HE DE PRÉPARER LES FEUILLES DE TABAC
flDRE ACCEPTABLES SUR LES MARCHÉS EUROPÉENS
les pieds de tabacs entiers; mettez-les en tas -quatre heures; suspendez-les au séchoir la in l'air.
■les six semaines à la pente, temps humide, relirez les feuilles; lavez-les en ■empant et en les agitant une à une dans l'eau tnte.
es sécher en les étendant sur une argamasse ir le plancher d'une grande chambre ou hangar
propre [pas de terre ni de poussière aux es).
eur passer une nuit fanées dehors; le lende-
main, mettez-les en tas couvert d'une mettez-les dehors encore une nuit et en tat
6" Triez-les, en rejetant toutes celles qui seraie rées ou défectueuses. (Les feuilles déch seront pas perdues, on les met en carotte souvent forcé de rejeter près de la m( feuilles pour ne garder que les plus belles
7° Faites des paquets de feuilles bien pareille longueur et couleur, chaque paquet < 50 feuilles, liées par une mauvaise feuille ( chaque paquet peut différer des autres, mî les feuilles doivent être tout à fait pare chaque paquet. On peut faire ainsi un f feuilles noires grandes, un de jaunes peti un de rouges moyennes, un de noires pe de jaunes grandes, un de jaunes moyennes
S" Mettez vos paquets bien secs en tas dans une bien propre; visitez-les de temps en tel les empêcher de se gâter et choisissez i humide pour les porter au Moulin-Joli, froisser ni les déchirer.
Nota. — Les prix varient suivant la qualité, ordinaire ainsi présentée soigneusemen moyenne fr. 50 la livre; mais on peu davantage en suivant les instructions ci-d en cultivant du Havane ou du Connecticu
MANIÈRE DE METTRE EN FERMENTATION LES FEUILLES PRÉPARÉES COMME CI-DESSO POUR LE MOULIN-JOLI
9" Coupez et jetez toutes les queues des paquets
conserve, cela donne un goût amer au tab:
10" Au milieu d'un hangar ou d'une très hai
dallée ou bien battue, faites nettoyer un grand cercle, et répandez-y une couche de cendres.
11** Allumez dans cet espace bien cendré un feu de bois assez vif pendant deux heures au moins.
12® Répandez les charbons ardents sur toute la surface du cercle, et laissez-les encore une heure.
13** Tirez tous vos charbons et laissez une bonne couche de cendres chaudes sur toute la surface du cercle.
14** Disposez-y parterre, et en rond, un tas de paquets de feuilles, les queues tournées en dehors du cercle, que \ous humectez très peu avec de Teau salpêtrée.
15** Quand vous aurez formé une meule avec tout votre tabac BIEN TASSÉ, de manière qu'il n'y ait aucun vide à l'intérieur, vous recôuvrei^ le tout d'une bonne
charretée de cendres (au besoin cendres de bagasse) pour que l'air ne pénètre pas, et par-dessus vous mettez une bâche ou bien vous couvrez avec ' des gonis empilés les uns sur les autres.
16^ Vous laissez cette meule, si elle est bien faite, au moins six semaines. On peut la laisser un an sans inconvénient, le tabac gagne. Mais si les feuilles ont été trop mouillées ou que l'air ait eu accès, on risque de trouver tout le tabac pourri. 11 est bon de surveiller en plongeant la main dans le tas, de
^ temps en temps, pour voir s'il ne chauffe pas trop.
17** Au bout de ce temps, lavez encore une fois votre tabac, puis mettez-le sous presse que vous serrerez tous les jours pendant quinze jours, et enfin apportez-le au Moulin-Joli.
La qualité ordinaire, ainsi préparée, vaudra 0,60 à 0,75 cent. Jambe, ce sera 1 franc la livre environ.
18^ Il est à noter que si ces diverses opérations sont mal réussies, le tabac peut toujours être mis en carotte à n^importe quel moment de la préparation indiquée ci-dessus.
Nous sommes obligés de constater que, jusqu'à présent^ peu de planteurs se sont astreints à suivre cette méthode peu onéreuse pourtant et que la plupart, après s'être engagés à l'appliquer, remettent. sans cesse à l'année suivante l'expérience à faire et continuent à apporter à la fabrique leurs tabacs préparés en carotte.
