Polka
Un grand bal, dans les nouvelles salles, termina la fête.
A l’approche de l’hiver suivant, le 28 Novembre 1846, la Direction» toujours sous la présidence de M. Félix Grisar, annonça que par suite d’arrangements pris avec le9 locataires des salles de la Cite, des matinées musicales auraient lieu dans ce local, tous les Dimanches, à dater du 29 du même mois. Les Colonels des régiments en garnison avaient à cet effet, promis le concours de leurs corps de musique.
Le premier concert eut lieu le 3 Janvier 1847. M 1,0# Bertrand, l’une, chanteuse et l’autre, harpiste des Théâtres d’Italie, y obtinrent un légitime succès. Pour le Dimanche suivant, (10 Janvier) la Direction traita avec M. Grassi, premier violon de S. M. l’Empereur de Russie, et M. Kellerman, violoncelle solo de S. M. le lloi de Danemarck. Le premier de ces artistes joua une introduction et de grandes variations pour le violon, sur des thèmes de Bellini, ainsi que le Carnaval de Venise, composé par lui-même; le second se fit entendre dans une fantaisie pour le violoncelle, sur des motifs de Bellini et Y Adagio du 2 m<! concerto de B. Rombergh, suivi de la Romancsca , fameux air de danse du XV e siècle. L’orchestre exécuta l’ouverture de la Sirène, d’Auber, arrangée par M. Yan Calck, Chef du corps de musique, une fantaisie dramatique sur les Huguenots , par Snel et des Pas redoublés, {choeur), composés par Van Calck.
Trois bals masqués, parés et travestis curent li,eu dans le cours du même hiver.
Le 2 Mai 1847, l’orchestre recommençait ses concerts d’été qui furent alternés avec ceux des corps de musique du l rt et du 4 m, ' régiment de ligne, sous la direction de MM. Vau Calck et Le Clercq.
Parmi les fêtes les plus remarquables, qui eurent lien pendant l’été de 1847, nous citerons d’abord le concert du 17 Août, donné par M. Aristius Loucl, violoniste et guitariste, (pii exécuta six morceaux de musique composés par lui-même, entre autres V Anversois, air varié pour le violon; ensuite la grande fête du 22 Août 1847.
Le programme de cette dernière soirée indiquait l’exécution de trois morceaux d’auteurs belges : Y Indolente, polka, par M. François
Schermers, Y Ouverture de Charles -Quint, (œuvre couronne), par M. Léon de Burbure et la Chinoise, polka, par M. J. Grégoir.^
La dernière partie du concert se composait de chœurs chantés par une réunion de différentes Sociétés de chant de la ville, sous la direction de M. Jos. Gregoir. On fit entendre successivement YOproep aen 't Vaderland , chœur avec accompagnement de fanfares, par M. J. Gregoir, Souvenir de Boitsfort (valses), chœur sans accompagnement, par M. Léon de Burbure, et la Patrouille, chœur sans accompagnement, par M. J. Gregoir.
Le concert du 30 Août clôtura les fêtes d’été; le 28 Octobre 1847, le Directeur-Président, M r Grisar, annonça que, comme Thiver précédent, des Matinées musicales auraient lieu tous les Dimanches à midi et demi à la grande salle de la Cité, avec le concours des musiques militaires des régiments en garnison à Anvers, ^que MM. les Colonels avaient de nouveau voulu mettre à la disposition de la Société. Des séances musicales spéciales devaient être organisées à de courts intervalles.
Dans la séance du 7 Novembre 1847, on entendit plusieurs artistes de la ville: MM. A. et J. Besseras, J. Vander Plassche, P. Vande Goor et L. Kicven. Les morceaux choisis étaient de Beethoven et de Kossiui, M. Fr. Callacrtsy chanta deux romances Madeleine et V Aube, poésie de Victor Hugo, musique de M. A. Bessems, et M. Jonghmans, premier prix du Conservatoire de Bruxelles, une romance et un air du Barbier de Séville. M. A. Bessems y joua une introduction et un théine suisse varié pour le violon, de sa propre composition.
