‹ Notice sur la vie et la mort de Messire G. Nadeau curé de Ste Luce [microforme]Chapitre 5 sur 10 · APE · texte numérisé non relu

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aux classes élevées, par l'éducation, la science ct l'élévation de sentiments qu’une religion philanthropique inspire et commande ; un homme enfin qui sait tout, quia le droit de tout dire, et dont la parole tombe de haut sur les intelligences et sur les cœurs avec l'autorité d'une mission divine ct l'empire d'une foi toute faite !. |

Cet homme c’est le curé.

Le curé est l'administrateur spirituel des sacrements de son église et des bienfaits de la charité Ses devoirs en cette qualité se rapprochent de ceux que toute administration impose. |

Il touche aux passions humaines, ïl doit avoir la main délicate et douce, pleine de prudence et de mesure.

Ila dans ses attributions les fautes, les repentirs, les misères, les nécessités, les indigences de l’humanité, il doit avoir le ceur riche et débordant de tolérance, de miséricorde, de mansuétude, de compasgion, de charité et de pardon !

Sa porte doit être ouverte À toute heure à celui qui l’éfeille, sa lampe toujours allumée, son bâton toujours sous sa main ; il ne doit connaître ni saisons, ni distances,

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ni contagion, ni soleil, ni neige, s'il s'agit de porter l'huile au blessé, le pardon au coupable, ou son Dieu au mourant.

Il ne doit y avoir devant lui, comme devant Dieu, ni riche ni pauvre, ni petit, nigrand, mais des hommes, c’est-à-diro des frères en misère et en espérances.

Tel est le curé canadien en général ; tel était M. Nadeau en particulier. Aussi, il n’est pas étonnant que ce curé modèle ait conquis l'estime et l'affection de teus à Ste. Luce et dans un rayon fort étendu.

I] devait ce rare succès à ses vertus et tout particulièrement à sa douceur et à sa grande bonté. Il était bon en tout, partout et toujours.

Il évitait de contredire, 1l craignait de blesser et ils’ingéniait pour pallier, pour excuser les torts de chacun.

Toutefois cette charité, cette douceur, cette bonté n'avuent rien de faible ni de relâché : inflexible contre les abus, sans respect humain, il ne se sentait pas porté à une condescendance coupable.

Il est toujours demeuré fort devant les hommes pour le se.vice de son Maître.

: D'où lui venait cette surabondance de tendresse pour les faibles ct cette indépen-

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dance d'anôtre contre les chrétiens prévarieateurs ? Simplement de son union intime avec Dieu,

La piété, ct la charité, et le courage étaient comme les trois compagnons fidèles qui partageant son cœur, paralssaient attachés à tous ses pas.

En effet, des que le zèle commençait À se ralentir où à prendre une fausse direction, il le remarquait, et ne cessait les exhortations ct les avertissements jusqu’à ce que tout fût rentré dans l'ordre. Il connaissait les détours, les dangers, les iliusions de l'amour propre ; et les premiers symptôines de la tiédeur ne lui échappaient pas.

Ce guide filèle et plein d'amour était dans la plus haute acception du mot un père plein de tendresse pour ses paroissieus. 1 veillait, priait et s’inquiétait pour eux comme pour des enfants ; 1l employaic tous ses soins à les conduire dans la voie droite, se rappelant toujours qu'il repondrait de leurs âines,

Le nombre de ceux qui joe à sa direction ne se bornait pas à sa paroisse.

On allait à lui par ce qu'on croyait À sa vertu et qu'il paraissait être un dépositaire priviléxié de la miséricorde divine,

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Arrivés au terme suprême, les grands retardataires dans l’accomplissement des devoirs religieux reclamaient spontanément et exclusivement Son ministère ou l'acceptaient volontiers quand on le leur proposait.

Il était l’apôtre des riéhes, il était bieu d'avantage l'apôtre des pauvres, auxquels, grâce à son désintéressement, il faisait de nombreuses aumônes.

Sa bonté, sa charité semblaient l'illuminer, car il avait des consolations pour toutes les misères et des avis utiles pour es positions les plus délicates.

Il écoutait, sans se lasser jamais, le récit souvent répété des souffrances et des ennuis de pères, de mères de famille et les renvoyaient consolés,

La vertu chez M. Nadeau brillait d'un tel éclat que la calomnie n'aurait pas essayé de la ternir.

Cependant cette nature ri bonne, #i naïve, si inoffensive, a connu la persécution, du reste comme tous les saints dont il était l'émule.

