EUROPÉENNES
Tunis la société qui est tort choisie, est en même temps instruite^ affable, obligeante et
hospitalière. Celte société reçoit souvent la visite
touristes distingués, soit par leur rang et leur éducation, soit par leur mérite ou leur talent scientifique ou artistique. Les dames qui sont généralement remarquables par leur beauté, et mieux encore par leurs qualités et leur amabilité, parlent plusieurs langues, et leur conversation réunit rutile à l'agréable. Les hommes, malgré leurs occupations diplomatiques ou commerciales, savent trouver du temps pour cultiver leur esprit, et s'occuper des arts, comme aussi pour obliger les voyageurs qui leur sont recommandés, et leur fournir des directions et des renseignements précieux.
On doit mentionner en particulier S. £. M' le comte Raffo et M"^ la comtesse Raffo, née marquise Méana; l'évêque ; le chargé d'affairos de l iance, et son épouse, M"* Roche ; le consul générai d'Angleterre ; les familles de Montés, oiV l'hospitalité est traditionnelle de père en fils ; Gbapeiié, dont le nom est plus que séculaire à Timis; Perrière, dont le doyen, ancien vice^sonsul d'Angleterre, est l'un des plus anciens membres du corps diplomatique;
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le Père Aiiseime, capucin paiisitn très-savant; M"" Alph. Rousseau, descendant de l'auteur d'Emile, et orientaliste distingué; les familles Heap, Wood, Davis, Cubisol, Tullin, Chandlers, de Nyssen, ainsi que celles de plusieurs autres consuls, et bien d'autres personnes encore.
L'hiver île 1856 à 18o7 a t lé fort brillant à Tmiis, el l'on peut citer les réceptions de M"*« la comtesse Raffo, celles de M"^ Roche au CSonsulat général de France, et celles de rinierprèle du Eey, qui réunissaient au luxe de l'Orient toutes les ressources de la société en Europe.
On , trouve à Tunis un cercle européen , circolo ettropeo di Tunisie avec journaux, billard, où Ton reçoit avec beaucoup 'de complaisance les Européens en passage; une société philharmonique , cumposée d aiuatcurs tluiuiant de temps en temps des concerts où se font entendre parfois des artistes de mérite; un théâtre, où une troupe italienne vient jouer, pendant la saison, des opéras, des vaudevilles et la comédie; et une bibliothèque où Ton trouve une collection de manuscrits arabes trè^ntéressants.
Le corps diplomatique est composé de p^^nnages dis-
linjjués. Les différents chargés d'affaires ou consuls généraux des nations européennes sont les suivants :
Frmtee, W Roche, qui a eu tour à tour pour prédécesseurs M' Béclard, M' de Lagaux, M" de Marchcsscaux, Al' de Lesseps, Ghauvebel, M' Deval, etc.
C'est M' de Lagaux qui était consul général de France en
1845, lors de la visite du duc de MoiU|>ensier au bey Açkmedy lequel exerça aussi en 1840 sa cordiale et somptueuse hospitalité envers le prince de Joinville et le duc d'Âumale. Ce dernier lui avait porté le grand cordon de la Légion d'honneur. — Lors de sa visite à Paris, cette même année, le bey AtkuRtl entouré dès son débarquenieul des acclamations de la foule, et voulant en exprimer ses remerciements, salua de la main avec un mouvement plein de noblesse le drapeau Uicolore eu ajoulanl gracieusement: « C'est lui que je salue pour tous. »
Angleterre, M' Wood, dont l'un des prédécesseurs était sir Thomas Read, qui possédait une intéressante collection d'objets puniques et de manuscrits arabes.
JJuUande^ M' de Nyssen, doiU la iamille est fixée à Tunis depuis un grand nombre d'années.
ElaU-Unis^ W Chandiers. Parmi les consuls qui l'ont précédé, il faut nommer M' le D<^ Heap et M^Noah, auteur d'un petit ouvrage sur Carthage.
Rttssie, Suède et Norwége^ M' Tullin , Suédois, donl la famille est également depuis longtemps établie à Tunis.
Ikmemark et Belgique^ M' Cubisol, qui est en même temps vice-consul de France à la Goulette, et donl le poste pour le Danemark était auparavant occupé par de Berner, et plus anciennement par M*^ Falbe, capitaine de vaisseau, au leur d'excelleiiles caries de la Régence, ainsi que de deux trè$*bonnes cartes topographiques de Carthage et de son territoire. C'est M' Falbe, qui a eu Thonneur de dé-
terminer avec le plus de précision la vériubie position de Garthage.
