ORGANISATION DU SERVICE
Le service de rinstruction publique, malgré son importance et en dépit de Tordonnance organique du 21 août 1825 qui avait placé unicAe/à la tête des divers services de la colonie^ a été administré jusqu'en 1880 par la direction de l'Intérieur.
L'Administration libérale de 1848 reconnut pourtant la nécessité d'assurer la surveillance des écoles, et l'arrêté du 25 septembre 1849, complété par celui du 9 décembre delà même année, créaFelnploi d'inspecteur de l'Instruction publique, investi des fonctions dévolues en France aux inspecteurs d'Académie et aux inspecteurs primaires.
Mais l'indépendance relative du chef du service de l'Ins-
1. Nanteuil Législation de Vile de la Réunion, t. \l\, p. 223.
truction publique devait nécessairement porter ombrageau Gouvernement impérial, à une époque où dans la métropole, le personnel universitaire tout entier était suspect au pouvoir. A deux reprises, en 1864 et en 1865, le directeur de l'Intérieur demanda vainement au Conseil colonial, la suppression de l'inspectorat^ Ne pouvant briser les résistances du Conseil, l'Administration tourna la difficulté: le titulaire de l'emploi, mis à la retraite, ne fut pas remplacé.
Après la chute de l'Empire, le Conseil général, dans la séance du 15 juillet 1871, vote le rétablissement de l'inspectorat; ce vote, qui ne reçoit pas d'exécution, est renouvelé dans la séance du 23 novembre 1872, puis dans celle du 2 décembre 1874. Un titulaire est enfin nommé et arrive dans la colonie en 1876*.
Le rétablissement de l'inspectorat, dont tout le monde avait reconnu la nécessité, était devenu absolument indispensable : suivant et même devançant l'œuvre métropolitaine, la plupart des communes de la colonie n'avaient pas hésité à faire de sérieux sacrifices pour répandre renseignement et le mettre à la portée de tous : des collèges communaux ou subventionnés par les municipalités, s'ouvrirent à Saint-Pierre, Saint-Paul, Saint-André Saint-Benoît ; des écoles primaires gratuites étaient créées dans les centres les plus reculés. Ce fut, pendant les premières années de la troisième République, un magnifique essor de libéralisme qu'il est de notre devoir de signaler. La population scolaire de la colonie, qui était à
1. Procès-Verbaux du Conseil colonial, année 1864, p. 9, 22 et suivantes. Année 1865, p. 15, 48 et suivantes.
2. En 1873, un inspecteur d'Académie de la métropole, M. Viant^ avait été envoyé en mission temporaire par le département. Il resta quatre mois seulement dans la colonie.
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la fin de TEmpire, de 8,500 élèves, atteignait en 18Î6 le chiffre de 12,000 élèves.
Cette progression, qui du reste ne s'est pas ralentie, indiquait qu'il était temps d'organiser le service de l'Instruction publique sur des bases solides. L'inspecteur rétabli en 1876, n'avait dans ses attributions, que la surveillance et l'inspection des écoles ; comme les autres ^*hefs de service de la colonie, il relevait du directeur de l'Intérieur, au point de vue administratif. Une décision ministérielle du 13 mars 1876 donna bien au titulaire le titre métropolitain d'inspecteur d'Académie, mais sans élargir ses attributions, ce qui était l'essentiel. En effet, sans parler des conflits qui éclatèrent, il faut reconnaître que la direction de l'Intérieur ne suffisait pas pour une •organisation scolaire qui s'étendait de plus en plus. A la suite d'un vote pris à forte majorité par le Conseil général, dans la séance du 12 juillet 1877, l'inspecteur d'Acaxiémie, par décret du 2 mars 1880, prenait le titre de vicerecteur, et relevait désormais exclusivement du gouverneur ; le directeur de l'Intérieur ne conservait plus que l'ordonnancement des dépenses, qui est encore aujour- -d'hui dans ses attributions, en ce qui concerne l'enseignement primaire.
Le vice-rectorat a existé jusqu'au 24 juillet 1895, date -du décret qui Ta supprimé, les fonctions du vice-recteur ont été dévolues au proviseur du lycée, qui a pris le titre *de chef de service de l'Instruction publique.