CHEMIN DE FEH ET PORT DE LA RÉUNION
son maximum en 1896 avec 92.000 tonnes, comme nous lavons vu.
En 1897, M. de Varinay était remplacé par M. Lebourhis, directeur actuel.
Son rôle, au point de vue administratif, lui a été tracé par le département. Il consiste surtout à assurer le contrôle financier de l'exploitation du chemin de fer par le pouvoir central, à le modifier dans ce sens, s'il existe déjà, à le créer là où il n'existerait pas.
L'initiative d'heureuses innovations a déjà été prise dans cet ordre d'idées par M. Lebourhis. Elles ont reçu l'approbation du département. On peut espérer qu'avant peu le fonctionnement de l'entreprise sera régularisé partout, et que dans le mouvement des recettes et des dépenses les règlements généraux de la comptabilité publique seront strictement observés.
Un programme de travaux au port et au chemin de fer a été dressé par M. Fontaneilles, ingénieur des ponts et chaussées, inspecteur des travaux publics des colonies, à la suite de son inspection de 1896-97. Les grandes lignes en ont été approuvées par le Comité technique du Ministère des colonies. Des projets ont été étudiés dans ce sens; la plupart ont reçu l'approbation ministérielle et sont en voie d'exécution.
Tout fait espérer que dans un petit nombre d'années l'outillage du port et du chemin de fer sera complet, et l'ère d'exploitation commerciale sera enfin, mais seulement, définitivement ouverte.
M. Lebourhis aura eu le mérite et la bonne fortune de conduire les choses à cet heureux résultat.
Port, le 28 mars 1899.
G. BiDEL,
Sous-Directeur du port et du chemin de fer de la Réunion.
Le signataire des lignes ci-dessus ne parle pas du rôle qui lui appartient dans la direction du port et du chemin de fer. Par un sentiment de modestie, il oublie que d'avril 1896 à avril 1897, il a été seul chargé de la direction. C'est pendant cette période que le trafic du chemin de fer a atteint son maximum. A différentes époques, M, le Sous-Directeur du port et du chemin de fer a eu à remplacer le directeur, notamment de septembre 1898 à mars 1899. C'est à cette circonstance que nous devons le travail si complet et si intéressant, publié ci-dessus. M. Bidel est d'ailleurs directeur des services techniques depuis 1892. et c'est lui qui, en cette qualité, a eu à élaborer tous les projets et à en assurer la bonne exécution.
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LES TRAVAUX PUBLICS
L'île de la Réunion, par ses accidents de terrain, provoqués par l'action volcanique et Taction érosive des ( \ux, est un pays, des plus pittoresques ; mais Tune des c nséquences dé ce pittoresque est que Touvertuie des r utes et la construction des ouvrages d'art ont rencontré de grandes difficultés et nécessité de grandes dépenses.
Les premières voies de communication remontent à 1720; c'étaient de simples sentiers de piétons destinés à relier les principaux centres de la nouvelle Colonisation (Saint-Denis, Saint-Paul, Saint-Pierre, Saint-Benoît).
Ce n'est qu'en 1825 que Ton entreprit, aux frais de la colonie, la construction des routes qui présentent le développement ci-après :
Route nationale de ceinture traversant tous les centres du
littoral Kilom. 232
Ancienne route nationale de Saint-Paul à Saint-Leu 27
Route du littoral entre Saint-Leu et Saint-Louis 18
Route de Salazie 25
Route de Saint-Benoît à Saint-Pierre par l'intérieur 73
Route de la Léproserie 3
Rarope des Chicots 5
Route H. Delisle, parallèle à la route de ceinture et ouverte à
des altitudes variant de 600 à 900 mètres. 58
Route de l'Entre-Deux. 10
Route de Gilaos 36
Route de Mafatte 2C
Route par le bord de la falaise entre Saint-Denis et la Pos-
session 12
Total 519
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A rexception des trois dernières, qui ne sont que des sentiers pour piétons et cavaliers, toutes ces routes ont de 6 à 10 mètres de largeur et sont empierrées.
