ANNÉES. ENTRANTS. MORTS. MOYENNE DE LA MORTALITE
1837. . . 2579. . . 411 1 sur 6,27
La mortalité , au premier abord , semble très-forte ; mais il faut remarquer que la population des hospices est composée de malheureux dont la constitution est détériorée par les privalions et quelquefois par les excès , et de plus que ce ne sont que les affections les plus graves qui sont dirigées à l'hôpital ; toutes les autres trouvent des secours en ville chez les médecins communaux.
Il n'y a point d'administration particulière pour l'hôpital civil ; tous les établissements de bienfaisance de la ville sont soumis à l'administration des hospices civils réunis. Elle s'étend sur la maison des orphelins , l'ancienne fondation de Saint- Marc , l'hospice des enfants trouvés et le Mont-de-Piété. Elle . est entre les mains d'une commission composée du maire , président né, et de cinq membres choisis par le ministre de l'intérieur sur la présentation d'une liste de trois candidats , en cas de vacance. Les fonctions de cette commission sont gratuites et pour une durée de cinq ans ; néanmoins , les membres sont rééligibles. La commission se réunit en séance ordinaire une fois par semaine , et en séance extraordinaire toutes les fois que le besoin l'exige. Elle s'occupe des questions d'administration intérieure et de police , des contestations judiciaires , des opérations concernant la gestion des biens et des revenus , des différents services qui sont soumis à son administration. Les membres de la commission se partagent à tour de rôle et par an les fonctions de surveillant de ces différents services. Le vicc-
président a la signature de la correspondance ; un autre membre remplit les fonctions d'ordonnateur des hospices ; un troisième, celles de tuteur administratif des élèves orphelins et des enfants trouvés, conformément au décret du 15 pluviôse an XIII.
Tous les premiers samedis de chaque trimestre les médecins et chirurgiens en chef se réunissent en commission , présidée par le membre de la commission chargé de la surveillance de l'hôpital , pour l'examen des cas d'incurabililé.
Outre les dépenses intérieures pour l'entretien et le traitement des malades et des pensionnaires , l'hôpital civil paye encore d'aulres secours, savoir : subvention au bureau de bienfaisance , 250,000 kilog. de pain par an ; secours en pain aux veuves indigentes surchargées d'enfants, 32,000 kilog.; secours à des vieillards indigents, 500 kilog. Compétence en grains , environ 52 hectol. froment , 27 hectol. seigle , et 9 hectol. orge. Compétence en pain , 7000 kilog. Secours en médicaments aux malades indigents à.domicile , 45,000 prescriptions par an.
Secours en argent aux veuves indigentes surchargées d'enlants, 5,000 fr.; secours à des vieillards indigents, 1,400 fr. La consommation en pain de l'hôpital civil , pour le service intérieur a été en 1841 de 81,721 kilog. de pain de pur froment, et de 69,212 kilog. de 6/7 froment et 1/7 seigle. La pharmacie de l'hôpital fournit les médicaments non-seulement à l'établissement , mais encore aux malades indigents de la ville et aux différentes institutions de charité; ce qui porte le nombre des inscriptions à plus de 170,000 dans l'année ; le prix de la prescription revient à 17,51. A toutes ces dépenses il faut ajouter encore une indemnité de 11,646 fr. pour rétablissement de Stéphansfeld. La plupart de ces secours et dépenses extérieures proviennent de la réunion des autres établissements de bien-
(aisance qui avaient des fonds propres , à l'administration de l'hôpital civil ; cette dernière , nécessairement, a dù continuer à donner à ces fonds la même destination qu'ils avaient antérieurement.
Pour subvenir à toutes ces dépenses , les revenus des hospices civils réunis doivent être considérables ; néanmoins ils ne suffisent pas, et la ville donne tous les ans une subvention variable. En 1841 cette dernière était de 31,000 fr., en 1842 seulement de 19,000 fr. Ces revenus consistent en partie en grains et en argent. Voici le tableau de 1842 :
Revenus en froment , seigle , orge. . . 13,752 hectol.
Fermage en argent 143,760 fr.
