‹ Notice sur la vie et les ouvrages: de M.Max MüllerChapitre 7 sur 9 · NOTICE 8VR LA VIE · texte numérisé non relu

NOTICE 8VR LA VIE

des mots, aur le sens des parties les plus obscures' du langage, et sur ks mille prétendues irrégularité» auxqudles od se heurtait à chaque instant. Venant à l'aide des historiens et des ethnologues, elle répand de nouvelles clartés sur l'histoire des nations. Enfin, en nous faisant connaître à fond l'organisme des langues , elle prête aux psychologues, pour l'analyse de l'esprit humain, de précieux secours que n'avaient jamais pu entrevoir les philosophes des siècles précédents.

Cet Essai, comme tous les ouvrages de M. Max Millier, est écrit en anglais avec une remarquable élé' gance, et, à l'excepticHi des personnes qui avaient assisté à son cours, il n'y avait assurément pas un lecteur qui pât se douter qu'il avait sous les yeux l'œuvre d'un jeune Allemand de vingt-huit ans, arrivé depuis cinq ans en Angleterre, et dont presque tout le temps se passait à compulser des manuscrits indiens, et à se frayerune route à travers les question» le» plus ardues de la langue et de la littérature védiques.

En i85o, M. Max Mûller avait été nommé professeur adjoint des langues et des littératures de l'EUirope moderne, et^ en i854, il succéda à son ami M. Francis Trithen comme titulaire de cette même chaire qu'il occupe encore. En iSB'i, M. Max Millier put^ia son Essai sur la logique indienne (i), et en l'année suivante, oîi parut le second volume de son édition du

(1) An Etsay on Indian Ihgtc, publié dana Thomion't Lawt of thmgkt, London, 1653.

ET i:.ES OUVBAQBS DE U. MAX hDlLER. 23

Rig-Véda, nous le voyo ns publier trois nouveau écrits : Propositions pour un alphabet à fusage desx missionruiires {î). Conseils pour apprendre les langues Hti théâtre de la guerre en Orient (2), et Lettre au chevalier Bunsen sur la classification des langues tauraniennes (3). Etaos cette Lettre, insérée par Bunsen dans- le tome 1 de son Esquisse de la philosophie de rhistoire universelle (4) (depuis la page a63 jusqu'à la page 5si), M. Max MùUer donne les renseiguemeots importants qu'il a recueillis dans les récits des voyar geurs, sur te langage des tribus nomades de l'Asie septentrionale et méridionale ; et, après avoir rendu compte du procédé agglutinalif commun à ces langues d'ailleurs si diverses, il' expose les raisons pour lesquelles il lui semble possible dç réunir tous ces idiomes en un groupe qu'il nomme le groupe touranien. Les opinions émises par M. Max Millier dans sa Let' tre sur les langues touraniennes ont rencontré beau-coup d'opposition en Allemagne. Mais les adversaires les plus décidés f tels que M. Pott, ont reconnu que « cet ouvrage était le plus important qui eût été pu-

()) Propoiats for a mUsionary alphabet (LondoD, 1854).

(2) Suggetliont on learning the languaget of fhe teat ofwar in tke East i\.onion, 1854). Une deuxième édition de cet ouvrage, considérablement au^entée, parut l'année suivante sous ce titre : TAe languaget of the seato/iOar in the Eatt,v>llhaSuneyofthe three famiUet of langvage, Semilic, Aryan and Tvtranian (London, I8SS].

(3) Letter to Chevalier Bunsen on the datsi/ieatUm of tht Tmrantan languaget.

(4) OullitietûfUtephilotophyofttnttxrKal hittory (Lonioa, 1834). Ce même ouvrage contient d'autres tfavaui de H. Haï Mûller, sur' le Véda, le Zend-Avesta, etc.

>OTICE SUR XA Vit

blié -depuis longtemps dans le domaine de la linguis* 4ique w.

£□ 1ÔS7, M. Max Mûller publia son savant ouvrage sur le BouddhisrMe et les pèlerins boudd/iistes (1), et dans les Oxford Essays pour cette nséme année parut son Essai sur la Mjthvlogie comparée, qui a fait époque dans l'bistoire de cette science, et qui a été, pour nombre de gens instruits, comme la révélation d'un monde nouveau. Kuhn et d'autres mythologues allemands avaient déjà fondé sur de fermes, assises la science de la mythologie comparée, et leur immense érudition avait fait les découvertes les plus importantes pour l'intelligence des croyances et des religions de l'antiquité. A M. Max Millier, non moins érudit que ses devanciers et que ses émules, il était réservé de poser les principes généraux de cette science , d'en tracer la vraie méthode , ■ et d'appeler l'attention du public sur ces études nouvelles, en les lui présentant avec ce charme de style dont il a le secret.

£n i858, M. Max MùUer fut nommé Fellow de âU Soûls' Collège à Osford, et membre correspondant de l'Institut de France. Dans la même année il publia, ses Classiques allemands, depuis le quatrième jusqu'au dix-neuvième siècle , qui contiennent des pièces justificatives pour toute l'histoire htléraire de l'Allemagne. "La préface nous donne un aperçu du développement de la vie intellectuelle et littéraire de TAllemagne (s).

(1) Buddkism and Buddh'xt pilgi-ims (Loadon, 1857). ■ (2) The German etaiisics,Jn)m tite fom-th io ihe nlneteenl/i' ce»tunj [London, 1858).

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ET LES OCVXAGES de H. UAX mOLLER. 2S

' Dans te cours de raniiée suivante, M. Max MûUer publia son Histoire de l'ancienne littérature sanscrile (i), dans laquelle il nous donne le résullat de ses longues années d'étude sur le Véda et sur ses commentateurs. L'illustre écrivain, que nous avons déjà souvent cité« a consacré à cet ouvrage cinq articles dans le Journal des Savants, et nous sommés trop heureux de pouvoir rapporter ici l'hommage qu'il rend à notre auteur. « Le nouvel ouvrage de M. Max Millier, dit M. Eiarthélemy Saiiit-Hllaire, marquera dans les études védiques un progrès considérable ; il fixé et il éclaircit une foule de questions intéressantes et douteuses,' et il trace à la littérature du Véda un cadre qui, selon nous, sera définitif. Il a porté l'ordre et la lumière ' dans ce trésor immense et confus des monuments primitifs de la religion brahmanique, et son système repose sur des bases qui peuvent sembler inébranlables » (a). Nous ne nous pardonnerions pas si nous omettions de citer encore le bel éloge par lequçl le même savant termine son étude approfondie sur V Histoire de la littérature sanscrite^ et que les amis de M. Max Millier auront plaisir à relire avec nous : a Tel est le tableau neuf et curieux que M. Max Mûl- *'ler a tracé, en répandant dans son livre une abondance de renseignements et de faits que nul avant lui n'avait accumulés avec une science aussi sûre, ni pré-

{\) A History of Ancient SansiHt Lileralure, so far as it illutratHS the primitive reli^on of tlie Brahmans (London, (SSfl, XIX-607 pages). La deuxième édition a paru en (860.

(2) Journal des SaranU, I8«0, p. *37.

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