XVIII. Pempant leb fêtes du Poncol {Cliché ChaM
Myriapodes. — Le seul myriapode remarquable par ses dimensions est une énorme scolopendre {Scolopendra borbonica)^ désignée sous le nom de cent^pieds. Elle peut atteindre jusqu'à 15 ou 18 centimètres de longueur. Sa morsure est, paraît-il, très douloureuse. Cette espèce tend à devenir rare, par suite sans doute de la guerre acharûéé que semble lui faire une fourmi accidentellement introduite de rinde, le Plagiolepsis longipes.
Insectes. — Parmi les lépidoptères diurnes les plus beaux, nous citerons en premier lieu le superbe Papilio disparilis. Le mâle possède des ailes d'un noir foncé; les antérieures offrent vers leur milieu une tache bleue divisée en trois. La femelle, plus grande que le mâle, est d'un brun roussâtre avec une rangée marginale de taches blanches aux ailes antérieures. Le dimorphisme sexuel est donc très marqué dans cette espèce qu'on ne trouve qu'à la Réunion. La Vanessa hippomene^ spéciale à la Réunion et à Maurice, est également très belle. A côté des espèces particulières à l'île vivent des lépidoptères répandus sur une grande partie du globe, tels que Vanessa cardui et Danais chrysippus, '
11 existe aussi bon nombre de papillons nocturnes spéciaux à la Réunion. Beaucoup d'espèces nouvelles sont à étudier parmi les microlépidoptères.
En ce qui concerne les orthoptères, les plus remarquables appartiennent au groupe étrange des phasmides. Ce sont la monandroptère épineuse (Monandropterainuncans) et le raphidère rugueux {Raphiderus scabrosus), La femelle de la première espèce peut atteindre jusqu'à 20 centimètres de longueur.
Au nombre des hyménoptères que possède la Réunion figurent : une abeille {Apis unicolor), à la livrée entière-
onent noire, des guêpes maçonnes . aux mœurs et aux instincts fort curieux [Trypoxylon errans^ Pison argendatus, Sceliphron violaceum, S. fiemipterum). Toutes approvisionnent leurs nids avec des araignées. Signalons aussi un superbe insecte du groupe des sphégides ou guêpes fouisseuses, leChlorion compressum^ vulgairement appelé mouche cantharide et dont la livrée offre des teintes bleues, vertes et rouges, à reflets métalliques du plus bel ^ffet. Pour assurer la subsistance de sa future progéniture, la femelle traîne dans son nid une énorme blatte \Periplaneta americanà)^ dont elle a préalablement lésé les centres nerveux au moyen de son aiguillon. C'est un spectacle fort curieux que celui du chlorion allant à «reculons et tirant à lui la blatte saisie par une antenne. La victime est encore capable de marcher et suit son bourreau auquel elle ne peut opposer qu'une très faible Tésistance. Les mœurs intéressantes de cet hyménoptère ont été décrites tout d'abord par l'illustre Réaumur, — 'd'après Gossigny, qui les avait observées à Bourbon et à l'île de France (Maurice), — puis par Sonnerat, qui étudia le chlorion aux îles Philippines. La Réunion possède aussi *des ichneumonides, des chalcidiens, etc.
Les autres familles de la classe des insectes (coléoptères, mévroptères, hémiptères et diptères) sont également xeprésentées, mais, le plus souvent, par des espèces aux livrées très modestes. Disons seulement que ces espèces peuvent off'rir quelquefois un réel intérêt, au point de vue vde la répartition géographique surtout.
Edmond Bordage,
Directeur du Muséum d'Histoire naturelle de la Réunion.