Loyers de maisons, etc 4,200 »
Rentes sur l'État . 46,050 »
Rentes foncières en froment 45 hectol.
Seigle 95 »
Orge 47 »
Avoine 1 »
Vin 4 »
Paille 3 bottes.
Chapons 12
Argent ........ ...«...• 21^ fr.
Receltes variables 51,000 »
2° Hôpital militaire.
Dès 1674 le magistrat de Strasbourg fit construire hors des murs de la ville un lazaret pour les militaires malades et blessés. Ce bâtiment, devant la porte de l'Hôpital, fut plus tard une manufacture de toiles à voiles. Llwpital militaire actuel a été commencé en 1692 , sur les ordres de Louis XIV et d'à-
près les plans de Vauban ; il n'a été achevé que cinquante ans plus lard. En 1814 il fut rais au nombre des hôpitaux militaires d'instruction. C'est un des plus beaux de la France. Situé sur un terrain bas et entouré d'un canal dont les eaux sont presque stagnantes, il aurait l'inconvénient d'occuper un emplacement peu favorable , si les effets de cet inconvénient ne se trouvaient pas en grande partie neutralisés par la construction méthodique des bâtiments.
Il est formé de deux bâtiments parallèles , longs de 195 à 200 mètres , et distants l'un de l'autre de 55 mètres. Ce vaste espace est fermé aux deux extrémités par deux bâtiments transversaux , qui , avec deux autres intermédiaires et parallèles , le divisent en trois cours spacieuses, plantées de très-beaux tilleuls. Les deux bâtiments latéraux ont une largeur de 10 et une hauteur de 20 mètres; ils sont composés d'un rez-de-chaussée, d'un premier et d'un second en mansardes; chacun d'eux contient douze salles. Le bâtiment de gauche , longé par le canal du Rhin , renferme le logement de l'officier comptable. Le rez-dechaussée est consacré à des magasins et à la salle des bains ; celui du bâtiment de droite contient des salles de malades ; mais la moitié sud en est inhabitable à cause de l'humidité; la moitié nord en est affectée aux condamnés malades et aux consignés, et renferme le dortoir des infirmiers enrégimentés. Les salles du premier sont très -belles; leur hauteur est de 4 m ,55, leur largeur de 9 m ,70, leur longueur de 32 m ,50 et même de 64 mètres. Les plus grandes contiennent quatrevingt-quatre lits , les moyennes soixante -cinq , et les petites , obtenues par la division des grandes , trente-cinq lits ; ordinairement les lils sont sur deux rangées, la tête adossée au mur; ce n'est que dans les temps d'encombremen t que l'on ajoute une troisième rangée ; depuis longtemps déjà toutes les couchettes
sont en fer. Les salles du premier sont destinées surtout aux blessés et aux fiévreux. Les vénériens se trouvent au second , dans les mansardes qui sont plus petites , plus basses , et en général beaucoup moins saines.
Le premier bâtiment transversal , situé au nord , contient la porte d'entrée', la loge du portier, le corps de garde et les bureaux de l'administration au rez-de-chaussée. Le premier est très-bas et renferme deux logements , un pour le chirurgien en chef et l'autre pour le pharmacien en chef. Le second de ces bâtiments forme une communication entre les deux grands bâtiments latéraux ; le rez-de-chaussée est occupé par la pharmacie , le laboratoire , l'amphithéâtre de chimie , le droguier, la chambre de garde du pharmacien , etc. ; le premier étage renferme la chambre de garde des chirurgiens , la salle des conférences , la bibliothèque et la chapelle ; le second sert de magasins et de logement pour quelques employés de l'administration. Le troisième bâtiment transversal est libre, de manière à laisser un large passage entre lui et les deux corps de logis latéraux; cette disposition active le renouvellement de l'air dans la deuxième et la troisième cour, en favorisant la circulation des vents. Le rez-de-chaussée en est occupé par la cuisine et la dépense , et le premier par les salles des officiers. Enfin le troisième bâtiment transversal ferme l'hôpital du côté sud ; il établit une nouvelle communication entre les ailes latérales et renferme deux salles au premier et deux au second , destinées au service des fiévreux, quand les salles ordinaires sont encombrées de malades. Derrière ce bâtiment se trouve un terrain où sont établis la buanderie, le séchoir, le magasin de bois , le jardin botanique et un réservoir pour les sangsues. On vient d'y construire un joli pavillon qui sert d'amphitéâtre et de salle de dissection.
