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Ouverture A grand orchestre

2. Air varié , par Maurer, pour Hautbois, exécuté par M. Schidlick

3. Fantaisie caprice pour Violon, composée et exécutée par M. H. Vieuxtcmps.

4. La Fiancée du Pécheur, par Halcvy, chantée par M ,lc de Roissy.

ü. Duo de Guillaume Tell, chanté par M. Dur-Laborde et M l! « de Roissy.

Voici en quels termes un journal de l’époque rend compte de cette fête :

“ Les deux parties du concert ont commencé par deux belles et savantes ouvertures de l’école allemande, exécutées avec beaucoup d’ensemble. M. Vieuxtcmps nous était revenu chargé des couronnes recueillies en Europe et avec le même talent, plus parfait peut-être, qu’il avait tant fait admirer A la Ik-lgiquc, pour ainsi dire, concentrée A Anvers aux fêtes de Rubens; on l’a applaudi avec étonnement et enthousiasme.

“ M. Dur-Laborde et M 11 * Roissy, artistes du théâtre de Rruxclles, ont chanté plusieurs morceaux ; le premier avec une voix admirable et une méthode parfaite, la accoude avec une voix très-remarquable, fraîche et vibrante, et une méthode toute A clic. Il ne manque A cette jeune artiste qn’un peu d’expérience pour arriver dans l’ordre des cantatrices A un grade éminent. Nous avons regretté qu’elle ne se soit pas fait cutcudre dans un beau morceau écrit pour elle par Halevy, un de ses maîtres. On a ainsi perdu l’occasion d’apprécier la valeur et l’originalité do son talent. M. Schidlick, premier Hautbois, a sn prouver qu’il n’était pas d’instrument ingrat entre les mains d’un véritable artiste. „

Un second concert eut lieu le 29 Janvier 1842 , avec la coopération de M. Labarre et (le M. et cle M rao Willent-Bordogni, artistes de Paris, de M mf Bizot, M. Mezeray, «&L Sauplmr et M. Wuile. Le concert commença par l’introduction et P Allegro de la Symphonie en Re de Beethoven ; M m * Willent-Bordogni chanta un air de Torquato Tasso de Itossini et conjointement avec M me Bizot le duo de Snniramis du même maestro; ces deux dames, et MM. Mezeray et Sauphar firent entendre en outre le quatuor de Bianca e Filiero de Donizctti ; M. Wuile joua une fantaisie pour clarinette par V. Bcnder et M. Willent une fantaisie pour basson composée par lui-même ; ces deux artistes réunis interprétèrent une symphonie concertante pour clarinette et basson composée par M. Willent. M. La Barre exécuta une grande fantaisie pour harpe avec accompagnement d’orchestre sur la Récolte du Sérail et une fantaisie sur la Norma , composée par lui-même ; M rae Bizot, chanta un air de l’opéra Le Mauvais Œil , par Adam.

Les développements donnés à ces fêtes engagaient la Direction à s’assurer dorénavent pour ses soirées d’hiver, du concours de musiciens éminents. Au concert du l r Décembre 1842, on entendit

M rac Ciuti-Damoreau, surnommée par M. Fétis la première cantatrice française et l’une des premières de l’Europe; ensuite M. Artot, violoniste, et M.DeMunck, violoncelliste. La soirée reservée à l’audition de ces artistes fut marquée par une démonstration intéressante.

“ L'ouverture du Freyschutz et 1’allcgro, dit un témoin oculaire, de la symphonie héroïque de Beethoven, out été enlevés par l’orchestre dirigé par l’habile maiu do son Chef, M. J. Bcndcr.

“ M. Bcndcr donne des preuves d’un talent réel et d’un zèle qui ne so dément jamais, dans la direction des concerts de la Société Royale d’IIarmonie. Aussi la Société désirant le recompenser de scs efforts et de scs succès, lui a-t-elle témoigné sa vive reconnaissance en votant dans son assemblée du 10 Septembre dernier, un instrument d’honneur, qui a été offert à M. Bcndcr, après la fin de la première partie du concert. Le Directeur M. G.-J. Dubois, en remettant i\ l’habile Chef d’orchestre de la Société, cette marque de distinction et de satisfaction, lui a adressé uue courte allocution qui a été couverte par des applaudissements unanimes. „

Au concert du 31 Mars, ou entendit successivement MM. C. Sivori, élève de Paganini, Laborde, premier ténor au Théâtre Royal de Bruxelles, Godefroid, harpiste, et M me Treillet-Nathan, premier sujet de l’Académie Royale de Musique de Paris.

