‹ Notice sur la rivière Rouge dans le territoire de la Baie-d'Hudson [microforme]Chapitre 2 sur 6 · RIVIERE ROUE · texte numérisé non relu

RIVIERE ROUE

La Rivière, Ronge étant peuplée en grande partie de Canadiens où de leurs descendans, le clergé étant Canadien aussi et tenant encare à P'archevèché de Québec, doit naturellement intéresser le clergé et le peuple du Canala. Tls voyent dans ce pays des compatriotes et des frères qui se rattachent à éux, surtout sur le point de vue religieux. Nous pensons donc fane plaisir à. nos compatriotes, en donnant quelques détails sur une colonie dont on a beaucoup parié autrefois et dont on connaît peu l'état actuel, Comme tous les nouveaux étal lissemens, elle a grandi et elle a pris peu à peu les accroissemens que permet sa position géographique. Située au milieu du continent de l'Amérique du Nord, sans débouchée pour lexportation de ses produits, elle n’attirera sans doute jamais une grande émigration des pays étrangers, qu’elle pourrait néanmoins nourrir, mais non enrichir.

Cette colonie date de 1811 ou 1812 : elle fat fondée par feue sa seigneurie lord Selkirk qui y envoya des colons tiré d’Ecoxse. Elle rencontra de grands obtacles à son établissement,de la part de la compagnie rivale de celle de la Baie d'Hudson : on <e querella, onse pilla, enfin on en vint aux armes, et dans un combat livré en juin 1816, dix-neuf personnes perdirent la sie, parmi lesquelles était le gouverneur de a compagnie. Miülord Selknk était venu en Canada avec sa famille, afin de suivre de plus près les affaires de su æolonie ; il fit même le voyage de la Rivière Rouge. Il seirendit en 1816 au Sault Ste. Marie et delà au fort William, sur le lac Supérieur, principal dépôt des pelleteries de la compagnie du Nord Ouest, 1! Sempara de ce fort et y passa l'hiver. En 1817, il se rendit à la Riviere Rouge et revint en Canada par les Etats-Unis, en voyageant à travers les prairies, pour ‘atteindre le Mississipi. À son rétour, il intenta un procès à la compagnie du Nord-Ouest; ce procès fit retentir" les tribunaux du Haut et du Bas-Canada, entraîna des dépenses énormes, et fut ensuite transporté en Angleterre où il.ne fut jamais jugé.Pendant son séjour àla Rivière Roug:, Lord Selkirk s’apercevant que cette petite population, composée en bonne partie de Métis, manquait de principes religieux et moraux, fit signer par les catholiques du lieu une requête à l'évêque de Québec pour demander des prêtres. Mgr. J. O, Plessis qui,depuis longtemps, cherchait le moyen de faire prècher l’Evangile dans ces parties éloignées de son diocèse, saisit cetle occasion, et au printems 1818, M. J. N. Provencher, alors curé de Kamourasko, fut envoyé comme chef de la mission,avec le titre de vicaire-général ; il eut pour com-

pagnon M. S. J.N. Dumoulin, alors vicaire de Québec ; M. Wm. Edge,

à NOTICE SUR LA RIVIÈRE ROUGE

ebclésiastique, fat adjoint comme catéchiste. Ils quittèrent Myntréal le 19 fai, etarrivérent à la Rivière Rouge le 16 juillet. Cette colonie dévastée pendant les troubles précédens était l’émblêine de la pauvreté, et en réalité elle réunissait toutes les privations de la vie. Traités avec beaucoup d’égard et de politesse, mangeant à la table du gouverneur de la colonie, les. missionnaires ne furent point exempts de prendre part aux privations du pays : on ne voyait sur cette table ni pain, ni légumes, mais uniquement de la viande de vache (bison), séchée au soleil ou au feu, ou du poisson ; il n’y avait point de lait, point de beurre, souvent même point de thé, ni de sucre.