En Tabsence de tout plan cadastral, il n'est pas possible d'indiquer exactement la longueur des chemins ouverts et entretenus aux frais des communes et des particuliers; aussi les chiffres donnés ci-après ne sont qu'approximatifs, mais inférieurs à la réalité.
Développement des chemins communaux 755
— — particuliers 1.598
L^ouverture des routes entretenues par la colonie, dans un pays volcanique^ tourmenté, accidenté et sillonné de cours d'eau, a occasionné l'exécution de nombreux ouvrages d'art.
A l'origine, c'est-à-dire de 1825 à 1839, on construisit trois grands ponts suspendus sur les rivières de l'Est, des Roches et Dumas ; les deux premiers furent détruits, par des crues d'eau, le troisième, dont la pile menaçait ruine, a été remplacé par un pont métallique fixe et remonté en 1865, avec une ouverture moindre, sur la route de Salazie à la Savane.
C'était le seul pont suspendu qui restait dans la colonie, lorsqu'en 1892, le Conseil général a voté le crédit nécessaire pour achever celui de la rivière de l'Est, dont les massifs de retenue et les portiques étaient exécutés depuis 1868.
Ce pont, achevé en décembre 1893, a été construit avec les derniers perfectionnements apportés par M. Arnodin^ constructeur à Châteauneuf-sur-Loire ; il a une portée de 150 mètres d'axe en axe des portiques, et son tablier est placé à 50 mètres au-dessus du lit du torrent.
Les plus anciens ponts de la colonie ont été construits
LE^ TRAVAUX PUBLICS 227
en bois, en raison de la facilité que Ton avait de se prp* curer, presque à pied d'œuvre, des bois de grandes dimensions et de bonnes essences ; il en existe encore actuellement 76.
La colonie a efitrepris de remplacer tous les ponts en bois par des ouvrages métalliques ou en maçonnerie, air fur et à mesure que leur reconstruction serait reconnue nécessaire.
Cette mesure s'imposait à cause de la rareté des boi& de bonnes essences.
C'est ainsi qiie de 1883 à 1899, on a construit 18 ponts^
en maçonnerie de 15 à 25 mètres d'ouverture, et 17 ponts métalliques, dont le principal, sur la rivière des Marsouins^ a 134 mètres d'ouverture.
Ce travail de substitution se continuera d'année en année, suivant les ressources du budget.
La colonie possède également plusieurs passerelles démontables, du système Eiffel, qui ont été construites dans les cirques de l'intérieur à des altitudes de 600 et 900 mètres.
Dans un certain nombre de torrents, on s'est borné à construire des radiers provisoires qui sont souvent détruits, mais rapidement rétablis ; ces radiers provisoires ont parfois un très grand développement, lorsqu'ils sont établis sur les cônes de déjection de certains torrents qu'il serait très coûteux de ponter, comme :
La rivière des Pluies, 1,000"». — Des Galets, 640'°. — Saint- É tienne, 800".
Dans un des bras de la ravine des Patates-à-Durand, à Saint-Denis ; dans la rivière d'Abord, à Saint-Pierre, et celle des Avirotis, à Saint-Leu, on a construit depuis plusieurs années, pour le passage de la route de ceinture.
des radiers submersibles en maçonnerie qui ont bien
tenu jusqu'à ce jour.
Edifices publics. — La colonie possède un certain nombre de bâtiments qui sont affectés aux services publics. Les uns, comme Thôtel du Gouvernement, que Ton a mis plus d'un siècle à achever, ont été construits sans plan arrêté à l'avance et avec des matériaux communs ; d'autres, remontant à l'époque de la Compagnie des Indes, ont un aspect lourd et disgracieux ; d'autres enfin, comme le Palais de justice, sont d'anciennes demeures particulières, acquises par la colonie et aménagées pour leur nouvelle destination. ,
Pour les constructions en maçonnerie, en dehors des bois, les matériaux abondent et sont de première qualité, mais difiiciles à travailler, à cause de leur résistance.
