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Quittance du verrier du couvent des Carmes de Ploërmel.
1306. — Sachent touz que ge Loranz le vitrier, de Redon, ay eu et receu, por totes les vitres du Carme que ge ay mis en l'iglese du Carme et en l'enfermerie, trente et set libres dez souz, par la men Joan Le Rey, borgeis de Plormel, conte fet ou jor de vendredi, en la
feste de la Mad (1) o monsour Rertran de la
Barre (?) cliapeleen monsegnour le Duc, et o mètre («te) André de Joé asdites trente et set libres dez souz, por totes chouses. De laquele some d'argent ge me tiens à bien payé. En tesmoyg (sic) de laquelle chouse ge done ces letres seelées du seaul Pierres Baltohet [mis] (2) à mes preères, por quoi ge n'avoye propre seaul.
Doné ou jor davant D (3), l'an de graece
mil treis cenz et ses. Item, je receuy pour celle besoigne neuf livres diz et out sols. Donné comme dessus.
(Pris sur V original en parchemin, étant aux
(l) (2) (3) Le parchemin est mouillé et récriture illisible en ces trois endroits; mais au second, marqué par la note (2), on peut avec sûreté restituer le mot mis.
Arch. départ, de la Loire- Inférieure, Trésor des chartes de Bretagne, 0. E. 20. — Scellé sur simple queue d'un sceau de cire vert foncé, de forme circulaire, autoui duquel cette légende : f s. pieeres baytohet; dans le champ du sceau, un marteau et une équerre, ce qui indique sans doute que Pierre Bautohet était un maître maçon.)
Grille du tombeau du duc Jean H aux Carmes de Ploërmel.
1318, 6 juin. — A son cher ami André Bonnin (1), ou à son lieutenant à Nantes, Aubery de Baudement (2), salut et amour. Pierre Le Bourdieuc de Vennes a fait mises (3) et doit ancor
(1) Une pièce de l'an 1306, publiée dans les Mélanges d'histoire et d'archéologie bretonnes (t. I, p. 153), nous fait connaître un Gui Bonin, marchand de Florence, établi à Nantes, qui paraît avoir été banquier du duc Jean II. Cet André Bonin était sans doute son fils et successeur en cette charge, car il a écrit au dos de cette pièce : « XL I. paie à Bor duché por gli amonieri. » Les trois derniers mots sont italiens, et montrent que le paiement a été fait pour le compte des exécuteurs testamentaires du duc Jean II, distributeurs de ses legs et de ses aumônes, d'où ils sont appelés amonieri.
(2) Aubry de Baudement était justement l'un des exécuteurs testamentaires du duc Jean II, désignés dans le testament de ce prince; voir D. Morice, Preuves I, 1190.
(3) Mises, dépenses.
faire pour une graille (1) de fer à la tombe monseigneur le duc Jehan (2), dou commandement de ses exécuteurs. Si vous mande et pri que vous à iceluy Pierre ou à son commandement, portant ceste lettre, bailliez et délivrez senz delay et prestement quarante livres pour ladite besoigne faire, de laquelle il nous devra rendre compte, retenent (sic) ceste lettre par devers vous pour en compter. Et en prenez o tout lettre de luy (o) ou de sondit commandement. Et le délivrez si prestement et en tele menière, que il ne se doie douloir dou deffaut ou dou delay de la délivrance. Doné, tesmoin mon seau, le mardy avant la Penthecouste (4), Tan de grâce M. CCC. et diz et oict.
(Pris sur Vorig, parch., scellé en cire verte sur simple queue, aux Arch. de la Loire- lnfre, Trésor des chartes de Bretn Q. F. 11.)
(t) Bu latin craticula, on a fait successivement en français craille, graille, greille et grille,
(2) Il ne se peut agir ici que du duc Jean II, enterré aux Carmes de Ploërmel, car en 1318 le duc Jean III était encore vivant et régnant.
(3) Cette lettre est précisément la quittance de Pierre Le Bordiec, dont le texte suit.
(4) En 1318, Pâques était le 23 avril; la Pentecôte, le 11 juin, et le mardi avant cette fête, le 6 du même mois.
1518, 28 juin. — Sachent touz que ge Pierre Le Bordiec, de Vennes, ay eu et receu de André Bonin, du commandement de monsour Aubery de Baudement, pour l'evre de la graille de Ploarmel, quarante libres monnoie corante (1), et me en tens- (2) pour bien payé. Donné tesmoign mon seel, le judy en la vigille Seint Père et Seint Poul, l'an mil très cenz et dez et octit (3).
(Pris sur l'original, pareil., le sceau est tombé, aux Arcli. de la Loire-Inf™, ibid )
(1) Cette somme, qui répond au moins à 2,000 fr. de nos jours, et qui notait encore qu'un paiement partiel, montre que cette grille était véritablement une œuvre d'art.
