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Oavatinc de Nabncodonozar, de Verdi

Au concert du 30 Novembre 1851, on entendit successivement M. Schidlik, professeur au Conservatoire de musique à Gand, (pii exécuta des souvenirs suisses pour le hautbois, et une grande fantaisie pour le cor anglais; et M ,Ie Léonie Peters, harpiste, qui joua des variations sur la marche d'Othello par Bochsa, une fantaisie d'Obéron, et la Danse des Fées, deux morceaux de sa propre composition.

Le 25 Janvier 1852, une nouvellennatinée eut lieu avec le concours de M l,c Louise Lesniewska, première chanteuse à roulades du Théâtre Royal de cette ville, et M. Ch* Ilerrcyns, violoncelliste. M Ue Lesniewska chanta un air des Puritains de Fellini, la cavatine de l’opéra JAnda di Chamounix de Donizetti et un air de l’opéra Beatrix di Tenda de Bellini; M. lierre yns joua un Souvenir de la Suisse, caprice pour le violoncelle, et le Carnaval de Venise de Servais. Les bals masqués, travestis et parés de cette année, eurent lieu le 31 Janvier, le 14 et le 23 Février dans la grande salle de la Cité.

Le 14 Avril 1 852, le Directeur-Président M. F. Vanden Wyngaert annonça le premier concert d’ete pour le 2 Mai suivant; en compulsant les programmes de ces fûtes, nous trouvons que le Chef d’orchestre avait arrangé pour chacune d’elles un nouveau morceau de musique.

Ix; 3 Novembre 1852, le même Directeur informa les membres de la reprise des matinées musicales à la grande salle de la Cité; ces fêtes devaient avoir lieu tous les Dimanches de l’hiver à dater du 14 de ce mois, par i’orchestre de la Société en symphonie.

Au concert du 14 Novembre, on entendit les D ,lrs Virginia et Carolina Ferni, violonistes, qui y jouèrent une fantaisie de Robberechts , un souvenir de Lucie de Lammertnoor de Hermann et le Carnaval de Venise •

M. Bincau, premier ténor léger du Théâtre Royal d’Anvers, chanta une cavatine de Mazaniello de Carafa et deux romances, l’une de Grétry, l’autre de TIalévy.

Pour la matinée musicale du 5 Décembre 1852, la Direction obtint le concours de M 11 " Agnès Haenen, premier prix du Conservatoire de Bnixelles cpii y chanta des variations sur des motifs de l’opéra le Toréador d’Adam, la cavatine du 2 f acte de Bobert le Diable et une romance; et de M. Ed. Tricot, prix d’honneur du Conservatoire de Liège, qui y exécuta un air varié sur un thème allemand pour la flûte, de Bœhm et un grand solo, également pour la flûte, de Tulou.

A la matinée musicale du 12 Décembre suivant on entendit M. Ed. Bayer, d’Augsbourg, dans des variations sur des motifs de la Nonna, pour la guitare tierce, de Legnani, et dans un grand pot-pourri pour la guitare à pédales, composé par lui-même.

Le 2 Janvier 1853, lors d’un nouveau concert, M. Gilardoni-Alfeo, premier prix du Conservatoire de Milan exécuta les Souvenirs (T Italie, fantaisie pour la contrebasse, et une fantaisie sur des motifs des Puritains , deux morceaux de sa propre composition, et le 23 du meme mois, il fit entendre sa fantaisie sur des motifs de la Somnatnbnla et une autre intitulée: Pastorella Orobica. Pendant cette dernière matinée, M. Méric, baryton du Théâtre Royal d’Anvers, chanta un air du Barbier de Séville de Rossini et plusieurs romances. Pour clôturer les fûtes d’hiver, la direction organisa encore un concert pour le 20 Mars suivant, avec la coopération dcM ,no Viola, première cantatrice et de M. Galvani, premier ténor de la compagnie italienne du Théâtre Royal de Bruxelles; la première y chanta le rondo de la Cenerentola " non pin meslo „ de Rossini; le second la Sérénade de Don Vasquale de Donizetti et un air du Matrimonio segreto de Cimarosa. Les deux artistes exécutèrent le duo de Don Pasquale " Tornami a dir se tnami „ et celui des Purilani 11 Arluro, e desso „ de Bellini.

