OBIIT IBIDEM A. D. \0 JANCARII A. MDCCCXXX
en outre dans l'église deux momies , l'une d'un comte de Nassau- Saarbrûck , l'autre d'une jeune fille inconnue, qui n'offrent qu'un intérêt médiocre , surtout depuis qu'on a eu la malheureuse idée de les habiller à neuf et de les couvrir d'un vernis.
5° Église de Sainte- Aurèlie.
A l'église de Saint-Thomas succède dans l'ordre chronologique celle de Sainte-Âurèlie, située à l'extrémité du faubourg National. Elle fut construite en 940 par l'évêquc Rudhard , qui en accorda le patronage et les dîmes au chapitre de Saint-Thomas. D'abord elle était sous l'invocation de saint Maurice , mais comme la tradition la disait élevée à l'endroit où avait été ensevelie sainte Aurélie, l'une des onze mille vierges , on s'habitua peu à peu à l'appeler du nom de cette sainte. La réforme y fut prêchée dès 1523; Martin Bucer y fut pendant quelque temps pasteur. Complètement rebâtie au dix-huitième siècle , l'église de Sainte- Aurélie , aujourd'hui très-simple , n'a conservé de ses anciennes constructions qu'une tour sans aucune espèce d'ornement.
6° Église de Saint-Picrre-le-Jeune.
Ce n'était anciennement qu'un petit oratoire , dédié à saint Colomban , et situé hors de la ville. Reconstruit et agrandi en 1031 par l'évêque Guillaume , le restaurateur de Saint-Thomas , il fut élevé par lui au rang d'une église collégiale qui , en 1052 , fut dédiée à saint Pierre par le pape Léon IX. La nef fut renouvelée en 1290 , et le chœur en 1320 ; le clocher, abattu en 1327 par la foudre, fut reconstruit sans goût ; c'est le même qui existe encore aujourd'hui. Dans la suite on ajouta plusieurs constructions accessoires , qui ne présentent, ni dans
leur ensemble , ni dans leur détail , le moindre intérêt artistique. L'église , occupée depuis la réformation par les protestants , fut partagée en 1682 entre eux et les catholiques ; ces derniers célèbrent leur culte dans le chœur , séparé de la nel par un mur.
7° Église de Saint-Nicolas.
En 1182 Walther, administrateur ( dispensateur i) de l'évoque Henri , fonda , sur un terrain qui lui appartenait sur la rive droite de la Bruche , une chapelle en l'honneur de sainte Marie-Madeleine et des saints Maurice et Nicolas ; ce dernier nom prévalut dans la suite. En 1314 cette chapelle fut incorporée , avec tous ses droits et propriétés , au chapitre de Saint- Thomas. Elle fut rebâtie et considérablement agrandie en 1381, moyennant des sommes léguées lors de la grande épidémie de cette année. Plus tard de nouvelles réparations eurent lieu ; aujourd'hui l'église , appartenant aux prolestants depuis la réforme qui y fut prêchée par Antoine Firn, est une des plus simples de Strasbourg. On y a érigé un monument à la mémoire du savant professeur et prédicateur Isaac Haflher, mort en 1831 : il représente le génie de la religion , se tenant assis auprès d'un autel , et à demi-voilé, comme en signe de deuil à cause de la mort de son éloquent interprèle ; le médaillon en marbre blanc de ce dernier se voit au-dessus du bas-relief qui est en grès. M. Kirstein fils est l'auteur de ce monument.
8° Le Temple-Neuf.
En J254 plusieurs chanoines de la cathédrale cédèrent aux
1 En allemand Spender ; la famille de Walther, dans laquelle cette charge devînt héréditaire , en reçut le nom.
dominicains de Strasbourg des terrains considérables pour y bâtir un couvent et une église. De riches donations faites par des nobles et des bourgeois, fournirent les frais des travaux qui avancèrent avec tant de rapidité , que déjà en 1230 l'évêque Henri de Slahleck put dédier l'église en l'honneur de saint Barthélémy.
