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III. — Produits des Forêts de la. coloin

ute de statistique et d'un contrôle quelconq merce des bois dans la colonie, il est îm e approximativement, d'évaluer le chifTrf ve la consommation du bois dans le pa; ons dire que cette consommation a été et es grande. Jusqu'à ces dernières années, presqi maisons et bâtiments quelconques étaient ci trement en bois; charpentes, bordées, toi

construit avec le bois. La plupart de nos p< ement construits en bois. L'exploitation du cl st venue ensuite demander à nos forêts de itités de traverses,

consommation du paysen bois de chauffage is considérable. La houille et ses dérivés y ! consommés; bien rares sont les usines qui it. Toutes nos usines à sucre brûlent du ffage, et toute la population n'emploie, poui i du ménage, que le bois à brûler et le ch , L'industrie de l'extraction des essences

la colonie depuis quelques dizaines d'année né une quantité considérable de bois de cl . à cette industrie, principalement, que nou: léfrichemeuts opérés sur une grande éch ières années, dans les forêts des particuliers

grande étendue de la colonie primitivemeni is grande richesse des peuplements qui recc surfaces boisées, et la force de végétation [■égions intertropicales expliquent comment l'île de la Réunion ait pu, jusqu'à ces d

* années, satisfaire presque entièrement à tous ses besoins en bois de construction et en bois de chauffage.

Ses forêts fourriissaient des bois de premier ordre à toutes les branches de la consommation.

Les bois de charpente de première qualité étaient fournis par le bois puant, le bois de fer, le petit natte, le benjoin, le bois noir des hauts, les bois d'olive. D'autres essences, telles que le bois de bassin, le bois de nèfle, le tamarin des hauts, le pêcher marron, le bois rouge, le tacamaca, fournissaient également des bois de charpente très estimés, quoique de qualité inférieure aux premiers.

Des bois de sciage de tout premier ordre étaient fournis par le bois de fer, le petit natte, le grand natte, le bois de bassin, les bois d'olive. D'autres, de qualité moindre, étaient ceux tirés du tamarin des hauts, du bois rouge, du tan rouge, du bois de cannelle.

Les bois de charronnage nous étaient fournis par le petit natte, le bois de gaulette^ le bois noir des bas (Acacia Lebbeck), cette dernière essence importée dans la colonie depuis de nombreuses années et aujourd'hui complètement naturalisée.

Les bardeaux dont sont recouvertes nos maisons sont les seuls bois de fente utilisés dans le pays. Ils sont fournis par le petit natte, le bois de fer, le bois maigre^ le tamarin des hauts, le mapou, le bois d'olive, le bois de, rempart.

L'ébénisterie avait à sa disposition un choix des meilleurs bois connus pour cette industrie, dans ceux du grand natte, du bois de fer, du petit natte, des bois d'olive, du tamarin des hauts.

Le tacamaca et le tamarin des hauts nous fournissaient enfin d'excellents bois de marine.

Telle était, il n'y a pas très longtemps encore, la situî^-

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tion très prospère de la colonie, au point de vue de la production du bois. Nous ne faisons guère remonter à plus de quarante ans le commencement des exploitations à outrance qui ont amené la ruine des forêts du pays. Jusque-là, la colonie avait été très prospère ; les produits de son agriculture abondants et vendus à des prix rémunérateurs suffisaient au delà du nécessaire aux besoins des habitants ; Taisance était partout. Si Ton touchait aux riches forêts qui existaient encore à cette époque, c'était pour en retirer les matériaux indispensables à Tentretien des maisons et. aux constructions nouvelles. Bien rares étaient ceux qui exploitaient alors leurs forêts dans un esprit de lucre. On s'adressait bien à la forêt, également, pour avoir le bois de chauffage nécessaire aux usines et aux besoins des ménages: niais alors la main-d'œuvre était abondante, et Ton n'hésitait pas à s'en servir largement pour ne retirer de la forêt que les bois morts gisant accumulés par les siècles. Depuis lors, arrivèrent les mauvais jours. La valeur marchande des produits du pays est allée s'avilissant chaque jour. La main-d'œuvre se fît de plus en plus rare. L'Hemileia vastatrix nous fut ensuite importée et détruisit noscaféières si riches autrefois. Pendant Ces temps de crise aiguë, il fallut vivre, et, comriie toujours en pareille occasion, la forêt en fît les frais dans une large mesure. On l'exploita de tous côtés et sans méthode. Des équipes d'ouvriers étaient envoyées dans la forêt, sans surveillance, avec mission de façonner le plus de matériaux possibles. Livrés à eux-mêmes, ceuxci remplirent à merveille leur mission de destruction. Ils s'attaquèrent d'abord aux arbres les plus faciles à exploiter, c'est-à-dire aux jeunes et à ceux des âges intermédiaires d'un débit facile. Les autres, plusieurs fois centenaires, aux dimensions très fortes, ne furent exploi-