La fête ayant été vivement goûtée, une seconde séance eut lieu quelques semaines plus tard ; MM. Callaerts et J. Bessems y exécutèrent un morceau de M. A. Bessems, Berista, cantilène pour voix de ténor, avec accompagnement de violoncelle obligé.
Puis on entendit de nouveau le corps de musique du l r régiment d’infanterie de ligne, sous la direction de M. Van Calck, et le 30 Janvier 1848, celui du 4 rae régiment de ligne, sous la direction de M. Le Clercq. Cette dernière matinée était organisée avec le concours d’ime troupe Hongroise, sous la direction de MM. Havi et Szabo.
Entretemps la Direction songea à varier les plaisirs des membres , en décidant d’inviter quelque sommité dans l’art musical. A M. Alfred Jaell appartenait l’honneur d’ouvrir cette nouvelle série de fêtes.
Le concert eut lieu le G Février 1848. Le maestro avait choisi une fantaisie sur la Mu fil te de Portici de Thalberg, le Carnaval de Venise «le Léopold De Meyer, Un jour cf été en Norvège, grande fantaisie pastorale, la Fauvette , chant du Nord et la Pompa di Feula, trois morceaux de Willmers.
Le concert eut un plein succès et décida de l’organisation future de ces fêtes exceptionnelles ; il fut arrêté «pie désormais la Société inviterait annuellement quelques musiciens d’élite. Par cette décision, l’Harmonie posa les jalons des travaux considérables qu’elle exécuta plus tard. En effet, en augmentant les plaisirs de ses membres, elle vit leur nombre continuellement s’agrandir, et se procura les ressources pour se tenir constamment à la tête du mouvement artistique a Anvers.
Trois concerts suivirent celui de M. Jaell. Celui du 13 Février fut donné par le corps «le musique du l r régiment de ligne, qui y exécuta entre autres l'hymne à Pie IX de Rossini, celui du 19 Mars 1848 par le même régiment avec le concours de MM. Wuille, première clarinette solo, et Hcinefctter, première trompette à piston du régiment «les Guides, et celui du 10 Avril dans lequel on entendit la Société chorale Grctry ; M roo De Pauw-De Roy et MM. L. Delbcke, P. Van de Goor et L. Kicv«;n.
Les concerts d’été de l’année 1848, furent organisés de la même manière «pie ceux de l’année précédente. Nous ne les mentionnerons «loue qu’en passant. Annotons toutefois que le 15 Août 1848, le corps de musique «lu 3 mr régiment de chasseurs à pied exécuta le pot-pourri sur «les airs connus, composé par son Chef d’orchestre M. Buyssens, œuvre qui eut un grand succès et «pii encore aujourd’hui fait partie du répertoire «te la Société. I,e 27 Août, a l’occasion de la grande Kermesse «le la ville, l’orchestre «le l’Harmonie fit entendre pour la première fois l’ouverture de Godcfroid de 'Bouillon «le M. L. «le Burbure, l’ouverture de Gille Ravisseur «le M. A. Grisar, arrangée par M. A. Bessems, et une Fantaisie nationale arrangée par M. \ au Calck.
Qmdques jours plus tard, le 1 1 Septembre, une séance musicale fut donnée par les frères MM. Antoine et Joseph Bessems, avec le concours «le MM. Vtyidcr Plassche, Vandc Goor, Kicven et Jonghmans; elle clêtura, pour ainsi dire, les fêtes de la période d’été.
Pendant l’hiver suivant, la Direction organisa différentes fêtes; nous citons le concert «lu 21 Janvier 1849, donné avec le concours «le la Société chorale t'Ec/fp de l'Escaut, «t «le M. Possoz, la mutinée «lu
4 Février suivant, donnée par MM. Jaell et Léonard et la grande soirée musicale du 17 Mars 1849 ponr laquelle on avait obtenu la coopération de M me Pcrsiani, première cantatrice des Théâtres italiens de Paris et de Londres, de M. Herman, violoniste, de M. Mercatti, baryton, et de M. Cnrlo-Michele, ténor. Ces artistes se firent entendre dans différents morceaux de Donizetti, Bellini, Rossini, Morel ; MM. Herman et Mercatti exécutèrent des morceaux de leur propre composition.
