‹ Notice sur la vie et la mort de Messire G. Nadeau curé de Ste Luce [microforme]Chapitre 4 sur 10 · ER PRE · texte numérisé non relu

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Arrivés à la rivière Tartisou, ils eurent à lutter contre ies courants durant troisquarts d'heure armés seulement d'un bâton et ayant l’eau jusqu’à la ceinture.

Ils rencontrèrent les mêmes diffeultés en traversant la Riviôre Blanche.

Ils arrivèrent à Matane dans la nuit où après avoir pris quelque nourriture, ils montèrent sur une berge pour traverser la

rivière.

L'obscurité était complète et la prudence leur conseillait de ne pas tenter, par un temps pareil, de passer cette rivièræ assez large du reste, et au milieu des glaçons

qu’elle charriait.

Mais le cœur d'un prêtre ne la consulte pas toujours, la prudence !

Arrivés au milieu de la rivière leur frèle embarcation frappe sur une roche, se défonce, s'emplit d'eau, et force leur est ae passer là le reste de la nuit, trempés jusqu'aux os et exposés à la rigucur d'un froid excessif,

Le lendemain matin les habitants du voisinage vinrent les retirer de leur péril:

leuse position.

Le compaguon de M, Nadeau était telle-

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+4 ment épuis’ qu’on dut le déposer presque mourant, chez un de ses amis à Matane.

M. Nadeau fut ob'igé de poursuivre sa route seul,

Celui qui l'aurait rencontré alors, couvert de nvige et de glace ; enfoncant dans les ornière couvertes d’une glace épaisse qui après avoir déchiré ses vètements, meurtrissait ct ensanglantait ses jambes ; un sac suspendu à son cou, une paire de raquettes sous son bras, un bâton: dans sa maÿa, aurait bien reconnu le vrai missionnaire.

Il arriva enfin au terme de son voyage.

Il était temps !

La pauvre malade était à l'extrémité :

aussitôt qu'elle eut recu les derniers secours de la religion, eile éxpira.

À son retour a Matane, M. Nadeau eut la douleur de voir mourir son compagnon de voyage. Les misères qu'il avait endurées en descendant de Rimouski l'avait tué |

Voilà l’esquisse bien imparfaite d’un de ces voyages dans ces contrées, voyages qui se répétaicnt bien souvent.

On dit avec raison que le Canadien ne

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peut vivre heureux et content hors de l’organisation de la paroisse.

I] lui faût son église ou sa chapeile, son curé, ses marguilliers, les offices du dimarches, douce occasion pour lui de rencontrey ses parents, ses amis ct CCux avec qui il a quelque chose à régler.

M. Nadeau voyant le développemert rapide de sa mission de Ste. Luce entrcprit d'y faire élever une église en pierres.

Il avait eu d’abord à faire partager son

idée à ses supérieurs et à quelques per-

sonnes pieuses qui lui promirent leur con- Cours.

Le vœu des habitants était unanime :

À ne s'agissait que de trouver de l'argent,

On fit une première souscription, à la condition expresse que ce serait M, Nadeau qui présiderait à tout,

Mais malgré cette bonne volonté, on était loin du compte en comniençant, On peut juger des efforts que M. Nadeau dut faire.

Démarehes ! sollicitation! quêtes! et aussi chemm faisant, et à plus d’une porte, ainsi qu’il arrive en parei] cas, humiliaticns et refus | à L'infatigablke missionnaire se mettait

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sur les bras des entreprises énormes, en

apparence impossibles, qui lui devenaient une source de tribulations.

C'est que, pour bâtir son église de Ste.

Luce, il dut lui-même présider au transport des matériaux, à l'achat des bois de construction, c’est à lui qu'on s’adressait pour solder les dépenses, payer les journées de travail : cela dura plus de trois ans (1839-1842).

1] faisait face à tout, à la fois architecte entrepreneur de travaux, directeur des ouvriers. leur médecin quelquefois, leur providence toujours, profitant de la circonstance et des contretemps même pour ramener les débauchés ou reprendre les ivrognes,

Il eut la nr de voir son œuvre couronnée d'un plein succès : le jour de Noël 1842, M. Nadeau qui, après cinq ans de vicariat à Rimouski venait d’être nommé curé de Ste. Luce, put célébrer le saint sacrifice de la messe pour la première fois dans la magnifique église qu'il venait d’ériger,

En se chargeant de la cure de cette paroisse, il ne csssa pas de continuer la desserte de ses missions, toujours avec le

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même zèle, la même énergie, le mûme dévouement ,

Cependant en 1845 le nombre toujours croissant des habitants ne lui permettant plus de desservir seul, cette vaste mission fut partagée : M. Nadeau conserva Îles missions de Ste. Luce, de Ste. Flavie, de Métis et de Sandy Bay, et M. J.B, Côté fut envoyé à Matane d'où il surveillait les autres desscrtes.

Homme d'ordre et d'énergie avant tout, M. Nadeau avait su donner de l'élan à la prospérité et aux progrès de ses chères missions. La chapelle actuelle de Ste, Flavie, qui était alors un édifice con:

sidérable a été érigée par ses soins.

Après treize années toutes marquées au sceau de Dieu, illustrées. des œuvres les pias excellentes, et suchargées, lui semblait il, &'occupations et de soins, il ne pouvait apporter toute l'attention qu il aurait voulu donner à l'administration de sa paroisse de Ste. Luce.

Il obtint en 1850, que M. Duguay vint résider À Ste. Flavie pour partager ses travaux, et se trouva ainsi ne garder que Ste. Luce,

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#“ Il est, a dit Châteaubriand, un homme dans chaque paroisse, qui n’a point de famille, mais qui est de la famille de tout le monde ; quon appelle comme témoin, comme conseil, ou comme agent dans tous les actes les plus solennels de la vie civile ; sans lequel on ne peut ni naître ni mourir, qui prend l’homme au sein de sa mère et ne le laisse qu'à la tombe, qui bénit on consacre le berceau, l4 couche conjugale le lit de mort et le cereucil ; un homme que les petits enfants s'accoutument à amer, à vénérer et à craindre ; que Îles inconnus mêmes appellent mon père, aux pieds duquel les chrétiens vont répandre leurs aveux les plus intimes, leurs larmes les plus secrètes, un homme qui est le consolateur par état de toutes les misères de l'âme et du corps, l'intermédiaire obligé de la richesse et de l’indigence. Le pauvre et le riche vont frapper tour à tour à sa porte : le riche pour y verser l’aumône secrète, le pauvre pour la recevoir sans rougir ; Qui, n'étant d’aucun rang social, tient également à toutes les classes : aux classes inférieures, par la vie pauvre et souvent par l'humilité de la naissance ;

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