, Dans ces années lä,on semait à la pioche ; les champs n’avaient guère plus d’étendue que les carrées d’un jardin, on’ semait plus pour ävoir de la semence pour une autre année, que dans l’espérance de manger les fruits de son travail. Le peu'de grain qui avait été semé cette année,1818, avait trèsbelle apparence, lorsque, le 3 d’août, des nuées de sauterelles s’abattirent sur une très gran:le étendue du pays, et détruisirent tous les grains et légumes. Pendant qu'elies faisaient ce dégat,elles déposérent leurs œufs dans la terre et ensuite elles w’envolèrent pour aller mourir ailleure. Au printems de 1819,tous ces œufs produisirent des sauterelles, qui rongèrent la végétation jusqu'à la fin de juillet et au commeneement d’août.Etantalors munies de leurs ailes, elles s’envolèrent dans les airs,en telle quantité que les rayons du soleil le plas ardent ne faisaient pas cligner l’œil qui regardait avec joie le départ d’hôtes aussi malfaissns. 11 n’y eut aucune espèce de récolte cette annéelà. Au printems de 1820, chacun s’empressa de semer une partie du grain qu'il avait en réserve, car on avait toujours soin alors d’en réserver un peu. La saison fut favorable, tout poussait à merveille, l’espérance de l’avenir faisait oublier le malheur passé, lorsque, le 26 juillet, il tomba encore une pluie de sauterelles ; elles changérent la joie en tristesse : tout fut détruit,des œufs en quantité prodigieuse furent déposés dans la terre, et l’année 1821 fut encore sans verdure jusqu’au mois d'août. Ces suuterelles s’introduisaient partout et masgeaient tout,le linge,le drap, etc., il ne fallait rien laisser à leur portée. Depuis 1821,on n’en a pas vu pour faire tort : mais il ne restait plus de semences, le gouverneur de la colonie en envoya chercher à la Prairie du Chien,sur le Mississipi ; elles arrivèrent trop tard pour être semées la même année. On apporta aussi de la Prairie du Chien quelques poules qui se sont considérablement multipliées. Il n’y avait plus d’animaux domestiques, ceux qui avaient été envoyés d'Europe, avec les premiers colons, avaient été dé-. truits dans les troubles précédens. Le peu de grain, qui avait été apporté de la Prairie du Chien, fut distribué aux habitans qui s’empressèrent de le cultiver avec soin, afin de procurer des semences plus abondantes. Tout allait de mieux en mieux, sans pourtant être exempt de quelques fléaux,cha-" que année : des souris,en quantités prodigieuses,frent de grands dégats dans les champs, elles coupaient le grain par le pied, et mettaient cette paille par petits bouts, sans paraître chercher à se nourrir de l’épie. 11 n’y avait pas encore de chats pour faire la chasse à cette vermine ; on en eut plus tard et ile rendirent de grands services. Heureusement il n’y a point de rats dans ce pays là ; il n’y a point non plus de punaises. |

Quelques particuliers firent venir, des Etats-Unis,quelques paires de bœufs

et quelques vaches en 1822. Une vache, se vendit 25 louis. En 1825,

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louis. Elles se sont considérablement multipliées depuis et le seraient encore bien plus, si le cultivateur avait la perspective d’une vente avantageuse,

. En 1825,ja neige tomba en abondance,le 15 octobre,et demeura sur la terre; ilen tomba beaucoup pendant l'hiver qui fut un des plus froids qui ait été

vu depuis 95 ans ; elle fondit tout à coup, vers la fin d’avril.L’eau s'était déjà élevée à la hauteur des côtes,lorsque la glace,qui avait encore toute son épais- | seur fut entraînée par la violence des eaux, elle ne suivait pas le cours de la rivière qui est très tortueux, mais, fuisant chemin droit, elle râsait arbres et édifices qui re trouvaient sur son passage. Chacun se sauva vers les lieux élevés, sans savoir s’il était à 1 abri des effets d’une inondation qui continua de croître graduellement pendant près d’un mois. L'eau s étendit très au loin dans les plaines qui bordent la Rivière Rouge ; y avait 5 pieds d’eau à l’église de St. Boniface, qui est le lieu le plus élevé à plusieurs lieues à la ronde. On ne pouvait point prendre de poisson, seule ressource du peuple dans le printems ; la misère était grande : elle avait été accélérée par l’arrivée inattendue d’un bon nombre de familles qui passaient ordinairement hiver dans les prairies, pour vivre dé la chasse de la vache qui se tenait à | petite distance de la Rivière Pinibina. La vache disparut totalement, la famine se fit sentir, il mourut dix ou quinze personnes de faim. Toutes les familles seraient mortes, si la compagnie n’eut envoyé au-devant ,d’elles des provisions qui arrivèrent trop tard pour plusieurs. La terre ne fut découverte à l’église de St. Boniface, que le 20 juin ; il était trop tard pour semer, l’orge seule parvint à maturité à l’aide des chaleurs de juillet,qui se firent sentir en septembre. La prenière gélée arriva le 17 septembre, cette année-là, et c’est l’époque la plus reculée de son apparition, depuis 25 ans : une fois, elle s'est fait sentir le 2 du même mois, etle plus souvent c’est du 7 au 8 qu’elle vient mettre fin à l'espérance du cultivateur.

