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L'ÉLEVAGE PES ANIMAUX DE L'ESPÈCE BOVINE

Les animaux de Tespèce bovine étant les plus nombreux et ceux qui rendent le plus de services pour le travail de la culture à l'île de la Réunion, c'est de leur élevage que nous nous occuperons spécialement. L'on trouve égale-^ ment sur les habitations un grand nombre de mulets, mais ces animaux coûteraient plus cher à élever jusqu'à l'âge de 4 ou 5 ans, âge auquel ils peuve^it rendre des services, qu'on ne les paye quand fls arrivent de la République Argentine, d'où on les amène généralement ; je crois donc que, sauf pour quelques grands propriétaires qui peuvent en élever un certain nombre pour les utiliser sur leurs propriétés, l'élevage de ces animaux ne peut pas se faire en grand, et que pendant longtemps encore il faudra se résigner à en introduire de l'extérieur.

Il n'en est pas de même pour les animaux de l'espèce bovine, surtout aujourd'hui que nous sommes menacés d'être privés des envois de bœufs de Madagascar, où ils deviennent de plus en plus rares depuis que par suite des épidémies terribles de typhus qui ont eu liew au Transvaal et dans les Républiques sud-africaines, les envois deins ces pays se soiit chiffrés par milliers.

Il y a seulement quelques années les animaux de

l'espèce bovine étaient si nombreux dans cette colonie qu'il nous était envoyé des bœufs de 3 ou 4 ans pour 50 à 60 fr, ; aujourd'hui les mêmes animaux, mais ayant 18 mois à deux ans seulement, sont vendus 150 et 160 fr. Comme à <;et âge ils sont encore incapables de travailler aux rudes travaux auxquels on les destine et qu'il faut encore les garder près d'une année pour les acclimater et les habituer aux travaux qu'ils devront exécuter, dans ces conditions il y aurait avantage à en élever dans le pays. Mais une question très importante se pose alors : quels sont les animaux de l'espèce bovine dont l'élevage donnerait les meilleurs résultats? Il y a actuellement à la Réunion des bœufs appartenant à 3 types différents ;

Le bœuf de Madagascar, le bœuf Mascatc ou Moka et le bœuf du pays.

Les bœufs de Madagascar sont des animaux de tai"~ moyenne, généralement noirs ou rouges ou de l'une ces deux couleurs mélangée de blanc; ils ont le front étro 4es cornes en croissant ou en lyre très développées et s le garrot une loupe énorme formée par une agglomérat! de graisse; les reins sont courts et la queue attach haut. Leur poids atteint rarement plus de quatre à ci cents kilos, et il est souvent bien inférieur à ces cliiffrt ces animaux ne sont pas très robustes, et si on leur dema dait un travail très fatigant, ils seraient promptemt usés, il faut les faire travailler avec ménagement. J remarqué, depuis que je suis appelé à en soigner un gra nombre, qu'ils sont plus sujets que les animaux de n'i porte quelle autre race, à la tuberculose ; dans les quartit de Saint-André, Saint-Benoît, Sainte-Rose, Saint-PI lippe, où les pluies sont fréquentes, ils ne résistent [ longtemps; donc pour moi, ce n'est pas de ce côté qi faut chercher des reproducteurs.

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Les bœufs Moka sont appelés aussi bœufs mascates, parce qu'ils viennent d'Arabie et sont généralement embarqués à Mascate; mais il n'en est amené que très rarement, la grande partie de ceux qui existent dans la colonie descendent de quelques vaches et taureaux que Ton a introduits dans le pays en 1820 et qui ont fait souche.

Ils sont plus petits que les bœufs de Madagascar, ils ont des cornes en croissant très petites, la poitrine large, sont plus bas sur pattes et plus épais que ces derniers et ont une loupe très développée sur le garrot.

Ces animaux sont très bons pour le travail, très endurants, ils viennent mieux dans les régions hautes que le bœuf malgache. Peut-être pourrait-on arriver à les élever dans ce pays, mais il est très difficile de s,e procurer des reproducteurs.

Les bœufs dits du pays, sont des animaiix qui descendent de taureaux et de vaches importés de France par quelques grands propriétaires ; ils n'ont pas de caractères communs^ ils tiennent naturellement de leurs ascendants ai se reconnaissent à première vue des sujets de Madagascar et de Mascate par l'absence de bosise sur le garrot.

Ils ne sont pas très nombreux, car jusqu'à présent, à cause de la facilité que l'on avait d'en faire venir à peu de frais de Madagascar, l'on a toujours regardé à faire la dépense nécessaire pour faire venir un nombre suffisant de taureaux et de vaches pour pouvoir être la base d'une production sérieuse. Mais dans ce pays, où sans avoir des prairies naturelles ou artificielles, l'on a des plaines assez étendues comme la plaine des Cafres, la plaine des Palmistes et beaucoup d'autres endroits où il y a des plantes très bonnes pour la nourriture des animaux de Fespèce bovine (voir la liste plus loin), les ressources ne manquent pas.

