglise calholif|ue-ruinaiiie possède dans la ville même une vaste chapelle dépendante d'une petite communauté de Pères capucins et desservie par elle. Le vicaire apostolique représentant le Saint-Siège, est révéque de Itosalia, W Sutter, né à Ferrare, mais dont le père étail de Thurjrovie en Suisse. Ce respectable prélat, ancien nonce de Rome à Vienne, et qui possède le titre d'archevêque de Garthage, a été consacré comme premier évéque de Tunis en 18 ii.

Le Père Anselme, secrétaire de Tévéque, est un capucin français d'une grande politesse, et d'une obligeance fort empressée pour les étrangers.

Les frères de la doctrine chrétienne ont un établissement

d'éducation comptant plus de trois cents enfants catholi-

ques-romaios, nés à Tunis même, vi appartenant à toutes les nations euro|»éennes. Ces enfants» qui sont pleins d*intellîgenee et de macité, sont divisés en quatre classes, où lis apprennent, suivant leur âge, à lire et à écrire, et le français, ritalien, le dessin linéaire, la géo^phie, Thistoire, Farithmétique, le dessin, la musique, etc. — On voit de ces jeunes garçons de dix à quinze ans, se tirer très-joliment d'affaire sur le violon, la basse, la flûte ou la clarinette, et être d'une ressource réelle pour la musique sacrée. La plupart de ces enlants, avant l'ouverture de cette école remonte à peine à deux ans, n'apprenaient rien, et n'avaient d'autre occupation que celle de vagabonder dans les rues. Les distributions de prix à ces enfants se font par les mains du vénérable évêque de Tunis.

D'un autre côté, on voit i'écoie plus ancienne de M' Tabbé Bourgade, aumônier de la chapelle S* Louis à Carthage, qui renferme une soixaiiianie rrélèves tunisiens, français, sardes, toscans, israélites, etc. On y enseigne le français, l'italien, l'arabe, le latin, l'histoire, la géographie, l'arithmétique, la caliigrapiiie, clc. Cette école est tenue avec le coucours de plusieurs maîtres laïques.

Des sœurs de Vincent de Paule, une éc€^ pour les jeunes filles dirigée par ces dermères, un petit liùpitai, et une salle d'école sont placés sous hi même direction.

Voici un tableau relatif au cuile catholique-romain qui

donnera une idée de la population européenne de chacune

des villes de la TuDÎbie, du nombre de leurs prêtres, ainsi que de leurs églises ou chapelles.

Sfax

Porto Farina..

Nébel

Rasdjébel

Diverses localités.

On trouve hors des portes de Tunis un cimetière catholique^ un cimetière grec et un cimetière proleslaul.

Tunis est Téritablement un des plus beaux pays de chasse qui se puisse voir. Pendant la saison, loi'squ'il ne fail pas trop chaud, la société européenne organise des parties de

chasse fort nombreuses, auxquelles assistent même les

dames. Ces chasses se terminent souvent en pique-niques très-amusants.

Les touristes ont la faculté de garder tout ce qu'ils trouvent d'intéressant en fragments de ruines de Carthage ou d'autres villes, et en objets recueillis sur ces emplacements. Cette latitude contraste singulièrement avec la sévérité exercée à Pompeï et à Herculanuni, où l'on ne peut pas se baisser pour ramasser un simple caillou, sans être l'objet d'admonestations de la part des guides, des cicérone ou des soldats qui surveilienl ces localités et sont chargés de la police.

Les voyageurs trouvent des domestiques de place; des calèches pour faire des excursions et des promenades ( les voituriers maltais ont au moins quatre cents voitures au service des étrangers et des Tunisiens); des hùlels où la table est bonne, les prix modérés (Hôtel de Provence, Hôtel de France). L'Hôtel de Provence, qui est une charmante maison mauresque, est tenu par François Pascal et Béran<*er, anciens cuisiniers-chefs du bey Ackmed, qui ont épousé les deux nUes de Tun de ses médecins.

Autrefois aucune femme de quelque nation qu'elle fût, ne pouvait débarquer à Tunis sans une permission spéciale du bey, qui refusait souvent son autorisation, lors même qu'elle lui était demandée par des consuls européens.

Les lettres arrivent à Tunis par trois voies différentes: par les paquebots français qui, venant de Marseille tous les huit jours,. font échelle à Slora et à Bône; par les paquebots

anglais, an ivanl de Malle tous les quinze jours, ainsi que par les paquebots sardes qui louchent à Gagliari. — Les lettres de Fmnee, ou celles portant une suseriptîon en langue française, sont reçues au Consulat général de France, où l'on va les réclamer lorsqu'elles ne sont adressées que posie restanie. Celles qui sont expédiées d'Angleterre arrivent au Consulat général d'Angleterre, par la voie de Malte, et celles venant dltalîe, par Gènes, vont au Consulat sarde. La voie par Marseille est la plus rapide. Un nouveau service, à destination de Tripoli et d'Alexandrie, arrive directement de Marseille.

Le service télégraphique qui relie maintenant 1 Afrique à l'Europe fonctionne régulièrement de Gènes à Bdne, par la Corse et Cagliari. Or Bône n'est qu'à une petite distance de Tunis.

On ne demande aucun passeport au voyageur qui débarque à Tunis.

Les Européens, soit Francs, jouissent à Tunis de la plus grande liberté. Ils ne sont pas soumis à la législation tunisienne, mais ils dépendent de leur propre Représentant, Chai f;é iraffaires, Consul général ou simple Consul. Ils restent donc sous le régime de leur législation nationale, et ceux des Européens qui n'ont pas de consul attitré peuvent choisir le consul, étranger à leur nationalité, sous la protection duquel ils désirent se placer.

Chaque consulat général possède, avec ses vice-consuls

et sou chancelier, un nombreux personnel de secrétaires, de drogmans et d'employés.

Les consuls doivent porter au Bey les plaintes on les réclamations que leurs compatriotes pourraient élever contre l'un de ses employés, ou généralement contre un indiofène quelconque; ils traitent directement avec le Bey sur * les difficultés ou les différends que le commerce et la navigation peuvent faire naître entre l'Etat de Tunis et les res* sortissants des diverses nations européennes. Leurs fonctions sont également de protéger le commerce et les commerçants du pays qu'ils représentent, et de prendre leur défense lorsqu'ils sont lésés dans leurs intérêts. Us sont, en outre, les juges naturels de toutes les contestations qui s'élèvent entre les personnes de leur nation qui se trouvent à Tunis. Dans les cas graves et importants^ les principaux négociants et les nationaux les plus marquants s'assemblent dans la maison consulaire, el torment, sous la présidence de leur propre chargé d'affaires, une espèce de jury ou de tribunal qui juge sans appel, ou décide des déterminations à prendre.

Les maisons consulaires, dont les entrées sont gardées par des janissaires, jouissenl de l'inviolabilité pour toutes les personnes qui y cherchent un asile.

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