‹ Notice sur la ville de PloërmelChapitre 1 sur 28 · Notice sur la ville de Ploërmel · texte numérisé non relu

Notice sur la ville de Ploërmel

Ploërmel est une des inoins transformées parmi les vieilles cités bretonnes ; non pas que cette ville renferme de très-vieux monuments, le tout ne remonte guère au-delà du xvie siècle ; mais dans l'ensemble, rien de trop évidemment moderne, si ce n'est peut-être la prison, n'attire l'œil et ne fait disparate avec les pans de murailles crénelées, avec les grandes enceintes des couvents, avec la belle église constellée de verrières incomparables, avec la halle immense à charpentes enchevêtrées, avec les rues étroites et raboteuses.

Là, point de hautes cheminées d'usines, point de chemins de fer, point de port, point de gar-

nison, point de bruit. On voit circuler seulement des charrettes aux essieux de bois munis de rondelles pendantes qui se choquent entre elles avec un son funèbre, et que traînent lentement de petits bœufs blancs et noirs. Le costume des habitants ne diffère point de celui des campagnes voisines et garde quelque chose d'antique et d'austère; et comme pour compléter l'illusion et rappeler les institutions monastiques qui furent le grand foyer de la vie publique au moyen âge, on rencontre à chaque pas un groupe des Frères de l'Instruction chrétienne, dont la maison-mère est encore bien réellement le centre vivant de Ploërmel.

Ploërmel est médiocrement goûté des commis-voyageurs et des fonctionnaires publics.

Mais jamais ni commis -voyageurs ni fonctionnaires d'aucune classe ne maltraiteront autant cette pauvre vieille ville que l'ont fait Ogée et ses continuateurs.

L'histoire vraie de Ploërmel est pourtant de nature à jeter quelque lumière sur le mode de formation et de développement de nos cités bretonnes. Je veux en tracer ici un léger crayon. Je n'ai point la prétention d'épuiser les détails, bien que je doive faire usage d'un assez grand nombre de pièces inédites : l'histoire locale, au

point de vue des détails, ne peut être entreprise que par les gens qui étudient et travaillent sur place. (1)

(1) Je me fais un très - agréable devoir de remercier spécialement M. l'abbé Guilloux, aumônier des Frères; M. l'abbé Peschard, vicaire de Saint-Armel; M. le recteur de Taupont; M. le maire de Ploërmel et M. le greffier du tribunal civil, pour l'obligeance parfaite avec laquelle ils ont mis à ma disposition les divers titres dont je me suis servi. Je me garderai bien de passer sous silence ce que je dois particulièrement à M. Arthur de la Borderie, puisque ces précieuses communications me deviendront ainsi un témoignage public de l'amitié qui nous unit. !

Page 1