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Notice sur la vie et les ouvrages de A.-P. de Candolle

Le 22 septembre 1841 , j’annonçai dans la Bibl. Univ. la grande perte que Genève et le monde savant venaient de faire par la mort de A.-P. De Candolle ; je pris alors lPengagement de rappeler les services que cet homme éminent à tant de titres avait rendus à la science et à son pays. Mais peu de temps s'était écoulé, et déjà des notices publiées en langues diverses avaient retracé, bien mieux que je n’aurais pu le faire, la vie et les travaux de De Candolle, Je me suis donc demandé, quand j'ai voulu reprendre la plume, s’il n’était point superflu que je vinsse, à mon tour, écrire la biographie de celui à la mémoire duquel tant d'hommages mérités avaient été rendus. J’ai hésité, je l'avoue; et si je me suis décidé à suivre ma première impulsion, c’est que j'ai acquis la conviction qu’on est toujours à temps d’exciter l’intérét quand on parle de De Candolle, et qu'il y a toujours quelque chose de nouveau à dire sur un bomme tel que lui. Cependant je ne me suis point dissimulé que les exigences du lecteur seraient d'autant plus grandes que j'avais tardé davantage; mais cette raison même, loin de me décourager , aurait suffi pour me faire tenir à honneur de persister dans ma résolution, quand des motifs impérieux ne m’en auraient pas fait un devoir. — Ces motifs, les voici :

J'avais à cœur, avant tout, de rendre à la mémoire d’un homme pour lequel j'avais autant d’affection que de respect, le seul témoignage de reconnaissance que je puisse maintenant lui. offrir. |

Je désirais que la Bibliothèque Universelle, à laquelle il por- {ait un si vif intérêt, ne füt pas privée de la biographie de l'un,

de se; collaborateurs les plus actifs et les plus illustres, tandis qu'elle renferme celle de tous les autres.

Je voulais transmettre à la génération qui s'élève et qui n’a pas connu De Candolle, les détails d’une vie si bien remplie, vrai type de la vie du savant et du citoyen.

J'étais mu, enfin, par le sentiment qu’en racontant cette vie, dont la dernière et la plus longue partie est intimement liée à l’une des époques les plus remarquables de notre histoire, je

trouverais l’occasion de rendre aux hommes qui faisaient alors l’honneur de Genève, un hommage dont l'expression vive et sentie ne peut partir que de ceux qui ont eu le bonheur de les connaître.

Une considération qui n’a pas été non plus sans influence pour me déterminer à prendre la plume, c’est qu'aucune des nombreuses notices qui ont été écrites sur De Candolle, ne me parait avoir réellement embrassé dans son ensemble cette vie composée d'éléments si variés !,

* Voici la liste des notices écrites sur De Candolle auxquelles je fais

allusion ; je ne parle pas de plusieurs autres qui ne sont guère que la répétition de celles-là, avec moins de détails:

Mr. de Martius, Eloge prononcé devant la Société royale de botanique de Bavière, à Ratisbonne, le 28 novembre 1841. Imprimé d’abord dans l’Allgemeine Zeilung', puis d’une manière plus complète dans le Flora, journal botanique de Ratisbonne, n° 1 de 1842. Traduit en anglais dans Silliman's American Journal, vol. XLIV, n° 2,

Flourens, Eloge historique d’Aug.-Pyr. De Candolle, lu à la séance publique de l'Institut de France, le 19 décembre 1842. Imprimé à Paris, par l’Institut.

Morren, Notice sur la vie et les travaux d’Aug.-Pyr. De Candolle, lue à la séance publique de l’Académie royale de Bruxelles, le 14 décembre 1842. Imprimée à Bruxelles, broch. in-12.

Daubeny, Sketch of the wrightings and philosophical character of A.-P. De Candolle, read at the Ashmolean Society of Oxford, Febr. 13th 1843. Imprimé dans Edinburgh new Philos. Journ., avril 1843.

Dunal, Eloge historique prononcé à la séance de rentrée des Facultés de Montpellier, le 8 novembre 1842. Imprimé à Montpellier, br. in-4°.

Discours de Mr, le premier syndic Rigaud au Conseil Représentatif, le 27 septembre 1841. Imprimé dans le Memorial de ce Conseil.

Discours prononcé, le 8 août 1842, par Mr. le professeur Cellérier, recteur de l’Académie, à la cérémonie des Promotions.

© Mr. de Martius et Mr. Flourens ont réussi, l’un avec la chaleur et l’entraînement d’un poète, l’autre avec la grâce et l'élégance d’un littérateur plein de goût, à peindre DeCandolle de la manière la plus heureuse ; ils ont fait ressortir, en hommes placés à la bauteur du savant dont ils parlaient, ses mérites scientifiques, la nature et la portée de son génie. Mais, dans ces tableaux faits de main de maître, le savant domine presque exclusivément, l’homme est trop sur le second plan: c'est l’œuvre de naturalistes éminents, parlant d’un naturaliste de premier ordre.

= Mr. Morren nous donne, il est vrai, quelques aperçus de la vie intérieure de De Candolle; mais, l’auteur n’ayant pas connu personnellement celui dont il parle, ces aperçus ne peuvent être ni complets ni toujours justes, aussi, malgré l'intérêt que Mr. Morren a su répandre dans sa notice, je n’y retrouve pas toujours le De Candolle que j'ai connu.

Mr. Daubeny est celui qui me paraît avoir le mieux apprécié le caractère de De Candolle au point de vue de la science et du travail. On découvre dans sa notice les souvenirs du disciple intelligent, qui a vu de près le maître et a su le comprendre. Mais la science pure n’était pas tout chez De Candolle, et le titre même de l’essai de Mr. Daubeny prouve que l’auteur n’a eu en vue qu'une appréciation philosophique des ouvrages du savant, qu'il est loin, par conséquent, d’avoir embrassé l’ensemble de sa vie.

Celui des biographes de De Candolle qui est entré dans le plus de détails intimes sur lui, tout en sachant faire une juste appréciation de ses travaux, est, sans contredit, Mr. Dunal son élève et son ami. Mais c’est surtout le De Candolle de Montpellier que Mr. Dunal nous a peint, et, quelque fidèle que soit le tableau qu'ilnous a déroulé de la vie de notre compatriote, il est difficile que des Genevois n’y découvrent pas quelques lacunes,

Deux notices faites à Genève, l'une en 1841, par le premier

syndic de la république, Mr. Rigaud , l’autre en 1842, par le

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