Actuellement, le Moulin-Joli n'aurait pas, malgré tous ses efforts, une quantité suffisante de tabacs préparés en feuilles si des demandes un peu considérables se produisaient.
Il semble donc bien que, seule, une Régie des tabacs aurait l'autorité et les moyens pratiques nécessaires pour résoudre la question.
Installation d'une Régie coloniale a La Réunion. — Les mêmes causes amèneront toujours les mêmes effets, quels que soient le zèle et la compétence des directeurs^ des expériences tentées à la Réunion pour l'exploitation du tabac de l'île par une méthode de culture et de fabrication améliorées, que ces efforts soient dus à des missions émanant de l'administration elle-même ou à l'initiative privée.
Ainsi que nous l'avons montré, c'est le système actuel qu'il faut changer, de fond en comble, mais de manière à ne point compromettre les ressources actuelles, — si faibles soient-elles, — que la colonie tire de la vente des tabacs, et de façon à les augmenter au contraire, tout en préparant convenablement, pour l'extérieur, des tabacs que le sol est assurément susceptible de fournir, comme, qualité et quantité.
i, il faudrait que la Colonie, elle-même, prit fabrication des tabacs.
iques actuelles seraient remplacées par une e Coloniale unique, dans laquelle on pourrait capacités des fabricants les plus renommés et le se feraient, comme actuellement, les opé- ;hat de tabac de carotte aux planteurs et de au goût créole, car il importe de ne point abanlientèle du tabac de Bourbon actuel qui rapjn 100,000 fr. aux planteurs, 160,000 à la colonie eu à un mouvement d'affaires se chiffrant par ),000fr. dans le pays, ce qui est bien minime, la consommation qui pourrait être taxée, ait rien de cbangé dans le mode de fabrication u tabac créole, sauf que l'administration, plus le fabricant, dans ses achats, ferait naturellerattre les anomalies que nous avons signalées, irait le tabac aux planteurs, selon sa valeur it-à-dire selon le prix qu'elle le revendrait
it dit, ^e^ tabacs tes plus fins et les plus faibles AYÉs LE PLUS CHER aux planteurs, contrairequi a Heu actuellement. Et c'est là un point I* l'amélioration des espèces de Bourbon et des ; culture.
coloniale achèterait aussi les tabacs en feuilles erait, comme actuellement, des cigares de t de Havane et des cigarettes comme celles du
teraît et ferait planter différentes espèces dans localités de l'Ile et pourrait faire procéder à tations' par masses suffisantes qui nous donrésultat cherché depuis si longtemps.
Il est d'ailleurs à remarquer que le tabac de carotte, quand il est fabriqué avec des espèces fines et délicates, mises en carotte avec soin, donne un scaferlati bien supérieur à celui qu'on fabrique en Europe.
La Réunion pourrait donc fournir non seulement, comme actuellement, du tabac créole aux consommateurs de Bourbon, Maurice et Madagascar, mais encore du tabac de troupe et de marine à tous les étrangers, à toutes les troupes et à tous les navires des pays voisins.
Enfin, elle produirait, en feuilles, pour les marchés de l'Europe, en cigares et cigarettes d'exportation^, une marque de qualité toujours égale à elle-même qui ne tarderait pas à être prisée autant que les marques les plus réputées de l'étranger.
Cette réforme se fera tôt ou tard.
Elle peut être faite dès aujourfl'Jiui sans secousses ni aléas, la colonie ayant la bonne fortune de posséder actuellement le matériel et le personnel nécessaires. Il est à souhaiter qu'elle soit réalisée le plus tôt possible, de manière que la colonie tire tous les éléments de son budget de recettes des deux sources qui, logiquement, devraient les lui fournir largement.
Les rhums et les tabacs sont les sources d'impôt les moins vexatoires. Puisant dans le sol du pays comme dans une mamelle féconde, elles rendraient avec usure au sol lui-même, aux propriétaires et aux cultivateurs, les éléments de prospérité qu'elles auraient momentanément empruntés.
A. -G. Garsault,
Directeur de la Manufacture coloniale de tabacs de Saint-Paul.
Délégué spécial et Commissaire de la Réunion
à l'Exposition Universelle de 1900.
Membre de l'Association syndicale professionnelle
des Journalistes républicains français.
LLE, THÉ, CULTURES DÏVEl