Les colons se trouvant sans provisions et sans habitations furent forcét de s'éloigner : une partie émigra aux Etats-Unis ; le reste se dispersa dans les lieux de chasse et de pêche, en attendant qu’ils pussent recn'struire leurss maisons et se procurer leur nourriture, par la culture de leurs isrmes ; ce qui prit plusieurs années. Personne ne perdit la vie dans cette inordation; Îles animaux, en nombre alors, avaient aussi été sauvés. Depuis cette catastrophe, il n’y en a par eu de pareille. De bonnes récoltes, mêlées de mauvaisesont fait oublier ces malheurs (1).

‘ La chasse de la vache sauvage a été assez constamment abondante, 7 ou 800 charrettes'ont continué à aller se charger de leur viande, coupée par tranches minces, et séchée au feu ou ausoleil, ce qu’on appelle dans le pays de la viande sèche. Une autre manière de conserver cette viande longtems

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(1) La plus abondante fut celle de 1841: elle produisit du bled surtout en grande quantité et de la plus belle qualité. Des lettres de la Rivière Rouge.

: dû 25 août 1843, annoncent que celle de cette année surpassera toutes les

précédentes ; les mêmes lettres rapportent que, le 16 juillet, une certaine étendue du pays fut dévastée par la grêle. Les grains en soufrirent pourtant moins qu’on n6 l’uvait d’abord cru ; mais Les vitres ne furent pas épargnées,

est de la piler et de la méler avec du suif fondu, puis, de la mettre dans des sacs de peaux qui ont été grattés d’un côté et qui ont encore le poil de l’autre: cette préparation s'appelle Pimelekan. Cette sorte de provision est trèa ñourrissante, et {onjours à la main du voyageur, qui nage dans les canots ou qui rame dans les barges ; il s’en nourrit avec goût, ce que ne feraient pas volontiers les habitans des villes. Les missionnaires de la Rivière Rouge én font assez ordinairement leur nourriture journaliere, dans leurs ‘voyagés, la préférant à des vivres salés ; on s’accoutame à tout. L’évêque de Juliopolis, pendant le long voyage qu’il fit cette été, depuis le 19 juin jusqu'a 29 juillet, qu'il aticiwmt le Missssipi à la chûte St Antoine ou rivière St. Pierre, n’a pas fait difficulté de s’en nourrir, lorsqu'il manquait de viande fraîche, quoiqu'il eut abondance de provisions salées, tels que jambons, langues etc. Lorsque ce Pimelekun est fait avec de la graisse de moë', comme on l'appelle dans le pays, un païais accoutumé à manger la première préparation, trouve cette dernière délicieuse. Cette graisse de moë! se tire des os des animaux,concassés ou pilés et bouillis dans de l’eau ; la graisse qui en sort surnage, on l’enlève, on la fait bouillir, pour la faire cuire : en se refroidissant, elle prend la consistance et la couleur ‘du beurre fondu, elle est excellente pourles fritures. Les chasseurs font, à chaque tour de chasse, une assez grande quantité de cette espèce de graisse. Ces tours de chasse ont lieu deux fois par été : du 25 juin au 15 août, et du 20 septembre à la Toussaint, sont les époques ordinaires du départ et duretour. Les charrettes sont, depuis quelques années, traînées par des bœufs, en grande partie ; d’autres par des chevaux, les meilleurs coursiers sont réservés poûr courir la vache ; exercice violent qui les ruinent en peu d’années. La course .ne se fait pas par tout le monde ; les Métis, accoutumés à cet exercice dès l'enfance, sont ceux qui réussissentle mieux. Un coureur habile, monté surun coursier bien dressé, tue jusqu’à sept vaches sans s'arrêter j il charge son fusil en allant toujours au galop.