Il y avait trente neuf ans (pie M. Guillaume Yerbert comptait au nombre des Membres effectifs de la Société dTIarraonie, et bien des fois, il avait occupé le siège de la présidence. En 1853, la Direction décida de reconnaître par un hommage spécial, les services rendus par M. Yerbert, pendant sa longue carrière administrative. 11 fut arrêté que le buste en marbre de cet homme de mérite serait placé dans la grande salle de la réunion ; l’inauguration eut lieu le 28 Avril 1853, sous la présidence de M. Geeraerts, pendant un banquet organisé

par 1 p 9 Membres effectifs et la Commission des Membres honoraires.

L’année 1853 amena le 37 5 e anniversaire de l'institution de la gildc de la Patronne de la ville ; comme en 1828,1a Direction décida de faire accompagner la procession de la Cathédrale par l’orchestre de la Société.

Vers la même époque, le 22 Août 1853, S. A. R. le Duc de Brabant épousa S. A. I. et R. l’Archiduchesse Marie-Henriette- Anne d’Autriche. Le pays applaudit avec enthousiasme à cette union. Dans toutes les villes du royaume des fîtes splendides furent organisées, auxquelles la famille Royale fut conviée.

Anvers ne resta pa9 en arrière ; le 4 Septembre elle fit au Roi et aux Princes une de ces ovations qui restent dans l’histoire. Lc9 rues et les places publiques furent décorées avec une splendeur digne de la métropole des arts ; des arcs de triomphe s’élevaient partout, chaque maison était ornée, pavoiscc, illuminée.

Les Sociétés se disputaient à l’envi l’honneur de posséder pendant quelques instants le Roi et ses augustes Enfants.

S. M. avait gracieusement accepté l’invitation de la Société Royale d’Hannonie; la Direction se mit donc à l’œuvre pour organiser une fete digne de la circonstance et à la hauteur des sentiments patriotiques de nos concitoyens.

Pour le concert, elle adopta un programme dont la première partie contenait l’ouverture du Freyschutz de Weber, un mélange sur l’opéra Si fêlais Roi d’Adam, V Orage , fantaisie en quatre parties de Buyssens, et les Perles y valses de Labitzki.

La deuxième partie du concert se composait d’une grande ouverture solennelle de Ries, d’un grand pot-pourri composé pour la fete par Buyssens, de Un jour d'été en Norvège, du même, et d’une Redotca de Dcmeur.

Mais laissons la parole à un témoin de la fete ;

» Le Roi et la famille Royale, dit-il, se fraient à grand’ peine un passage sur la chaussée au milieu de la foule. A 9 heures environ, les voitures s’arrêtent devant la pavillon d’entrée de la Société Royale d’Harmonie, dont un piquet de carabiniers garde les abords. En arrière de la porte d’entrée est dressé un pavillon en forme de tente, orné de tentures de damas rouge, soulevées par des cordons à glands d’or; des écussons, des palmes, des fleurs ornent, les angles, des girandoles chargées de bougies, l’éclairent. — Le Roi est reçu par la Direction de

la Société. M. Gecraerts, Directeur, prononce le discours suivant :

“ Sire,

" C’était un dcsir bien vif de ln Société Royale d'IIarmonie d’Anvers, que celui d’être honorée de la présence de V. M. et de son Auguste Famille.

“ Aujourd’hui cet honneur lui est échu.

“ Organe de. la Direction, je suis chargé, Sire, au nom de la Société, do vous exprimer le bonheur qu’elle en éprouve et de présenter A V. M. l’hommage (le son respect. C’est un beau jour pour elle, dont le souvenir restera vivace; car, daignez le croire, Sire, vous êtes parmi nous le bienvenu, comme V. M. l’est partout. Nous aimons A entourer de notre amour, un Roi A qui la patrie doit sa gloire et sa prospérité.

” Que le Ciel, Sire, conserve longtemps vos jours si précieux pour le bonheur de la Belgique I Tel est le vœu que nous formons pour V. M.

“ Qu’il nous soit aussi permis de féliciter V. M. sur l’heureux événement du mariage de S. A. R. le Duc de Brabant avec une princesse de l’illustre Maison d’Autriche. Cette auguste uuion dont la Belgique doit être fière, est une garantie de plus pour son avenir.

“ Monseigneur, Madame,

“ Daignez accepter nos félicitations A l’occasion de l’union de Vos Altesses, qui vient d’être bénite sous les plus favorables auspices. Elle sera saluée par le pays entier, comme l’étoile heureuse de scs destinées futures !