M. Sivori se fit entendre dans son premier concerto, dans la Clochette, adagio et rondo du concerto en Si mineur , de Paganini, et dans le Carnaval de Venise , scherzo, du meme maestro ; M. Godefroid joua une fantaisie pour la harpe à grand orchestre, sur la romance de l'Éclair, composée par lui-même et une autre fantaisie sur les motifs de Robin des Rois, de Weber. M. Laborde chanta l’air de Blondel de Richard-Cœur-de- Lion, par Grétry, M rae Treillet-Nathan une romance et le grand air de Robin des Bois, et, conjointement avec M. Laborde, le duo de Lucie de Lammermoor, par Donizetti. L’orchestre exécuta l’ouverture d 'Oberon de Weber, celle de Robert (V Évreux, de Donizetti, et une troisième, à grand orchestre, de Rossi ni.

Trois ans s’étaient écoulés depuis les brillantes fêtes, organisées par la Société Royale d’Harmonie en l’honneur de Rubens ; la Direction résolut de saisir l’occasion de l’ouverture de l’exposition triennale des Beaux-Arts pour témoigner de ses sympathies envers les artistes; elle résolut d’ofiïir le dimauche 27 Août, jour de la Grande Kermesse, une fête splendide à tous les exposants. Une médaille, frappée expressément pour la circonstance, devait perpétuer le souvenir de cette solennité, la première en ce genre, qui eut lieu à Anvers.

La fête commença vers G heures du soir. Après la première partie

du concert, tous les artistes, au signal du canon, se réunirent dans le grand pavillon où les attendaient les membres de la Direction de la Société. Après les premiers compliments, les présentations, les reconnaissances, le Directeur-Président, M. Félix Grisar, prit la parole au nom de la Société Royale (l'Harmonie, et s’énonça en ccs termes :

“ Messieurs,

“ Appelé h l'honneur de présider la Société Rôy ale d’ Harmonie, pcrnicttcz-moi de vous exprimer en son nom, combien elle est heureuse et fière de vous posséder aujourd’hui dans sou sein.

“ Scs membres que rassemble ordinairement ici le gofit ou la culture d’un art qui est frère du vôtre, ne prétendent dans cette fête improvisée et que les limites d’une Société particulière rendent nécessairement plus incomplète encore, que vous convier à une véritable réunion de famille, oà une cordialité sincère et de chaleureuses sympathies tiennent lien de plus fastueux apprêts.

" Quelle que soit celle des formes diverses de l’art que chacun de vous a choisie pour donner la vie, le mouvement i\ scs inspirations, vous .avez tous, Messieurs, apporté votre tribut au magnifique ensemble qui brille aujourd’hui d’un si grand éclat dans les salles de notre Exposition.

“ Pcrincttez-nous de vous en féliciter, car nous avons le droit d’en être fiers.

“ Nous avons été jaloux de convier également à cette réunion, toutes les personnes qui sont placées dans notre ville, à la tête d’institutions artistiques.

“ Nous sommes heureux de les voir, par lcnr présence nu milieu de uous, donner une preuve nouvelle de la sollicitude qui les anime pour tout ce qui concerne l’art et scs glorieux interprètes.

“ Nous exprimerons seulement le regret qu’une abseucc prolongée ait empêché de se rendre à notre invitation, notre digne Gouverneur, Président de l’Académie Royale d’Anvers, institution qui a couscrvé une si belle place dans les affections de la plupart d’entre vous.

“ Puissiez- vous. Messieurs, garder longtemps l’affectueux souvenir de cette réunion fraternelle.

“ Quant à uous. cet instant ne s’effacera ni de notre mémoire ui de nos cœurs.

