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de KAlîdàsa, le Méghadâta ou « Nuage messager * (i). Rùckert, qui excellait lui-même dans ce genre de composition auquel se prête si heureusement lé génie de la laïque allemande, fut vivement frappé de la beauté de cette traduction où le jeune poète reproduisait de la manière la plus parfaite jusqu'au mètre de l'original. Il engagea M. Max Miiller à publier son poème, ce qui fut fait un peu plus tard (2), et dès ce cornent il devint pour lui ua ami dévoué.
Dans un des très-intéressants articles que M. Bais thélemy Saînt-Uilaire a consacrés à notre auteur dans le Journal des Savants, après s'être complu a mettre ^n relief ce fait, que dans les ouvrages de M. Max Miiller la science la plu» exacte et la plus austère est constamment présentée sous la forme la plus poétique et la plus séduisante, cet écrivain éminent recherche quelle a été l'origine de cette alliance de qualités qui semblent presque s'exclure^ tant elles se trouvent rarement réunies. Quant à nous, aprè* avoir suivi M. Max Miiller depuis son enfance, nous n'avons pas à nous adresser la même question, ou plutôt, elle est, pour nous, résolue d'avance. Fils de poète, richement doué des plus heureux dons de la nature, familier depuis ses années de collège avec les grands ^modèles de la .Grèce et de Rome, n'ayant jamais cherché d'autre délassement après de pénibles
(1) Dans son vulunte iatitulé f'irgile et Kàtiddsa, H. André Letëtrre a tradail eo beain vers Trançais les Bucoliqaes et le Hègha- •lûta.
(,2) KÔiiigsber);, 1847.
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ET LES OUVRAGES SB H. MAX mOlLEB. 9
travaux que la poésie qu'il affectionnait, la perfection de la forme u'était-elle pas chez lui toute naturelle ? Et ce long commerce qu'il a eu depuis lors avec les antiques.Risbis, les premiers-nés des poètes aryens, n'a-t-il pas été bien fait pour donner à ses couleurs des teintes plus fraîches, et à ses images le charme des premiers jours ?
Quand M. Max Millier eut passé une année à Berlin, Gottfried Hermann chercha à le fixer dan» celte ville de Leipsick, où s'était écoulée sa propre vie dans le plus noble dévouement à la science. Mais un autre foyer de lumière l'attirait, et; en 1 8 '|5, il vint à Paris pour suivre le cours d'Eugène Burnouf au Collège de France, comme Bopp s'y était rendu en 1812, et Bunsen en 1816, pour profiter des leçons de Silvestre de Sacy (i). Il ne tarda pas à devenir un des disciples privilégiés de son illustre maître, et ce n'est pas un des moins beaux traits du caractère de M. Max Muller que cette affectueuse reconnaissance et cette vénération profonde, qu'il aime, en toute circonstance, à témoigner envers celui qui l'a confirmé dans sa vocation, et qui lui a ouvert et tracé la voie.
(I) Sur l'état des études orientales à Paris daiis les premières années du siècle, voir la Notice que M. Barthélémy Saint-Hilaîre a consacrée à Eugène Burriouf dans le Journal des Saranis (août 1852)^ et l'Introduction de M. Bréat à sa traduction de la Grammaire comparée de Bopp (p. xh). Pour les études indiennes, Londres devint naturellement un centre important, et tous les plus grands indianistes français et allemands y sont allés pour étudier les manuscrits de la riche bibliothèque de la Compagnie des Indes, et pour recevoir les conseils des Wilkins, de» Ck)lebrookc. ou dcK Wilson.
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