Cette église des frères prêcheurs (Predigerkirche) , agrandie et rehaussée dans la suite , n'offre à l'extérieur rien de remarquable; la façade est nue et irrégulière. L'intérieur, au contraire, ne laisse pas de produire un effet imposant, malgré l'inégalité qui est résultée des agrandissements successifs ; il se compose de deux nefs principales et de deux nefs latérales , d'ont l'une est aussi haute que les premières ; elles sont séparées par des piliers surmontés d'arceaux et de voûtes en ogive. Le chœur, commencé en 1308 et achevé en 1345 , et séparé de l'église par une allée fermée des deux côtés , se distinguait par l'élévation et la légèreté de ses voûtes et la beauté de ses vitraux.
Du temps de la réformation , après que les dominicains eurent quitté leur couvent f l'église resta pendant quelque temps fermée; elle servit même en 1546 de magasin. Les protestants ayant perdu la cathédrale , par suite de l'intérim , le magistrat leur assigna l'église des dominicains ; elle fut refermée de nouveau, lorsqu'on 1560 l'intérim eut cessé. Elle ne fut rouverte qu'après la capitulation , et devint alors l'église principale des protestants. Depuis ce temps elle porte le nom de Temple- Neuf {die neue Kirche). En 1793 elle fut convertie en grenier de blés.
Le Temple-Neuf possède également quelques monuments dignes de remarque. Le plus curieux en est une Danse des morts , peinte à fresque sur les parois intérieures. Ces pein-
tures , qui datent sans doute du quinzième siècle , furent découvertes en 1824 , à l'occasion de grandes réparations que l'on faisait dans l'église. Le premier tableau représente le sermon d'un dominicain , adressé à des personnes de diverses conditions. Sur les tableaux qui suivent, on voit la mort conduisant au tombeau le pape et ses cardinaux , l'empereur et l'impératrice avec leur suite, le roi et la reine, l'évèqueet différents clercs. Plusieurs tableaux qui , par suite de l'humidité des murs, n'étaient plus guère connaissables , ont été recouverts de badigeon. Celte perte est vivement à regretter ; car ce qui nous reste de cette danse des morts est d'une beauté remarquable , tant à cause du fini du travail que de l'expression des têtes ; loin de retrouver ici le caractère satirique que l'on remarque dans plusieurs autres monuments de ce genre, on voit une gravité, une tristesse solennelle répandue sur toutes les scènes , et jusque sur les figures de la mort elle-même.
A la droite du premier tableau , on a incrusté dans le mur la pierre tumulaire du prédicateur mystique Jean Tauler; cette pierre , sur laquelle est gravée la figure de ce célèbre dominicain , se trouvait jadis dans un des corridors du couvent. Outre les inscriptions et les armoiries de quelques bienfaiteurs de i'église, celle-ci renferme encore un monument exécuté dans un goût très-pur : c'est la pierre sépulcrale du frère Jean Ortwin, évêque suffragant de Strasbourg au commencement du seizième siècle; elle représente la statue colossale de ce prélat, en ronde-bosse, portant crosse et mitre, et ses pieds reposant sur un lion ; ce monument , retrouvé en 1837, est , malgré son état de dégradation , un des plus beaux qui nous soient restés des premières années du seizième siècle.
Trois monuments modernes, que l'on aperçoit à droite, en entrant par la grande porte , ont été érigés par la reconnaissance
des protestants. L'un , représentant notre Seigneur bénissant les enfants , rappelle le souvenir de Jean-Laurent Blessig , professeur de théologie et pasteur au Temple-Neuf (mort en 1816); le groupe , du au ciseau d'Ohraacht qui a su y répandre une grâce infinir , repose sur un piédestal portant sur sa face antérieure le médaillon du vénérable prédicateur. Les deux autres monuments sont les bustes de Bernard-Frédéric de Tûrckheim, président du consistoire général de la confession d'Augsbourg ( mort en 1831 ) , et de François-Henri Redslob , professeur de théologie et prédicateur au Temple-Neuf (mort en 1834).
Les murs qui séparent l'église du chœur sont masqués aujourd'hui par un magnifique orgue de Silbermann. Le chœur lui-même , où au seizième siècle les réformés réfugiés français ont pendant quelque temps (depuis 1538) célébré leur culte , a été affecté plus tard au service de l'Université qui y célébra ses actes publies , jusqu'à ce qu'il fût destiné à servir de local à la bibliothèque de Schœpflin. De nouvelles constructions y ont été faites il y a quelques années ; on l'a séparé en deux étages et un rez-de-chaussée; trois grandes et hautes salles qu'on a ainsi formées et dont la supérieure est recouverte par la voûte , renferment les livres et les curiosités de la bibliothèque de la ville.
