OS SC
RE ni à “CURE, M nl De. ni te
fluence de De Candolle, exposer en détail les améliorations qu’il introduisit dans l’ensemble comme dans les différentes parties de l’enseignement, rappeler la création qu’il provoqua d’une Société de lecture, dont les membres, recevant en commun les recueils périodiques et les ouvrages les plus intéressants, avaient ainsi les moyens de suivre le mouvement scientifique et littéraire. Nous nous bornerons à signaler ce qu’il fit pour une institution, auxiliaire indispensable de l’étude de la botanique, et sur laquelle se portèrent ses premiers soins , dès qu'il eut été installé dans sa place de professeur, je veux parler du Jardin de botanique.
Le Jardin de Montpellier, le plus ancien de France, avait été fondé sous Henri IV, par Richer de Belleval. Construit dès l’origine sur un plan très-imparfait, et dirigé jusqu'à l'époque de l'Empire par les chanceliers de l’Université, 1! n’avait pris aucun développement et n’avait occupé qu’un rang très-secondaire. Mr. Chaptal, quand il arriva au ministère de l’intérieur , fit faire de très-belles serres, et en confia la direction à Broussonnet, homme capable et instruit. De Candolle continua les améliorations heureusement commencées par son prédécesseur, et fut puissamment secondé dans ses efforts par Mr. Chaptal qui, quoiqu'il ne füt plus ministre, avait conservé une grande influence. Outre l'intérêt tout particulier qu’il portait à l'école de Montpellier, dont il avait été professeur, Mr. Chaptal était mu, par un autre motif, dans son désir de lui être utile: c’était la haute estime et le profond attachement qu'il avait voués au nouveau directeur du Jardin. De bonne heure il avait reconnu chez lui un mérite solide et des qualités attachantes, et il était l’un des savants de Paris qui avaient toujours le plus cherché à encourager le jeune botaniste dès son début dans la carrière scientifique. De Candolle réussit donc à utiliser, en faveur du Jardin de Montpellier , les dispositions bienveillantes de Chaptal à son égard ; et ce n'est pas la seule fois qu’il ait fait servir en faveur d’une institution publique, au lieu de l’em-
- ployer dans son propre intérêt, l'influence dont il jouissait auprès des hommes haut placés. La ville de Montpellier contribua aussi pour de fortes sommes à l’agrandissement et aux améliorations du Jardin. Considérablement augmenté, doté de 13 000 francs de rente, cet établissement prit bientôt un rang honorable; et tant sous le rapport du nombre des espèces et de leur détermination, que quant à la disposition générale du local, le Jardin que De Candolle laissa à Montpellier en quittant cette ville, n’avait aucune ressemblance avec celui qu’il y avait trouvé à son arrivée.
L'idée que je viens de donner de ce que fit De Candolle à Montpellier sous le rapport de l’enseignement, suffira, tont imparfaite qu'elle est, pour le faire connaitre sous ce nouveau point de vue. Si je ne m’y arrête pas plus longtemps, c’est que je dois maintenant aborder la seconde forme sous laquelle se manifesta, pendant cette période, sa vie scientifique, et faire voir que l’activité du professeur fut loin de diminuer celle de l’auteur.
J'ai déjà montré De Candolle travaillant à Paris à des recherches dignes d’un véritable intérêt, et j'ai essayé de faire ressortir la valeur de ses travaux, marqués au coin d’une grande persévérance, unie à une sagacilé remarquable. Ceux de ses ouvrages qui virent le jour à Montpellier présentent bien aussi le même genre de mérite, mais ils ont, en outre, un caractère propre qui tient aux circonstances nouvelles dans lesquelles se trouvait De Candolle quand il les composa, circonstances dont je dois avant tout essayer de faire sentir l’influence.