(2) « Et je m'en tiens, »
(3) Sic pour oict. La veille de la Saint-Pierre est nécessairement le 28 juin.
Charte pour le prieuré de Saint-Nicolas de Ploismel (1).
(1116 à 1142). — Ego Conanus dux Britannie notum fieri volo omnibus, tam militibus quam burgensibus de castello Plormel (2), quatinus concessi monachis Beati Martini Majoris Monasterii, in eodem Castro pro posse Deo servientibus, ut homines sui, de quacumque parte in terram suam advenerint, exceptis burgensibus castelli sepe nominati (3), de pastu meo (4), quern burgenses mei me adveniente reddunt, omnino nichil reddant. Hoc donum dedi pro redemtione anime mee et antecessorum meorum in manu Moysy prioris ejusdem loci (5) in claustrum beati Martini castri Goscelini , his audientibus : Gaufrido vicecomite (6); Alano capellano; Herveo del Brel (7); Danielo (sic) filio David; de monachis affuit Andréas prior (8), Fulcherius et alii plures ; Judicalis filius Caphin; Paganus filius Ruaut ; Moyses monachus ; Herveus monachus ; Robertus monachus, et alii; Jacutus Enisani filius, et frater ejus Robertus, et alii plures.
(Pris sur V original en parchemin, écriture de la première moitié du xne siècle, sceau tombé, ledit original étant aux Archives départementales du Morbihan, fonds du prieuré de Saint-Martin de Josselin, titres latins, n° 21.)
Notes de lacté précédent.
(i) Ce titre « De Ploismel » est au dos de la charte, en écriture du xme siècle; une main du xve siècle a ajouté : « Et Sancti Martini de Castro Joscelini, » parce que alors, sans doute, le petit prieuré de Ploërmel était devenu une annexe du prieuré de Saint-Martin de Josselin.
(2) De castello Plormel.'] Cette expression castellum montre qu'il y avait dès lors à Ploërmel une enceinte fortifiée, et tout au moins un château. L'orthographe Plormel prouve que la prononciation commune de ce nom était dès ce temps la même qu'aujourd'hui.
(3) Exceptis burgensibus castelli scpe nominati.\ Ce membre de phrase indique que le duc Conan exemptait de la redevance du pastus tous les hommes qui s'établissaient sur la terre des moines de Marmoutier à Ploërmel, de quelque part qu'ils vinssent, sauf toutefois ceux qui, pour s'y établir, auraient abandonné le bourg ou château de Ploërmel appartenant au duc.
(4) De pastu meo.'] Ce pastus, que les bourgeois du château de Ploërmel devaient au duc quand il venait e n cette ville, était sans doute un grand dîner pour lui et sa suite, genre de redevance que l'on trouve dans presque toutes nos seigneuries un peu importantes sous le nom de manger ou mangier (en latin mangerium), et qui de bonne heure fut presque partout convertie en une rente fixe en argent.
(5) In manu Moysy prioris ejusdem loci.~\ Ce Moyse ou peut-être Moysy (nom fréquent sous cette forme en Bretagne), était certainement le prieur de Ploërmel. Quoique la concession ait été faite dans le cloître de Saint-Martin de Josselin, ce Moyse n'était pas prieur
de Josselin, car nous trouvons plus loin, parmi les témoins, ce dernier prieur, qui s'appelait André.
(6) Gaufrido vicecomite.'] Ce vicomte Geoffroi ne peut être que Geoffroi, vicomte de Porhoèt, qui succéda à son frère Josselin II mort vers 1116, mourut lui-même en 1142, selon du Paz, et fut père du célèbre Eudon II de Porhoët. (Yoy. D. Morice, Hist. de Bretagne, t. Ier, p. xxi.) La présence de ce Geoffroi parmi les témoins fixe la date de notre charte de 1116 à 1142, et montre que le duc de Bretagne, qui en est l'auteur, ne peut être que Conan III dit le Gros, fils d'Alain Fergcnt, et qui régna de 1112 à 1148.
(7) Herveo del BreW] Del Brcl sont deux mots de forme française qui, dans notre langue actuelle, doivent se rendre par du Breil. Mais je ne sais s'il faut voir là l'un des plus anciens auteurs de cette famille Du Breil, illustre en Bretagne, qui subsiste encore, et dont la principale branche posséda la seigneurie du Pontbriand (en Pleurtuit), d'où elle prit son surnom. Des membres de cette famille figurent dans les chartes de l'abbaye de la Vieuville en 1192. (D. Morice, Preuves I, 722), et même dès 1177, selon M. de Courcy, Nobiliaire de Bret.y 2e édition. Mais il faut noter que M. de Courcy mentionne plusieurs autres familles du nom de du Breil.