Dans le corridor qui sépare le chœur de la nef, on entre dans la grande et belle salle de Y auditoire du Temple-Neuf, restaurée en 1838 , dans le goût de la Renaissance. Elle est ornée de plusieurs jolis vitraux et d'un buste de Jean Sturm , qui est un des plus beaux travaux de M. Kirstein fils. Celle salle sert à différentes réunions et solennités prolestantes.
9° Église de Saint-Guillaume.
En 1300 la riche famille de Mûlnheim entreprit la construc-
tion d'une église dans la Krutenau , au milieu des champs qui , à cette époque, formaient encore en grande partie ce quartier. Elle l'acheva en 1306 et la remit en 13 tl aux religieux de l'ordre de saint Guillaume , venus à Strasbourg quelques années auparavant. La réformation fut de bonne heure introduite à Saint -Guillaume; celte église devint celle de la paroisse de Saint-Étienne , dont les bâtiments étaient alors fermés et dont les revenus furent en partie aftccté&au traitement des pasteurs , jusqu'au, moment où Saint-Étfenne fut restitué aux catholiques.
Sous le rapport de l'archi lecture, l'église de Saint-Guillaume, agrandie à plusieurs reprises 1 , est peu remarquable; le petit clocher fut élevé en 1565; dans l'intérieur on voit encore le jubé qui a disparu de toutes nos autres églises; il a été conservé , puisque le chœur ne sert plus au culte ; dans les fenêtres se trouvent encore quelques beaux vitraux. Le chœur renferme deux monuments qui, bien que dégradés, sont dignes d'attention ; ce sont ceux de Philippe et d'Ulrich , comtes de Werde et landgraves d'Alsace (morts en 1332 et en 1344). Celui de Philippe consiste en la statue colossale d'un jeune homme en ronde-bosse , habillé d'une longue tunique , tenant les mains jointes sur la poitrine et les pieds reposant sur un chien. Deux lions , placés sur cette pierre sépulcrale , supportent celle du comte Ulric , représenté dans son armure complète , la tète reposant sur un casque et les pieds appuyés Contre deux lions. Une inscription le long de l'épce du comte , nous a conservé le
1 Elle le fut en dernier lieu en 1656 , comme le dit une ins. criplion latine en le lires d'or; une longue inscription en vers allemands , à côté de la chaire, se rapporte également à celle reslauralion.
nom de l'artiste : Meister Wolvelin von Rufach , cin burger zu Slrasburg, dcr hat dis Werk gemaht (maître Wôlfelin de Ruffach , bourgeois de Strasbourg, a fait cet ouvrage). Au fond du chœur est suspendu un très-ancien bas-relief, sculpté en bois , représentant le duc Guillaume d'Aquitaine , fondateur de l'ordre des Guillelmites , au moment où il se dispose à entrer an couvent ; deux hommes sont occupés à lui ôter son armure , tandis qu'un moine s'apprête à le revêtir de l'habit monacal. Ce tableau, dont les figures sont peintes et dont les tètes surtout sont très-expressives, peut être considéré comme un chefd'œuvre de sculpture en bois.
Parmi les inscriptions qui se voient çà et là sur les murs de l'église , la plus remarquable est celle de Jacques Wimpheling ; elle fut posée encore de son vivant par son ami , le docteur Thomas Wolf, chanoine de Saint-Thomas
Le couvent de Saint-Guillaume fut affecté en 1535 au logement des étudiants en théologie , qui en 1660 furent transférés dans le couvent des dominicains.
10° Églises de Sainte - Madelaine , de Saint - Louis , de
Saint- Jean.
La première de ces églises , appartenant toutes les trois au culte catholique, a été élevée en 1475; elle se compose d'une nef fort simple et d'un beau chœur, orné de vitraux peints.