“ Vive le Roi I Vive la famille Royale I „

Un groupe de vingt trois jeunes personnes, toutes vêtues de blanc, ayant entouré les deux princesses, leur présentèrent sur des plateaux d’argent de magnifiques bouquets composés des fleurs les plus belles et les plus rares de la saison *. L’une d’elles, M ,la Marie Teiclunann, fille de M. le Gouverneur de la province, complimenta M me la Duchesse de Brabant en ces termes, en lui remettant le bouquet :

“ Madame,

« La présence de la Famille Royale en ce lieu est pour nous un honneur d’autant " plus grand qu’il nous est accordé A la suite d’un événement qui met le comble A “ l’allégresse de la Belgique entière.

« Qu’il nous soit permis, Madame, dé saisir cette occasion pour exprimer A V. A. « I. et R. nos félicitations les plus sincères et nos vœux les plus ardents.

“ Puisse le Ciel bénir cette union tant désirée et accorder A vos Altesses Royales, “ des jours de calme et d’inaltérable bonheur. „ *

1 Voici les noms de ces demoiselles : M 1 11 ®' Hortense David, Joséphine de Neuf, Mélanic du Bois, Eudolie de Terwagnc, Marie Elskamp, Léonic Krnmp, Emma et

Marie Krcglingcr, Bcrtha Le Grelle, Marie Lejeune, Flore et Stéphanie Leyscn, Justine Lcysen, Sidonie Loyaerta, Valérie Lundcn, Ernestine Mccusen, Clémence Storms, Constance et Marie Teichmann, Claire van Bomberghcn, Mathilde van den Nest, Léonide van Hollcbckc et Elisa van Stratum.

M me la Duchesse reçut avec un sourire plein de bonté et de douceur cet hommage et en remercia très-affectueusement l’interprète. 11 faut en dire autant de M n,c la princesse Charlotte, à laquelle M 11 * Léonide Van Iiollcbeke, s’était adressée en ces termes :

“ Madame,

“ Les sentiments de joie et de bonheur que V. A. R. voit éclater sur tous les “ visages, sont aussi gravés au fond de nos cœurs.

" Que V. A. R. daigne agréer nos siucères félicitations sur l’henrcusc union qui i “ vient de s’accomplir dans son auguste famille, et accepter en ces modestes fleurs, “ l'hommage d’un amour et d’un respect qui ne nous quitteront qu’avec la vie.

Le bouquet offert à la Duchesse de Brabant, avait été présenté par M**® Constance Teichmann; M llc Hortcnse David présenta le bouquet à la princesse Charlotte.

11 Ces réceptions terminées, dit un assistant à la fête \ la Famille Royale entra dans le jardin de la Société, où était réunie une foule brillante et parce, composée de toutes les notabilités de rang, de talent, de fonction, de fortune que possède la ville d’Anvers. Tout le monde se leva respectueusement; un cri unanime 11 de Vive le Roi! Vivait les Princes! „ retentit; l’orchestre exécuta la Brabançonne entremêlée de l’air national autrichien. La famille royale perça avec peine la foule toujours grossissant sur leur passage et dont l’enthousiasme était au comble, et alla prendre place sur une estrade magnifiquement ornée, dressée sur le péristyle du bfitiment qui donne sur les jardins; des tentures de damas rouge avaient été tendues entre les colonnes ; des fauteuils étaient préparés pour les princes et un trône pour le Roi. S. M. ne s’y assit pas, elle alla prendre place sur un fauteuil, à côté de M u, ° la Duchesse; les princes restèrent debout, s’entretenant avec les membres de la Société placés autour d’eux.

» Aussitôt après que la famille royale eut pris place, l’orchestre dirigé par M. Buvssens, exécuta le grand pot-pourri composé par cet artiste pour la circonstance, et qui se termine par un mélange des airs nationaux de Belgique et d’Autriche, fort habilement fusionnés.

„ Le morceau fut écouté au milieu d’un religieux silence ; des cris de vivat! le suivirent.

„ Jetons, continue le journaliste que nous citons, pendant que la musique dure encore, un regard sur le jardin, féériquc déjà dans son état

’ Extrait du IVécurseur.