Quoiqu'il parte une grande quantité de personnes, à chaque tour de chasse, il en reste néanmoins un plus grand nombre pour la culture de la terre. Cette terre produit très bien les grains et légumes qui se cultivent en Canada. Depuis que les cultivateurs ont pu se procurer des charrues et des bœuf, ils se sont mis à cultiver des champs plus étendus que dans les commencemens de la colonie. Si le cultivateur était encouragé par la perspective de la vente des produits de ses récoltes, il se ferait une assez grande exportation de grains, au moins relativement à la population du pays. Tlen serait de même des animaux domestiques vivans ou en salaisons. On voit que ce pays peut nourrir largement ses hobitans. Mais avec le produit des terres et des animaux, il ne leur donnera pas le moyen d’acheter leurs habits, ce qu'il leur a pourtent fallu faire pen- DES il y en eut 200 de cassées à l’église de St. Boniface, 170 au fort Garry, et aux autres édifices en proportion. C'était une grande perte dans un pays où il n°y a pas toujours des vitres en réserve, dans les magasins ; heureusement ils’en trouvait alors, et celles de l’église furent immédiatement remplacées. Un coup de vent, arrivé le 18 juin, avait renversé plusieurs granges ; Cas” s6 les vergues de neuf moulins-à-vent, et abattu une partie des clôtures.

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“dant longtems. Depuis quatre ou cinq ans, les moutons étant devenus as- %sez communs, ceux qui savaient faire de, étoffes en ont profité pour habiller leurs familles ; mais il n’y avait que quelques européens qui connüssent cette branche d'industrie. Les Canadiens qui avaient pris des fem mes du «pays étaient dans l’impossibilité de tirer parti de lalaine de leurs moutons sou du lin que leurs terres pouvaient produire. L’évêque de Juliopolis sentait ce besoin, mais il n'avait pas le moyen d’ÿ pourvoir : il fallait faire venir des tisserandes et les payer ; pour cela il fallait des passages et de l’ar- 2 gen’, choses qu'il n’avait point. En remontant à la Rivière Rouge, en 1837, : avec Sir Geoige Simpson, ce gentihomme faisait remarquer, un jour, la bonne étofle dont les Canadiens qui formaient l’équipage du canot, étaient thabillés, L'évêque de Jaliopolis lui dit : cette industrie manque à la Rivière Rouge, mais il faudrait Py introduire, [lui répondit aussitôt ; je ferai mon- + teret payerai deux tisserandes canadiennes pendant trois ans,si vous voulez 4 vous charger de les faire engager, leur fournir un logement et les nouriir peu- : dant le même tems. L’évêque accepte, eten 1858, deux tisserandes mons'érent à la Rivière Rouge, et furent occupées à montrer leur métier aux + fenimes et aux filles qui désirérent l’apprendre. Ceux qui eurent le bon «sf rt de profiter de cet avantage,s’habillent maintenant avec de Lonnes étoffes, fabriquées dans leurs maisons. “Ceux qui n’ont pas su en profiter, regrettent la faute qu’ils ont commiie et désireraient la réparer, Hs pourront le faire - Apt: l'arrivée des Sœurs-Grises, qui deivent monter le printems prochain, Ces filles courageuses, outre l’éducation qu’elles donneront aux personnes .de leur sexe, leur montreront, de plus, la manière de cultiver la laine et le - lin, la tenue du ménage,la cuisine et l’économie ; leur arrivée dans le pays . produira, il n’en faut pas douter, un bien inestimable, sous le rapport de l’éducation et de l’industrie.