Cet établissement jouit d'une administration éclairée et probe; les militaires y sont bien soignés et s'y rendent généralement sans répugnance. Le nombre des malades varie entre trois cents et quatre cents ; en été , quand les fièvres intermittentes régnent avec intensité , ce nombre s'élève quelquefois à sept cents. L'hôpital peut renfermer mille à douze cents malades; néanmoins on a déjà dù y recevoir (en 1813) dix-huit cents hommes.
Les malades sont classés en trois grandes divisions :1° blessés , comprenant toutes les affections externes ; 2° fiévreux , et 3° vénériens et galeux. Le personnel médical est nombreux ; il se compose d'un chirurgien principal , premier professeur, chargé de la division des blessés et de la clinique externe; de deux chirurgiens-professeurs , ayant rang de chirurgien-major ou aide-major, faisant alternativement le service des vénériens et des galeux ; d'un médecin en chef, professeur ; de deux médecins-professeurs , du grade de médecin ordinaire ou médecin adjoint; d'un pharmacien en chef, professeur, et de deux pharmaciens-professeurs, ayant rang de pharmacien-major ou aide-major. Deux aide-majors chirurgiens et un pharmacien , non professeurs , sont chargés de l'organisation et de la direction des services qui sont faits par les chirurgiens sousaides et les élèves. Le service d'infirmier est fait par des infirmiers militaires enrégimentés et par des infirmiers civils.
L'instruction donnée aux sous -aides et aux élèves est trèsétendue ; mais comme elle concerne spécialement ce qui a rapport à l'état militaire, elle est incomplète pour la pratique civile. Les matières enseignées sont la clinique chirurgicale la clinique médicale , la matière médicale , la pathologie externe, l'anatomie et la physiologie , la botanique et la pharmacie , la pathologie interne, l'hygiène et la médecine légale, et la chi-
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mie et la physique. La présence (Tune faculté de médecine à Strasbourg facilite aux élèves de l'hôpital militaire l'achèvement de leur éducation médicale.
APPENDICE
Hospice départemental d'aliénés à Slèphansfeld.
Bien que ce ne soit pas une fondation appartenant spécialement à la ville de Strasbourg , nous ajouterons quelques notices sur ce bel établissement qui, n'étant qu'à peu de distance du chef-lieu , peut être facilement visité par les étrangers.
Il y a huit ans , le département du Bas-Rhin ne possédait pas encore d'asile particulier pour le traitement de l'aliénation mentale. Les aliénés indigents du département étaient envoyés à l'hospice de Mareville , près de Nancy , à l'exception de ceux de Strasbourg , qui étaient traités dans une division de l'hôpital civil de cette ville. Quant aux familles , elles plaçaient leurs malades en partie dans des établissements d'autres départements, en partie dans des maisons de santé de Suisse ou d' Allemagne. Les résultats peu favorables obtenus à Mareville sur les aliénés pauvres , l'exiguité des locaux et des moyens de guérison dont pouvait disposer l'hôpital de Strasbourg , où les aliénés étaient confondus avec les malades ordinaires, les inconvénients qu'entraînait l'obligation de recourir à des secours lointains et étrangers , firent vivement sentir la nécessité de doter notre département d'un asile public pour les aliénés de toute classe. On choisit à cet effet Stéphansfeld.
C'était anciennement un hôpital du Saint-Esprit , pour les pauvres et les enfants trouvés et abandonnés ; il avait été fondé au commencement du treizième siècle par les comtes de Werd,
landgraves d'Alsace , et était tenu par des chanoines réguliers de saint Augustin. Sécularisé en 1775, il fut destiné dans la révolution à servir d'asile aux enfants trouvés du département. En 1835 , on y établit l'hospice des aliénés , aucune autre localité ne paraissant offrir des conditions aussi favorables pour cette nouvelle destination ; le département du Bas-Rhin devança ainsi la loi de 1838 qui prescrit l'établissement de pareils hospices.