ordinaire, l'un des plus beaux et des plus délicieusement accidentés qui se puissent voir, et qu’une direction habile a rendu mille fois plus beau, mille fois plus merveilleux. Au fond, faisant face au pavillon royal, s'élève une immense construction, dominant tout le tableau et qui attire au premier abord l’attention ; c’est un palais à quatre étages, brillamment éclairé et dessiné dans les proportions les plus artistiques ; au devant un double perron garni de fleurs conduit à une espèce de Verandah où flotte un tapis précieux. C’est là que la famille Royale viendra prendre place pour voir le feu d’artifice qui doit terminer la fête. Ensuite, si l’on jette les yeux autour de ce jardin, dont les sites si pittoresques ont été garnis fort habilement de constructions coquettes et légères, illuminées aux verres de couleurs, on voit une immense guirlande de portiques lumineux, formant galerie autour du Kiosque des musiciens, et s’étendant en forme de niches lumineuses au dessus des plus belles statues du jardin, réunis avec un choix des plus heureux. De tous côtés, au milieu des allées comme au milieu des massifs de verdure et au milieu meme des pièces d’eau, s’élèvent des illuminations représentant les chiffres du Roi et des princes, et des emblèmes en l’honneur de la famille Royale.

w Un pont qui relie les deux parties de la terrasse des deux côtés de la pièce d’eau de droite a été transformé en Kiosque chinois, illuminé avec beaucoup d’art et de goût. Au fond, à droite, s’élève un fort et une ruine antique qui joueront un rôle plus tard et dont nous parlerons plus bas.

w Le pot-pourri de M. Buyssens terminé, la famille Royale a parcouru les jardins, en louant leur disposition, leur ornementation et le goût qui avait présidé aux moindres détails de la fête. Conduits par la Direction, les augustes visiteurs se sont rendus alors au balcon du palais de la Renommée, élevé au fond, et y ont pris place pour voir tirer le feu d'artifice qui a commencé peu après. Jamais peut-être idée plus heureuse n’a été conçue et exécutée plus ingénieusement, jamais feu d’artifice n’a plus complètement réussi, n’a produit de meilleur effet.

„ Figurez-vous ce fort carré aux larges tourelles, flanqué de bastions redoutables, avec ses crcnaux, ses mâchicoulis, ses contre-forts, avec ses trois étages de murailles superposées, garnies de hallebardiers montant la garde autour du drapeau tricolore qui flotte sur le clocheton supérieur.

“ A côté au pied des remparts, on voit briller les feux d’un bivouac

ennemi éclairant aux flammes de ben gale la forteresse d’une teinte grisâtre. Tout-à-coup le clairon résonne, le signal tic l’assaut est donné, tint* pluie de bombes, d’obus, de boulets pleut sur la place, dont les défenseurs répondent par un feu activement nourri. L’air est en feu, les bombes éclatent, se croisent, s’entrechoquent, et tout en éclatant font jaillir des feux des plus belles et des plus différentes couleurs. Des marrons d’air tirés sans interruption imitent le feu de la fusillade et remplissent l’air d’une pluie de feu. L’action des assaillants redouble, des bombes immenses chargées de serpentaux de mille couleurs, éclatent sur la place, les remparts ne sont plus qu’une ligne de feu, le canon tonne, mille trainées lumineuses se croisent, se mêlent dans l’air, la conflagration est universelle, et c’est à peine si, au milieu du bruit de la mousquetterie et du canon on entend la Brabançonne que les assiégeants exécutent nu pied des remparts.

" Mais le fort, dans une tentative désespérée, fait feu de tous ses canons, une éruption épouvantable éclate, l’air se rougit d’éclairs et de flammes, les douze tours vomissent à la fois le feu de tous les côtés. Vains efforts ! les bombes qui pleuvent sur la tour l’ont embrasée, le fort est incendié et bientôt l’on voit fumer et brfder ses murailles au milieu de la nuit. Cet effet de flammes de Bengale est des plus saisissants. La foule, jusque là suspendue attentive et muette toute entière à la nouveauté du spectacle si imposant, si grandiose, éclate en bravos dont d’augustes mains donnent le signal.

» Le feu d’artifice terminé, les illuminations aux flammes de Bengale ont continué devant la tour et devant la ruine antique dont nous avons parlé plus haut. Successivement les deux constructions ont été éclairées de toutes les couleurs de la gamme chromatique et les effets les plus rares, les plus étonnants ont été obtenus.

" La famille Royale a quitté PHannonic presque aussitôt après le feu d’artifice, reconduite avec le même cérémonial que pour l’entrée et la fête a continué par un concert dans le jardin. „

Cette soirée qui dut une partie de son éclat nu talent de M. Buysscns, fut la derniere à laquelle coopéra cet homme de mérite; le 19 Novembre suivant, il mourut, à peine âgé de 33 ans, 3 mois, 27 jours.

