LE BUREAU DR BIENFAISANCE OU L'AUMÔNRRIR DR SAINT-MARC
Cette institution fut fondée en 1529 par le magistrat et dotée des revenus de différentes maisons religieuses sécularisées. Des legs et des donations de bourgeois charitables en augmentèrent successivement les fonds. Elle fut établie dans le couvent de Saint-Marc , d'où elle fut transférée en 1687 dans les bâtiments de l'ancien hôpital des vénériens, situés dans une impasse au milieu du Finckwiller; depuis cette époque elle prit le nom (ïaumônerie de Saint-Marc. Jusqu'en 1789 les revenus en . étaient employés à fournir des secours à domicile et à secourir un certain nombre d'étudiants pauvres. Quelques années plus tard les biens de Saint-Marc furent réunis à ceux des hospices , et lorsqu'une loi eut créé les bureaux de bienfaisance , l'administration des hospices de Strasbourg alloua au bureau de cette ville une quantité annuelle de kilogrammes de pain , enéquivalent d'une partie des biens et revenus de Saint- Marc. Encore aujourd'hui cette institution est réunie aux hospices ; l'administration suprême de ses revenus appartient à la ville ,
qui nomme à cet effet une commission composée de six membres et présidée par le maire ; cette commission présente annuellement son budget au conseil municipal pour obtenir son approbation.
Les revenus du bureau de bienfaisance consistent dans l'allocation que lui fait l'administration des hospices (250,000 kil. •le pain) ; dans un dixième qu'elle prélève sur les spectacles et concerts (à peu près 12,000 fr. par an) ; dans un droit sur les bals et les autres divertissements publics (à peu près 4000 fr.); et on li h dans environ 5 à 6000 fr. de dous. D'après le budget de 1841 les recettes ont été de 72,719 fr. 20 c, et les dépenses de 64,453 fr. 23 c. On a distribué à 1929 familles 226,452 kil. de pain , ce qui équivaut à 40,965 fr. Les secours en argent, distribués à domicile , ont été de 18,326 fr. 65 c, dont 13,775 fr. ont été donnés en sommes mensuelles de 2 fr. à 5 fr. à 504 vieillards infirmes , aveugles , estropiés , paralytiques , de l'âge de soixante-dix ans et au-dessus. Aux pauvres malades on a distribué 5510 portions de bouillon avec du bœuf et du pain ; en outre on leur a fourni du bois, et à 52 enfants , placés en apprentissage , des outils ou des effets d'habillement.
Un grand nombre de pauvres admis à des secours sont étrangers à la ville, beaucoup ne sont pas même Français. Quant à ces derniers, l'administration du bureau de bienfaisance a pris la mesure de ne les admettre à des secours réguliers et permanents que lorsqu'ils peuvent constater d'avoir habité Strasbourg pendant dix ans sans interruption. Ce n'est pas là un manque d'hospitalité : c'est une précaution tout à fait digne d'é- Moges , car elle a pour unique but d'empêcher une foule de gens sans aveu de retomber à la charge d'institutions fondées dans le seul intérêt des habitants de Strasbourg.