1/ asile de Stéphansfeld est situé au centre du département, • à un kilomètre de Brumath , à quinze et demi de Strasbourg , proximité qui facilite beaucoup les relations avec l'administration supérieure. Toutes les conditions de salubrité se trouvent réunies à Stéphansfeld : un terrain léger et sec, des eaux abondantes et bonnes , l'éloignement de toute habitation d'une influence nuisible , une atmosphère sans cesse renouvelée par l'accès libre des vents , la proximité d'une forêt de sapins , dont les émanations bienfaisantes viennent se répandre jusque dans l'intérieur de l'établissement.
Un avantage principal de cette situation , c'est l'isolement de l'asile de tout grand centre d'habitation , condition essentielle pour faciliter les travaux d'agriculture en dehors de l'enceinte, comme les promenades au milieu des champs et de la forêt.
L'intérieur de l'asile répond à cette position favorable , des galeries couvertes et de vastes jardins, d'où la vue peut s'étendre sur les campagnes environnantes, permettent en tout temps aux malades l'exercice et la distraction nécessaires à leur santé. Les réfectoires et les ouvroirs sont bien aérés et bien éclairés , les dortoirs vastes et spacieux permettent de surveiller sans cesse les malades sans troubler leur repos. Des logements isolés sont consacrés aux aliénés furieux ou agités , qui pourraient exposer leur vie ou compromettre la sûreté et la tranquillité des autres
malades. Des quartiers séparés sont destinés aux personnes appartenant à des familles aisées.
Depuis sept ans qu'il est ouvert , l'asile de Stéphansfeld a pris de grands développements , nécessités par l'augmentation progressive de la population. Toutes les nouvelles constructions sont faites d'après un plan d'ensemble bien conçu , qui réunit tous les éléments d'un bon établissement. Le quartier des hommes seul est en grande partie achevé. Un nouveau quartier des femmes est en projet , et doit être incessamment commencé. Les travaux terminés , il sera difficile de rencontrer un asile présentant , jusque dans ses moindres détails , des dispositions aussi bien entendues.
L'asile est placé sous l'autorité du ministre de l'intérieur et du préfet du département , et sous l'inspection d'une commission de surveillance. L'administration se compose d'un directeur, d'un économe receveur, secondés d'un surveillant en chef et de deux commis aux écritures. Le service médical se fait par un médecin résidant à l'établissement , assisté d'un interne en chirurgie. Des inûrmiers en quantité suffisante, placés sous 1 inspection du surveillant en chef et d'un infirmier major, veillent au service des hommes. Les femmes sont placées sous la surveillance de dix sœurs de charité, assistées de servantes. Ces religieuses chargées en outre de quelques services spéciaux, tels que la cuisine et la lingerie, prodiguent aux malades de tout culte les soins les plus affectueux avec un zèle au-dessus de tout éloge* Un aumônier catholique et un aumônier protestant résidant l'un et l'autre à Brumath , viennent plusieurs fois par semaine porter aux malades les secours et les consolations de leur religion. L'empressement avec lequel les malades se rendent aux offices divins, prouve que le sentiment religieux est celui qui s'altère le moins vile dans le cœur même de
l'homme, dont toutes les autres affections sont presque éteintes.
Les malades admis à Stéphansfeld , actuellement au nombre de trois cents, appartiennent non-seulement au Bas-Rhin, mais encore au Haut-Rhin, à la Moselle et en petite partie à .d'autres départements voisins qui tous, moyennant des subventions qu'ils allouent à l'établissement , ont le droit d'y faire recevoir des malades.
Le nombre des admissions , depuis la création de l'asile jusqu'au 31 décembre 1841, s'est élevé à 650; 358 hommes et 292 femmes , non compris les réintégrations*
l .a réunion de toutes les conditions favorables fait pressentir que les guérisons doivent être assez fréquentes dans cet établissement. Un relevé exact des guérisons obtenues pendant la période de cinq années, de 1836 à 1840 inclusivement, donne 98 guérisons sur 377 admissions. Il faut, pour bien apprécier les résultats , déduire encore de ce nombre 55 cas appartenant à des idiots, des imbéciles et des épilepliques , formes d'aliénation entièrement incurables; il restera alors 98 guérisons sur 322 malades, soit 1 sur 3,28 ; proportion qui devra encore s'élever pendant plusieurs années , vu qu'un assez grand nombre des malades admis pendant cette période se trouvent encore dans le cas de se rétablir.