Tout en s'occupant de l'instruction religieuse de ses paroissiens, M, Nadeau

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lisant le juste éloge que fait Mgr. Dupan-

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| loup de l’agriculture : nous sommes heureux YIGI | | de le reproduire. “

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| première page, avant la chute originelle, Le (} au temps même de la primitive innocence, pe? Il | je trouve dejà l'agriculture,

L je trouve dejà l'agriculture .

(E Dans le séjour bicnheureux de l’antique et | is

veluptatis, ut operaretur, (Gen., 2.) Aïnsi, le travail, avant d êtreun châti- | ment, fut pour l'homme une loi, une con- “6 || dition de son bonheur, de sa dignité, de tur | son existence. un noble et nécessaire

4 è { \l emploi de ses facultés et de ses forces. es || € L'homme, comme le dit Job, ect illustre RS | pasteur et agriculteur de l’Tdumée, l’homme * la

est né pour travailler comme l'oiseau pour voler. |

&« It quel fut le premier travail donné par Dieu à l'homme ? le travail des champs.

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une cononité, de écessaire rces, tillustre l’homme Lau pour

il donné champs,

# Et, chose digne d'être remarquée, chez les peuples paiens eux-mêmes, comme un souvenir des traditions primitives, une origine divine était parcillement attribuée à l'agriculture : on pensait que l’art qui nourrit les hommes vemait du ciél, et qu'un Dieu lui-niême avait dû l’enseigner à la terre. |

‘6 Aussi, ce n’est pas seulement chez les Hébreux que l'art le plus honoré, le premier des arts, était l’agriculture ; ce ne sont pas seulement les premiers fils d'Adam qui furent agriculteurs et pasteurs ; ni les patriarches, ces hommes si simples et si grands, qui vivaient sous la tente, au milieu des troupeaux et des champs : ouvrons les histoires profanes ; les plus anciens peuples, les Chaldéens, les Egyptiens, les vieux Romains, qu’étaient-ils ? Des peuples guerriers et laboureurs.

‘ Telle fut l'estime que fit de l’agriculture la sage antiquité ! ?

On nous pardonnera cette longue citation, qui donne le secret de l'obligation que s ‘était imposée M. Nadeau de donner à ses paroissiens l'exemple de la bonne

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Ces choseslà ne sont pas inutiles à redire dans une époque comine la notre, où certains préjugés sont encore si puisgants, où la dignité est souvent si mal comprise, où certains esprits légers et | vains, ignorants de leur temps comme de | leurs devoirs, ne sentent pas assez que la noblesse et l’honorabilité qui entourent encore un nom ne confèrent à personne le ll droit d’avoir d’insensés dédains pour les Il | choses dignes de respect ; où, pour tout dire en un mot, il y a encore des gens qui croiraient s’abaisser s'ils s'occupaient d'agriculture,

M. Nadeau avait un si vif désir de voir se généraliser parmi ses paroissions le goût de ce mâle et noble labeur si en harmonie avec toutes les vertus domestiques, sociales et chrétiennes, qu'il ne craignait pas de se rabaisser en mettant lui même quelque fois la main à l'ouvrage ; il dirigeait, surveillait, encourageait ses travailleurs ; provoquant par ses exemples et tous les moyens d'influence en sa possession les progrès d’un art qui intéresse à un si haut degré la prospérité d'un pays.

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Après tout, a dit Fénélon, la solidité de l'esprit consiste à vouloir a ‘instruire cxuctemeut de la manière dont se font les choses qui sont le fondement de Ia vie humaine.

l'outes les grandes affaires roulent [à dessus. La force et le bouheur d’un Etat cousistent, non à avoir beaucoup de provinces mal cultivées, mais à tirer de Ja terre qu'on possède tout ce qu'il faut pour nourrir aisément un peuple nombreux.”

M. Nadeau était pénétré de cette prnsée.

La porte de son modes ; presbytère était toujours ouverte à toute heure du jour et de la nuit à tous ceux qui reclamaient ses conseils et son assistance ; en effet, M. Nadeau, exerçait la plus large hospitalité.

Le trait suivant que nous empruntons à la Foix du Golfe de Rimouski montre jusqu'à quel point il poussait cette vertu de l'hospitalité qui est u’ailleurs le caracttre distinctif du peuple canadien,

* On conserve le souvenir d’un naufrage arrivé dans l'Anse de Ste. Luce en C'était le brig Æuwby, Capt. Stokoe ; marin reçut |’ hospitalité au presbytère avec un mousse, et quoique protestant fut si bien traité et si reconnaissant qu'il venait

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