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LES DENRÉES COLONIALES — LE CHANGE LES MARCHANDISES D'IMPORTATION

Il n'est point de question qui soit plus importante et dont l'étude soit plus urgente. On peut dire d'une façon générale que la plupart des colonies manquent de maind'œuvre, soit pour les besoins agricoles, soit pour l'exécution de travaux publics exceptionnels.

La Réunion, principalement, souffre de cette pénurie de bras, et son agriculture se meurt littéralement faute de travailleurs : nombreux sont les champs laissés en friche, souvent même les cultures restent sur pied, faute de pouvoir être manipulées.

La population autochtone, du reste notamment réduite désormais par la levée des conscrits, reste réfractaire aux travaux de l'usine. Si quelques-uns consentent à aller aux champs, ils ne possèdent pas l'assiduité voulue pour la manipulation et la fabrication du sucre. En admettant même que les créoles soient assez nombreux, il faut toujours avoir recours pour ces travaux, qui demandent de la régularité, de l'assiduité et de Tapplication, à des équipes d'engagés.

Dans cette occurrence, d'où est-il possible de tirer la main-d'œuvre? De l'Inde? De l'Afrique? De l'Indo-Chine? De Java ?

L'Inde est le pays qui nous a fourni les plus nombreux,

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les plus dociles et les meilleurs travailleurs ; aussi les aspirations de la colonie se sont-elles portées de préférence de ce côté. La reprise de l'immigration indienne semblait assurée, à la suite de l'enquête de JI. Mackeusie, commissaire spécial du Gouvernement de l'Inde, de son rapport favorable, du nouvel accord projeté entre lui et notre gouverneur d'alors, M. Manès, accord quia été spontanément accepté par un groupe important d'agricultçurs, puis par le Conseil général. Mais une opposition opiniâtre de notre représentation' en empêcha jusqu'à ce jour la réalisation. Cette opposition se base sur ce que notre représentation considère comme une atteinte à l'égalité la quatrième clause du contrat, qui dit que ; les enfants issus d'immigrants indiens ne perdent pas leur nationalité et ne seront pas astreints au service militaire.

Cette raison ne semble être qu'un prétexte, car l'avantage de recruter quelques soldats de plus serait loin de compenser les avantages que retireraient la colonie et la métropole elle-même de l'introduction des travailleurs de l'Inde anglaise. Au surplus, ily alîeu d'exclure de l'armée les Indiens fils d'immigrants, parce qu'ils ne présentest aucune des qualités recherchées chez le soldat, ainsi que le démontre le rapport du médecin militaire Théron, qui a suivi les premières opérations du recrutement dans la colonie.

En maintes circonstances, le Conseil général, les Chambres de commerce et d'agriculture et le Syndicat agricole, en séances particulières et en réunion plénière, ont formé des vœux pour la reprise de l'immigration indienne i

1. Par suite d'une entente entre les dépiiKs de ia lîduniou, M. le Ministre des Colonies et M. le Gouverneur de Tlnde française, il y a lieu d'espérer c^u'une prochaine immigration pourra avoir lieu entre l'Inde française et la Réunion (Note de l'Éditeur).

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