L'église de Saint-Louis occupe l'emplacement d'un ancien
10. 0. JV. Jacobo Wimphelingo. theologo et oratori clarissimo , quod ingenio et lilteratura œtalis nostrœ gîoriam auxerit, Thomas Wolfius junior doctor, in memoriam œterni decoris hoc vivons viventi statuit. Anno M D IV die XI decembr. Spreta invidia.
petit hôpital 1 , qui en 1475 fut donné aux carmes , dont le couvent , situé hors de la ville , avait été rasé. Abandonné lors de la réforme, les bâtiments furent concédés en 1687, par Louis XIV à quelques chanoines réguliers de saint Augustin pour en former une paroisse catholique. Dans la révolution cette église fut de nouveau détournée de sa destination ; en 1805 elle fut détruite par un incendie; plus tard elle servit de magasin de tabac. Ce n'est que depuis 1827 qu'elle est rendue au culte. Aujourd'hui c'est une jolie église, trèssimple, et possédant quelques travaux de plusieurs de nos principaux artistes strasbourgeois : un baptistère orné d'un bas-relief en marbre blanc par M. Friederich, représentant le baptême de Clovis ; un groupe du même sculpteur, dont le sujet est la conversion de Bathilde, lille de Dagobert II, par saint Florent; un tableau de M. Gabriel Guérin, représentant saint Louis en prières.
L'église de Saint-Jean, bâtie en 1477 , n'a également rien qui la distingue comme œuvre d'architecture. Elle appartenait d'abord à des nonnes de Saint-Marc, desquelles elle passa, en 1686, à l'ordre de Saint- Jean 2 .
1 L'hôpital de Phina; voy. ci-après.
1 Au moyen âge , Strasbourg possédait encore plusieurs autres églises, qui , en partie, étaient du nombre de nos plus anciennes, comme celle de Saint- Martin , bâtie selon la tradition dès 513 , reconstruite en 1381 avec deux hautes tours , et abattue en 1527, parce qu'elle menaçait ruine ;«celle de Saint- André, construite vers 1250 par deux familles nobles, et vendue au dix -huitième siècle aux Recolle Is ; l'oratoire de la Toussaint, fondé en 1328 par Henri de Mûlnheim, et converti aujourd'hui en maisons particulières, et celui des Anlonistes, établi en 1444 près de Saint-Étienne.
1 1° Temple réformé. — Synagogue.
Le Temple réformé ne date que de 1789; avant cette époque les protestants de la confession helvétique , ne jouissant pas à Strasbourg de la liberté du culte , étaient obligés de se rendre à une église qu'ils avaient dans le village de Wolfisheim. En ladite année, ils reçurent l'autorisation de construire un oratoire dans la ville , mais avec la défense de lui donner au dehors les apparences d'une église , et de se servir de cloches. C'est encore en cet état que se trouve leur temple ; c'est une salle de la plus grande simplicité.
Les Israélites , qui ne purent s'établir à Strasbourg que depuis qu'un décret de l'assemblée nationale les eut affranchis , possèdent depuis 1834 une synagogue , qui peut rivaliser en beauté avec celles de Paris et de Bordeaux. La distribution intérieure en est de fort bon goût ; le tabernacle qui , ainsi que la chaire , est en stuc imitant parfaitement le marbre , offre une grande variété dans ses décors conçus dans le style égyptien.
12° Anciens bâtiments ecclésiastiques servant aujourd'hui à
d'autres usages.
Au moyen âge , et encore jusqu'à la révolution , il y avait à Strasbourg un grand nombre de couvents, de chapelles, de béguinages {Sammlungen). La plupart de ces édifices ont disparu; il n'cn#cxiste plus qu'un petit nombre, mais qui ont changé de destination. Nous allons les citer en peu de mots ; plusieurs n'en sont pas sans intérêt, ils rappellent parleur forme extérieure, que quelques-uns ont conservée, le Strasbourg des siècles passés.
En 1150, WcrnerdcHunebourg, maréchal de l'cvéquede
Strasbourg , fonda , pour expier ses péchés , un petit couvent dans un endroit sauvage , couvert de broussailles , et situé hors des murs de la ville (im grùnen Werde, in viridi insula). Cette maison , sous l'invocation de la Trinité , fut habitée dans l'origine par des chanoines réguliers de saint Augustin , et passa successivement à quelques autres ordres. Appauvrie et tombant en ruines , elle fut achetée en 1367 par Rulman Merswin, bourgeois de Strasbourg , remarquable par ses livres mystiques en langue allemande ; Merswin la restaura , ainsi que l'église qui y appartenait. En 1371 , sur le conseil des secrets amis de Dieu dans VOberland , il donna ces bâtiments aux Johannites , qui depuis les occupèrent. En 1633 la" maison fut en partie rasée , parce que la ville avait besoin des terrains pour ses fortifications ; en 1686 les chevaliers eurent en échange l'ancien couvent des nonnes de Saint- Marc. Vers 1740, ce qui restait des bâtiments de l'ancienne commanderie fut converti en prison ; dans la suite ils furent encore agrandis, et servent actuellement de maison de correction. Les chevaliers de Saint-Jean furent déportés de Strasbourg à l'époque de la terreur. Les bâtiments qu'ils avaient habités depuis 1686, cl qu'en 1725 ils avaient reconstruits à neuf, servirent alors de magasins; plus tard on y établit l'hospice des enfants trouvés ; aujourd'hui le bel édifice est occupe par le mont-de- piété.
