ENQUÊTE SUR L'AVENIR DE LA COLONIE
Avis de M. Léon Golson, président de la Chambee d'agriculture. — Les réformes que demandent la Chambre d'agriculture et le Syndicat central agricole, ont été exposées dans une brochure parue en 1894 et que vous, retrouverez sans doute avec M. Bouflet, ingénieur au Crédit foncier colonial. Elles sont plus nécessaires que jamais, mais la question la plus urgente à résoudre est celle d'une immigration quelconque, en particulier de l'immigration indienne; cette question domine toutes les |
autres, qui, sans elle, ne donneront aucun résultat, car, si ^
dans un bref délai, en 1900 même, on ne peut introduire 1
des travailleurs étrangers, la production de la colonie continuera à décroître, et la richesse publique aussi bien que la richesse privée marcheront rapidement vers la |
ruine. C'est un véritable cri d'alarme, que nous poussons |
aujourd'hui au nom de l'agriculture, l'âme de notre pays; |
puisse-t-il être entendu de ceux qui peuvent nous donner ■)
une prompte satisfaction !
Avis DE M. HuGOT, CONSEILLER GENERAL. — Une Comparaison est facile à établir qui n'est pas en faveur de la situation actuelle de notre île :
Il y a trente-cinq ans, même il y a trente ans, la Réunion possédait soixante-deux mille travailleurs immigrants qui lui étaient fournis et renouvelés par un mouvement continuel d'immigration.
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A cette époque, sa production annuelle e s'élevait à 60.000 et même 70.000 tonnes, annuelles de café étaient toujours d'un chifFi
Son commerce, alimenté par une agrîcultur père, était en conséquence très (lorissant.
En résumé, la prospérité générale de r était telle, qu'une grande aisance régnait s étendue.
Depuis l'année 1882, l'immigration indier qui existait, ayant été arrêtée par l'oppositioi terre, le nombre de nos immigrants a dJmîi qu'il se trouve réduit aujourd'hui à 18.000 en absolument insuflîsant pour les besoins de culture.
N'ayant plus à leur disposition les bras int nos propriétaires se sont trouvés dans l'abso de diminuer leurs plantations. Notre produci s'est trouvée atteinte à ce point que notre prin< le sucre, est tombé à 39.500 tonnes, et que, notre récolte ne dépassera guère 30.000 toni elle arrive à ce chiffre.
Ce manque de travailleurs est poussé h un ce moment, que nombre de nos usines n'ont leurs récoltefi aux époques habituelles; que d' breuses aussi, ne pourront les finir, et se tro la très pénible obligation de laisser beaucou sur pied, ce qui est une autre cause de grande; nos propriétaires!
Ce n'est pas tout! Les travailleurs sont devi que, pendant les cinq et six mois de mani usines elles-mêmes ne peuvent plus être nombre d'hommes indispensables à lafabricat pendant ce même temps, il n'est pas un seul
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|ui réussisse à rallier le plus petit nombre de journaliers lour entretenir ses champs dans l'état de propreté nécesaire à leur bonne végétation.
Les conséquences de ce manque de travailleurs frappent le suite l'esprit : diminntion considérable dans les proluits de nos usines ; diminution aussi de la production lar les champs que leurs propriétaires ne peuvent entreenir. Il en est de même de toutes nos autres cultures, afé, vanilles, maniocs, etc., etc., qui ne peuvent recevoir es soins indispensables faute de bras.
Une comparaison qui s'impose et qui fait bien ressortir a situation tout à fait inférieure de noire colonie, est ce |ui se passe à Maurice, notre voisine de l'océan Indien :
Les Anglais, toujours très soucieux de la prospérité de eurs colonies, se sont de tout temps préoccupés de fournir le nombreux travailleurs les propriétaires de Maurice, lussi la production de cette lie augmente dans des prolortions considérables. Après être restée quelques années ntre 125.000 et 140.000 tonnes, ses deux dernières récoltes iennent chacune de s'élever à 180.000 tonnes! Aussi quel nouvement! quelle prospérité l'on constate dans cette île i rapprochée de nous!