La pierre, généralement basaltique, provient de couches volcaniques refroidies.
Le sable, de même nature, provient des blocs détachés des versants des rivières et cirques intérieurs, et qui sont réduits dans leur marche vers le littoral lorsqu'ils sont entraînés par les torrents.
La chaux, de très bonne qualité, est fabriquée avec les coraux qui constituent des récifs sur plusieurs points du littoral dans la partie ouest de l'île.
Comme dans tous les pays volcaniques, on rencontre à la Réunion des dépôts de pouzzolane, mais ils sont rarement exploités, à cause du prix élevé de la main-d'œuvre et de leur peu de résistance lorsqu'ils sont employés avec des sables contenant des matières salines ou terreuses, ce qui est généralement le cas à la Réunion.
On préfère, pour les travaux hydrauliques, faire usage de ciments importés de la métropole, dont le prix de
LES TRAVAUX PUBLICS
revient est encore inférieur à celui de 1 exploitée sur place, et dont les résultats son
Travaux maritimes. — L"ile de la Réunioi port naturel, n'a eu, jusqu'à l'ouverture Saint-Pierre et de la Pointe-des-Galets , qi foraines presque toutes agitées. De là la néce. sur le rivage des appontements.
Trois de ces ouvrages ont été construits t tenus aux frais de la colonie :
Le grand débarcadère de Saint-Denis.
Le pont Labourdonnais.
Le débarcadère de Saint-PauL
En cas de cyclone, les chaloupes qui font la rade de Saint-Denis pour le débarquemeni n'ont, comme lieu de refuge, que le Barai Formé par une digue parallèle au rivage, do est à la charge de la colonie.
Pour l'atterrissage des navires, on a co phares sur le littoral.
Le premier, dont la construction remont< ëtabli sur la pointe de Bel-Air, au N,-E.; i Feu fixe visible à 30 milles, et sa position es comme suit : 20° 53' 11' de latitude Sud et longitude Est.
Le deuxième, construit depuis la création Pointe-des-Galets, à l'extrémité N.-O. de l'i par 20" 51' 35' de latitude Sud et 53° 62' de It [| possède un feu clignotant dont la po 15 milles.
Travaux hydrauliques. — De nombreux ca vation existent dans l'ile; ils appartienne munes, pour l'alimentation des villes, ou à
liers, pour l'irrigation ou la création de forces i Les établissements publics de la colonie sont i par des branchements appliqués sur les canaux i munes, suivant des conventions qui interviennent la colonie concède les eaux des cours d'eau.
Le budget local ne supporte donc que les frais tien de ces branchements. Pourtant, pour venir des communes pauvres, la colonie a fait exécu frais une conduite d'eau de 17 kilomètres pour i la commune de Saint-Philippe et plusieurs faarrt les lits des ravines de Saint-Paul, à charge, par munes intéressées, d'entretenir ces ouvrages à le
Actuellement, la colonie fait percer, à ses frais somme de 420,000 fr., un tunnel de 2,500 mèti servir de canal d'amenée aux eaux de la rivièi Denis destinées à l'alimentation du chef-lieu, plus assurée dans de bonnes conditions par 1' canalisation.
Établissements quarantenaires et sanitaires. — la colonie avait fait construire sur la berge sud d port de la Pointe-des-Galets une station sanitaire nant une étuve à désinfection à vapeur sous pr ■une salle d'exposition aux vapeurs sulfureuses.
Cette installation n'étant pas susceptible d'ag ■ment, en raison de sa situation à proximité des -de la jetée Sud, qui sont toujours en activité décidé, en 1897, dès que la peste a fait son appari l'Inde, que cette station sanitaire serait déplacé blie sur la berge ouest du bassin du port de la Pt l'emplacement qui a été reconnu offrir le moins -vénienls.