Ses obsèques eurent lieu le 22 Novembre, au milieu d’un concours de monde considérable, à 3 1/2 heures. Le cercueil était porté par quatre sous-officiers de la garde civique; les coins du poêle étaient tenus par deux officiers de la même garde, dont M. Unysscns était le ( hef de

musique, et pur MM. J. P.Geeraerts et F. Van den Wyngaert, Directeurs de la Société Royale (l’Harmonie.

Le cortège funèbre se composait comme suit : les tambours, le corps de musique de la légion de la garde civique et les fanfares du corps des chasseurs éclaireurs, jouant alternativement des marches funèbres, un peloton de la garde civique et le corps d’officiers presque au grand complet, les musiciens du 2 e régiment des chasseurs à pied, en corps et en uniforme, les drapeaux de la Société Royale d’Harmonie, du Cercle Artistique et de la Société V Union , tous couverts d’un crêpe noir. Ces diverses Sociétés étaient représentées par des députations, ainsi que celle des fanfares de Ste-Cccile de Malines.

La marche était fermée par un peloton de la garde civique.

Après les absoutes, à l’église de St-Georges, on se dirigea dans le même ordre, vers le cimetière du Kiel, où M. Geeracrts, Directeur- Président de la Société Royale d’Harmonie, prononça le discours suivant :

" Messieurs,

“ Au bord de cette tombe, qui va se refermer, qu’il me soit permis au uom de la Société Royale d’Harmonie, de payer le tribut de la reconnaissance, A la mémoire de son habile Chef de musique et de donner une larme ce cercueil qui contient les restes inanimés de l’homme de talent que uous pleurons.

“ Le souffle de la mort l’a brisé A la fleur de l’âge, alors que tant de champ restait encore ouvert à sa belle carrière.

“ L’art l’avait doté de toutes les richesses.

** Depuis quatre ans à peine, il avait pris la direction de notre musique et tout le monde a pu apprécier l'impulsion qu’il lui a donnée et les progrès qu’il a su lui imprimer.

“ Son absence laisse désormais un vide immense dans la Société.

“ Quand la nouvelle de sa mort nous est parveuuc, les Membres de la Société ont été tristement affectés. C’était la voix du deuil, dont les vibrations les saisissaient au cœur ! — Buyssens, hclas ! tu nous es ravi, mais tu emportes nos regrets éternels.

“ Adieu! „

M. Buyssens eut pour successeur M. Alphonse Lemaire, ancien Chef d’orchestre du Théâtre Royal d’Anvers ; la nomination se fit le 7 Mars 1854, et immédiatement après, le nouveau titulaire entra en fonctions.

Le 12 Avril, la Direction annonça la reprise des concerts d’été, pour le 7 Mai suivant. M. Lemaire y fit entendre, pour la première fois, sa deuxième fantaisie sur des motifs de / due Foscari, de Verdi.

Les fêtes de cette année furent alternées avec quelques concerts donnés

par la Société l'Écho de l'Escaut, dont M. Lemaire était également le Directeur; nous citerons entre autres la soirée du 13 Juin, et la matinée du 22 Août. Fuis on entendit les corps de musique du 2 mr et du 3 u,e régiment de chasseurs à pied, sous la direction de MM. Lecat et Dewit, et en dernier lieu 40 chanteurs montagnards de Baguères, qui, le 10 Décembre, organisèrent une matinée musicale pour les membres de la Société.

Deux grands concerts eurent lieu pendant l’hiver 1854-1855 ; dans le premier, fixé au 2 Février, on entendit les frères MM. Henri et Joseph YVieuiawski, l’un violoniste et l’autre pianiste, et M ,le Dobré, cantatrice de l’Académie Impériale de musique. Les deux premiers exécutèrent des morceaux de Beethoven, d’Ernst et de leur propre composition. M 1 ' 0 Dobré chanta un air de l’opéra Fernand Cortez de Spontini, le grand air de la Muette de Porlici d’Auber et deux romances de Bonoldi et d’E. Arnaud.

Four le second concert la Direction s’était assuré le concours de M mo Numa, première cantatrice du Théâtre lloyal de Gand, de M. II. C.... et de M. Henri Vicuxtemps, violoniste; M me Numa y chanta un air du Pré aux Clercs de Hérold et le grand air du Serment d’Auber. A son tour M. C. chanta l’ Ange déchu, mélodie avec accompagnement d’orchestre, de Vogel, et un air du Siège de Corinthe avec accompagnement de choeur, de Itossini. M. Vicuxtemps exécuta son grand concerto en Ré mineur , sa fantaisie, Norma, jouée sur la 4 e corde, et son Yankee doodle, variations sur un thème National Américain. L’orchestre fit entendre une ouverture à grand orchestre de H. Simon et le Carnaval Romain, grande ouverture caractéristique de II. Berlioz.