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Dans un pays où il y a tous ces éléments, en dépensant un peu d'argent pour faire centaines de vaches et un certain nombi reaux de France, d'arriver d'ici peu de te:

avoir besoin de demander d'animaux de ] à Madagascar, c'est-à-dire à nous snflire. ' que la commune la plus importante de l'î Denis, je veux parler de Saint-Pierre, se si même. Mais c'est la seule : dans tous les a l'île, quand l'on est seulement un mois d'animaux: du dehors, les bouchers ne ( trouver de la viande.

Maintenant quels seraient les bœufs qui mieux dans ce pays ?

Après avoir bien étudié les diverses i plantes qui y viennent, je croîs que c'esl bœufs de Salers, et après, avec les Garoi arriverait au meilleur résultat, ces bœufs tiques et d'un acclimatement facile ; mais ai une détermination ferme, l'on pourrait expériences, et pour cela il faudrait dans p de l'île mettre à la disposition des planteur de dift'érentes races, et l'on pourrait aii résultats au bout de quelques années.

NOTES SUR LES MALADIES CONTi DES ANIMAUX DOHESTIQU

Les maladies contagieuses sur les ani rares à l'ile de la Réunion. La rage, le rou fièvre aphteuse, la dourine, la peste bovin

DOCDMEKTS A.I4NEXES

fait inconnus, la morve et lefarcin ne s'y rencontrent très rarement, et quand on en constate un cas, en rer tant à la source, l'on voit que l'anima! qui en est atl a été importé récemment et avait, en arrivant dan! pays, le germe du mal en lui; jamais l'on n'a constat) cas de morve ou de farcin chez un cheval, un mule un âne importé depuis plus d'un an dans la colonie. 1 peut donc affirmer d'après les recherches que j'ai ff que toutes ces maladies sont étrangères au pays, ce est d'autant plus surprenant que pour la rage, par exem on en constate de nombreux cas à Maurice et à M: gascar dont les climats diffèrent très peu du nôKe, et tous les ans l'on reçoit par les paquebots venant d'Eui des centaines de chiens : malgré cela, de mém d'homme, l'on ne se rappelle pas avoir vu un cas de i dans l'ile. Mais, il y a deux maladies qui sont très c munes sur les animaux de l'espèce bovine et surtout ]es bœufs venant de Madagascar. Ce sont la tubercu et la fièvre charbonneuse.

De la première, je parlerai peu, car elle présente i' tiquement les mêmes symptômes et la môme marche sur les animaux des espèces françaises; j'ai simpler remarqué que te bœuf malgache y est beaucoup plus disposé que celui de toutes les autres espèces, et que cent bœufs atteints de tuberculose, il y en a au m quatre-vingts appartenant à la race malgache; au contri les bœufs du pays y sont bien moins sujets que ceux races françaises. La deuxième maladie contagieuse fait beaucoup de ravages sur les animaux de l'es| bovine est la fièvre charbonneuse, l'on peut même qu'elle existe à l'état endémique dans certains endr dans les hauts de Saint-Paul par exemple, oii elle fait apparition tous les ans à l'époque des grandes chaleii

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Les changements qui s'opèrent dans la ce physique de l'air à cette époque, les modificati impriment à la sanguinîQcation et par suite à autres fonctions donnent naissance sans doute : disposition qui fait que les animaux, sous l'inl causes<dont l'essence intime nous échappe, d aptes à contracter les maladies charbonneuses. L'altération des fourrages produite égaleme soleil ardent de cette saison, pourrait bien avoir influence sur le développement de cette terriblï et ce qui me fait penser ainsi, c'est qu'un abais! température, une pluie passagère amènent so ralentissement de l'enzootie trharbonneuse.

Les symptômes sont les mêmes que ceux que tatés en France, mais avec cette différence qu bablenient due au climat, c'est que les animau) en une ou deux heures. L'animal cesse de man ruminer, a des frissons, des sueurs partielles, < blements, la peau est sèche, le poil piqué, la pi est extrême, la marche chancelante, puis Tanin en expulsant des matières sanguinolentes par meurt, comme je le disais plus haut, en une oudeu avant que l'on ait eu le temps d'essayer un tr même quelquefois de s'apercevoir qu'il est malac 11 n'y a donc de différence entre la fièvre charl qui existe ici et celle qui faisait tant de ravages i tains départements de France avant la décou' l'illustre Pasteur, que dans la durée de la maladie donc qu'il serait bon, dans l'intérêt des propriétî arriver à faire ce que l'on fait dans ces dépa français, c'est-à-dire de faire inoculer préven tous les animaux que l'on achète pour le travail t ture: l'on arriverait ainsi à faire disparaître cettt

DOCUMENTS AKNEXES

maladie, et alors, à part la tuberculose, non

plus de maladie contagieuse à l'île de la Réuni

J. Gaut

Médecin-vétérinaire ù Sainl-DeniB {Réunion), ei-véléri principsl de Puris et du départemei

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