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tés que plus tard, lorsque tous les âges intermédiaires avaient disparu, et avant qu'un nouveau semis eût pris possession du sol. Ces arbres très âgés et dépérissants avaient passé Tâge de la fructification, et il ne fallait plus compter sur eux pour la régénération de la forêt. On ne songea d'ailleurs jamais à cette régénération. L'étage dominant détruit, on s'attaqua au sous-étage qui disparut à son tour. Les défrichements vinrent ensuite pour livrer des terres nouvelles à l'agriculture. La hache et le feu firent conjointement leur œuvre pour faire reculer sans cesse la limite de la zone boisée.

Les faits qui précèdent font comprendre comment il se fait que les bons bois de construction soient devenus rares sur les marchés de la colonie, et que la production du pays ne suffise plus à sa consommation.

Dans l'état actuel des choses. Ton ne trouve en assez grande abondance sur le marché que des bois fournis par le tamarin des hauts, le tan rouge^ le bois de bassin, le bois maigre et quelques autres essences du sous-étage. Le bois puant a disparu du marché. Le bois de fer y est devenu très rare. Les nattes s'y raréfient de plus en plus.. II en est de même du benjoin, du bois d'ébène, et des autres essences précieuses qui faisaient autrefois la richesse de nos forets.

Le tableau ci-dessous donne les prix courants actuels des bois façonnés sur le marché de Saint-Denis. La vente des bois en grume n'est pas usitée dans le pays:

Bois de feu — Très rare, prix suivant convention.

Débit en bois de charpente, 150 fr. le m^*

— traverses, 150 fr. le m^ Petit Natte ^ — bois de sciage, 300 fr. le m^.

— bois de fente (bardeaux), 55 fr. le millier.

Grand Natte

Bois de bassin

Tamarin des hauts

Débit en madriers, 210 fr. le m^

— planches, de 320 à 360 fr. le m^ Débit en bois de charpente, 90 fr. le m^.

— bois de sciage, 160 fr. le m*.

Débit en madriers, 105 à 126 fr.

— planches, 140 à 160 fr.

Débit en bois de charpente, 80 fr. le m*.

Tan rouge . i, • j • 4 oa r

— bois de sciage, 120 fr.

Bois rouge — Débit en bois de charpente, 80 fr. le m*.

S Débit en traverses, 100.fr. le ra^.

^.„ .... — bois de fente (bardeaux), 30 fr. le

( millier.

Bois de lousteau et autres essences, formant le tout bois du commerce, 70 à 90 fr. le m^.

[ Débit en jantes, 315 fr. le m^ Bois NOIR DES BAS < — bois pVoprc à la confection des

( moyeux, 175 et 200 fr. le m^.

Il ressort de ce tableau que les bois de sciage ont dans la colonie une valeur beaucoup plus grande que celle des bois de charpente et de menu service. La liaison en est que les troncs ayant le diamètre voulu pour être débités en madriers et en planches deviennent de plus en plus rares, tandis que les bois de charpente que Ton trouve dans le commerce sont généralement confectionnés avec des bois bruns de faible diamètre qui sont plus communs dans les forêts des particuliers. Ces bois de charpente confectionnés avec de tout jeunes arbres contiennent généralement une grande proportion d'aubier et n'ont dès lors qu'une faible valeur.

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