‹ Notice sur la RéunionChapitre 30 sur 82 · B. O., t. II, p · texte numérisé non relu

B. O., t. II, p

La commission d'instruction publique, créée le 28 juillet 1821, avait, dès la nomination de ses membres, reçu l'ordre de préparer un règlement pour l'organisation du collège. Le travail de la commission, approuvé par le Ministre de la marine et des colonies (dépêche du 19 septembre 1828) devint le règlement, très bien fait, du 10 mars 1829 \ dont je résume les dispositions les plus essentielles.

Les élèves reçoivent l'instruction religieuse et l'enseignement des langues française et latine jusqu'à la rhétorique inclusivement, du grec, de la langue anglaise, de l'histoire, de la géographie, des mathématiques et du dessin. L'enseignement de la physique et de la chimie est renvoyé à une époque ultérieure, « lorsque la situation du collège le permettra*». Les leçons d'arts d'agrément et de gymnastique sont données aux frais des parents.

La durée du cours, indépendamment de la lecture et de récriture, est de sept ans et comprend : la septième, où l'on enseigne les éléments du français, du latin, de la géographie, du calcul, ainsi que l'histoire sainte et la mythologie ; — la sixième, où commence l'étude du grec, etc., jusqu'à la rhétorique, dont voici le programme: « Conti- » nuation de la grammaire générale, suite de l'étude des » poètes, des orateurs et des historiens anciens et mo- » dernes, application des préceptes de la littérature » à la composition, principes de rhétorique, éloquence, » logique, application de Talgèbre à la géométrie. »

En somme, est-ce autre chose que ce qui se fait aujourd'hui, bien que les plans d'études de l'enseignement clas-

2. Qu'est donc devenu le cabinet de physique donné en 1819 par Joseph Hubert?

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SERVICE DE l'instruction PUBLIQUE 161

sique aient été remaniés vingt fois depuis cette époque ? On ne se sert plus des mêmes termes, voilà tout.

Ajoutons que l'anglais s'enseignait seulement dans les classes de cinquième, quatrième, troisième et seconde.

De plus, il semble bien qu'il y ait eu, — avant Duruy, et cela est très intéressant à observer, un véritable essai d'enseignement spécial contenu dans ce paragraphe du règlement :

« Outre ces différents cours, une classe spéciale de » grammaire et de littérature française est ouverte aux » élèves à qui leur âge ne permettrait pas de commencer » l'étude des langues anciennes. »

En même temps, le régime disciplinaire est amélioré par la suppression du cachot et des fameuses « annotations humiliantes en classe » du règlement de 1818.

Jusqu'à la Révolution de 1848, c'est le règlement du 10 mars 1829, que nous venons d'étudier dans ses grandes lignes, qui assure la marche du collège. Parmi les différents actes officiels de cette période, un seul mérite de fixer l'attention, c'est celui du 28 mars 1843 sur l'administration et la gestion économique de l'établissement.

Le proviseur a enfin, au point de vue administratif et financier, les mêmes attributions que ses collègues de la métropole.

Il a sous ses ordres un économe, il ordonne et régularise les opérations financières de l'établissement, il régit et autorise les dépenses d'après les fonds affectés à chaque article du budget. Bref, il devient enfin le véritable « chef de la maison ».

Un conseil d'administration composé de cinq membres surveille l'emploi des fonds et propose les améliorations qu'il juge convenables.

Pendant la période de trente années que nous venons de

parcourir, le collège royal, ouvert le 7 janvier 1819 avec vingt-cinq élèves, avait été fréquenté par une population scolaire qui avait compté jusqu'à 260 jeunes gens. Il avait donné des preuves de vitalité et rendu de grands services à la colonie. Il allait devenir encore plus prospère après

Le Collège, pendant cette période, a eu comme proviseurs :

MM. Duhau nommé le 24 décembre 1818.

Tabbé Cottineau. — 3 octobre 1820.

Rabany — 28 juillet 1821.

Puissant — 2 mars 1835.

Grelot — 17 septembre 1842.

Grivelli — 20 février 1844.

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