Hya,aia Rivière Rouge, plusieurs écoles élémentaires, catholiques et - Protéstanies : une surtout tenue par un maître et une maîtresse, venus d’An- -&leterre, qui donnent principalement aux enfans des menbres de l’hon. com- Pagnie, une éducation analogue à la fortune de leurs pères. F Sur la pointe que forme la Rivière Axsineboine, en se jetant dans la . Rivière Rouge, est bâti le Fort Garry. Il est entouré de murs, et flanqué de + Quatre bastions munis de canons ; dans son enceinte, il y a une très belle Malson, qui sert de demeure au gouverreur d’Assineboya,qui expédie les af- #faires du pays,en l'absence du gouverneur général deRupervs landsaussi plu- * Sleurs vastes hangards et magasins, des logemens pour les engagés, une pri- Son, Une cour de justice, où sont jugées les causes majeures, quatre fois par année, par un juge recorder, nommé depuis quatre ans ; les petites causes : Sont jugées parles magistrats, qui sont au nombre de huit on neuf. La réu- Mon de tous les magistrats, ayant à leur tête le gouverneur, jugeait aussi les Causes majeures, avaut qu’il y eut un juge. Ty a aussi une douane, un impôt de 4 pour cent, sur toutes les importations, excepté les livres, faites par «la compagnie ou autres commerçans du pays. Cette levée d'argent sert pour les fravaux publics, chemins, ponts, etc.

ix-huit où vingt milles nlus bag que le Fort Garry, et à douze lieues du #Lac Winipick, est le fort de Pierre ou nouveau Fort Garry, plus vaste que le + Premier, et qui n’est pas encore fini. De petits vaisseaux naviguent entre

ce fort et la Rivière au Brochet, au fond du Lac Winipick, pour le transpor des marchandises, qui viennent en barges de la factorerie d’York, ou des dif. férens produits de la Rivière Rouge qui sont acheminés vers la même facto. rerié ou autres postes du pays.

Dès le commencement de sa colonie, Milord Selkitk avait appointé ur gouverneur pour gérer les affaires du pays. Ce mode de gouvernement à subsisté jusqu’en 1825. Pendant ce lapse de teme, il ÿ avait un magasin tenu au nom et par un commis de l’hon. compagnie dans le fort Douglas, qui était le fort de la colonie. Les colons avaient leurs besoins à ce magssin,en présentant leur demande signée par le gouverneur ; les comptes étaient payés par Lord Selkirk, qui était censé s’entendre à être remboursé par les colons en produit du pays, quand il y en aurait ; ce remboursement n’a jamais eu lieu pour le plus grand nombre. Après le dépait du dernier gouverneur en 1829, les affaires de la colonie furent gérées par un membre de l'hon. compagnie, qui avait le titre de gouverneur. Son successeur à maintenant le tître de gouverneur d’Assineboya, qui est le nom du territoie de la Rivière Rouge. Ce gentilhomme est chargé de la gestion de toutes les affaires de la colonie et de l’hon. compagnie, en l’absence du gouverneur général de Rupert’s land. Le nom de Rupert, que porte le territoire de la Baie d'Hudson, est celui d’un prince bavarois, cousin du roi Charles IT, qui lui donna conjointement, avec quelques nobles anglais, la propriété de l’immense étendue de terrain, dont jouit, exclusivement à tout autre commerçant, l’hon. compagnie de la Baie d'Hudson ; cette charte est de 1670.

Il n°y eut ni argent, ni papier monnaie en circulation, depuis la fondation de la colonie jusqu’en 1823. L’hon. compagnie émit alors des billets d’unchelin, de cinq chelins et de vingt ou d’une livre sterling, qui est le cours du pays. Il n’était pas facile de se procurer de cet argent dans les années de disette de tous produits agricoles ; cependant cette même année, le magesin fut transporté dans le fort de la compagnie, qui ne veudit plus qu’argent complant, comme on a toujours fait depuis cette époque. Quelques an. nées plus tard on introduisit des sous pour la facilité des petits payemens.

Le prix des marchandises, aux magasins, est calculé sur le prix d’achat en Angleterre, à tant pour cent ; de sorte que les prix changent tous les ans. Un tarif est envoyé, tous les ans, de la factorerie d’York, et les commis le suivent strictement.