Le couvent de Sainte-Madeleine, construit en 1475 pour des pénitentes , établies jusque-là hors de la ville, subsista comme tel jusqu'à la révolution , où il fut changé en magasin militaire. Depuis quelques années ses vastes bâtiments, en partie reconstruits cl situés dans un des endroits les plus sains et les plus tranquilles de la ville, servent d'asile aux orphelins.
Non loin de l'église de Sainte - Aurélie , se trouvent l'église et le couvent de Sainte-Marguerite , construits en 1322, et
appartenant jadis à des nonnes. Dans la révolution on en fit un hôpital ; aujourd'hui c'est une caserne.
Lorsqu'après la capitulation les moines revinrent à Strasbourg , les capucins se construisirent en 1684 un couvent près de l'hôpital , qu'ils quittèrent en 1729 pour habiter le couvent de Sainte-Barbe. Depuis la révolution , ce dernier (die kleinen Kapuziner) resta longtemps vide ; pendant quelque temps il servit de manège , jusqu'à ce qu'il fût acquis par le consistoire israélite , qui y établit en 1834 sa belle synagogue.
L'ancien couvent des Rècollels ayant été démoli , on donna en 1746 à ces religieux la vieille église de Saint-André , où ils se construisirent les bâtiments , qui servent aujourd'hui en partie de magasin d'habillement militaire, et en partie de caserne de gendarmerie.
Le couvent de Sainte- Claire , établi au treizième siècle au Marché-aux-Chevaux , et abandonné en 1525 par les religieuses , fut converti peu de temps après en arsenal; ce qui en reste , fait actuellement partie des bâtiments de la fonderie.
Les bâtiments vastes et irréguliers du couvent des religieuses de Sainte - Catherine , fondé en 1242 et reconstruit en 1397 après un incendie , servaient de 1534 à 1836 d'hospice des orphelins ; depuis ils sont la propriété de l'administration militaire.
Les dominicains , lorsqu'ils s'établirent à Strasbourg, n'eurent d'abord qu'une petite chapelle et une maison , situées hors de la ville. En 1224, sainte Êlisabeth de Thuringe, visitant Strasbourg et l'Alsace , leur acheta un emplacement au Finckwiller pour y construire un couvent plus spacieux. Celui-ci fut à peine achevé qu'ils reçurent de nouveau des donations considérables qui leur permirent d'élever en 1254 une église avec un grand et beau couvent qu'ils occupèrent jusqu'au temps de
la réforme. A cette époque , ceux des moines qui ne renoncèrent pas à leurs vœux , furent expulsés , et en 1538 on établit dans le couvent le gymnase, qui y est encore aujourd'hui. Les étudiants en théologie , logés d'abord à feaint-Guillaumc , furent transférés en 1660 dans les anciennes cellules des dominicains; depuis ce temps le couvent a pris le nom de collège de Saint-Guillaume. Dans les dernières années on y a fait des restaurations et des agrandissements importants , tant pour loger les étudiants d'une manière plus convenable que pour augmenter le nombre des salles du gymnase.
Parmi les anciennes chapelles , la plus importante était celle de Saint-Luc , située dans l'enclos de l'hôtel du Luxhof (cour de saint Luc), où logeaient les empereurs quand ils venaient visiter Strasbourg. C'est à cette chapelle que se rendaient andénuement , le jour de saint Luc , le magistrat et la bourgeoisie en procession solennelle , pour entendre une messe en commémoration du grand tremblement de terre de 1357. La chapelle fut démolie en 1559. Aujourd'hui le bâtiment du Luxhof est une brasserie.