IV NOTICE SDR LA VIE
Dans l'étaL où se trouvaieat, à cette époque, les études indiennes, le service le plus important à rendre aux travailleurs était d'assurer la publication du plus grand nombre possible des monuments sacrés et littéraires de l'Inde. Fréd. Rosen, qui fut le premier titulaire de la chaire de sanscrit fondée à l'Université de Tx)ndres, avait donné, en i83o, un extrait du Rig-Véda, avec une traduction latine, et il se préparait à publier ce Véda tout entier, quand il fut frappé par Ja mort (i). Eugène Bumouf et Wilson avaient songé, pendant quelque temps, à reprendre un travail si malheureusement interrompu; mais, absorbés tous deux par d'autres travaux, ils avaient dû renoncer à leur projet. Cependant Burnouf avait à cœur de voir publier le plus antique et le plus important des livres sacrés des Indiens ; et quand il eut reconnu le mérite et l'ardeur du jeune Allemand , qui était arrivé de si loin pour s'asseoir au pied de sa chaire, il l'engagea à prendre l'héritage de Rosen. C'est alors que M. Max Mùller se chaîna de cette tâche longue et difficile, où son courage n'a jamais failli, la publication des 1017 hymnes du Kig-Véda (2), et de
(1) Frédéric Rosen mourat à Londres le 12 septembre 1837 à Y&gc de trente-deui ans. Sa TJe si courte et si bien remplie est racontée d'une manière fort attachante par M. Barthélémy Saint-Hilaire, dans laBiograpbie universelle (Hichaud),Qouielle édition, l. XXXVI, p. iSÎ.
L'exlTitit publié en 1830 ne donne que sept hymnes du Rig-Véda. En 1838 des amis de Rosen publièrent le premier livre du Rig-Véda, tel qu'ilTavait préparé en manuscrit,avcc une traduction et des notes.
(3) On sait que les Védas sont au nombre de quatre : le Rig-Véda, le Yadjour-Véda (divisé en Yadjour-Véda blanc et Yadjour-Véda noir), le Sâma-Véda, et l'Alharra-Véda. I.c Rig-Véda, ou Véda deshyra-
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ET LES OUVRAGES DE 91, UAX hUlLE3. 11
l'ample commentaire de Sàyana ou Sâyanàchârya (c'est-à-dire maftre Sàyana), ainsi qu'on l'appelle quelquefois {i). La dlfEicuIté n'était pas tant de publier le texte même du Rig-Véda, qui a été conservé depuis plus de trois mille ans avec la plus religieuse exactitude, qui a été l'objet de tant de travaux si scrupuleusement minutieux, et dont les Indiens avaient été jusqu'à compter non-seulement les mots, mais même, les syllabes. Mais les manuscrits de Sàyana sont fort défectueux, et comme M. Max Miiller ne trouvait pas dans les bibliothèques de Paris des ressources suffisantes pour mener à bonne fin cette partie de son travail, il partit pour l'Angleterre, au mois de juin 1 84^,
nés, est aiosi nommé de la racine sanscrite qui signifie « célébrer «. Le Yadjour-Véda, ou Véda du sacrifice, tire son nom de la racine sanscrite qui signifie « sacrifier b. Le nom de l'Atharva-Véda vient A' Atharean qui en est supposé un des auteLirs. Le Sàma-Véda est une collection de Sdmam ou chants. Le mot feda lui-même, dérivé de la racine vkl « connaître, savoir », signifie « la connaissance, la science u.
Loi'squ'on parle des collections des bymnes de chaque Véda (sans les Brâhmanaa ou traités théologiques qui appartiennent à chaque Véda), on a l'habitude de mettre après le nom du Véda le mot sanscrit SanhitA qui signifie a Recueil, n
Enfin on nous permettra de Taire observer que quand, dans les études sur la littératuri; védique, on emploie tantôt l'expression le féda et tantôt Its Véda», on fait entre ces deux termes la même distinction que nous établissons entre l'Évangile et /» Évangiles.
(() Sàyana vivait au quatorzième siècle de notre ère. Son commentaire est donc un des plus récents, mais il a cet important avantage, qu'il résume les travaux antérieurs, et qu'il peut être regardé, en quelque sorte, comme le dernier mot de l'exégèse brahmanique.
Pour donner une Idée de la longueur des explications de Sâyapa, il suffit de dire que chaque distique des hymnes est suivi d'un commentaire qui, bien souvent, remplit presque toute .une p^e in-quarto.
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i2 KOTICE SUR LA VIE
afin de cottationner les manuscrits de Sâjana que possédaient la bibliothèque de la Compagnie des Indes à Londres, et la bibliothèque bodléienne à Oxford. A Londres, les circonstances le mirent en relation avec le chevalier de Bunsen , alors ambassadeur de Prusse en Angleterre, et avec Wllson, qui, après avoir longtemps résidé dans l'Inde, avait accepté la chaire de sanscrit à l'Université d'Oxford (r). Ces deux savants, avec le premier desquels surtout M. Max MûUer
(I) Horace Hayman Wilson, mort en mai 1360, à l'âge de 73 ans, avait vécu pendant de longues années dans l'intimité de Colebrooke, et servit de lien entre la première génération des indianistes anglais et la génération nouvelle. Peu de savants ont plus contribué que lui auï progrès des études indiennes. Pendant vingt années de spn séjour dans l'Inde, de ISIâ à 1832, tout en s' occupant avec zèle de ses fonctions à ta Monnaie de Calcutta, il fut le secrétaire très-laborieux de la Société asiatique du Bengale, et il publia dans les Mémoires de cette Société des Iravaui d'une grande valeur. En !8)9, il fit paraître à Calcutta le premier dictionnaire sanscrit-anglais, œuvre à laquelle il s'était préparé de longue main en s' occupant de la compilation des leiiques sanscrils avec les brahmanes qui avaient été chargés de ce soin par lord Wellesley, gouverneur général de l'Inde. Il a donné aussi UD Vocabulaire des termes techniques indiens, employés dans dix-sept langues différentes. Wilson a fait des travaux fort importants sur le théâtre indien. Nous lui devons la traduction de quatre drames, l'analyse de vingt autres pièces, et une savante étude sur la poésie dramatique dans l'Inde. Il a publié aussi la traduction du f^ishnu-purâna, la traduction et le texte de la Karika du Sànkhya, une Grammaire sanscrite , et une traduction des hymnes du Rig- Véda contenus dans les trois premiers volumes de l'édition de H. Max MuUer. Sans parler des notices qui ont paru en Angleterre, les lecteurs français trouveront des détails très-complets sur Wilson dans la notice que lui a consacrée H. Jules Mohl dans le Journal Miatlqtte de Paris, et dans sa vie écrite dans la Biographie universelle (Uicbaud), nouvelle édition, par H. Barthélémy Saint-Hilaire que l'on rencontre à chaque pas devant soi, quand on s'occupe de ces études.
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