La nouvelle installation a été faite d'après un pn
LES TRAVAUX PUBLICS 231
fixé par. une Commission nommée par arrêté du 9 juin 1897. Elle comprenait : une étuve à désinfection à vapeur sous pression, une salle à désinfection aux vapeurs sulfureuses, deux hangars pour abriter les grains désinfectés et à désinfecter, une aire en maçonnerie pour l'exposition au soleil des grains, un logement pour le gardiez. Pour son fonctionnement, on devait faire usage d'un appontement affecté jusque-là aux Messageries Maritimes.
Ce mode de débarquement présentant de graves inconvénients^ une nouvelle Commission, instituée par arrêté du 22 août 1899, a décidé que la station serait munie d'un appontement spécial qui ne servirait qu'à l'accostage des chalands débarquant les marchandises, les navires ne devant pas entrer dans le port et rester mouillés sur la bouée. Elle a décidé, en outre, l'agrandissement de Taire pour l'exposition des grains au soleil, la construction d'un magasin spécial, hors clôture, pour recevoir les grains désinfectés, un logement pour le personnel employé aux manutentions intérieures, une salle de bains et de douches. Ces derniers travaux sont en cours d'exécution.
Deux lazarets sont construits dans la vallée de la Grande- Chaloupe, sur le littoral, à 10 kil. de Saint-Denis; les passagers qui doivent y faire quarantaine sont débarqués sur la plage au moyen d'un appontement.
Ces lazarels existaient lorsque le chemin de fer a été construit, et comme le littoral était un des points obligés du tracé, il en est résulté que la voie ferrée longe le mur nord du lazaret n** 1. Ce lazaret est destiné à recevoir des passagers de toutes catégories ; il possède un matériel approprié à sa destination.
On vient d'y construire un pavillon d'isolement, et on construit en ce moment un bâtiment pour bains et douches
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et un autre bâtiment pour abriter une étuve à désinfection à vapeur, sous pression, qui fonctionne déjà sous un abri provisoire.
Le lazaret n*" 2, situé à 300 mètres environ en amont du premier, est destiné aux immigrants et aux fonctionnaires du service de l'immigration.
En cas de nécessité, Tétuve du lazaret n** 1 pourrait servir pour la désinfection à faire des effets provenant du lazaret n'*2 ou qui lui sont destinés.
Établissements thermaux, — L'action volcanique sur le massif N.-O. ne se manifeste plus que par des sources minérales, thermales ou froides, sulfureuses, bicarbonatées, mixtes, ferrugineuses et magnésiennes, dont les principales ont été citées plus haut. »
Une route de voiture permet, en toute saison, Taccès de la station de Salazie (Hell-Bourg).
Pour se rendre aux stations de Cilaos et de Mafalte, on dispose de chemins de cavaliers ou de chaises à porteurs. Ces chemins, surtout celui de Mafatte, sont souvent impraticables, pendant la saison des pluies, par les éboulis et les débordements des rivières non pontées.
Les sources du Bras-Cabot sont d'un accès très difficile ; comme elles ne sont utilisées qu'en boisson, les piétons peuvent s'y rendre, pour y puiser Teau, par un sentier tracé dans un flanc de montagne de 700 mètres d'élévation et de grande déclivité.
M. le gouverneur Beauchamp, pour faciliter l'accès des sources de Cilaos, qui sont les plus abondantes et d'une grande thermalité, et dotées en outre d'un matériel complet, a fait étudier un tracé de route de voiture qui pourra être mis prochainement à exécution.
Ressources budgétaires. — Le budget des travaux publics
LES TRAVAUX PUBLICS
moyenne de 550,000 fr. par an ; il 00 fr. environ en 1899, en raison des [uî ont été effectués et de ceux qui ; Ltîon, pour la construction d'un hôpil louvelle canalisation pour Saint-Deni ninel des Travaux publics. — Le se:
iblics à la Réunion a été organisé pai neur en date du 26 décembre 1855.
irsonnel de ce service qni est, en m le la colonie, est reoruté, comme er 'examens dont les programmes son oie.
Brsonnel se compose de :
! Ingénieurs coloniaux, dont un chef • Conducteurs ; > Commis.
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