(8) Andréas prior."] Comme la concession est faite dans le cloître de Saint-Martin de Josselin, on ne peut douter que cet André ne fût prieur de cette maison, — d'autant que dans une autre charte du fonds de Saint-Martin de Josselin (titres latins, n° 10), aux archives du Morbihan, charte datée de 1131, on trouve parmi les témoins : a Testibus istis :... Andréa priore de Castro Goscelini. »
Estât des parroisses, maisons nobles et abbayes du ressort de Ploërmel. (xvine siècle.) (1)
Ploermel est la première barre royalle de Bretagne, comme elle en estoit aultrefois la plus
considérable. Mais les presidiaux de Rennes
les divers démembrements qui en ont esté faits de temps en temps ne luy laissent plus que trente lieues de longueur à se prendre de Goa-
rec à de Peillac à Montauban, en largeur.
avec une grande restriction de juridiction, fors
pour les cas royaux dont la connoissance
privativement.
La ville, les trois paroesses et forest de Montfort, avec l'abbaye de Saint-Jacques-de-Montfort, les prieurés de Saint-Maugan, Saint-Gon-
lay Saint-Jan-dlffendic et autres paroesses
d'alentour relevoient anciennement en entier dudit Ploërmel suivant le minu y fourni après le décès de Laval, par autre Guy, comte de
(1) C'est une pancarte sans signature conservée au greffe du tribunal civil de Ploërmel, et qui est de la fin du xyne ou du commencement du xvme siècle. — Des déchirures aux marges laissent des lacunes, marquées ici par des points. — L'encre est d'ailleurs assez pâle et rend la lecture douteuse.
Laval son nepveu, le 6 décembre 1508 employé en l'inventaire de la Chambre des Comptes de
1574 et adveu en conséquence du 16e
mars 1508 (v. s.) et aux fins des adveus desdits prieurés des 25 juillet 1461, 19 novembre 1471, 29 novembre 1480, 17 septembre 1488, 12 janvier 1495 et 20 mars 1540. Et à présent le tout relève du présidial de Rennes par appel, et n'est demeuré sous Ploërmel que Saint -Jouan, en ce qui est en deçà de la rivière, avec quelques fiefs au-delà, Saint - Uniac et Saint - Eloy de Montauban.
La baronnie de Gaël a été enlevée dudit comté de Montfort par acquest qu'en firent les seigneurs de Rosmadec (le 17 janvier Î617) (1) et ensuite divisée en qualtre autres juridictions, sçavoir : Plumaugat, Mauron, Garnedan {sic) et Saint-Brieuc près Mauron ; les trois dernières sont contentieuses, et la première, avec ce qui étoiten Lanrelas, acquise par M. le marquis d'Espinay en 1645 est décheùe de' ce droit par sentence de la Refformation de Ploërmel du 24 mars
1680, ensemble les fiefs de Gaël aux enclaves de Saint-Jean de Saint-Méen et de Saint-Onnen, acquis en 1659 par M. de Branbuan. (La sentence pour Garnedan et Saint-Brieuc est du 21 juillet
1681, rendue sur la déclaration du 15 décembre
(1) Les mots entre parenthèses ont élé anciennement ajoutés à l'original.
précédent, adveu au soutien de Gaël du 15 octobre 1641.)
La juridiction de l'abbaye et ville de Rhedon resortissoit anciennement par appel audit Ploërmel, suivant Fadveu du 4e mars 1459, employé aux inventaires et à présent les appellations s'en portent au présidial de Rennes.
La baronnie de Lohéac relevoit pareillement de Ploërmel, suivant adveu de Jean, sire d'Acigné, du 10 juin 1550, même la chatellenie de Guermaison, les prieurés de Saint Germain de Lohéac, Saint André et autres aux lins des adveux des 20 janvier et 18 novembre 1495, mentionnés aux inventaires, et à présent le tout relève du même présidial de Rennes, fors ce qui a été réuni au domaine de Ploërmel par la dernière refformation.
La ville, terre et seigneurie du comté de Rochefort étoient encore autrefois du ressort de Ploërmel, suivant Fadveu de Jan, sire de Rieux et Rochefort, du 10 avril 1507, employé aux inventaires, à la cote 569, et à présent elles sont de celuy du présidial de Yennes.
La vicomte de Rohan relevoit pareillement anciennement de Ploërmel, suivant le minu y fourni après le décès de Janne de Navarre, compagne de Jan, vicomte de Rohan, en novembre 1405, et autres des 2 et 22 may 1471 et 1472. Mais d'après son érection en duchépairie, fait en 1605, les appellations des sièges
particuliers dudit duché se portent à Pontivy, siège principal, ensuite directement en la Cour; et la juridiction de Ploërmel, n'y connoit plus que des cas royaux, et encore souvent en est elle défraudée.
La terre de Merdrignac relevoit anciennement en ligence dudit Ploërmel, comme prouve la saisie en faite en 1572 pour le rachapt (adveu du 22 may 1S27 et saisie du 29 août 1629), et à présent les appellations se portent pour la pluspart en la comté de Porhouët.
Seigneurs ayants droit de menée aux pieds gênévaux de la juridiction de Ploërmel.