Les concerts d’été recommencèrent le 13 Mai 1849; le concours des musiques de régiments resta assuré à l’Harmonie. Au concert du 28 Mai suivant, M. Buyssens exécuta pour la première fois une fantaisie pour le trombone à pistons, composée par lui-même ; quant à l’orchestre de la Société, il resta constamment à la hauteur de sa réputation. Le 22 Juillet, à l’occasion de l’anniversaire de l’inauguration du Roi, il fit entendre plusieurs morceaux de Donizetti, Monpou, Jullien, Weber, Strauss, et des motifs de Verdi, Rossini, Ilérold, arrangés par MM. J. Bender, A. Bessems et Gustave de Burbure.
Après les fêtes de la Kermesse, qui furent brillantes, la Direction songea à l’organisation de ses concerts d’hiver; toutefois elle voulut renchérir sur les années précédentes; elle croyait le moment opportun pour faire un pas déplus en avant, dans l’intérêt de l’art musical. En effet, par sa circulaire du 27 Décembre 1849, M. le Directeur-Président Ch* Verhoustraeten annonça, en dehors des matinées, des bals parés, déguisés et masqués, un grand concert vocal et instrumental.
Le grand concert eut lieu le 23 Mars 1850, sous la présidence de M. J. P. Geeraerts. La Direction avait pris des engagements avec M lle Prévost, première cantatrice au Théâtre Royal de Bruxelles, M. Servais, violonéelliste, M. Rancheraye, violoniste, et M. Vander Heydén, pianiste. M ,,e Provost chanta un air de l’opéra Ne louchez pan à la Reine de Boiselet, un air de l’opéra le Caïd de Thomas, et deux romances Un peu d’aule au bon Dieu , musique de Paul Henrion, et Mon cœur , musique d’Etienne Arnaud.
M. Servais fit entendre deux morceaux de sa composition, d’abord une grande fantaisie pour le violoncelle : Hommage à fm/ont, ensuite une fantaisie burlesque : le Carnaval.
M. Rancheraye joua le 5 me air varié et le trémolo, de De Bériot ; M. Vander Heyden exécuta une grande fantaisie pour le piano sur des motifs de Robert le Diable et une étude sur un thème des Huguenot*, composées par lui-même.
Au commencement de l’année 1850, la Société d’IIarmonie perdit son Chef d’orchestre, M. Antoine Bcsscms, qui quitta notre ville pour le séjour de Paris. Le 16 Mars suivant, la Direction le remplaça par M. Adolphe-Joseph Buyssens, qui avait quitté le service militaire. Cet artiste qui s’était fait un nom respectable par des travaux de mérite, et l'impulsion qu’il avait su donner aux études de différents corps de musique, fut une heureuse acquisition pour la Société; pendant le court espace de tcmps ( qu’il resta à la tête de 1 orchestre, M. Buyssens lui imprima une direction salutaire; bien plus, par le nombre, la variété et le mérite de ses compositions, il agrandit considérablement le répertoire de la Société.
Pendant l’été de l’année 1850, la Société d’Harmonie célébra différentes fêtes pour lesquelles M. Buyssens arrangea ou composa des morceaux de musique; parmi les productions de notre artiste qui eurent le plus de vogue, il faut citer son pot-pourri d’airs du Prophète, de Meyerbeer, et celui des airs nationaux et connus , qui furent exécutés à différentes reprises, entre autres à l’occasion de la fête du Roi et de la petite et de la grande Kermesse de la ville.
Pour l’hiver suivant, on projeta un certain nombre de séances, et le 5 Décembre 1850, la Direction annonça qu’elle avait contracté avec l’Administration de la Cité \ pour organiser pendant l’hiver des matinées musicales dans la grande salle de cet établissement, tous les Dimanches; ces fêtes seraient données par l’orchestre de la Société, sous la direction de son Chef de musique, M. Buyssens, en attendant le concours des musiques militaires de la garnison, promis par MM. les Colonels des régiments.