Notre gouverneur, M, Beauchamp, a si bien compris 'importance de procurer des travailleurs agricoles et utres à la colonie qu'il est chargé d'administrer, qu'il n'a tas hésité à solliciter du Ministre la mission qu'il est allé emplir au Tonkin, dans le but de lui procurer les immigrants qui lui sont indispensables. Les vœux de tous nos labitants l'accompagnent pour la réussite complète de sa nission.
Ma conclusion, que j'ai déjà exprimée dans la séance lu Comité d'Exposition du 12 août dernier, est que notre lelle colonie, jadis si prospère, est vouée à une ruine
certaine, et dans un bref délai, si le déparleme chargé de ses destinées ne lui donne pas prom bonne immigration qu'elle ne cesse de lui den: puis près de vingt ans.
Avis de M. Dolabahatz, directeur du Créd
COLONIAL, VICE-PRÉSIDENT DE LA ChAMBRE d'aG
— L'avenir de cette colonie peut être prospèr plusieurs conditions^ qui sont, selon moi :
i" Suppression de la représentation au Parler
2" Substitution au lycée de la Réunion d'un étal d'instruction professionnelle tenant à la fois commerciales, des écoles d'agriculture et des é* et métiers ;
3° Réduction, par tous les moyens possib consommation de l'alcool;
4" Inamovibilité du siège et de la fonction pi gistrature ;
5° Création d'une source de recrutement de tr pour assurer à bref délai à la colonie les bi manquent ;
6" Cessation absolue des opérations que le ' en concurrence avec les banques privées et qu effet de compromettre les intérêts de la Bai Réunion ;
7° Émission, par la Banque de la Réunion, c naie divisionnaire d'argent, du même module e titre que les monnaies similaires françaises;
8" Substitution de l'inspectorat des finances torat des colonies.
Avis de MM. Isautier frères & C'«. — A l'avenir de la colonie ne dépend que des progi agriculture et des industries qui en dérivent.
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Deux choses sont indispensables à sa prospérité :
La reprise de Fimmigration qui devra lui donner les ouvriers qui lui manquent, et le dégrèvement total, à leur entrée en France, pour ses produits qui n'ont pas de similaires.
Avis de m. Garsault, délégué spécial de la colonie A l'Exposition universelle de 1900. — Une immigration régulière, constante et saine, afin que les grandes propriétés soient toujours pourvues des travailleurs indispensables; — un change favorisant la production locale, compensant le peu de valeur réelle de la main-d'œuvre et d'autant plus élevé que la journée de travail agricole est plus payée; — l'éviction des commerçants chiuois ou l'application de moyens économiques propres à empêcher l'envoi en Chine des bénéfices réalisés dans le pays; — la meilleure partie du contingent militaire faisant son service en France, afin de puiser à la source même les idées et les habitudes de travail et d'économie de la mère-patrie, de connaître le reste de la terre autrement que par ouï-dire, et de comprendre, une fois de retour ici, les progrès nécessaires dans toutes les branches de l'activité coloniale et la meilleure utilisation des ressources du pays en vue de l'exportation ; — l'assimilation aussi complète que possible de la Réunion à un département français et par conséquent la suppression des droits de douane pour les produits de la Réunion à l'entrée en France et pour les produits de la mère-patrie à la Réunion ; — les statistiques foncières, cadastrales, commerciales et industrielles soigneusement établies par la Chambre de commerce ; — les statistiques agricoles mises à jour par la Chambre d'agriculture ; — un reboisement continu, non pas sur le littoral^ où il est nuisible, parce qu'il empêche l'action vivifiante des brises du
dans les hauts, et comprenan eucalyptus et les pins, mais ■atîque, les arbres rustiques pommiers â cidre, merisie nqiiinas, campéche, gaïac, s:
de vignobles reprise par le îs cirques de rintérieiir et ai ■maies mises à la portée de vec tout le confort et même It et retenir nos voisins ; — l'éta orologique au Grand-Bénard casées presque uniquement I moyen de l'établissement d bacs; — le nombre des fonct lement et leur responsahilit ement actif, aux idées lar e bon sens, sévère envers le rers ses administrés, constar 'installation du lycée non p is à l'abri des épitiémies, mais ■> hauts où les enfants puisser ps et leur intelligence ; — la itilisée, en dehors des forêt s fermiers bretons, berrichor •levage, et, dans les terres rie de luxe, tels sont les moyens a colonie un avenir prospère
DOCUMENTS ANNEXES