Espagne, W Nalagamba. — Napies^ M' de BlarUno. —
SardatguCy M' Âloual. - Autriche^ W Merlato.
Il y a à Tunis vingt médeeins, qui appartiennent à dix nationalités, et dont la nomenclature n'est pas sans intérêt:
M' D. P. Heap, Américain, fils de l'ancien consul des » Etats-Unis à Tunis, et neveu du cuniiiioiioie Porter, qui était ministre plénipotentiaire des Etats à Gonstantinople. M' Heap suit l'exemple de son père qui était un habile docteur en même teiiii>s qu'un gentleman fort instruit, et xomme lui il fait servir la science à soulager les pauvres et les malheureux qu'il traite gratuitement
M*^ Costa, Génois, médecin de son Altesse.
M' Lombroso, Tunisien id
M' Nunez Wais, Toscan id.
M' Ferrini , Suisse du Tessin id.
M' Vignale, Génois, médecin du bey de Camp. — W Gadelli, Napolitain, qui après avoir servi comme docteur à Waterioo suivit l'empereur Napoléon à Sainte-Hélène. — M' Cotton , Français, médecin de l'artillerie du bey. — M' Mancial, Anglais, médecin de la cavalerie du bey. — M' Tagiuri, Toscan, autre médecin de l'artillerie. — M' Faisler, de Strasbouii» , médecin de la Garde de son Altesse. Ce docteur est depuis plus de trente ans à Tunis. — M' Mascaro, Espagnol. — M' Thel, Français, ancien méde-
cm de la Santé. — M' Mognaïni, médecin en chef des troupes envoyées en Orient. — M' Clément, Français, médecin des troupes à Souza. — Don Luigi Zabetta, Napolitain, médecin de la Santé à la Goulette. — Gazella, Toscan. — M' Buccara^ de Livounie, Israélite. — M' Gottaie, Maltais, médecin de la garnison à Bizerte.
Le bey qui est animé d'un esprit de grande tolérance,
emploie, comme ses prédécesseurs, beaucoup d'Européens soit dans la haute administration des affaires, soit dans les arts et métiers, la mécanique, l'armée^ la médecine et chirurgie, les écoles industrielles el militaires. — Sidi Mohammed-Bey est grand amateur de peinture, de sculpture el de ciselure; il a même fait de fort jolis onYm^ies qui feraient honneur à d habiles artistes européens. On comprend donc qu*il ait attiré à sa cour, comme Favait déjà fait son prédécesM^ui, des honmies capables de le seconder dans ses goûts et dans ses vues. Ses mœurs douces et paisibles, ainsi que la manière généreuse dont il récompense les personnes qui sont à son service, lui assurent tout leur dévouement. — Avant de monter sur le tr6ne ce prince n'enviait nullement le pouvoir souverain et vivait heureux au miUeu de sa nombreuse famille; mais depuis qu'il a succédé à son cousin Sidi Ackmed, il cherche à remplir consciencieusenienl la liklie dillicile dont il csl chargé.
Outre les noms déjà cités, on peut mentionner encore parmi les Européens qui ont été au service des derniers
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beys (le iuiiài, ie iieutenanl-colonel Lecorbeiller, le colonel Lion, le Gommandanl Gillard, Tingénieur Duchéne, le docleur Franck, M*^ Thomas d'Alvarez sous les ordres duquel le monétaire de la Régence a subi une relunte, etc.
Ackmed-Bey confia è des ingénieurs français l'exécution d'une grande carie de la Régence, qui a été publiée au dépôt de la guerre à Paris en 1841 sous la direction de le général Pelet» puis en 1857 sous celle de M' le colonel Blondel, d'après les observalions el reconnaissances de M' Falbe et de M' Pricot-Sainte-Marie, capitaine d'étal-major.
Plusieurs Européens de mérite s*occupenl actuellement à recueillir des documents historiques, archéologiques» scientifiques et littéraires, se rattachant aux époques punique, romaine el arabe. On peut ciler les noms de MAL Rousseau, Davis, Martin, etc.
Plus de quinze nations chrélienncs sont représentées par un certain nombre de leurs ressortissants dans les Etats de Tunis. La population européenne, si Ton y comprend les Mallais, peut s élever à un peu plus de dou/e mille Ames.
Voici le tableau des naissances, des décès et des mariages qui ont eu lieu en 18^ parmi les Européens catholiques-romains el dans les diverses villes de la Régence.
Les Grecs et les Protestants n'y sont pas compris.
Si le niMnlue des décès sesl élevé à 295 personnes, cesl que le choléra a régné en Août et Septembre 1856, et a enlevé à lui seul environ deux cents chrétiens.
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