De même que dans d'autres établissements du même genre , on a reconnu à Stéphansfeld , que plus la maladie est récente, plus il y a de chances de guérisons. Ainsi, sur 41 guérisons obtenues en 1841 , 33 appartiennent à des malades dont le séjour ou la durée de la maladie n'a point excédé une année , tandis qu'au delà de ce laps de temps on n'en a plus obtenu que 8. On peut aisément déduire de ces résultats , que les soins les mieux entendus restent le plus souvent sans succès , s'ils ne sont donnés avec promptitude. . ,
Les moyens de traitement mis en usage à l'asile de Stéphansfeîd , sont, outre tous les moyens médicamentaux indispensables dans une maladie qui dépend le plus souvent de désordres fonctionnels organiques , encore tous ceux qui constituent un vrai traitement moral.
Cette méthode de traitement , qui n'est point une découverte récente, mais remonte déjà à une époque assez reculée, a excité dans ces derniers temps des discussions nombreuses et intéressantes , par lesquelles il a été facile de reconnaître qu'on est loin de s'accorder sur sa valeur et sur sa véritable signi* lication.
Bien des personnes, en effet, l'ont condamnée, puisqu'elles ne voulaient y trouver qu'un système exclusif de rigueur et d'intimidation. Ce n'est point de cette manière qu'on l'entend à Stéphansfcld. Arracher le malade à ses préoccupations favorites, sur lesquelles se concentrent sans cesse toutes ses pensées, fixer son attention , éveiller en lui des idées nouvelles par des impressions toujours variées , tel est le but qu'on se propose par cette espèce de traitement. Tout ce qui est capable d'agir sur Je moral du malade concourt à cette médication. On préfère en général les moyens de douceur , par lesquels on arrive plus promptement à captiver la confiance du malade ; ce n'est qu'exceptionnellement et dans l'intérêt de la discipline qu'on a recours aux mesures de rigueur. Aucun autre moyen ne procure les mêmes bons effets que ceux qu'on retire du travail , . principalement du travail manuel et surtout du travail des champs, précieux sous le rapport physique comme sous le rapport moral.
Encouragés par les heureux résultats tentés depuis un an, les administrateurs de Stéphansfeld portant vers ce point toute leur sollicitude, ont put donner cette année une grande extension
à ces travaux. Une vaste étendue de terre, située à proximité de l'asile , est défrichée et cultivée par les malades, qui continuent ainsi à jouir de la plus grande part de leur liberté.
D'autres malades sont occupés soit dans des ateliers de tailleurs, cordonniers, tisserands, menuisiers, soit au bûcher, etc. Les femmes de leur côté sont employées à tous les travaux de leur sexe.
On occupe ainsi chaque jour plus de la moitié des malades présents à l'asile. La persuasion et l'attrait offerts par de petites récompenses alimentaires et pécuniaires qui flattent le goût et les penchants des malades , suffisent dans la majorité des cas pour les exciter au travail.
Les dimanches et jours fériés les travaux sont remplacés par des promenades aux environs deStéphansfeld. Ce délassement est si recherché par les malades , que souvent il arrive d'en faire jouir les deux tiers de la population , à la fois près de 200 aliénés , les hommes sous la surveillance de leurs infirmiers , les femmes accompagnées des sœurs de charité. La lecture , divers jeux, la musique concourent à remplir ces jours de délassement , et servent de moyens de distractions à ceux des malades qui sont hors d'état de travailler.
Il est superflu d'indiquer l'effet salutaire qu'un traitement ainsi entendu , exerce sur l'esprit des malheureux reçus dans l'asile , qui , par les soins intelligents et paternels de son habile directeur et de son excellent médecin *, s'est élevé au niveau des meilleurs établissements de ce genre.
1 M. David Richard, directeur; M. Rœderer, médecin en chef.