CHEMIN DE FEB ET PORT DE LA BÉUNION
connu des jours meilleurs; en 1860, le mouvement commercial extérieur avait dépassé 150.000 tonnes, et la Compagnie espérait que le retour à la prospérité passée serait la conséquence de l'établissement du chemin de fer et du port. Ces prévisions optimistes ne furent point réalisées.
Dès l'ouverture du port, on eut à compter sérieusement avec les entreprises de batelage établies sur les diverses rades, les marines, qui en présence de la concurrence créée, inaugurèrent une lutte de tarifs pour conserver leur clientèle. Leurs frais d'établissement peu élevés et le faible prix de revient de leurs opérations leur permettaient de consentir des abaissements de taxe assez sérieux pour contrebalancer les avantages d'un autre ordre que le port pouvait offrir aux navires. En 1887, la Compagnie ne put attirer au port que 30.000 tonnes, et encore à la faveur d'un tarif spécial de 2 francs inférieur à celui du cahier des charges. Aussi, vers la fin de l'année, fit-elle connaître à l'État que .ses recettes avaient été insutlisantes à couvrir les dépenses, que ses ressources étaient entièrement épuisées, et qu'elle se trouvait dans l'impossibilité de continuer l'exploitation sans de nouveaux subsides. L'État, qui avait fait déjà des avances, refusa tout nouveau concours, et la déchéance de la Compagnie fut prononcée, conformément à une clause du cahier des charges. Le Ministère, chargé des colonies, dut assurer directement la marche de l'entreprise, à dater du 1°' janvier 1888.