Au commencement du printemps de l’année 1855, la Société d’Harmonic perdit un homme, qui pendant de longues années, lui avait rendu de grands services : M. Nicolas-Jean Gillis, Secrétaire de l’Harmonie mort le 5 Mars 1855, à l’âge de 59 ans, 5 mois et 10 jours.

La perte de cet homme modeste fut vivement sentie; la Direction décida de lui rendre les derniers honneurs, le jour de son inhumation, fixé au 7 Mars. Devant la tombe, le Directeur-Président M. Félix Grisar prononça les paroles suivantes :

" Permcttcz-moi, Messieurs, au nom <le la Société Royale d’IIarmouic, de vouer quelques paroles d’estime et de regret A la mémoire de l’homme modeste et iulegre sur les restes duquel la tombe vase fermer pour toujoms.

“ Notre Société perd en Monsieur Gillis un employé consciencieux, dont la

droiture, pendant trente auuécs qu’il a occupé la pince modeste mais fondamentale de Secrétaire, ne s’est jamais démentie. Aussi je me plais à reconnaître et je parle au nom de vous tous qui, è tour de rôle, avez rempli les fonctions de Directeur, qu’aidés comme nous l’étions par ce secrétaire modèle, nos travaux étaient dégagés des mille et une tracasseries, qui en sont l’apanage.

“ Gillis était plus qu’un employé de notre Société; il avait, pour ainsi dire, assisté à sa naissance, il l’avait vu se développer, et par l’ordre et la clarté qu’il avait su introduire et maintenir dans les rouages si compliqués de l’Administration, j’ose déclarer qu’il en était devenu en quelque sorte l’&me.

“ Les moments difficiles que la Société a eu à traverser faisaient sou désespoir, mais aussi avec quel orgueil il suivait scs progrès!

“ En rapports journaliers avec Gillis depuis 20 aus, je chercherais eu vain une ombre A ce caractère doux et conciliant, A ce type de droiture consciencieuse s’effaçant constamment et faisant toujours abnégation de lui-même.

“ Eu un mot Gillis, je ne saurais le proclamer assez haut devaut vous tous, et devant scs enfants ici présents, auqucls il servira de modèle, Gillis a fourni une de ces carrières honorables, nobles dans leur modestie, qu’il appartient à ceux qui out pu la suivre et la juger, de citer pour exemple.

“ Aussi nos regrets l’accompagnent et nous faisons des vœux pour que la récompense des Justes lui soit acquise. „

La Société ne s’en tint pas à ce simple hommage • le 23 Mars 1 855, elle nomma le fils de son ancien secrétaire M. Constant Gillis, aux fonctions que le père avait remplies avec tant de dévouement.

Au commencement de l’hiver 1855, la ville d’Anvers fit une ovation éclatante à l’un de ses peintres les plus distingués, M. H. Leys, qui venait de remporter la médaille d’or à l’exposition universelle de Paris.

Fidèle à ses antécédents, la Société Royale d’Harinonie voulut prendre parta cette fête nationale; elle se fit représenter officiellement à la solennité du 26 Novembre et envoya son orchestre pour exécuter différents morceaux de son répertoire, lors de la remise de la couronne d’or à l’éminent artiste. Ajoutons, à cette occasion, que pendant quelque temps, M. Leys avait fait partie de la Direction de notre réunion.

Sept matinées musicales eurent lieu dans la salle de la Cité pendant l’hiver de l’année 1855-1856. Elles furent fixées aux Dimanches 2, 16 et 30 Décembre, 20 Janvier, 17 Février, et 2 et 16 Murs. En outre, deux grands concerts eurent lieu le Samedi 9 Février et le Mercredi 5 Mars. Dans le premier on entendit, M 11 " Ilortense D’Aynssa, cantatrice, M. F. Servais, premier violoncelliste de S. M. le Roi des Belges, et M. Joseph Grégoir, pianiste. M. Servais et M. Grégoire exécutèrent des morceaux de leur propre composition et M llc D’Aynssa chanta le grand

air de V Ambassadrice et un air de Marco Spada d’Auber; ensuite une romance, le Moulin à paroles, de P. Henrion.

Le grand concert du 5 Mars eut lieu avec le concours de M. et M rao Blaes-Meerti et de M. Henri VVicniawski ; le programme indiquait l’exécution des morceaux suivants :

1" Partie.

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