Le premier moulin-à-vent fut en état de moudre vers la fin de 1825 ; le gouverneur de la colonie, qui l'avait fait construire, l'avait vendu à un parti culier, avant son départ, la même année, 11 mit dans le contrat l'obligation de moudre pour les habitans et de prendre la mouture du Canada ÿ un an ou deux plus tard, il eut la permission de prendre le dixième, ce qui est le taux de tous les moulins du pays. Il faut remarquer qu’un moulin n’est guëre lucratif dans un pays où le grain ne se vend pas. 11 y a maintenant dixhuit moulins-à-vent et un à eau, qui appartiennent tous à des particuliers. Avant l'érection du 1er. moulin, on était réduit à moudre avec des moulins de fer, ce qui donnait un grand travail et d’assez méchante fleur. Mais alors, Je bled était en si petite quantité, qu'il n’y avait qu’à l'approche des grandes fêtes qu’on pôt se résoudre à en moudreun peu. On voit, par ce récit, que le’pain, qui manquait à l’arrivée des missionnaires, a continué de manquer

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r ; les comptes % ièces de] bois, qui étaient appuyées sur la s:blière a . Re tre rembourgc Les ouveriures, qui se tronvaient entre ces pièces de ois, étnien sé ns emboursement Migreusement avec de la terre mêlée de foin, ce qui Aro une A ns ait du dernier @tanche et à travers laquelle le froid ne se faisait pas sentir : . a de ar un membre JesS0S tine couverture d écorse d’orme. Il n°y . ait es ss us successeur à “Plancher: de haut dans ces petites caies ; les fenêtres étaien ie ; ; sun morcean de parchemin, fait avec la neau de vaches de prairie grattée avec soin. Quand ce parchemin est bien fait, il donne assez de lumière pour voir et travailler dans la maïson, surtout quand le soleil donne dessus ; ilwy avait pas d’autres chassis autrefois pour les maisons et même lee églises ; (e ne fut qu’en 1825 que l’évêque de Juliopotis pût se procurer assez de ne riété del’im. POUr en garnir deux chassis de sa chapelle, encore aqueiqnes jours plus tard, utre commer. 1 25 août, la grêle vint-elle les casser presque tontes. Les maisons qui se 5 bâtissent à présent sont plus graniles et sont couvertes en planche eten bar- { de 1670. pos sreren pis g deau de chène ; elles ont des chassis vitrés, Le clergé catholique perçoit la dîme des grains et patates des cultivateus catholiques qu’il dessert. Feu lord Selkirk avait obligé ses coions à donner trois jours de corvée au commencement de mai, et trois autres jours à la fin : de septembre : le colon était obligé d’aller avec ses instrumens aratoires et ses enfans et serviteurs. Ce modz auquel les catholiques,presqueïtoue Cana- .diens, n’avaient jamais été accontumés, leur déplaisait, et vers 1824, il fut : changé, d’un commun accord, entre P’évèque de Juliopnlis, le œonverneur de { Ja colonie, M. Robert Parker Pelly, le gonvernenr de lhon. Compagnie M. George Simpson, maintenant sir G. Simpson, et le conseil assemblé nour !; régler cette affaire : (le conseil est composé du gouverneur, des membres de i Phon.compagnie qui se trouvent présens,des magistrats et de qurlanes autres de 1825; 1 * Personnes instruites du pays ; l’évêque est admis dans ce conseil denuis plu. uàun parti- * sieurs années ;) il en fut inséré un a-te dans les régistres du conseil : cette t l'obligation dime fat portée au même taux que celle du Canadasen y ajontont los patatre, da; unan L’hon. compagnie a donné, pour le énphort de la MesION catholique, #0 ce qui ect le 16 livres sterling:,depuis 1825 jusqu’à 1930 ; depuis cette date, elle donne 100 in n’est guë. Rive, sterlinp:, tous les ans; elle y ajoute, depuis la première époque, une ntenant dix- < allounnce de sept pièces, en terme di pays, (une pièce pèse environ cent particuliers. K livres] Ù elles contiennent de tout ce qu’ii “int dan: une maison : thé, sucre, des moulins À chocolat, café,poivre,vin,etc. La mêre alloua:.re de 100 liv. sterling n été . Mais alors, #'accordée à des opérations des missionnaires catholiques et dont ils n eurent des grandes Ÿ eux-mêmes qu'à se louer. IÎlest à remarquer de plus que | hon. comnagnis € récit, que 8 accordé grabis, sur ses ‘anots, Lous les passages ten missionnaires pour alde manquer 272%! venir, depuis la fondation de la mission jusqu’à maintenant, v com- : pris Celui de l’évêque de Julionolis, qui aura lieu ‘au printems de ‘1844. : x La Rivière Rouge est peu boisée ; ‘il y a du bois seulement eur le bord

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