La vie de Paris, tout en offrant de grandes ressources et de nombreux encouragements, n’est pas sans quelques inconvénients pour l’homme de science qui veut se livrer à des travaux de longue haleine. Indépendamment des distractions de différents genres dont il est entouré, un jeune savant, quand il est plein d’ardeur, se préoccupe de tout ce qu’il entend, il se trouve aitiré vers plusieurs genres de recherches à la fois; trop de
RER ENT LT PRIT De OO SE
sujets l’intéressent , il voudrait pouvoir les embrasser tous, et souvent, à la vue de ces routes diverses, il a peine à se décider à en suivre une d’une manière complète. Ce n’est pas tout : une fois qu'il a fait son choix, il est poursuivi par l’idée de n’être pas devancé ; il se hâte d'achever ses travaux pour les communiquer à des sociétés savantes, ou pour les livrer à la publicité, s'exposant ainsi à ne pas y apporter toute la maturité nécessaire. Les succès dont il est témoin exciteut son ambition; les lauriers de Miltiade troublent son sommeil, et, dans sa fièvre pour réussir, il perd souvent Île calme qui est la condition nécessaire de son propre succès. . Sans doute, ces impressions et ces sentiments ne se dèveloppent pas chez tous au même degré; sans doute, ils produisent souvent d’excellents effets et amènent quelquefois de brillants résultats; mais ils risquent aussi, quand ils dominent trop exclusivement, de devenir des piéges dangereux eur la route des jeunes adeptes de la science. Ils sont nécessaires dans une certaine proportion, j’en suis convaincu; mais il faut qu'ils soient suivis d’une vie plus calme, plus isolée, qui permette à l'esprit de se replier sur lui-même , de rés.ouver son originalité et son indépendance, quelquefois compromises par la crainte de heurter les opinions dominantes, et qui fasse mürir, par la méditation , des fruits souvent étiolés sous la chaleur factice de la serre chaude.
De Candolle éprouva toutes les impressions que je viens de décrire ; ses ouvrages en sont la preuve, et ceux qu'il publia à Montpellier, la Théorie élémentaire surtout, témoignent de l'influence qu’exerça sur les idées qu'il avait conçues ou acquises pendant son séjour à Paris, ce retour sur lui-même, cette réflexion intime qui lui devint plus habituelle. Les voyages botanico - agronomiques qu'il fit pendant la même période, contribuèrent aussi à ce résultat; ces longues excursions, où il se trouvait le plus souvent seul avec lui-même, obligeaient l'activité de son esprit à se porter plus exclusivement sur des.
idées tirées de son propre fonds, et à donner ainsi à ses propres conceplions une originalité plus marquée.
Nous avons déjà parlé de ces voyages auxquels je viens de faire allusion ; commencés en 1806, continués dans les années subséquentes, ils embrassèrent tout l’empire français, qui comprenait alors, outre la France proprement dite, la Belgique, une partie de l'Allemagne, la Savoie, le Piémont et la Toscane. De Candolle divisa en six parties le vaste champ ouvert à ses explorations : il visita successivement les départements de l’ouest, la Bretagne en particulier; ceux du sud-ouest, le Languedoc, le Roussillon, les Pyrénées ; ceux du sud-est, y compris le Piémont, Parme et la Toscane; ceux de l’est, dont Genève se trouve être le centre; ceux du nord-est, Alsace, les bords du Rhin, la Belgique . enfin les départements du centre, objet de son dernier voyage qui eut lieu en 1811. Les six voyages donnèrent lieu à six rapports qui furent adressés au ministère de l’intérieur, et publiés ensuite dans les Mémoires de la Société d'Agriculture du département de la Seine.
Différents points de vue attiraient l’attention de De Candolle dans ces voyages. C’était d'abord la botanique proprement dite; il cherchait à découvrir les plantes qui n’avaient pas encore été décrites, ainsi que celles qui, bien qu’elles fussent déjà connues, ne figuraient pas dans les ouvrages de botanique comme croissant en France. Il réussit ainsi, d’une part, à enrichir la science de plusieurs espèces nouvelles inconnues jusqu'à lui ; d'autre part, à compléter la Flore française, dont il avait à cœur de faire un ouvrage aussi parfait que possible dans son senre. Ce complément de la Flore française, qui forme un sixième volume, dans lequel De Candolle réunit toutes les additions et modifications dont ses voyages lui avaient fait reconnaître la nécessité, ne parut qu'en 1815, quoiqu'il fût achevé depuis
Un second point de vue intimement lié au premier, et qui en est cependant assez distinct, préoceupait aussi beaucoup De