Le premier concert eut lieu le 5 Janvier 1851, avec le concours de M ine Elisa Taccani Tasca, ci-devant première cantatrice du Théâtre Italien de Paris et de M.F. Van Oomeren, pianiste hollandais, aveugle de naissance. M m0 Taccani chanta la cavatine du Barbier de Séville, de Bossini, trois romances de Briol et le grand air final de Lucrezia Borgia, de Donizetti. M. Van Oomeren se fit entendre dans une fantaisie sur des motifs des Huguenots, de Thalberg, et dans une grande fantaisie de Lucie de Lammermoor, de Dhœler.
Une seconde matinée eut lieu le 2 février 1851; on y entendit M"° Pauline Vervenne, premier prix du Conservatoire Royal de Musique, qui chanta l’air de Y Italienne à Alger, de Rossini, le grand air de Charles VI, de llalevy, et une romance. M. Wuillc exécuta
un souvenir du Pré aux Clercs , pour le saxophone, par Van Hoesen, et une fantaisie sur les motifs des Puritains , par Singelé.
Le troisième concert fut organisé pour le 10 Février 1851, avec la coopération de M 1Ic * Emma Uccclli et Louisa S ingelée ; la première chanta un air de la Somnambule, de Bellini, un air de la Fille du Régiment, de Douizetti, lu Fauvette du Caïd, de Thomas, et Pif a, de M mr Uceelli ; la seconde, une enfant de 8 ans, exécuta une fantaisie brillante pour le violon, sur des motifs d’opéras, composée par son père, et un air varié de De Bériot.
La clôture des matinées musicales fut fixée au Dimanche 1 3 Avril ; pour le concert de ce jour on avait obtenu le concours de M 11 ® Van den Haute, cantatrice, deM. Ileichert, flûtiste, et de M. Steveniers, violouiste. M ,u Van den Haute chanta la cavatine de Robert le Diable, deMcyerbeer, et le grand air de Marino Faliero, de Donizetti ; M. Keichert exécuta une fantaisie de sa propre composition et une Introduction et Theme varié, par Bœhin; M. Steveniers fit entendre les Souvenirs des Bords du Rhin, fantaisie pastorale et un solo de concert pour le violon, sur des motifs de Bellini, deux morceaux composés par lui-même.
Le 11 Mai, les concerts recommencèrent au local de la Société; le 19 Juin, on y entendit des chanteurs allemands sous la direction de M. J. Thysson; le 20 Juillet suivant, il y eut une. fete champêtre a l’occasion de l’anniversaire de l’inauguration de S. M. le Koi; on avait convié V Association Royale Lyrique, la Société L'Écho de l' Escaut, d’Anvers, et la Société Amphion, de Berchem, à y assister et à faire entendre les morceaux de musique qui leur avaient valu des distinctions au dernier concours de Garni. Après l’ouverture de Mazaniello , de C'arafa, une fantaisie du Songe <T une nuit (T Été, de Thomas, arrangée par Buyssens, une Polka, de ce dernier, et un air de la Juive, de Halevy, exécutés par l’orchestre de l’Harmonie, la Société Amphion, sous la direction de M. Guys, chanta les chœurs : le Soir, musique de M. Dineur, les Matelots , musique de M. De Pauw. Ensuite la Société l'Écho de l'Escaut dirigée par M. Alph. Le Maire, chanta le chœur Siletice, sérénade de G. Candli, et les Chevaliers de Jérusalem, chœur à quatre voix, de J. Dencfve. En dernier lieu, les Sociétés Lyriques réunies chantèrent l'Union fait la Force! hymne aux Borains, de Victor Petit.
Plusieurs concerts eurent lieu dans la grande salle de la Cité, pendant l’hiver de l’année 1851-1852 , et dans celui du 16 Novembre 1851,
on entendit les artistes de la Chapelle Hongroise, sous la Direction de M. Jean Kolozdy. Ix* programme était composé comme suit :
L« Partie.