** Je termine en portant, au nom de la Société Royale d’IIarmonic, un toast aux artistes exposants! „

“ Après cette allocution, dit un témoin oculaire, M. le Bourgmestre Gérard Le Grcllc, comme Président de lu Société des Sciences, Arts et Belles-Lettres, prit la parole, et dans une chaleureuse improvisation rendit hommage aux artistes dont les travaux jettent tant d’éclat sur la ville d’Anvers, et è la Société Royale d'ilarmonic qui savait si bien payer son tribut au talent, i\ la gloire.

“ M. Laurcut Vcydt, nu nom de M. le Gouverneur de la Province, absent, prononça immédiatement après uu discours qui se résumait également en un éloquent hommage rendu il la Société Royale d’ilarmonic, aux artistes exposants d’Anvers, ainsi qu’aux artistes étrangers dont les productions remarquables ne font qu’ajouter il l'embellissement du Salon d’Exposilion.

" Ces difféi entes allocutions, saluées par les applaudissement* de tout l’auditoire, ont été suivies par la présentation du vin d’honneur à tous les artistes et aux autorités qui se trouvaient présents. Puis , à un signal donné l’orchestre a commencé l’air si conuu de Grétry : Oà peut-on être mieux!

“ Chose remarquable : tout ce inonde appartenant au domaine de l’art, entonna spontanément ce chaut de famille dont la mélodie parle au cœur avec tant de puissance.

“ Quelques paroles, une note de musique, un instant, avaicut suffi pour émouvoir la foule et produire une espèce d’enthousiasme!,.

Ce moment de joie expansive passé, M. Bataille s’est avancé, et nu nom de tons les artistes exposants, scs camarades, a adressé de vifs remcrcîmcnts A la Direction de la Société, ajoutant avec émotion que l’éclatant et fraternel accueil qu’ils recevaient en ce moment même, indiquaient suffisamment que les artistes sont bien de quelque poids dans la société actuelle.

“ Quand ces cérémonies eurent pris fin, le Concert d’harmonie a poursuivi la marche de son programme. A la musique a succédé le chant. Iæs plaisirs se suivaient A la piste, on n’avait pns le temps de s’ennuyer.

“ i.a Société d’Orphée, augmentée de la Réunion des amateurs de chant, jalouse de contribuer A l’éclat de celte fête artistique, avait bien voulu se rendre, A l’invitation de la Société Royale d’Hnrmouic et a exécuté six morceaux de chant avec ce talent qu’on lui reconnaît généralement et qui en cette occasion, a été apprécié de nouveau.

“ I/illumination répandait un éclat presque solaire sur l’innombrable Société réunie dans ce beau jardin, et ajoutait un grnnd charme A l’ensemble du coup d’œil. On a remarqué, entre autres, une série d’arcades gothiques contenant onze bustes de musiciens célèbres, au milieu desquels on avait placé notre immortel Grétry.

“ Deux transparents faisaient allusion au but de la fête : le principal représentait la Renommée couronnant les Beaux-Arts ; autour on lisait cette belle devise : Les arts son t de tous les pays, leur domaine c'est le monde. L’autre transparent portait les mots : Honneur aux Artistes exposants! Des génies tressant des couronnes planaient au dessus. D’autres embellissements avaient être ménagés, parmi lesquels on remarquait une magnifique guirlande de Dahlias entourant tout l’étang A l’entrée du jardin. „

La médaillé que la Société d’Harmonie avait fait frapper, et par laquelle cette institution occupe une place dans l’histoire dç la numismatique belge, était de bronze, et présentait sur le tour, l’inscription suivante :

Exposition triennale des Beaux-Arts.

Entre deux rosaces, on lisait le mot xlnvers; dans une couronne de fleurs, au dessous d’une étoile, les mots : Aux artistes exposants. Entre deux étoiles, se trouvaient les armes de la ville d’Anvers, surmontées d’une couronne.

Au revers, sur le tour, était inscrit : Société Royale (T Harmonie ; au dessous se trouvait une rosace. Dans le champ, sous une étoile, les mots: Fête commémorative 27 Août 1843. Hart. f.

Désirant qu’ Anvers conservât le souvenir de cette fête, la Direction de l’Harmonie offrit deux exemplaires de la médaille pour être déposés à la Bibliothèque publique de la ville; immédiatement après l’Administration Communale adressa à la Société la lettre que voici :

Anvers, le 2 Septembre 1843.

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